‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 73 sur 257 · ROUTE 5] ANGERS. — LA (SATHÉDRALE · texte numérisé non relu

ROUTE 5] ANGERS. — LA (SATHÉDRALE

de la ville, au sommet de la colline qui domine la rive g. de la M line.

Sa coDstruction fut commeucée enlre 1030 et 1040 par Tevèque Hubert de Vendôme, aia6 da eomt» Foulques NeriAy surnommé le grand bdtûseur,

La grande nef, ornée de belles fenêtres géminées à plein cintre, date de k fin du xi* s. Les trois voiltes, appuyées sur des nervures toriques fort compliquées, sont du milieu du xii* s., ainsi que le portail elle chœur, tandis que les transsepts ne remontant qu'à l'épîscopat de Guillaume de Beaumont, mort en 1240. Les deux flèches latérales appartiennent au style flamboyant i la tour centrale qui les sépare date de la Renaissance.

La façade occidentale offre un portail ogival, décoré de quatre rangs de voussures concentriques et en retrait.

Âu milieu du tympan est le Christ^ entouré des symboles des quatre ÉvangélisteSj et ayant sous les pieds les ondes de cette mer transparente dont parle l'Apocalypse. Aux parois latérales se dicosent huit grandes statues représentant Jfoife,^aroii,/osu^, David et d'autres personnages bibliques. Les voussures sont remplies par deux rangs d'anges en adoration et par les statuettes des vingt-quatre vieillards, tenant des instruments de musique ou des vases à parfums.

Quelques parties de ce portail ont été trêa-babilement restaurées par le sculpteur Dantan.

Au-dessus s'ouvre une vaste fenêtre romane, accostée de deux arcades simulées en lancettes. Des arcatures semldables divisent en quatre étages .les tours latérales, qui^ depuis leur construction, ont éprouvé bien des vicissitudes. Les archives du chapitre apprennent qu'elles étaient primitivement terminées par deux flèches en charpexiLe recouvertes de plomb. Ces fiècbesy relevées en pierre en 1518, incendiées en 1S33 et en 1831, et reconstruites presque entièrement par M. Binet , architecte , n'ont pas la mémo luLuteur» Celle du S» a 69 met.;

celle duN., 65 nrM. Sur !a plate-forme qui sépare ces deux tours s'élève une troisième tour construite en 1540, par rarctiitectc Jean de i £pme. Au frontispice de ce clocher, huit niches couronnées de dais renferment autant de statues représentant, suivant les uns, saint Maurice et ses compagnons, suivant d'autres, des ducs d'Anjou.

Au-dessus de leur tète, une légende, écrite en lettres gothiques, fait allusion aux troubles religieux qui commençaient à agiter la France.

Le second étage du clocher central est divisé par deux baies en plein cintre, et couronné par une galerie que surmonte une coupole octogone , écroulée en 1831 , mais rétablie depuis.

Les murs extérieurs de Saint-Maurice sont appuyés sur des contre* forts d*un genre tout particulier. On dirait des constructions militaires bor^ dées de créneaux et destinées à la défense. A l'intérieur, Saint-Maurice,dont le plan est une croix latine, présente une seule nef, longue de 90 met. 47, large de 16 mèt 26 et partagée en trois travées par des faisceaux de colonnettes engagées, à chapiteaux de feuillage. Dans chaque travée, une large ogive occupant l'espace compris entre les divers laisceaux de colonnettes, offre à. sa pointe une corniche I saillante soutenue par des modillons dans le goût byzantin. Un triforium étroit fait le tour de l'église, à travers les massifs des colonnes engagées.

Les fenêtres, cintrées dans la nef, sont ogivales dans le chœur, beaucoup moins long que id nei el lermiiié en

trapèze, sans déambulatoires. On ne peut rien voir de plus bean, de plus

harmonieux que les vitraux qui gar-

nissert encore toutes les fenêtres de Saint-Maurice, a Les plus anciens, dit M. Méiumee, ceux du chœur et de la nef (dont i un, représentant la Vie de la Vierge f est contemporam des verrières placées à SaintrDenis par Suger), remportent peut-être sur les autres par la suavité des couleurs, et par leur heureuse combinaison qui

d'abord attire Fœil et lui fait éprouver

un plaisir d'une nature p^^^iculi^re....

La rose du transsepl méridional est exLrêmemenl curieuse, par sa forme en roue, comme les premières roses byzantines; c'est, en outre, une des plas grandes de ce style qui se puis* sent voir. Les rais ou les meneaux sont autant de colonnettes à chapiteaux ornés de crochets tels que ceux du gothique primitif. » Les vitraux des transsepts sont du xv" s. seulement Celui de la fenêtre du transsept N. (paroi £.) est un don de Jean de Rély, évftque d'Angers de 149:2 à 1498, qui y est représenté.

Le transsept septentrional renferme la tomhe , surmontée d'une statue en mirbie blanc, de Claude de Rueil, évêque d'Angers de 1628 i 1649.

Deux ehapeUu latérales, dans le style flamboyant, s'ouvrent au bas de la nef; l'Tine, du xv'^' s., contient un calvaire p.ir David {d Angers) à qui on doit e[i outre une amnte Cécile y placée dans le chœur ; l'autre renferme les fonts baptismaux^ et, suivant les anciens chroniqueurs, aurait remplacé la chapelle primitive élevée au IV* s. '^m les ruines du temple de Jupiter Capitoiiny et ruinée par Cbiidéric en 475.

Il nous reste à signaler une trèsbelle mvê de vert antique, portée par deux lions en martire blanc et servant aujourd'hui de bénitier. C'esi un don du roi René à lV>glise Saint-Maurice, qui ronserve aussi de magnifiques tapisseries exécutées du xi\* au xviu* s. Le muiiit-auitl (1699), surmonté d'un baldaquin de 1757, et les boiseries du choeur (œuvre du père de David, d'Angers) contrastent d'une manière choquante avec le style de l'église.

Vorgue^ de 1511 à 15Fi3. a été réparé en I521j puis sous Louis XV et en 1831. En 1851, un autre orgue a été placé dans le chœur.

Toute la dynastie des ducs de la maison royale d Aisjou-Sic'îe reposait dans Tabside, que 1 on pouvait consi-

dérer comme le Saint-Denis de l'Anjoa.

En 1 783, les tombeaux existants furent démolis pour faire place à des boiseries et à des stalles. Un pavage uniforme en recouvre les débris. Une inscription tumulaire, placée en 1850 derrière le maltre-autel, par les soins de la Société d'agriculture , sciences et arts d" Angers, rappelle le nom âçs princes inhumés dans ce sanctuaire.

Le palais épiscopal , qui touche au transsept N. de Saint-Maurice et qui a été bâti sur l'emplacement qu'occupait le château du comte, renferme, au rez-de-chaussée, une longue galerie éclairée par des fenêtres en plein cintre et supportée par des colonnes à chapiteaux romans Depuis 1850, celte galerie est convertie en chapelle. Dn vaste efcaZter, construit par les ordres de Tévèque François de Rohan, en 1510, conduit i la saUe synodale^ ornée d'une série de portraits des papes, et communiquant avec la cathédrale. Cette salle, de 20 mèt. de longueur sur 10 mèt. de largeur, est, comme la galerie inférieure, un des rares monuments d'architecture civile antérieurs à l'ogive et légués près»

que intacts par le moyen Age. Elle a été restaurée par M. Joly-Leterme, de Saumur, architecLe diocésain.

Tout un côté de la rue de rOiseiierie, autrefois si pittoresque, a été rasé pour faire place à une immense annexe de Vévèché, bâtie dans le style des anciennes constructions, avec cordons de briques et i'enèlres étroites.

Saint-Martin ( pla* e du même nom, près de la rue Saint- Aubin) , fondée au commencement du ix* s.

par Timpératrice £rmeDgarde, pre* mière femme de Louis le Débonnaire, a conservé quelques parties de l'époque carlovinp;ienne. Ce sont les quatre ma^i;rii(iqi.ios arcades, en plein cintre, qui âoutieimeul ia lûui, au centre des transsepts. Elles attirent particulièrement l'attention par leur appareil composé d'assises de moellons écbaa*> tillonnés, alternant avec des cordons de briques. La tour et le chœur furent

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[ROim 5] ANGERS.

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