ANGERS
dont elle était aiitrpfois entourée, ses tours et ses créneaux en nu ne ont fait place à de magnifiques boulevards bordés d'élégantes maisons ; un beau quai a été bftti sur la rive g. de la Maiae ; deux ponts nouveaux ont relié entre elles les deux parties de la ville que séparait la rivière ; divers édifices publics y ont été construits pour répondre à des besoins nouveaux, et un quartier neuf s'est élevé au delà du boulevard, entre le mail, la gare et le fkubourg Bressigny. Malgré toutes ces métamorphoses, Angers peut fournir encore de nombreux sujets d'observation ou d'étude à tous ceux qui, u importe dans que! but, rechercbent avant tout les rues étroites, tortueuses, sombres, escarpées^ désertes, les maisons caractéristiques d*ua autre âge, la physionomie bizarrement accent iiL'c des siècles passés; elle possède, en outre, de curioux monuments dignes d'une longue vigile, de beaux établissements duiiine publique, de précieuses colleetions d'objets d'arts ou de sciences.
Histoire.
Avant la conquête romaine, Angers était le centre d'une peuplade gauloise importante et considérée, appelée par les au* teurs latins A ndes et plus tard Andeeavi ou Andfgavi. Sous la cor.quéte, elle eut des thermes, un theàlre, vis-à-vis du chAteao, et un amphithéâtre dont on a ue hlayé, il y a quelques années, les derniers vestiges et nivel" remplacement pour y percer la rue de ia Fidtlite. Elle s'appela, dundt deux on trois siècles, Jutiomagus. Vers Tannée 475, Cblldérie I», roi des Francs, l'enleva à un comte nommé Paul, qui ia gardau au nom des Romains, et U réonit TAnjou à ses antres conquêtes. Angers SG convertit de bonne heure au christiauisme.et, pendant plusieurs siècles, fut gouvernée par des comtes viagers.
Gbarlemagne et Lools le I^éhonnaire vinrent, dit-on, à Angers, qui, sons Charles le chauve, avait déjà acquis une importance ti eâ-considerable, Les Normands Im saccagèrent et la menacèrent ensuite de continuelles invasions, jusqu'à ce que Charles le Simple lenr eût abiuidonné la Nenstrie,
L'Anjou, divise depuis les premiers temps en deux comtés, n'en forma plus qu'un sous Foulques dit le Roux, dont les successeurs les plus distingués furent : Foulques II, dit le Bon, qui s'attacha à reparer les désastres de la guerre ; Geoffroy Orise-Gonelle (Tunique Grise), qui se distingua, en 978, en tuant, souf les murs de Pans, le terrible Danois Haustuin, d'une taille et d'une force merveilleuses; Foui* qnes III, Nerra, surnommé le grand bfr» \ tisseur de TlIles, et Oeoffiroy. dit Martel, son fils.
Sous les Plantagenets , Angers fut comme une seconde capitale de l'Angle-
I terre. Henri II y tint plus d'une fois sa cour, dont les écrivains de cette époque ont vante ia sévérité, et y fonda Tliôpital Saint -Jean, dont les salles admirables existent encore parfaitement conservées.
A la mort de Richard Cœur de Lion, Jean sans ïerre, usurpant les droits de son neven Arthur, fils de Oeoffroy, vint ; assiéeer Angers, dont il s'empara ; mais, ' trois ans après, lorsqu'il eut assassiné ce même neveu qu'il avait dépouillé, Phi- , lippe Auguste confisqua tontes ses po»* sessions et les réunit à la couronne de France. Jean ^ans Terre, après avoir vainement tenté de reconquérir ses domaines, mourut en isia, et avec lui s^éleignit la deuxième maison d'Anjou.
Henri III d'Angleterre garda le titre de comte d'Anjou jusqu'au traité de paix de Mais, dès i'i46, Louis IX avait donné les comtés d'Anjou et du Maine à son frère Charles l^", comte de Provence, qui commença la troisième maison d'Anjou Malheureusement pour Angers,Cbarle8 i«r conquit les royaumes de N;iplps et de Sicile; et un grand nombre de bes sujets, partis avec lui, périrent dans le massacre des Vêpres siciliennes.
Sous le gouvernement de Charles de Valois (Charles m), fils de Philippe le Hardi et gendre de Charles li, l'Anjou avait été érigé, par Philippe le Bel, en comté-pairie (1297). Il fut réuni de nouveau à 1% couronne quand Philippe de Valois, fils de Charles IIl, monta sur le trône de France. En 1356, Jean U le con* stitua en apanage souverain, avec le Maine, à Louis son deuxième tiis.
Pendant la captivité dn roi Jean, le danphin Charles, qui fut plus tard Charles V et qui avait alors la lieutenance générale du royaume, i'érigeacnduché-pairie en faveur de son frère Louis l*% qui devint ainsi le premier duc héréditaire d'Anjou ((360), £n 1474, Louis XI enleva rAÎijou à son
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DE PARIS A SAlNT-NAZAiRE. [ROUTE 5]
oncle René pour le réunir à la couronne. Cette date est importante dans l'histoire d'Angers : là finit son existence féodale, là eommence pour la dié une existence nouvelle. Angers passa dès lors sons le régime municipal. Ce régime y fut constitué sur de nouvelles bases, au détriment des libertés publiques, et la charte royale ne fut pas accueillie avec reconnaissance. Les charges furent d'abord et longtemps éleciives, mais sous Louis XIV elles devinrent vénales.
Les puerres de religion n'épargnèrent pas An;^ers-, le protestantisme y apparut avant 1556, et, ni lei persécutions dirigées par an inquisiteur spécial, Reœy Ambrois, ni les violences de Puygaillard, lieutenant de Louis de Bourbon, ne purent en délivrer la ville.
Après quelques années de troubles causés par les guerres de la Ligue, Henri IV vint à Angers en 1598, et gagna complètement les esprits des habitants par sa bonne mine, son affabilité et ses gasoon* nades.
A partir de cette époque, l'bistoired Angers se confond avec celle de la France.
Rappelons seulement quelques événements. En 1620, Marie de Meiiicis, un moment réconciliée avec Louis XUI, vint s'établir & Angers. Mais, la guerre ayant éclaté de nouveau entre le ûls et la mère, une rencontre sans importance eut lieu aux PoQts-de-Lé,et les partisans de la reine forent dispersés par lestronpes royales.
En 1652, Angers se prononça pour la Fronde. Mazarin, Louis XIV et la cour s'avancèrent jusqu'à Saumur, et la ville se soumit sans coup férir.
En 1789, Angers devint le chef-lieu du département formé du l'ancien Anjou.
Elle avait adopte avec eiuprebsemcnt, mais avec modération, les idées nouvelles. Ainsi, dès l'année 1790, elle réprimait éncrgiquement les desorJres commis par les ^rreyeurs (ouvriers des ardoisières). Plus tard, cinq cents de ses habitante, tous pères de famille, se firent tuer au pont Barra, pour arrêter les progrès de l'insurrection vendéenne.
Après la prise de Sanmur, les Vendéens marchèrent sur Angers, que le ^rénéral Barbazaa leur abandonna. Us y entrèrent le 24 juin 1793. Les républicains la reprirent bientôt comme ils l'avaient perdue, sans combat, et, dès les premiers jours de juillet, Tallien, Bourbotte et Ghoodien vinrent y organiser la Torrenr. Les habitants n^avaient, du reste, pas besoin d*itre menacés pour se défendre
contre les Vendéens. Le 3 et le 4 décembre 1793, réunis à la garnison, ils repoussèrent quatre attaques dirigées contre les portes Cupif, Saint-Michel et Saint^Anbin. Les Vendéens durent se retirer dans un affreux désordre. Après leur retraite, d'horribles exécutions ensanglantèrent la viUe : la guillotine ne suffisant plus i llmpa* tience des bourreaux, on fusilla les victimes condamnées a mort. Douze cents prisonniers périrent le même jour dans la plaine de Sainte-^emmes. En 1860, une croix monumentale a été érip;ée dans la prairie où eut lieu cette exécution.
£q iiyô, Stofflet, fait prisonnier par Hoche, tai foalllé à Angers, dans le abamp de Mars, avec ses deux aides de camp.
En 1815, le général Lamarque enleva Angers au duc de Bourbon, qui avait pris le commandement des départements de l'Ouest et qui se vit contraint de i'embar^ quer pour l'Angleterre.
Après la bataille de Waterloo, le général Thielmann ocenpa Angan à la tête 4'Bn corps de 5000 Prusslent, et loi ûnpoia d'énormes «acritices.
L*ovation faite par la population, en 1830, à MM. Gullhem et d'Andigné, dé»
putés de Maine-et-Loire et signataires de l'adresse des 221, faillit occasionner des troubles sanglants, parce que le préfet, M. Frottier de Bagneux, Ct le colonel Cadoudal voulurent s'oppoMT à cette manifestation populaire.
Le 16 avril laso, le pont suspendo do la Basse-Chalne s*écronla dans la Maine, entraînant dans sa chute un bataillon entier du 11* régiment d'infanterie légère, qui, en quelques instants, perdit 333 soldats o« officiers.
Un matin du mois d'août 185S, Angers apprit en s'éveillant qu'elle avait failli courir un grand danger. Des perreyemr9f dont on a évalué le nombre à 1000 ou 1200, étaient venus pendant la nuit jusqu'au faubourg Bressigny avec des intentions criminelles; mais ils avaient été mis en fuite et dispersés avant d'avoir fait aucune tentative. Un certain nombre de ces individus, ailiiieâ à la sucieie la Marianne , furent arrêtés, jugés par la conrii'toaiaea et condamnés à diverses peines.
Angers a vti naître le roi René (f^og"), le célèbre sculpteur David, et ie6 chimistea Olivier et Chevreal.
^flces roUfiens.
La Gâtliédrale, coiuaetéa à gtiiit Mattrice, s'élève à peu près au