DE PARIS A SAINT-MALO
4SS kn. — Chemin d« fer. — Trajet en
h. par les trains express; en 15 h.
env. par les trains omnibus. — 1'* cl. SO fr. 95 0.; 2* cl. 38 fr. M e.; S* ci. SB fr, os e.
211 kil. de Paris au Mans (R. 1).
163 kil. du Maiis à Rennes (R. 2).
81 kil. de Rennes à Saint-Malo (R.
39). - 4&5 kil.Samt-Malo(R.39) .
ROUTE 5* DE PARIS A SAINT-NAZAiREt
FAB LB MANS, ANGCRS BT NANTES.
460 kil. — Chemin de fer. — Trajet en Il k. !• min. par let traîne eipress; en 14 b. env. par les trains omnibus.
— cl 49 fr. 3S 0.$ 2« Cl. 37 fr. 26 c; 3* cl. 36 fr. 85 c.
211 kil. de Paris au Mans (R. 1).
Lorsque Ton a franchi la Sarthe et laissé à dr. les lignes du Mans à Caen et à Rennes, on traversé le village de Saint-Georges ie-Petity puis on entre sur le territoire de la commune A*AU UmiMt (834 hab., 1 kil. du chemin de fer), où ont été découverts des vestiges d^antiquité'A romaines.
A 500 met. à l E. d'Allonnes se voient, sur la rive dr. de la Sarthe, quelques débris d'un ancien château fort, dit la Tour ovx Fie» , cioi semble d'ori^ne romaine. VégUse d'Allonnes date du xi* s. : la porte occidentale, formant un arceau en plein cintre, est construite en pierres rouges qui paraissent une composilioQ de ciment romain. Dans la nef, en face de la chaire, une inscription gothique a longtemps exercé, sans résultat, la sagacité de plusieurs antiquaires.
Sur une des faces du bénitier en pierre, une figure grossièrement sculptée représente, dit-on, une divinité gauloise.
SÂINT-NAZAIRE. 169
C'est dans le bois de TeiUais, enclavé aujourd'hui dans la commune d'Allonnes, que Charles VI, au dire de plusieurs historiens, fut effrayé par l'apparition qui fut une des prin»
cipales causes de sa folie.
Sur la dr., au delà de Sainte GeorgeS'le-Grand (2 kil.), se trouve (Ikil.) Étiml-lèS'k'Mans (761 hab.), dont l'église romane possède deux bas côtés séparés de la nef par des arcades grossièrement construites et par de lourds piliers carrés.
224 kil. VoivTPf!, v. de 800 hab.
Après avoir laissé à g. (l kil.) Roésé n439 hab. ; restes d'un prieuré transformé en habitation particulière; châteaux de Saint^Frambault, ancien prieuré de Coulon et de la Ronce), on franchit un petit affluent de la Sarthe . puis cette rivière ellemême à la «ta lion de
230 kil. La Suze, ch.-l. de canton de 2349 hab.^ situé sur la rive g. de la Sarthe. Le ehâieau de la Suze, bâti au XI* s., tomba plus tard en la possession de Guy de Laval, baron de Retz, pôre du trop fameux Gilles de Retz, connu sons le nom de Barbe- Bleue. Il sert aujourd'hui de mairie, et sa chapelle (xii* s.), d'église paroissiale. — Les deux rives de la Sarthe sont reliées par un pont en pierre de 9 arches, construit sous le règne de Henri IV. — Le collège et plusieurs belles maisons de campagne attirent l'attention.
[Corresp. pour (8 kil.) Fuidleftourle, V. de 900 hab. [château fAodal avec donjon; l'escalier principal est composé de marches de granit, mesurant chacune 3 mèt. 50 cent, à 4 mèt. de longueur).]
La voie ferrée, qui traverse de nombreuses plantations d*arhres verts et de belles prairies, côtoie à g. le v. de
Saint-Jean-du-BoiM (628 hab.) et le
chôienu de la Houssaye , entmir*^ d'arbres séculaires et près duquel on aperçoit rotang de La Bonde, avant de franchir la Sarthe à Noyen.
DB PARIS A SAINT-NAZAiaB., [ROUTE 5]
240 kil. ^ùiien, c. de 2665 hab., i possède une église neuve bâûe dans le ityle ogival du xvi* s. Le cloeher couionne une grosse tour préseatant
sur diacune de ses faces des ouyer-
tures allongées et cintrées. L'ancienne église, du style roman, sert aujourd'hui de halle. — Nous sif?nalerons encore à Noyen : un beau puni suspendu sur la Sarthe ; l'ancini manoir d'Auhiffnég les ehdlêam modernes de Moniabon et de Mareé; une tombelle dans un pré, au S. du bourg, et la fontaine intermittente du ChAtelet, coulant pendant les sécheresses et s'arrêlanl aux époques pluvieuses.
[Corrrsp. pour (8 kil ) Malicomey ch.-I. de c. de 1509 hab. Véglùe date du xii* s. L'ancien château , reconstruit en partie à une époque moderne, est entouré d'un beau parc. Ce château conserve une chambre qu'habita Mme de Sévigné dans une de ses visites aux ch&telains.]
On traTorse une profonde tranchée creusée dans d'énormes blocs de marbre foncé , et au sordr de laquelle
s'étend -j dr. et à g. de la voie un charmant parc natirrel.
248 kil. Avoise, c. de 1016 hab,, située sur la g., à 800 mèt de la station. Sur son territoire, à 5 kil. au S. E.y 8*élève le château de Petcheteulj reconstruit dans la première moitié de ce siècle, dans le style décoratif de la Renaissance italienne. L'intérieur do celte bello habitation est orné avec une grande richesse : on y voit les bustes de Louis XV et de Mme de Pompadour» sculptés par l'un des Goustou. Le château de Pescheseul appartenait, pendant les guerres de rolitrinn. !\ .Iran de Champagne, célèbre capitaine caliioliqiio, redouté des huguenots^ qui reçut dans son manoir, en 1670, Charles IX et Catherine de Médicis.
[CûMCsp. pour : — (5 kil.) Parcé, V. de 2200 hab. (église du xvi* s.
avec tour du xi*; nombreux fossiles
dans les grottes de Parcé, aiicieiuies cai f ières) ; — ( 13 kil. ) BrC^lon , ch.*L de c. de 1108 hab. (dans l'église, bel autel en marbre et bon tableau
représentant une Madeleine ; découverte de nombreux tombeaux dans les ruines du château: beaux points de vue du haut des rochers de Pisgrel), par (5 kil.) Fontenay (702 hab., sur la rive g. de la Vègre ; château renfermant une chapelle ogivale; ancien mnn nir du Grand-Villiers), et (10 kil.) Cfievillé, V. de 896 hab., situé sur un plateau élevé qui domine le cours de la Vègre (église du xi' s.}.]
Qn franchit ht Vègre à 1 kil. d'Avoise et à 4 kil. environ au-dessus de
son confluent avec la Sarthe.
254 kil. Juigné-siir -Sarthe j c. de 1521 linb., po-sf^flc un beau châtrait érige en baroniue en 1647 et possédf'^ depuis le xiv* s. par la lamdie Le Clerc. C'est un vaste bâtiment du xvii* s., flanqué de quatre pavillons à combles sigus, et entouré de bois magnifiques qui s'étendent sur la rive g. de la Sarthe. Il renfermn une riche Ra!f rie de portraits de famille.
Le ckdteau de Verdelle, aujourd'hui délaissé, est une jolie construction de la Renaissance, terminée d'une part par un pavillon carré, et de l'autre par une tourelle à huit pans et à cinq étapes , accostée d'une tourelle plus petite, posée en encorbeiiement. A l'intérieur, une vaste cheminée en pierre rappelle, par les motifs qui oiw nent le manteau, les sculptures de Solesmes. — Du château moderne de Hartenpiedj situé à 3 kil. au delà de Juigné, on tlécouvre le cours de la Sarthe depuis 1^ monastère de Solesmes jusqu'à Sablé.
La commune de Juigné possède une motte très^evée et quelques vestiges d'un camp romain. VégUee paroissiale, du style roman, renferme une chaire sculptée avec goût.
A g., sur un coteau que la Sarthe sépare du chemin de fer, se montrent le clocher rectangulaire de
SÂBLÉ.
réglîw àvi couvent de Soleames et la tour bfttie à l'extrémité Ail monastère. Au delà d'une longue tranchée, on franchit TErve près de son confluent avec la Sarthe.
2â9 kil. Sablé (hôt. : de la Croix- Verte) y ch.-l. de c. de Pairond. de la Flèche, V. de 5644 hàb., est située dans la vallée de la Sarthe, au confluent de TErve, au milieu de charmants pavsafTPS. La Sarthe la divise en deux parties inégales, réunies par un bpau pont d'où Ton découvre de délicieux points de vue.
La ville de Sablé, fondée sur le territoire des Erviens, i une des peuplades gauloises, était, dès le xi« s., le siège d'une des plus puissantes baronnie? du Maine.
Cette baronnie fut portée dans la maison de Craon par l'alliance d'Avoise, fllle unique de GeoffWyt de Sablé, dit le Vieux, avec Robert de Cr.inn, dit le Bourguignon. Celui-ci, à la voix du pape Urbain II, qm passa à Sable le 14 février 10»G, appehmt aux armes les barons du royaume, se croisa en 1095 et mourut on Palestine. Robert, son deuxit-rae fils, qui eut en partage Sable, fut trisaïeul de Margoèrite, dame de SaWé, mariée, en 1201, à Guillaume des Roches, sénéchal héréditaire du Maine, d'Anjou et de Touraine. Jeanne des Roches, leur fille ainée, fit rentrer Sablé dans la maison de Craon par son mariape avec Amaury I•^ sire de Craon.
Amaury IV, sire de CraOQ, mort sans postérité, en 1373, ût donation de Sable à LoÛto I», duc d'Anjou. Jean ot Louis d'Armagnac jouirent de cette seigneurie du chef de leur mère, Louise d'Anjou; mais la maison de Lorraine ayant fait ▼aloir les droits qu'elle tirait d'Yolande d'Anjou, fille du roi René, le duc de Guise fut mis en possession de Mayenne et de Sablé. Cette dernière terre fut vendue, en 1593, pour la somme de 90 000 livres, à Urbain de Laval-Bois-Dauphin, maréchal de France i érigée en marquisat en I602 et refendue i Jean de LongneU, duquel Abél Servien, intendant des finances, l'acquit en 1652; enfin, Jean-Baptiste Colbert en devint acquéreur en 1711, pour 1* somme de 4Soeoo livres. U fit démolir l'ancienne forteresse, qui avait reçu les visite8deLouisXI,deCharlesIX,d'HennIV et de Marie de Médicis, et bâtit, ve» 1780, le chàtean aetnel, qui appartient à M. le comte de Ronge.
Les guerres de religion occasionnèrent à Sablé, comme sur tous les points de la contrée, d'atroces représailles. René de la Rouvraie, sieur de BrcssauU, huguenot fanatique, 'pilia, en 1567, l'église Notre- Dame de cette ville, ainsi que celles de parcé et de l'abbaye de Bellebranche. Ennemi surtout des ecclésiastiques, il n epargnait aucun de ceux qui tombaient pntrR ses mains et faisait une telle parade de sa férocité qu'tt avait couvert son baudrier d'oreilles de moines et de prptres. Il eut, en 1S72, la tête tranchée sur la place du Pilori, à Angers. Non moins cruel, mais pins heureux, fut, près de Sablé, Jean de Champagne, sieur de Pescheseul, sur la Sarthe, qui fit noyer plus de 50 huguenots qu'il avait attirés dans son manoir. U fut même accusé d'avoir voulu faire périr, sur un bateau prépare dans ce but, le roi Charles IX, qui, dans un séjour à sablé, en 1570, avec Catherine de Médicis, avait couru le cerf à Pescbeseul, et auquel il reprochait les nvnnta-e? faits aux huguenots par le traite de Saint-Germain. Le roi ayant été sauvé par le comte du Lude, dit à Jean de Champagne en rentrant au château : « Mon co\wn, qu auriez-vous dit si vous m'aviez vu dans le danger que je viens de courir? Swe, répJndit^ celui-ci, puisque, par la grâce de Dieu, je vous vois en bonne santé, permettez-moi de m'en réjouir, mais j'aurais crié : le roi boit 1 »
Sablé a vu naître, le poète Ménage, Madeleine de Souvré, marquise de Sa,ble, l'amie du duc de La Rochefoucauld, et dom Guéranger, abbé de Solesmes.
Toutrintérêt qae peut offrir Sablé est concentré dans les souvenirs historiques qup rappelle son château, près duquel .subsistent encore d'importants vestiges des construcUons formidables qu'il a remplacées. Les rues qui conduisent à la porte principale du cbâteau sont sinueuses et montueuses comme au moy^n ûge.
Au sommet de l'une de ces rues s'élèvent deux énormes tours découronnées , entre lesquelles s'ouvre, unj porte ogivale. Après avoir laissé & dr et à g, des bâtiments de service, on atteint une autre tour que couvre un lierre datant, comme elle, de plu sieurs siècles. De ce point déjà se déroulent aux regards les allées sans
[Route 5]
fin, les vallons ombragés du vaste pftrc qui entoure le domaine. En avançant de quelques pas, on sort du moyen âge, pour entrer idans les .siècles de Louis XIV et de Louis XV.
Le nouveau château , qui présente une façade de 13 fenêtres, comprend un corps de logis et deux ailes flanquées chacune d'une tourelle du côté de la rivière. Deux étages surmontent le rez-de-chaussée. De grandes richesses artistiques sont réunies dans les divers appartements; on y remarque principalement une galerie de portraitsde Philippe de Champaigne, de Nattier, de Lebrun, de Kigaud, de Bouclier (les plus intéressants sont ^ux d*Aniauld d'Andilly et d'Angélique Arnauld, peints par Philippe de Champaigne); des dessus de porte représentant des fleurs ou des scènes de chasse, peints par Vnn Pol, Desportes, Oudry : des tapisseries de iiautc iice, des meubies précieux, des médailles et des fragments antiques.
La terraue du château offre de charmants points de vue.
Véglise Notre-Dame {xV s.), sans valeur architecturale , renferme quelques beaux vitraux du xvi" s. — Près de la Sarthe (rive dr.) s'étendent de beaux jardins appelés Folies-VieL
Sablé exploite de nombreuses carrières de marbre. Les ateliers de M. Landeau occupent 2^0 ouvriers, 480 lames à scier, et produisent pour environ 250000 fr. par an. D'importants perlectionnements réalisés depuis quelques années font espérer que l'industrie de la marbrerie est appelée à de nouveaux progrès.
Exoortion à Solesmes.
Le Iraietde Sablé à Solesmes(3 kil.) offre une agréable promenade. Les touristes qui ne voudront pas prendre l'omnibus du chemin de fer (place de la Mairie) tourneront sur la g., à l'origine de la route d'Angers, suivront, en la remontant, la rive g. de la Sarthe. passeront devant l'hôtel-Dieu et le cimetière, verront, de l'autre côté
de la route, un manoir à tourelles aiguës, bâti en briques formant des dessins réguliers, à l'exemple du château de Carrouges, dans le département de rOme; puis ils ne tarderont pas à atteindre les premières maisons du bourg de Solesmes,
An commencement dn xi« s., tous Té»
piscopat d'Avesgaud, évéque du Mans, Solesmes fixa, par la beauté de son site, l'attention de Geoffroi, baron de Sablé, qui voulant fonder nno maison de prières pour le rachat de son âme it deeÙU dê ses pareiits, fit hUir en ce lieu un monastère, dont la Sarthe baigne les murs.
Le nouveau couvent fot peuplé de moi* nés tirés de l'abbaye de la Couture dn Mans, dont il devint un prieuré, et sa consécration eut lieu eu luio. Visite par le pape Urbain II, dont la voix, onio & celle de Pierre l'Ermite, détermina la première croisade, en io96, il fut enrichi, au retonr de oette expédition, d'une précieQM relique, l'une des épines de la couronne de Notre-Seigneur, qu'un chevalier manceau acheta à des Grecs pour en faire don au trésor de Solesmes. A cette époque, la Sainte Couronne était eneore à Jérusalem et ce fut seulement en fQ39qae le roi saint Louis l'acquit tout entière et la lit déposer dans la Sainte-chapelle, bâtie pour la recevoir. A la fin du xv s., Guillaume Cheminart, prieur de Solesmes, fit faire à cette relique une chasse en argent doré, portée ensuite en procession dans tous les cas de calamités publiques. Le reliquaire fut saisi, en i791, par la municipalité de Sablé, mais la sainte re« liqne en avait été préalablement retirée p:ir des personnes pieum; elle a été restituée à l'église de Solesmes en î80l .
Philippe Moreau, prieur de Solesmes après Onillaume Cheminart, et Jean Beugler, son successeur, firent exécuter dans leur én;lise, de 1496 à 1550, la série des travaux d art qui lui ont acquis une si juste renommée. Par nne rare exception, l'acqaereur du monastère, en 1791, conserva pn ciLusement «outesces sculptures, connues su us le nom des Saints de Soletmi», et ce domaine, cédé, en 1833, à des religieux bénédictins, a été érigé en abbaye piir bref de Grégoire XVI, en 1837. L'aLbaye conùeat environ m religieux, tant profès que frères eonvers.
Les bâtiments monastiques, reconstruits en grande partie en 1723,
[ROUTB 5]
80LESMES.
oflTrent un carré de îojrements avec un cloître fort simples, auxquels se relie un édifice plus ancien, flanqué d'une tour dans le etyle de la Renaissance.
L'église (mon. hist.), pn forme de croix latine, est surmontée d'un ciocher d'environ 40 met. de hauteur, roman à sa base, ûgival aux étages supérieurs et terminé par un dôme életé en 1731. Les vodfM, du zv* et du XVI* s., sont ornées de clefs pend.-întesdu plus beau travail. Le cbn°ur vient d'être prolongé sur le rao di le de celui de Saint-Serpe d'Autrers. Au centre du maltre-auLel, ou ie célébrant est tourné vers la n^, se dresse une grande erosse dorée et ornée de pampres, soutenant, sousun petit dais en forme de cloche, une colombe en argent renfermant les hostief? consacrées. Un cordon, contenu dans l'intérieur de ia crosse , l'ait descendre eetle colombe sur TauteU Cette maniére de suspendre TEucharistie, encore usitée à )a cathédrale de Saint- Pol-dc-Léon (V. R. 58), est, d'aprè-^ MaiiiUon, très-ancienne dans l'Église et a précédé l'institution modernedes tabernacles.
Au-dessous du mattre-autel, il en existe un autre auquel conduit un escalier en marbre noir s'ouvrant au milien de h nef. Ce dernier autel , tourné vers i'a.ssistance, renferme ie corps de saint Léonce, martyr, trouvé sous la voie Tiburiiiie, en 1832. Un vif intérêt s'attache à cette construction fort modeste et à ces peintures peu brillantesy lorsque l'on sait que le tout est conforme aux autels primitifs des catacombes de Rome.
Au des<;ns de l'ouverture qui donne accès à i autel souierraiu, est placé un sacré cœur en or, avec ces mots :
BHàri iêmnô (au cœur auguste, vénérable), inscription grecque empruntée à un ancien fragment découvert par le .savant dom Pitra, Bénédictin, aujourd'hui cardinal.
Leâ stallejif chefs-d'œuvre de sculpture du lYivs., disposées sur deux
rangs, sont ornées de médaillons en relief représentant les ancêtres de Jésus-Christ. Ces médaillons, réunis par des rameaux, se détachent d'un
arbre généalogique qui forme un long cordon autour du chœur et «^e termine par la statue de la Vierge portant l'Enfant Jésus. Les accoudoirs et les miséricordes oflrent des compositions à sujets bizarres ou grotesques.
C'est dans les deux chapelles terminant les deux ailes de Pédifice que se trouvent placées les statues; celle de ces chapelles qui est à dr., lorsque l'on regarde le maître-autel, otiie comme sujet principal la Sépulture du Christ; celle de g., comme sujet principal également, mais avec des accessoires plus importants que ceux de la chapelle de dr., la séj ulture de la Vierge.
La Sépulture du Christ est plus ancienne de cinquante années environ que celle de la Vierge.
Une vaste ouverture, terminée à sa partie supérieure en arc surbaissé, introduit le roçrnrd «^ous une votlte à ogives. Dans cette grotte (4 met. de profondeur), huit personnages de grandeur naturelle accomplissent hi sépulture du Sauveur, k g. est placé Nicodème, en robe damassée, camail de pèlerin etaumdnière, ceinture ornée de caractères gothiques, coi flé d'un turban et ayant une barbe majestueuse. Devant lui, Joseph d'Arimathie, portant ua costume du temps da Louis XI et décoré du collier d'un ordre de chevalerie, tient Textrémito du linceul sur lequel repose le Sauveur, dont les nobles traits, m'i'.uré les alteinles que plus d'une cause leur a fait subir, retracent fidèlement la tradition que se transmettaient sur cet auguste sujet les artistes du moyen Age. La Vierge, dans une attitude de désolation, ^st soutenue par saint Jean , dont les traits sont calmes et purs et le costume d'une grande richesse. A la g. de la Vierge, sont deux lemmes en costume du XV* s., dont Tune tient un vaae de
m PARiS A. SAINT*NAZAiR£. [ROUTE 5]
parfiims; piè» <U saiat Jean» im di»oiptoi ponant bar])e et turlMui» s*apprôte aussi à verser des parfums et fixe sur son divin maître des regards pleins de sentiment et de tristesse.
Entre le spectateur et le tombeau qui va recevoir le corps du Christ, Madeleine est assise dans rattitude d'une douloureuse méditation.
H faut considérer un instant cette figure exquise. « C'est, fiit dom Piolin, le joyau , la perle de ce monument. Elle vil, elle respire doucement:
son silence est eu même temps de la tristesse et de la prière.... C'est une de ces figures qui se gravent profondément SàM l'esprit de celui qui les a une fois contemplées. » Aussi, de tout temps, même à l'époque où l'art catholique était le moins compris, la Madeleine de Solesmes jouissait-elle d'une réputaticm peu commune. On raconte que le caidinal de Richelieu voulut s'emparer de cette statue au nom de l'État et la faire transporter ' à Paris ; il ne s'arrêta^ dit-on, que dans la crainte de détruire un chefd'œuvre par les diilicuilés de la, route,
qui lui avaient été exagérées à dessein . Nous venons de dire que plusieurs
des personnages portent des costumes du XV* s. : il est généralement admis que ces statues sont des portraits de grands personnages, tic bienfaiteurs, sons doute. Parmi ces statues, celle de Joseph d'Arimathie a donné lieu à plus d\ine conjecture* On la regarde comme l'image du duc René d'Anjou (le roi René), mort en 1480.
Un pendentif délicat, descendant de la voûte, esi destiné à recevoir la relique de ia sainte épine, conservée depuis le xu* s. dans la trésor du monastère*
Au-dèssus de la grotte, on aperçoit quatre petits anges sculptés avrc perfection: près d'eux, David et Isaïe prophétisant sur la mort du Sauveur.
A la partie la plus élevée se trouvent les trois croix du Calvaire. Celle du milieu ne porte plus rien, la corps du Christ étant lifré aO' tomhoau : le
bon larron lève les yeux au eiel ; son compagnon , dont les regards sont baissés 7ers la terre, porte de longs
cheveux bouclés avec art, symbole, selon dom Pitra, de l'amour du luxe et de la parure, causes de perdition.
Les ornements qui sépareaL chacun des sujets se distinguent par leurélé^ gance et leur délicatesse.
< La date de \m, dit H, de Courcy, «st inscrite en lettres numérales (M° CCCC« IIII" XVI*) sur une banderoUe perdue dans l'ornementatioQ du pilastre de diuilê. Les tids écussoos rangés sur une même ligne au fronton du tombeau et le quatrième écusson qui se voit audessous ont été martelés et priveraient ainsi d'un puissant moyen de contrôle pour reconnaître les principaux donateurs du monumeul, mais le Jrofioflieofi Gaiiùaimm, manuscrit de la Bibliothèque impériale, provenant du fonds de SaintrGermatn des Prés, nous a conservé les noms des possesseurs de ces emblèmes héraldiques, L'écusson au centre de la iigue supérieure, ayaut deux auges
pour tenants, était eehii du loî Charles VIII ; Técusson à g. du spectateur, timbré d'une couronne mutilée, portait les armoiries d'Anne de Bretagne; oeiuiàdr., les armoiries {trois fusées en fasce) de Guillaume Ghemmait, prieur de Solesmes; enfin l'écusson inférieur, supporté par deux lions et chargé d'un UmM^ appartenait à Louis, duc d'Orléans, héritierprcsomptifdu roi Charles VllI, à qui il succéda sous le nom de Louis XII, en 1498, ei dont il épousa la veuve, Anne de Bretagne, eu 1499. '
Deux soldats enfin gardent la grotte; ils offrent de beaux détails de costume militaire, mais ils ont été aflfreuse* ment défigurés. Plusieurs des mutilations remontent h, l'époque de nos troubles politiques, d'autres, si l*en en croit la tradition, datent de plus loin et doivent être attribuées aux villageois de Solesmes qui, dans leur pieuse et naïve indigoatioDy aiuaiea
[ROUTE 5] SOLBSMES.
clierché à venger de leur mieux, sur les deux satellites chargés de garder le tombeau, les outrages et la mort soufferts par le Sauveur.
Le btts-reUef (Renaimnce) placé sur fautel qui s'élève à g. dans cette chapelle représente le Martyre des Innoeents, scène d'une grande expression. Au-dessus de ce bas-relief, se voit une Vierge tenant le corps inanimé du Christ et connue sous le nom de Niare'jyame-de-PUii, Ce groupe est en grande vénération. A dr. et à g. de l'autel sont les statues de saint Paul et de saint Pierre , contemporaines des sculptures de la grotte. La statue de saint Pierre, surtout, offre de:j détails d'un iim lemarquable.
La Sépultiiro do la Vierge (traossept N.) y qui forme le pendant de la sépulture du Christ, placée dans la chapelle de dr., se compose de 15 personnages. La Vierge , doucement endormie , gracieusement posée et chastemeiiL didpée, attire d'abord le regard frappé d'admiration. Saint Pierre, les mains jointes , contemple les traits de la mère du Sauveur. Saint Jean tient un des coins du linceul.
Près de lui eX h dr. de saint Pierre, saint Jacques le Mineur se penche vers la Vierge.
En ikce de saint Jean , un xeligi«ix bénédictin tient l'autre, extrémité du linceul. Ce religieux est Jean Beugler, le célèbre prieur, créateur de ce monument; il y ncciipe la même place que le personnage représentant Josepii d'Ârimathie dans la sépulture du Christ. Les ornements délicats et sévères qui encadrent l'ensemble sont le digne complément de cette œuvre admirable. Deux statues , toutefois , ont subides mutilations plus ou moins profondes. En l'an xii, le projet avait été formé de porter au Mans les statues de Solesmes, et un délégué de l'administration, voulant savoir jusqu'à quel point elles étaient solides, avait fait jouer la scie ou la tarière sur i)uelques-unes d'entre elles. Les traits de scie qui ont labouré la joue g.
de Beugler moignent, «assure-t-on^
de cet acte inexcusable.
Une autre figure^ assise près du tombeau, a été, comme les deux soldats gardant le sépulcre du Christ, victime d'une piété trop peu éclairée.
Les gens du pays s'étaient persuadés, paraît-il, que cette statue représentait le diable cherchant dans un livre les péchés de la sainte Vierge et déconcerté de trouver ce livre blanc à toutes les pages. Cette croyance déplorable est devenue funeste à ce pers(»inage.
Dans la décoration architectui^e qui surmonte la sépulture de la Virr'^e sont placées les statues de saint Bernard, de saint Anselme, de saint BonatenlureQl d un docttur dont le nom n'est pas connu.
Sur le côté dr. de la chapelle se présente la Pâmoison de Vierge.
Marie, sur le point rie succomber, est à genniîx et va recevoir l'Eucharistie des mains du Sauveur qui vient la visiter à cet instant suprême. Saint Pierre et saint Jean la souttennent ou l'assistent Six apôtres, dans l'attitude d'un profond respect, s'unissent à cette grande scène. Près d'eux, sur le devant, toujours les mains jointes, se tient saint Hiérothée qui, selon saint Denys l'Aréopagite. fut présent à la mort de la sainte Vierge. Derrière les personnages du premier plan, on aperçoit deux femmes, dont Tune surtout, placée à g., a une expression profondo et est d'une grande pureté (l'execulioa. Dans un enfoncement, à g., on voit un moine revêtu de l'habit bénédictin.
Près de cette scène se trouvent placées, au milieu d'ornements dignes d'être comparés à ce que la Renaissance a produit de plus parfait en ce genre, les statues de saint Denys i'Aréopagite et de saint Timothée, qui tous deux assistaient aux funérailles de la mère du Sauveur.
VÀseompHon^ groupe évidemment inférieur aux deux premiers, comprend la Vierpe, le Christ, huit apôtres et un moine bénédictin dont le
DE PARIS A SAINT-NAZAIRE. [ROUTE b]
nom n'est pas connu. Sur le devant, David céièi&e sur sa harpe le triomphe de son heureuse fille. Non loin
de lui, deux petits anges tiennent soulevée la pierre d'un tombeau.
Sur la paroi de g. , en lace de l'autel de la Pâmoison, Jésus, sous un portique du temple de Jérusalem, se lève pour sourire à Marie et à Joseph qui, après une recherche inquiète, le trouvent au milieu desdocteurs étonnés de sa sagesse précoce. Dix personnages forment ce groupe disposé dans un si petit espace avec une habileté remarquable. Quelques-uns des docteurs ont un aspect peu imposant, ou semblent disputer avec une vivacité extrême. M. Ch. Lenormand, de l'Institut, a cru reconnaître dans ces figures, trop positive;? pour n'être pas des portraits, LuLlier et les principaux chefs de la Réforme.
Arexception des détails gothiques du prenûer sujet, tous les motifs deb autres niches appartiennent au style de la Renaissance. On ne peut se lasser d'admirer la grâce et la délicatesse des araijebvjues qui couvrent les pilastres et presque toutes les parties de ces façades. Jamais le même ornement ne se reproduit deux fois, et toujours celui que l'on examine le dernier semble l'emporter sur les autres en élégance.
Toutes ces compositions sont traitées d'une façon magistrale, et l'on peut dire que les sculptures de Solesmes forment une œuvre unique en France par la perfection de l'ensemble et le fini des détails.
L ;ilibaye possède une riche hibiiO' Ihèque, vaste encyclopédie] contenant rimmeiiie collection qui doit subvenir aux travaux d'érudition proverhiale des Bénédictins.
Les hommes seuls obtiennent la permission de visiter ce mon;ist'"^re, près duquel s'élève un petit bâtiment flanque d'une tour dans le style de la Reuaiisanceetou iont logés les éu an-
soitse mettre, pendant quelques jours, en retraite dans le monastère.
Les travaux des Bénédictins, qui
comprennent, selon Texpres^^ion de (îom Piolin, a tout le domaine ouvert à rinteiligence de l'homme, pourvu qu'il soit dirigé pour l'avantage de la religion, » sont réglés par le supérieur et alternent avec l'office divin qui y chaque jour, remplit au mioins cinq heures. Les reli^peux font de plus la méditation en commun au cliœur et une conférence spirituelle avant le repas clu soir. — Le vaste jardin, ouveit à leurs entretiens, «est, dit M. £• L...., à la fois silencieux et charmant. »
Les environs de Tabhaye offrent de gracieux paysages.
auMnien à :
 6 kib de Sablé, à g. de la roule de la Flèche, 8*élève, sur une lande dépendant de la c. de Vion, la chapelle de Notre-Dame du Chéne^ que
visitent de nombreux p'ierins.
En 1494, un prêtre, fervent serviteur de Marie, plaça dans un chéue, qui s'élevait au milieu de la lande de Vion, une petite statue de Ut sainte Vierge portant dans ses hras le divin Enfant. Cette idée avait été suggérée à reccîésiastique par certaines re marques dont se préoccupait la contrée. De blanches colombes, ne resscmblani nullement aux oiseaux du pays et insaisissables dans leur fuite rapide, venaient de temps en temps voltiger sur la lande de Vion. Pendant la nuit, des flammes en forme d'étoiles s"y élevaient à peu de distance du sol. Tels sont les signes attestés par une constante tradition, dans lesqueb le pieux James Boret avait cru reconnaître un avertissement d'en haut. Les villageois des environs vinrent en grand nombre s'agenouiller devant cet oratoire chrimpôtre -, ils ornèrent de lleurs le tronc du cbônc où reposait, l'image ;
gers assez nombreux qui viennent, j puis un jour, quelques-unes, de ces soit demander une courte hospitalité,* fleurs ayantété emportées par onjeupe
[ROUTB b] NOTRE-DAME DU CHÊNE. 177
homme, de violentes douleurs assaillirent à l'instant le ravisseur, qui ne , put retroiivpr la santé qu'en venant, | assisté lie ?a famille alarmée, remettre les fleurs et exprîmer son repentir au pied de la statue.
Ce fait produisit une grande impression dans le pays et, peu afircs, fut construit un modeste or;itoire dans lequel on commença à célébrer la messe. Plub laid le chêne tomba de vétusté et ses fragments Airent conservés avec respect par plusieurs familles.
Cet arbre se nommait le Chêne de la Jarriaye; on désigna pendant quelque temps, sous le nom de Notre-Dame de la Jarriaye, la statue , objet du pè> lerinage.
En 1515, les pieux visiteurs étaient si nombreux que le curé et les mem* •bres de la fabrique de Yion réglèrent
remploi des offrandes de chaque jour, en affectant lenrproduità la construction d'une chapelle et aux réparations de 1 enlise paroissiale. Dès ce moment commence avec éclat la série de guéiisons obtenues dans le saint lieu, guérisons qu'atteste un nombre toujours croissant de bâtons et de bé-
Suilles laissées près de Tautely et ^ex-voto attachés aux parois.
Les discordes civiles, les guerres de religion qui ensangltntèrent le xvi* s. , durent évidemment rendre plus rares les h ommages que recevait la chapelle du Chêne. Mais des jours plus calmes revinrent, et, des 1621, une apparition de la Vierge, s'élevant lumineuse au-dessus du sanctuaire j donna une impulsion nouvelle aux prières et aux offrandes de chaque jour. On résolut de reconstruire la chapelle. T.ps fid^os les plus richns, toîs que le rn n échal de Boisdau; hin et le manjuibilc Pescheseul, les plus pauvres aussi, contribuèrent à la reconstructîoi de Fédifice, qui fut plus fréquenté que jamais. L'auteur de l'iTtstOtre de Sahlê, Gilles Ménage, a consacré à Notre-Dame du Chêne une hymne en vers îaunsqui comprend dix , stances et passe pour une des meil-
BRKTA02(S.
leures pièces de l'auteur. Vers la fin de 1793, la chapelle fut vendue, pour un prix modique, à un couvreur de Sablé, nommé Lefèvre, à la condition expresse qu'elle serait démolie entièrement. Les vases sacrés furent en même temps saisis par le district de Sablé. Mais, pieusement recueillie par M, Lebailleul, maire de Vion, la statue avnit été eidevée et cachée, pour reparaiUe quand les juuis d uragc seraient passés. Quant au couvreur Le^ fèvre, voulant commencer la démolition promise par son contrat, il monta sur le toit de la chapelle. Mais, à peine avait-il frappé les premiers coups, qu'il tomba et se cassa une jambe, ii dit eu ce mumenl ; « Que d'autres y montent s'ils veulent ; pour moi, je vois bien qu'on a raison de croire qu'il se passe ici des choses extriordin [lires. » Jusqu'à 'îa mort, arrivée à Sablé en 1840, cet homme est demeuré persuadé que sa uhute était due a. uoe cause sumaiurede.
Il s'était toutefois empressé de revradre la chapelle à un sieur BolbesMi.
Lors du rétablissement du culte, en 180'}, cettft chapelle se rouvrit, les prières recomm-jncèrent, et un riche habitant du pays, M. <le la Grandière, fit placer un autel en marbre noir dans l'édifice, qui appartenait toujours à Ut fiunille Dolbeau. Mais, le 10 août 1816, Mme la comtesse Àdélalde- Françoise-Charlotte de la Porte de Riantz, veuve de M. Amédée Grégoire, comte de Saint-Sauveur, acheta des époux Dolbeau ia chapelle du Chèuu, et, le lendemain, elle fit donation à la fabrique de Vion de cet édifice, en y joignant une rente annuelle et perpétuelle de .^00 fr., (iesfinés à s n entretien, aux émoluments d'un sacristain et à la célébration de six messes.
[Corresp. à Sablé pour : — (28 kil.) Cbâleau-Gontier (R. 29), par (6 kil.) Boissay (R. 28), {16 kil.) Qres-en- Bouère^chA» de c. de 1821 hab. (car-
DE PARTS A SATNT-NAZAÎRB. [ROUTE 5]
rières de marbre), et (23liil.) Gennes, c. de 1203 hab.; — (8 kil.) Souvigné (église romane, châteaux de la Roche* Talbot et de la Courbe) , c. de 703 bab.; — (17 kil.) Bierné, chi.-l. de c. de 1036 hab.]
De Sablé à Lavai, R. 2b j — à Tours, par la Flèche, R. 87.
A 3 îcil. de Sablé, le chemin de fer traverse encore une fois la Sarlhe, dont les deux rives offrent de charmants paysages, au-dessous du petit port de la Coudre, sur un beau viaduc de 5 arches, puis il côtoie à g. la forêt de Pincé, et à dr. îe villa g-c de ce nom, où l'on remarque un ancien prieuré converti en presbytère.
268 kil. Vrécigné, v.de 2922 hab., est situé à 5 kil. eoy. à TE. de la station à laquelle il a donné son nom.
Sur le territoire de la c. de Précigné, à 500 inèt. an N. du village, se trouve la belle propriété de Bois-Dauphin, appartenant à M. de liougé, et dont l'ancien château a été détruit pendant la Révolution. Véglise paroissiale, qui date du xiii' s., est décorée de vitraux. Le couvent de Saint-François, fondé en 1610 par Urbain de Lava!, marquis de Sablé^ et par Madeleine de Monteclerc, sa femme, est converti depuis 1818 en peiit séminaire. La chapelle Notre-Dame-deS'Anges, dépendant de cet établissement, est un édifice néogothique, dont la nef est inachevée.
A 2 kil. de Précigné, on passe du départ, de la Sarthe dans celui de Maine-el-Loire. Le pays que l'on tra^ verse est très-boisé el remarquablement cultivé.
[Corresp. pour (15 kil.) Durtal (R.
89), pjLr (6 kil.) Daumeray^ v. de 1697 hab. (ruines du prieuré de Saint-Martin, du xl* ou du xti* s.).}
274 kil. MoranneSf . v. de 2560 hab., est séparé par la Sarthe de Chemiri, c. de 442 bab., dont Véglise , aux murs en petit appareil imbriqué, date du premier âge de l'art roman.
5 kil. plus loin, on laisse à dr.^ sur
la rive dr. de la Sarthe, Brissarthe (986 hab,), qui rappelle la mort héroïque de Robert le Fort, comte d'Anjou, tué en 867 dans un combat livré contre une troupe de Normands qui s'étaient retranchés dans l'église: La nef de cette église passe pour contemporaine de cet événement. Âu nombre des statuettes qui ornent, à Angers, le piédestal du monument du roi René, on remarque le comte Robert qui, la tête nue, n'ayant eu que le temps de saisir son bouclier, brandit une ha»
che et va s'élancer sur les Normands qui Tont surpris, pour tomber bientôt sûr le seuil de règlise {inintroitu ipsius ecclesitV, dit la chronique). Robert le Fort fut, par son arrière-petitfils Hugues Capet, le chef de la troisième race des rois de France.
Au delà de Brissarthe et du château de la BéaiUéy on côtoie la Sarthe, qui baigne de belles prairies et dont on ne tarde pas à s'éloigner de nouveau.
284 kil. Étriché-Cliâteauneuf. La station de ce nom est établie au v.
d'ÉtriM (1250 hab.) . sur la rive g. et à peu de distance de la Sarthe, tandis que le bourg de Châteauneuf est situé à 3 kil. du chemin de fer, sur la rive dr. de la rivière. Au pignon de la grande porte de Véglise d'Étricbé s'ouvre orne belle croisée ogivale, à trèfles.-— Le loffit à tourelles de Port" VAbbé renferme un escalier en colimaçon et de très-beaux vitraux peints.
Châteauneuf, ch.-l. de c. de 1683 hab., est l'antique Séronnes, point dont le comte d'Anjou, Robert le Fort, avait lait le centre de ses opérations militaires. Après le désastre de Brissarthe^ le corps de Robert fut apporté à Séroimes et inhumé dans l'église du lieu, nommée ^ncorp aigourd'hui Notre-Dame de Séronnes.
C'est dans ie xii" s. seulement, en 1131, pendant une longue guerre entre Robert de Sablé et le comte d'Anjou, que Geoffroi Piantagenet, voulant contenir les garnisons ennemies de Sablé et de Briollay, fit construire> sur le terrain de ^'ancienne
S IGNES CO*NTK NTI NELS .
^♦-^ lEU DE BKP T « « I / u i,ui/ .
m de(*aj)tan *
j Linùte tie DèftaHetnettt » «„ I — *d» «tArr»néi»ttmmâ «
prince. Henri, touche de ses protes- 1 porté sur la route de Paris, daîis des talions et du repentir qu'il témoi- { tet^ains achetés par une société d'ap-
date du premier fige de l'art roman. I mies de (jabiê et de I5neimy, m< 5 kil. plus loin, oa laisse à dr.» sur Istniire, sur le terrain de Faaeîeime
[KOUT£ 5] ' GHÀTEAUNEUF. 179
Scronnes, un fort qui fut appelé Châteaunciif; on en voit Im raines au lieu dit La Motte.
Véglise, remarquable par ses v mîtes liartiies (êlruiLes cj uisées à pieiri cintre), eut en grande partie ogivale.
288 kil. Titreé, de 2m bab., possède une belle église récemment reconstruite dans le style ogival du XIII" s., par MM. Hichou et Bibarrî, architectes à Auf?ers, et surmoiitee d ua élégant ciociier de 65 mèt. d'élévation. Cette église, remarquable paraon aspect élégant et la beauté de 868 proportions, a 50 mèt. de longueur. Du carrelage à l'intrados, on compte 15 nnit. de hauteur. Il est question de bâtir à Tiercé un presbytère dans le style de Téglise et une mairie dans le style de la Renaissance.
A 3 kil. à ro. de Tiercé, sur la rive dr. de la Sarthe, se trouve Cheffes (1363 hab.), dont Véglise a conservé quelques parties intéressantes (voûtes et clocher du xv* s ).
Dans une direction opposée (une bonne route y conduit par de belles prairies, où Ton remarque VÉtang- Ptné et H(mtreuil-sur''Loir) j on peut aller visiter, à 3 kil. au N. de Seiches, ch.-l. de c. de 1590 hab., situé sur la rive g. du Loir, à 11 kil. de Tiercé, le château du Verger, en touré d'un parc magnifique. Ce ebâleau qui, au nv* s. , appartenait aux du Guesciîni fut apporté aux Rohan par le mariage, en 1405, de Catherine du Guesclin avce Charles de Rohan-Guëméne, pcre du maréchal de Gié, mort en 1613 et enterré dans la chapelle du prieuré de Sainie-Croir, dont les ruines se voient près du chftt eau. Le Verger reçut, en 1598,1a visite d'Henri IV, qu'accompagnait Gabriel le d'Estrées, marquise de Monceaux. Au retour d'une chasse que Pierre de Rohan, sénéchal d'Anjou et de la Flèche, fit fiaire au roi dans ses domaines du Verger et de Briollay, le duc de Mercœur vint se Jeter aux pieds de ce prince. Henri, louché de ses protestations et du repentir qu'il témoi-
gnai, lui tendit la main et l'accueillit
I avec la bonté d'un ami plutôt qu'avec la froideur d un monarque offensé.
! La paeifi cation du royaume suivit c^tte entrevue, et, pour cimenter la paix, là fille du duc de Mercœur fut ^ fiancée à César, duc de Vendôme, fils nfijprel d'Henri IV.
Au sortir d'une longue tranchée, on traverse le Loir sur un pont tabulaire de 1*28 mèt. de longueur. Pour trouver une base solide, il a fallu enfoncer les colonnes à 15 mèt. au-dessous de l'eau; on compte 17 mèt. de l'étiage au ti^Iier du pont. Ce pont est précédé et suivi d'un remblai long de 3 kil. qui n'a pas exigé moins de 500 000 mèt. cubes de lerre. On y découvre de charmants points de vue sur les belles prairies au milieu desquelles le Loir et la Sartbe emifondent leurs eaux.
297 kil. Briollay, v. de 964 hab., est situé entre la Surthe et le Loir, à 2500 mèt. de la station qui porte son nom. Au moyen âge, sou château était une des places fortes de l'Anjou. Cette forteresse, devenue propriété du seigneur d.e Sablé, par le mariage de Tiphaine de Briollay avec Liziart de Sablé, fut assiégée et prise deux fois, la première, eu 1103, par Geoffioy Martel; la seconde, en 1140, par Geoffroy PbiDtagenet. Passée plus tard entre les mains de Guillaume des Rocbes, transmise par alliance à la maison de Craon, la baronnie de Briollay fut,en 1404, apporf'c en dot, par Marie de Graon, à Guy de Laval, baron de Retz, père du maréchal de ce nom, dont les dîmes sont devenus légendaires. Lecbâteau de Briollay était déjà détruit à l'époque de la. Révolution.
'm kil. Écoupant, c. de 1027 hab., au confluent de la Sarlhe, grossie du Loir et da li Mayenne. Sur le territoire de cette commune se trouvait naguère l'hippodrome d'Angers, trop souvent inondé dans la saison môme des courses. L'hippodrome a été reporté sur la route de Paris, dans des tecrains achetés par une société d'a.o-
DE PARIS A SAINT-NAZAïaB, [ROUTE 5]
tionnaires, qui espéraient y cré^r un
rendez-vous de fêtes et de plaisirs.
Tout près est le château d'Êventard, ancienne résidence d'été des évôques d'Angers, que l'ou aperçoit à g. de la voie. Dans le voisinage se trouvent aussi les ruines de Vdbhaye du Perray^aux-Xonnaifu f communauté de femmes, de Tordre de Citeaux.
Le chemin de fer, inclinant vers la g., croise la grande route de Paris à Nantes par le Mans^ et vient s'embrancher sur la ligne ferrée de Tours à Nantes, à 2 kil. d'Angers, que Von a aperçu de loin sur la dr.
308 h\. Angers (buffet).
RenBeignements généraux.
OMNIBUS pour la ville : 30 c sans bagages, se 6. avee bagages.
HÔTELS : — d'Anjou, sur le boulevard, à l'angle qui re-iarde le Champ de Mars ;
— du Cheval-U anc, rue Saint>Âubin, au centre de la ville (pas d*omnibtis spécial);
— éi Londres, sur le quai.
Café. — Café Serin, rue Saint- Aubin, établi dans ui^ magnifique bâtiment avec façade ornementée de briqoes et précédée, sur la place Saint-Martin, d'une grille e* d*un escalier monumental (salle de concert et cercle d'échecs).
LtBB Ainsi. — Laehèfê'BeUceuwê et Doth'-ati, chaussée Saint-Pierre, n On trouve dans cette librriirie to'is les ouvrap^es publiés sur Angers ei âur le deparlemeni de Mune-et*Loire; — LtmeiU, plaee Saint - Martin ; - Barassé, rue Saint-Lmir^ ,
BATr AUX A VAPEUR "l'Anj^ers à Nantes, sur le quai Ligny : départ à 7 h. du matin et à I h. de Taprès-mldi; S fr. 90 c. et 3 fr. 20 c.
Direction. — T/eu l arcadère du chemin de fer est établi dan& la partie haute de la Tille, sur la rive g. de la Maine. En facp 5'ouvre la Granrfe rue Je hi Gare, qui conduit au boulevard des Lt't». En traversant ce boulevard, on entre dans la rue det Lietê, qni va se terminer à la rue Saint- Aubin ^ à peu de dis!ance de la cathédrale et de la préfecture. Là on est au centre de la ville. A g , en descendant la rue Saint-Aubin vers la cathédrale, on trouvera l'hôtr! du Cheval-Bfanr : p'us loin s'ouvre la place ikiinte-CroiXf qui se relie, à g., à la placé Sat'nl.JfourCee, et de laquelle partent, à dr.. deni rues conduis laBt, Tane, la nit Chapinmnière, à la
pince du Hall ement, où se trouvent la poste et le théâtre, l'autre, la rue Sainte- Croix, à la rue de l'OistUerief que borde, snr tout un eôté, le bâtiment neuf de Té* véché et d*où l'on descend, par la rve Baudrière, au Grand pont A dr de la rue des Lices, la rue Saint Aubin mène aux boulevards en passant devant la prêfec* ture, entre le boulevard de Saumur et le boulevard des i;aras. Elle a pour prolongement le faubourg de Bressigny. A l'angle de la rue et du boulevard, stationnent les omnibus qui condui'^rn*, les uns aux Ponts-de-Cé, le? atitre^ aux ardoisières.
Si, au lieu de prendre la rue des Lices, en sortant de la rue do la Gare, on dos^ cend sur la g. le boulevard des Lices, on atteint en quelques minutes la statue du roi René, entre la place du Château à dr., et la place de T Académie à f. De là, lo boulevard du Château, qui continue à descendre, conduit à la Maine et au pont de la Basse-Chaine.
Enfin, si, au sortir de la rue de la Gare, on a pris sur la dr, le boulevard des Lices, on gagne la rue d'Orléans et les pépinières de M. Leroy, ou bien, en suivant les houlerards du Haras, de Saumur, de la 3fairif et du Jardin des Plantes, on se rend aux cercles, & l'hôtel de ville, à la Banque de France, k la eour impériale, au Champ de Mars, au Mail, au jardin des Plantes, et au pont de la Haute Chaîne, qui mène à l'École des arts et à l'hôpiul Sainto-Mario.
flltmitlea. — Aopool fdnéral.
Angers, V. de 54791 hab., cb-1. da départ, de Maioe-et-Loire , la viUê noire, comme rappelait, eu 1767, le chanoine Péan de fa Tuilerie, est située sur la Maine, en ire le point où cette rivière reçoit la Sarthe et le Loir, et celui où elle se jetie dans la Loire. Elle se divise en deux parties distinctes : ia ville proprement dite, occupant, sur la rive g. de la rivière^ le sommet elle penchant d'un côteau, et le quartier nommé la Doutre^ au delà du poDtp sur la rive dr. de la Maine.
Depuis le commexicement île ce siècle, Angers s'est métamorpbOiée* Aucune ville de France peut-Mre n*a subi de plus grands changements. Xa vieille et noire muraille d*<nceint«