‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 74 sur 257 · ÉGLISES · texte numérisé non relu

ÉGLISES

relevés vers Van 1020 par Foulques Nerra. On remarque, incrustés dans la voûte du chœur, des vases en terre cuite, de forme ovoïde, et qui étaient sans doute destinés à produire ces effets d'acoustique dont les théfttxes antiques offraient de nombreux exemples. Ce qui reste de cette église (mon. hist.) , qu'il est toujours question de reconstruire, est converti en un magasin de l'administration des tabacs.

De l'église Saint^Aubinj démolie de 1805 à 1812, il ne subsiste que quelques colonnes encastrées dans des constructions modernes, le long du petit Mail. La tour de Saint-Aubin (mon.

hist.), de 32 mèt. de hauteur, qui s'élève majestueusement au-dessus de la ville, rue des Lices, ne làisait point partie de l'église et dépendait de Tabliaye de ce nom, dont la préfecture occupe les bâtiments. La partie inférieure, de forme carrée, appartient au XII' s., tandis que l'étage supérieur, de forme octogonale, percé de fenêtres en ogive et flanqué de cbcbetons, ne remonte qu'au xiv* s. la tour de Saint- Aubin, convertie en une fabrique de plomb de chasse, a été récemment achetée par l'administration municipale, qui se propose de la restaurer.

Toniiaint, une des plus belles ruines de l'Âojou» était une église abbatiale construite au xu* s.; mais la rosace du chœur est postérieure à cette époque. Un musée archéologique a été établi au milieu de ces ruines. Parmi les objets qui le composeot et qui sont ridiculenient abrités sous de petits toits de zinc, on signale: une épitaphe gallo-romaine; la statue de dame Huetde laChenaye (xv's.), dame d'honneur de Marie d'Anjou, femme de Charles Vil : des . débris d'arcades du xvi* s., provenant du prieuré de TEsvière.

Saint-Serge (mon. hist.), autre église abbatiale, aiqourd'hui paroissiale, est une des principales curiosités architecturales d'Angers. Bfltip primitivementj dit-on^ par Vulgrin^

architecte célèbre et abbé de Saint- Serge, de 1036 à 1056, elle a été en partie reconstruite depuis. La nef ne date que duzv* s., ainsi que le sacra^ riumf sorte d'armoire gothique destinée à renfermer les reliques et les vases sacrés, et qui, dans une restauration récente, a été placée au fond du chœur, à dr.

D'énormes piliers carrés, ornés de nervures prismatiques, soutiennent des arcades ogivales, dans lesquelles sont dessinés des cintres romans. Audessus règne une corniche couverte d'ornements du travail le plus délicat.

Plusieurs rangs de sculptures semblables décorent la porte extérieure.

Ce sont : des guirlandes de fruits et de fleurs; des masques qui rappellent singuUèrement les masques scéniques des anciens; des monstres grimaçants; des animaux qui se dévorent; un chat étranglant un oiseau. Kien n'est plus gracieux, plus fin, plus hardiment sculpté que ces charmants reliefs. Les fenêtres, du style go ihique flamboyant, étaient garnies pour la plupart de vitraux peints repr&entant des scènes légendaires.

Sairit->erge n'a pas, à bien dire, de transsept. Deux piliers de la nei qui se rapprochent, deux arcades latérales qui s'élargissent, deux rosaces au lieu de fenêtres, indiquent le passage d'une partie de l'édifice à l'autre.

Le chœur, la partie la plus intéressante de Saint-Serge, est terminé par une chapelle absidale, rectangulaire.

Six colonnes .très-minces, portées sur des bases assez élevées et octogones, le divisent on trois galeries; d'autres colonnes engagées leur correspondent dans les murs latéraux, a Ce qui frappe d'abord en entrant dans le sanctuaire, dit M. Mérimée, c'est la légèreté, l'apparence de fragilité de ses colonnes au-dessus desquelles la voûte, lamifiée de huit nervures, semble comme suspendue. On ne conçoit pas comment de si frôles appuis peuvent porter une masse aussi consid.'rable. Mais il y a là un artifice de construction fré"

quemment usité au xii" s Dans le fait, les murs latéraux qui sont trèsépais et de plus contrebutés, soutiennent tout le poids de la iroûte, et les colonnes n*ont à supporter, en réalité, qtte le poids de Textrémité des ner- Tures tombant sur leurs chapiteaux.»

D'importants travaux de restauration, exécutés dans cette église sous la direction de M. Joly-Leterme, y ont fait découvrir la tombe d'un des anciens abbés, Jean TlUon, qui gouverna l'abbaye de 1485 à l&Ol. Cette pierre, encastrée dans le mur de la chapelle absidale du collatéral N., porte une longue inscription, surmontée des armes de Tillon, dans le Maine (deux épées en sautoir).

Saint-Serge dépendait d'un monastère de Bénildictins, fondé au milieu du VII* s. Reconstruit vers 850, par le Breton Noménoë, enriclii par de nombreuses donations, agrandi et rebâti par Geoffroy Martel, reconstruit de nouveau vers la fin du xvn* s., et augmenté de près de moitié depuis quelques années, ce monastère est devenu le grand séminaire^ après avoir , pendant la Révolution, servi à divers usages. Il fut, en particulier, occupé par le musée central, que saccagèrent les Vendéens. Installés dans la tour du clocher voisin, its en furent délogés par le canon, qui a rasé l*étage supérieur de ce clocher.

La Trinité (sur la rive dr. de la Maine), est un monument historique du style de transition (xr' et xii* s.), à une seule nef, bien que son extrémité orientale soit terminée par trois chapelles demi-circulaires. « Ce qui lui donne un caractère particulier, dit M. Mérimée {Voyage dans V Ouest), c'est une suite d'arcades ou de niclies peu profondes dans les murs latéraux de la nef, séparées par des colonnes engagées qui reçoivent les retombées des nervures de la voûte. Au fond de la plupart de ces niches, surtout du côté N., s'ouvre une fenêtre étroite, cintrée, entourée d'une riciie moulure. L arc décrit par ramortissement

de ces ninhes est une o^ive h pointe émoussée, entourée, coraine le cuitre des fenêtres, d'une archivolte saiU lante« arrondie, couverte de rosaces et d'autres ornements sculptés aveo une admirable perfection. Les voûtes sont ogivales. Trois tores parallèles en garnissent les arêtes et viennent retomber sur les colonnes engagées dans les parois latérales. En général, les ornements des chapiteaux sont empruntés au règne végétal; mats' leurs feuillages élégants et bien découpés n'ont point d'analogues dans la nature. Dans le chœur seulement, plusieurs chapiteaux présentent toute cette variété de monstres fantastiques dont l'époque romane a créé tant de types bizarres. Toutes les fenêtres de la Trinité sont en plein cintre et entourées d'un gros tore. A Textérieur, plusieurs archivoltes en retraite en dessinent le* contour. Le toit s'appuie sur un cordon de jolis modillons. Au centre du chœur s'élève une tour carrée à sa base et percée de fenêtres en plein cintre. » Le second étage a été ajouté au xvi* s. par Jean de Lépine.

A l'intérieur de la Trinité, on remarque un escalier toumani, du xvi* s.; le btAste en marbre de M. Simon-Julien Gruget^ qui fut curé de ia Trinité de 1784 à 1840; l'autel de Saint -Amand, orné d'un bof-rtlù/ en bois doré (xv*s.), et un beau Chri$t du sculpteur angevin Maindron. — Le chevet et Tabsids, longterap'? délabrés, sont restaurés (1867) et presque reconstruits par M. Joly-Leterme.

En face delà Trinité, se trouve une jolie maison sculptée du moyen âge.

Au-dessus de la porte d'entrée principale de la Trinité, se dressent des ruines sombres, d'un grand caractère, ce sont celles de l'église du Ronceray (mon. bist.), qui méiiteut une mention spéciale. Vers 940» Feulques le Bon y petit-fils du comta Ingelger, fonda en ce lieu un couvent de filles nobles (Bénédictines). L'église de ce couvent (trois nefs avec absi«les et transseptj fut rebâtie, vers 1020, par

[RODTE 5] ÂNOBBS.

É6U8BS.

Foulques Nerra. « Ses débris se composent aujourd'hui, dit M. Godard, de la chapelle affectée à l'École des arts et métiers, d'une salle servant de lingerie, et de murailles encore debout. » Les murs de Tégiise sont construits en petit appareil irrégulier, surmonté du grand appareil ; les voûtes sont en plein cintre et séparées par des arcs doubleaux, portant sur des colonnes engagées dans des pilastres; les chapiteaux eu feuillage sont historiés de sujets bibliques ou de têtes grima'çantes. Le sanctuaire, dont on peut voir encore les beaux vestiges, était d'architecture réticulée. Le chevet de l'église avait une ouverture communiquant au jubé de la Trinité et qui se voit encore, n est remarquable que les bas côtés ne tournent pas autour du chœur. » La crypte de l'église primitive, soutenue par des arcades romanes, a été récemment découverte.

Au commencement du xvi* s., une petite Vierge de bronze^ trouvée au milieu d'un oratoire abandonné et encombré de ronces, fit donner à cette église et au monastère le nom de Ronceray. L'église a été détruite en

{)artie ; le monastère est devenu *ficole des arts et méiieis (F. ci-des- S0U8, Établissements d'utilité publique).

Le boulevard de Nantes, qui continue sur la rive dr. le boulevard du Château, dont il n'est séparé que par le pont de la Basse-Chaîne . t enduit à la porte Saint-Nicolas. Là c ouvre à. g. la rue du Faubourg-Saint-Jacques, au milieu de laquelle se trouve Viglise Saint-JacqueSy dont le portail semble dater du xi« s. A l'intérieur, le chœur et une partie de la nef ont été reconstruits, il y a peu d'années, par M. Richou, architecte ; on y remarque quatre verrières provenant de la far brique de Cholsy-le-Boi. — En continuant de suivre la route de Nantes, prolongement de la rue du Faubourg- Saint-Jacques , CD arrive à (3 kil.) la che^Ue de la Barre, ancienne dé-

pendance de l'abbaye do Samt-Nicolas.

L'autel de cette chapelle est surmonté d'un groupe admirable, œuvre du sculpteur angevin Biardeau (xvu' s.) .

L'^iife5atfi^>£aiMl (place du même nom) n'a absolument rien d'intéressant et doit être rasée pour être entièrement reconstruite. C'est la chapeUe agrandie des Récollets, l'ancienne église Saint-Laud^ dont l'emplacement est occupé par la cour de ce nom, ayant été détruite pendant la Révolution. Cette église possédait quatre morceaux du bois de la vraie croix, si vénérés que la croyance s'était répandue que quiconque se parjurait devant cette précieuse relique mourait dans l'année. Louis XI partageait cette croyance et, suivant son historien Comines , les serments qu'il faisait devant la croix de Saint-Laud étaient les seuls qui dussent inspirer confiance. Un seul de ces fragments a été retrouvé après la Révolution ; il est aujourd'hui réuni à un autre morceau de la vraie croix donné plus ré* ceomient à l'église, dans une croix en vermeil haute d'environ 50 cent.

Une autre croix en cristal, placée audessus de l'endroit où reposent les deux reliques, est entourée de pierreries. Un des autels de l'église Saint- Laud est orné d'un^ statue de la Vierge, provenant de Téglise voisine de i'Esvière et découverte, comme celle du Ronceray, dans un buisson, par Yolande dWragon, mère du roi René, vers 14Q0.

Dans une rue voisine de l'église Saint *Iaud, il fout visiter les roinés intéressantes de la chapelle de l'Esviére (mon. liist.), construite au xv« s. L'Esviére était un prieuré de Bénédictins dépendant de l'a bbaye de la Trinité de Vendôme et d ms lequel fut inhume Fuuiques le Kéchm. Lus ruines de la chapeUe s'élèvent au milieu d'un enclos qui est aujourd'hui une propriété particulière. Tout le voisinage abonde en débris romains, et cet emplacement fut d'abord occupé par des bains (aquaria), appelés

pendant tout le moyen ftge les Belles Poitrines.

L'église Saint- Joseph (faubourg Brossigny) a été bâtie, il y a quelques années, a Taide de souscriptions, sur les plans de M. François Villers, architecte, dans îe sty!e de transition entre Tarchi torture romane et l'architecture gothique. 11 est déjà question de l'agrandir, en môme temps 4ia*eUe sera dégagée par l'ouverture de deux mes nouvelles. Son plan est celui d'une croix latine avec un chœur circulaire ayant en annexes deux sacristies. Sa longueur totale est de 55 met.; sa largeur, de 13mèt.; l'élévation du sol à la clef de voûte est de 23 mët; la hauteur des flèches, de 60 mèt. Cette jolie église est malheureusement ornée à l'intérieur d'un affreux nutel sctilpté par M. Tahbé Choyer, et dont le style fait un contraste choquant avec celui del édilice.

Dans le transsepi de dr. on remarque une Descente de Ctùix^ par H. Dauban, le conservateur du musée; dans le transsept de g., M. Appert a peint la Mort de saint Joseph La chapelle de tir., en entrant dans Tegii^e, renferme uo groupe représeutaut le Mirade dê la Saktte,

Un peu plus loin, à g., dans le faubourg i^ressigny, se trouve Viglise de la Madeleine (xr s,), servant au culte comme annexe de Siint-Joseph.

Vc(jlîsr Nntrp-Davif ou VOralowe ' (rue Saiiit-Michel), bfitie au xvii* s., a été restaurée et agrandie récemment par M. Villers.

Véylise des Ursulines (près de la rue de IMînpital), bâtie égnlcment xvir" s., renferme un retable curieux.

Le temple protestant (près du musée) était^ dans l'origine, la chapelle du prieuré de Saint-Ëloi, fondé au zn* s., réuni plus tard au petit séminaire, puis transformé en caserne d'infanterie. Elle a été occupée longtemps par l'érole de dessin sur les bancs de laquelle David d'Angers a fait ses piemiers essais. Depuis 1850, elle sert au culte réformé, et récole

de dessin a été transférée à Tétag-e supérieur. Une secte dissidente vient de faire construire, tout à côté, rue Toussaint, un temple charmant.

Mgr Angehault, évéque d'Angers, a fait bâtir j il y a peu d'années» à quel(|ues pas de la chapelle de TEsvière, à l'O., un palais d'été, dont Téiégante chapelle est ornée de beaux vitraux sortis des ateliers de M. Thierry . d'Angers. Pendant la belle saison, radministration de l'évêché est transférée dans cette riante demeure, qui domine tout le cours de la Maine.

édifloM olvUs. — statues. Ponts.

Le Château actuel d^Angers (mon.

hist.) , construit par Louis IX , au

xiii* s., à l'époque où s'éleva la troisième enceinte de la ville, occupe remplacement de l'évêché primitif, cédé par levêque au comte d'Angers, en échange de son château attenant à Téglise. 11 resta longtemps tel que Louis IX l'avait . construit.

Yolande d'Aragon y fit bâtir une chapelle du style gothique, que Ton voit dans la cour d'entrée, et c]ui, divisée dans sa hauteur par un plancher établi eu 1813 pour recevoir des prisonniers anglais, contient aujourd'hui une salle d'armes. Un siècle plus tard, Louise de Savoie, duchesse d'Angoulème, ra^re de François I*% y élevait, au-dessus des deux tours qui eu partagent 1 entrée, un dûujou

et une chapelle dont il ne teste aucun Testige.

En 1585, le château d'Angers

ayant érA enlevé parun coup de main hardi, Henri iil en ordonnn la démolition, dès qu'il en fut rentré en pusseusiuii 5 a depuis la porte Toussaint jusqu'au port Ligny. » La démdition de chaque tour, couverte en charpente de châtaignier et en ardoises, rut adjugée « pour 300 livres, plus la charpente. » Sauf la tour du N., qui fut éparguée, probablement à cause du moulin à vent qui la :>urmoutait, toutes forent à peu près rasées (1589).

[ROUTE 5] ÂNGfiRS. ÉDIFICES CIVILS.

Heureusement, d'autres événements survinrent, et l'œuvre de destruction s'arrêta quand la muraille allait èire entamée. Alors le vaillant capitaine Pierre de Donadieu, sieur de Pni* charic, dont ]a statue en marbre blanc se trouve au musée, profita des materiaia provenant de la démolition des lOui s [>our faire é!arp:ir les platesformes et uielire ie ciiàteau à peu près dans l*état où on le voit aujourd'hui. Seulement, le grand bastion, inutile surtout depuis qtt*un arrêté du conseil de la commune, eu date du 3U septembre 1790, avait ordonné de murer la porte de secours, est tombe, au grand regret de plus d un antiquaire, pour foire place au boulevard actuel.

Le château d^Angers sert aujourd'hui de poudrière. On peut le visiter en s'adressant ru concierge (pourboire). Du reste, l'intérieur n'offre de curieux qu'une charmante chapelle du style gothique flamboyant; mais, sans entrer dans le château, on dé- 00 % de Fesplsnade dite du Boutdu-Monde, une vue intéressante sur la ville tout entière et les campagnes environnantes.

Entre la place du Château et la place de l'Académie s'élève, faisant face au boulevard des Lices, la etatue du roi René, œuvre de David d'Angers. Donnée à la ville par M. le comtede Quatrebarbes, elle a «té inaugurée ie 2 juin 1853. Coite statue de bronze repose sur un piédestal composé de trois socles en progression décroissante vers le sommet. Le pre mier socle est le soubassement; le second, le plus important, est décoré de 12 statuettes en bronze qui représentent :

Bd face dn boalevanl des Lices : ^

Dumnacus, défenseur des Andes, 48 ans avant Jésus-Christ; — Roland lomte d'AnjoUf Roncevaux, 778; ~ Robert le iHevap^ viinqQeQr des Normands; Bris-

sarthe, ix* s.

Du côie du clu'itf'au :~- Foulqves Xerra, né au X* s., mort en iu40 ; Foulque» F,

roi de Jérusalem, tl42 : — xii' s. fhnri II Plaritagenet^ hospices d'Angers, Ub9.

En face dn boulevard du ch&teaa : — Philippe Auguste réunit l'Anjou à la couronne, 1205; — !220, Charhs d'AvjoVy roi de Sicile, Iî85-, — 1339; Louis /«>■, duc d'Anjou, i39it.

Du Côté de l'Académie : — 1410, /.«îabelle de Lorraine^ première femme de René, 1453; — 1438, Jeanne d9 Laval, deuxième femme de René, 1495;-^ f43S9 Margmritê d* Ji^^mi, reine d'Angleterre.

Le troisième socle porte : — du côté du boulevard des Lices, les armes du roi René et cette inscription : Au roi René; — du côté du château, la liste des €omi€M vngdgérient; — du côté du boulevard du château, la liste dee comtes d'Anjou- Sicile; — du côté de 1 Académie , la liste des dues heré' ditaires d'Anjou.

Le monument est, dans son ensemble et dans se^ détails, un des plus remarquables ouvrages du grand artiste dont nous parlerons plus longuemeot quand nous visiterons le musée.

La place de V Académie, que conti' nue la place Saint-Lnud, doit son nom à la caserne que 1 on y remarque, et qui fut autrefois une académie d*équitation. Cette académie, fondée au xvn* s., a compté, parmi ses élèves ou pensionnaires, Buffon^ Pitt et Wellington.

La Préfecture , située entre le boulevard des Lices et le Mail de la Préfecture, occupe les bâtiments du monastère de Saint-Aubin , reconstruits au xvn« s. Cette célèbre abbaye fut fondée, dit-on , par le roi Childebert et par saint Germain, (^vôque de Paris. Au ix* file lut habitée par des chanoines qu'en chassa Geoffroy- Grise-Gonelle , en 966, et à la place desquels il établit des Bénédictins.

C'était la première en dignité de toutes les abbayes de TAnjou.

Dans la cour de la Préfecture, sous la pnlrric ■située du côté de l'escalier des bureaux, galerie ornée qui conduisait les moines à la balle du chapi-

tre, aujourdhui dépôt des archives, des maçons, faisant des réparations, firent découvrir, en 1836, le wte pan de mur en arcs à jour que Ton voit aujourd'hui décoré de colonnettes, de festons et de peintures étranges. V Anjou et ses monuments, t. I". p 380, contient une intéressanle Uisseriaaon de M. Godard sur cette découverte. Les arceaux sont du Xi" s. , sauf un plas arKûen encore. Ils avaient été brisés dès le xin» s,, et ils ont dû être cachés au XVII* s. quand Tabbaye fut reconstruite. Parmi ces saints, ces rois, ces emblèmes bi7arres, on remarque surtout le combat, grossièrement sculpté, de David et de Goliath.

La façade de la Préfecture, qui donne sur la cour d*entrée, a été rebâtie, il y a peu d'années. La salle de réception, qui occupe le premier étage, ornée avec luxe, contient les armoiries des principales villes de TAnjou. La grille qui précède la cour d*honneur est rancienoe grille du chœur de l'abbaye de Fontevrault. Le jardin de l'hôtel est en partie ouvert au public le dimanche et le jeudi.

L'hôtel de ville actuel , sur le boulevard de la Mairie (place du Champ-de-Mars), est l'ancien collège d'Anjou, élevé en 16PI, par l'Université et les Pères de l'Oratoire , auxquels l'Université en avait confié, en 1624, direction.

La cour nnpériale (rue des Halles) était éublie dans l'ancien hôtel de ville, bâti en 1489, et modifié depuis que la mairie a été transférée, en 1819, dans Tanden collège d'Anjou. Elle est actuellement en reconstruction à l'extrémité du champ de Mars, sur des plans depuis longtemps approuvés.

Le tribunal de première instance et le tribvnàl de etmm$ree (place des Halles et me Saint-Michel) sont séparés par une salle des Pas-Perdus.

Ils n'offrent rien d'intéressant. — Les Halles (place de ce nom), construites au XVI* s., ont été souvent modifiées.

Elles servent aujourd'hui de marché

aux grains. — Le théâtre (place du RaUiement), bâti en 18^0 sur l'emplacement du plos ancien cimetière

d'Angers et d'une partie des Grondés Écoles, centre de l'Université, a été incendié au mois de novembre 1865.

Il doit être reconstruit à peu près sur le même emplacement, mai? dans des dimensions nouvelles. —La poittOft' nerie, hâtie en 1832, par M. F. Lachèse, sur le^juai Royal, a été récemment démolie pour faire place à un cirque-théâtre, dont l'emplacement a été concédé gratuitement par la ville pour quinze années. Une poissonnerie provisoire a été élevée sur la place Cupif, où elle doit être défi» nitivement reconstruite après des nivellements du terrain. — Vabattoir (levée de la Basse-Chatne) a été inauguré en 1847.

Les ponts d'Angers sont au nombre de trois. A la partie ia plus élevée de la ville, un pont du système Po- UmeeaUf c'est-à-dire semUaUe au pont des Saints-Pères, à Paris, le pont de la Hante Chaîne, jeté de la g. du port Ayrault h la dr. de la tour Guillou, relie le boulevard Ayrault à celui de l'Hôpital. Plus bas, quand on a dépassé, rue de la Poissonnerie, les derniers débris du pont du TnSaeSy dont l'origine remonte aux écluses construites vers 1190, par l'ordre d'Henri II. roi d'Anpleterre, pour le service de 1 hôpital qu'il venait de fonder, on trouve le Grand Font, pont de pierre construit, dit-on, par Foulques Nenap au commencement du n* s., bordé encore, vers la fin du xvrn' s., d'un double rang de maisons bâties sur pilotis, et rajeuni, il y a peu d'années, par M. l'ingénieur en chef ûupuit. Enfin, au-dessous du château, le pont do la Baote-Chaine met ea communication le boulevard du Châr teau (rive g.) et le boulevard de Nantes (rive dr.). Ce pont de pierre, qui a remplacé le pont suspendu, de sinistre mémoire ( F. p. 182), a déjà eu besoin -d'importantes réparaticms.

CR013TB 5] AKOERS. — HDSËfiS

Angers a possédé^ jusqu'à la Révoluti<Ni, une célèlire Université, fondée au xi« ou au zii* s., et qui eut parmi ses professeurs l'hérésiarque Bérenger et le mystique Robert d'Arbrissel.

VÉcole lie Médecine, créée en 18uy, a compté parmi ses élèves Béclard, Fauteur des Élémentt d'anatomie générale (1796-1825), Cbevreul (1753-

1845), Billard (1800-1832), Ollivier (1796-1845), Bérard, Mirault, Garnier (11 59-1 843), etc. Les cours se font dans iamphiLiieàtre bâti, en IH'n. par M. F. Lacbèse^ près de ia grande salle de rhôtel-Dieu.

Le lycée est établi dans un ancien séminaire dit de la Rossignolerie, véritable hôtel des Invalides du clergé, qui fut plus tard occupé, agrandi et rebâti par des frères des Écoles cbrélieoDes.

Le ^atid sémimire occupe, comme nous l'avons dit, les b&timents de l'abliaye de Saint^rge. — Le petit sémi-.

naire, appelé aussi collège Montgajson, du nom de recclusiasttqup qui Ta fait contruire, dans la première moitié de ce siècle, est situé à 2 kil. à l'B. de la ville , non loin de Tancienne église de Saint-Léonard. »

Presque en Ikce, on aperçoit les vastes édifices composant le couvent âe la "Retraite; des religieuses de la Société de Marie y tiennent un pensionnat de demoiselles. — A peu de distance et à quelques pas seulement de la route de Saumur, se trouve VéeoU normale primaire.

A g. de la promenade du Mail, ot au tiers de sa longueur, se montre, à demi voilé jiar un rideau de peupliers, \x\\ lieiuionnai de demoiselles^ nommé Beué-Fonfatne.

Au-dessous du pont de la Basse- Chaîne et de Tabattoir, sur la rive dr. de la Maine, une vasie ngE^lomét-ntion d'édifices forme la maison mère du Bon-Posteur, qui est tout à la fois un couvent, un ouvroir, uu pensionnat

et une maison de repentir. Fondée en 1710, cette maison occupe les terrains et les bâtiments d'ancienne^ fabriques» Cette congrégation acquiert successivement tout le quartier environnant. Elle a fait, depuis peu d'années, l'acquisition du magnifique couvent de Saint-?;icolas, occupé auirofViis par les Bénédictins. Elle communique avec ce vaste édifice par un tunnel qui passe, pris du pont Brionneau , sous la route d'Angers à Nantes.

L'École des arts et métiers, qui s'agrandit tous les ans, est installée dans les bâtiments de l'abbayedu l\< -nceray, reconstruits sous Louis XiV.

Cette abbaye, fondée, comme nous l'avons dit, par Foulques le Bon, réorganisée vers 1028 par Foulques Nerra, fut habitée jusqu'à la Révolution par des fiiles nobles, qui suivaient la règle de saint Benoît et qui n'étaient pas cloîtrées. En 1806, divers travaux y avaient été faits pour l'établissement d'une caserne de cavalerie. En 1807, Napoléon fonda à Beaupréau une école d'arts et métiers, à l'instar de cel'e do Châlons-sur- Marne. En 1815, cette éco e fut transférée à Angers, dans les bàiiments du Ronceray^ restaurés et agrandis depuis. Elle compte atyourd'hui 300 élèves. Menuiserie, serrurerie, tour, fonderie, ajustage, les plus importants des métiers, en un mot, v sont enseignés et pratiqués dans de vastes ateliers. Les arts y sont aussi cultivés. L'école cite avec orgueil, parmi ses élèves, le sculpteur Maindron et le professeur de cor, Meifreid.

Musées — GoUeotions. — Sociétés ««vîntes.

La bibliothèque et les musées d'Angers sont iréunis aujourd'hui dans un b&timent qui est par lui-même une

des curiosités de la ville au point de

vue de Tnrt. Ce bâtiment, c'est le Logis Barrault. On l'appelle ainsi, parce qu'il fut construit par Olivier Barrault, V'esunei de Bretagne

nommé trois fois maire d'Angers, en 1497, 1504 et 1505. Quelques-unes des perles sont en ogive surbaissée et plusieurs fenêtres portent déjà des encadrements conservés par la Be* naissance. L'escalier, renfermé dans une tourelle que décore une saillie angulaire et sculptée en encorbellement « a sa spirale terminée par un de ces palmiers à nervures et à écussons dont le château de Baugé, antérieur de peu d'années, offre un beau modèle. Près de la partie la' plus élevée, s'ouvre une salle servant d'annexé au musée d'antiquités et contenant une cheminée décorée de six compartiments en ogives flamboyantes. Une élégante galerie orne la cour et achève de donner à Tédifîce un caractère tout particulier.

Le logis Barrault fut occupé par des Carmélites vers 1628; en 1695, il devint le grand séminaire; en octobre 1797,il s'ouvrit à l'écoie Centrale, installée d*abord dans l'ancien collège de roratoire. Il a été restauré en 1854. Une inscription en lettres d*or, placée près de la porte d'entrée, rappelle les principales dates de son histoire.

La bibliothèque d'Angers, inaugurée le ai mai 1798, à i'évêché, et formée en grande {^rtie avec les dépouilles des monastères de l'Anjou , compte actuellement plus de 'lOOOO vol., parmi lesquels une belle et rare collection de livres sur les langues de l'Asie, donnée par M.Théodore Pavie, et tous les livres el portefeuilles du botaniste Ouépin. Parmi les manuscrits, on remarque: l'ie manuscrit autographe des Méditations de Lamartine ; T le manuscrit d une partie de Faul et Virginie; 3" le manuscrit des fables àe M. Viennel; 4'' les minutes nombreuses de pièces de tbéfttre avec annotations et corrections autographes des auteurs, provenant du cabinet de Fr. Grille, ancien directeur des lettres et des arts au ministère de Tinstruction publique. Depuis 1€49, cette bibho-

thèque a été instaîk'e dans une belle, commode et vaste salle, devenue déjà trop petite pour ses collections. Des fenêtres de cette salle on aperçoit le Jardin fruitier créé par la Société d'agriculture, sciences et arts, sur un terrain dont la ville lui a concédé la jouissance pour i:n temps déterminé.

Il est question de vendre ce terrain en y tiacaiii un<3 large rue déjà dénommée oiomue David f qui aboutirait h une façade monumentale de la bibliothèque et du musée.

La bibliothèque est ouverte tous les jours pour les étrangers, et, pour le public, les mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi de chaque semaine, de 10 h. du matio à 4 h. du soir*

Une }riblio:hpque populaire ^ récemment fondée, est installée rue Baudrière, dans l'ancien palais des Marchands. Ouverte tous les soirs, elle est dirigée avec un véritable dévouement par M. Cosnier, ancien libraire.

Le musée de peinture et de

sculpture, créé à peu près à la même époque que la bibliothèque, c'est à-dire pendant la Révolution, n'a été ouvert au public que le 15 avril 1807. Il se forma, dans Torigine , de tableaux et de statues provenant des églises, et de 337 tableaux que les héritiers de M. de Livois, mort en 1790, consentirent à céder à la ville. Le catalogue , qui n'est pas complet, car il date de 1847, contient Texplicaiion do 540 objets :

Tableaux 298

Gravures IIS

Seulpteres 19S

Nous suivrons l'ordre qu'il a adopté, en indiquant les tableaux ou les statues qui nous ont paru les plus dignes» . à quelque titre que ce soit, de l'attention des étrangers.

Le musée d'Angers est ouvert tous les jours pour les étrangers, et pour le public les dimanche et jeudi ôm

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tROOTB 5] ANGERS. — MUSÉES.

chaque i>emaine, de midi à 4 h. Les tableaux, que nous visiterons d'abord, sont exposés dans de belles salles au ! premier étage» éclairées par le haut, et dans Tescalier qui monte à ces salles. Le conservateur actuel est M, Dauban, médaillé en 1862.

ÂOOUE FRANÇAISE.

1. Bachelier. Un canard pendu à un clou. — 7. Bodinier (d'Angerb;. Lu demande en mariage (costumes romains). — 8. Boucher. La réunion des arts. Ce tableau, haut et large de 3 met. 30 cent., passe pour l'un des meilleurs de ce maître ; malheureusement le gris y domine. «—13 et î4. Ca.<innova. Attaque d'un fort. Un convoi harcelé par des hussards. — 15, 16, 17. Chardin. Fruits. — 21. Corneille (Michel). La Vierge entre l'Enfant Jésus et saint Jean-Baptiste ^ rnyj!"! Noël). Flore et Zéphyre.— 23. le inéme. Esquisse du plafond de la salle des gardes du Pa- Jais-Royal. — M. Dujmrtes (François).

Chasse aux renards. — si. Le même.

Aniauaux, fleurs et fruits. — 34. Devéria (Eugène). La mort de Jeanne d*Arc. Ce tableau est placé dans le grand escalier. — 'il . Gf'rorti (Franf'ois). jos<^ph reconnu par ses frèrej». Ce tableau mente d attirer rattention des artistes. C'est Vuu. des premiers ouvrages de Gérard. Il remporta, en effet, le second prix de peinture en 1782. — 42. Girodet Trioson. Romulus foisant tuer Tatins. Même observation que pour liî numéro précédent. Ce tableau a remporté le second prix de peititure en l'789. — 43. Greuse. Portrait de jeune ûlJe. U'n de ses plus charmants ouvrages. — 57. Lagrenée. Alexandre visitant la famille de Darius. — 58. Le même. Mercure confiant Bacchtts aux nymphes de l'île de Naxos. — et et 62. Lancrtt, Le repas de noces. La danse de noces. — 72. Mme Lebrun, L'Innocence se réfugiant dans les bras de la Justice (pastel). — 83. i/auzaisse. L'Arabe pleurant son coursier. — 87. Mignard. La Vierge et l'Enfant Jésus. Ce tableau, peint en Italie, est plus exempt de mignardise que beaucoup d'autres toiles de ce mattre. — 91. Patw (Jean- Baptiste, 1695, 1726) Los Baifzneuses. On a offert, dit-on, 25 OOO fr. de ce tableau à la ville d'Angers. — Robert (Hubert). La fontaine de Minerve à Rome. — Vanîoo (Jean- Baptiste). Renaud et Ar mide. — il 8. Vernet (Claude -Joseph).

Orage et marine. — U9. Yieiu Le corps

£RETAG2(E,

d'Hector ramené à Troie. — 120. Watteau. Une halte dans un paysage. — 285. Âligny. Paysage. — 791. Oérard. Portrait de Laréyeillère Lf-pearrr, président du Directoire. Les lleurs sont de Ghérard Kan Spofndonck. — 294. Lehmann (Henri).

Jérémie dictant ses prophéties. — 2M.

Vernet (Horace). La prise de Constantioe (copie).

ÉCOLES 1TALTENN88.

1 34 . Z<: Dominiquin. Saint Charles ayant les bras croisés sur la poitrine. Belle étude dont 1 authenticité est douteuse. — 138. Lê Gutrehin. Le Temps amenant la Véritr. Même observation quant à Tau* thenticité. 141. MaraUa (Carlo). Madone.

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