VANNES. — PROMENADES
La fMdion dite de S&ini-ViwcenP'
Ferrin, tué des Orfèvres, 13, renformo line chapelle dàns inif; sn!lc que l'on croit aVoir été la chambre du saint. On y vuit une vieille toile ligurant son portrait, une lampe en paille aitistement traTalllée qui passe pour être son ouvrage, la pierre qui lui servait d'oreillor, la pale qui couvrait son calice , et une jolie statuette de la sainte Vicr^*^ en ivoire.
La maison du Parlement ou le Chdteau-GaiUafd (rue Saint-Fran* çois) est une maison fort ancienne dans laquelle, dit M. Laîlemand, on entre par une lourde tourelle et un escalier en pierre de taille. On remarque, à l intérieur de cet édifice, de vastes salles, de larges cheminées, des sculptures en bois Ibrt remarquables et 57 panneaut de boiserie sur lesquels un peintre du Xvi* s., cbnrjirô sans doute de la décoration du cabinet de ÏMuis des />f^5('rf.ç. iirpmier président en 1528, faisant uu jeu do
mots fort à la mode ûotn, a représenté la Tte des Pires du Dif^m.
Nous signalerons aussi (rue àti
Purt) : une maison formant encoignure et qui porte cette inscription :
AU NO DK DIEV DIEV SOYCT EN MES AFFAIRES YVES LE KME PBBittNB tEBAR SA COPAIGNB ONT FAICt FAI&B
CE LOGIS BN ivCNi 15G5. Parmi les
sculptures dont elle est oi néc, on voit des animaux bizarres, des ligures humaines et la statue de sajnt Yves dans une niche. "
Nous indi(|uerons enfin : — deux maisons en bois, du xvi* s. (rue Saint-Salomon) ; — une maison en pierres, avec pilastres de la Renaissance (rue du i)rézen); — une maison de 1604, à lucarnes en pierre (rue du Pot-d'Étain) • — rue de TOuest, une maison de 1560 avec inscription moitié latine, moitié française, ornée de colonnctles et de figures grimaçantes ; — rue fie la Monnaie, une 7nnison- en pierre, de 157ÎI; — rue lie l'Etang, une maison dont une
sculpture représente un persûnnage
dans une posture indécente ; — rue
des Ch.moines, deux maisons situées on fnco l'une de l'autre offrant chacune un personnage, l'uncoifTé d'une barrette, l'autre qui tient sa tête dans ses mains.
kil. environ de la ville, se trouve le moulin à eau de Camsquei (1510), On y voit des animaux: sculptés dont l'un porte un enlant accroupi, et au sommet d un des piprnons, un sonneur jouanl du biniuu.
Une charmante jetée, plantée de peupliers, sert de communication entre le port et le faubourg Saint- Patcm. C'est le seul cAté de la ville doù l'on découvre , sur nue certaine étendue, les anciens murs, la tour du Connétable, et, en perspective , ht cathédrale. A dr. , s'élèvent enamphithéfttfia tes allées nombreuses de la promenade mal entretenue do la Garenne, sur laquelle ont été fusillés, en 1795, uu certain nombre d'émigrés de Quiberon ( V. ci-dessoûs, p. <251^ la Chartreuse de Brech, pris d^Auray).
La promenade de la Rahine, créée en J ?<M , s"pf f'nd maintenant jusfju'à la butte de Kerino. Elle a été replantée en 1842. Une troisième promenade, plantée eh 1847, sur l'emplacement dés anciens chàntiers, embellit le côté g. du port, dont la hauteuù d'eau (du chenal ti la basse mer) est de 2 mèt. 20 cent, et do 3 met. 70 cent, dans les plus hautes marées; aussi n'est-ii accessible qu'aux navires de 150 tonneaux. Les navires de 800 tonneaux peuvent jeter Tancre Au port de Conleau ou Conlo {4 kil.).
Le chemin de halage va être prolongé du Poni-Tcrf jusqu'à la pointe des Émigrés. Ce travail a été déclaré d'utilité publique par un décret récent (1866). Il facilitera singulièrement l'accès du port aux navires chargés qui étaient sans cesse exposés à échouer sur les vases amassées à dr. et à. g. du chenal.
Il se construit à Vannes des navires de 400 tonneaux au plus.
DE NAHTES A BREST.
La Société polymatique du Morbihan, fondée en 1826^ possède un mtitée arehéÂogique,
La Société archéologique du Morbihan, fondée en 1846, a été rpnoiivplée en 18i3, comme section spéciale i\e la Société polymatique. Elle se propose pour but 1" d'étudier, de décrire et de conserver les monuments anciens; 3* de recueillir et de réunir les objets d'antiquités intéressant le département; 3° de se livrer à des recherches de tout genre sur l'histoire, les idiomes, les mœurs et les institutions du pays. Elle publie, depuis 1857, un bulletin de ses travaux.
La Société d'agriculture et é^horti- «ttllure a été londée en 1819.
Vannes peut être le point de départ de nombreuses et intâreseantes promenade^. Nous indiquons les principalr s (Taprès M. le Dr Alfred Fouquet.
De Vannes à Séné et à l'île de £onlo (4 A 5 h.). — Au delà du chdieau de Limoges, qu'on laisse à g., on suit un étroit chemin qui mène à (5 kil). Séné, commune de 2815 bab., où se conserve, dans le trésor de IVgi/Ue Saint-PaterUf un très-beau calice du s., en vermeil, et une plaque du xvi' s. en cuivre repoussé, offrant la scène de la Frésenlation au Temple.
De Séné^ on peut gagner, au S. E., le village de Gwné/cez et la chapelle d'Oman, puis, remontant au M. 0.
par Cadouarn et Langle, atteindre (4 kii.) lapointo de terre située en face lie Moréac et de i'ile de Conlo. On jouit de Ul d'une vue étendue sur la plus grande partie du Horbiban et sur tout le bassin de Vannes. Un curieux escalier, creusé dans la colline, descend àlacute où Ion trouve, à rexlréniitd d'une jetée, un petit bateau qui transporte le touriste, soit dans 111e, soit à la céte du Grand- Conlo. — Au N. de llle, un sillon de
grosses pierres permet de j?agner la terre ferme à pied sec ; des deux côtés du sillon on remarque les traces d'une ancienne chaussée de 4 mèt.
de largeur. La côte du Grand-Gonlo est à 3 kil. de Vannes.
De Vannes au camp de la Villeneuve (4 h. env.}. — Ou suit, pendant 3 kil. env., la route de Vannes à Josselm, puis, la iaissantàdr., on se dirige vers (4 kil.) Saint-Àvé, commune de 1544 lub. , divisée en deux parties. Le cM^eau moderne de BeaU' reyard, appartenant à M. Aubert et situé à Saint-Avé-d'en-Bas, est entouré d'un beau parc. Véglise de Saint-Avé renferme de curieuses boiseries et un beau retable.
Au sortir de Saint-Avé, ou prend un chemin qui se dirige vers le N. et que l'on suit pendant env. une demiheure, jusqu'à l'entrée d'un vallon au N. duquel se dresse une colline abrupte^ aux flancs hérissés de rochers^ et couronnée par une triple enceinte de fortifications. C'est le camp de la Villeneuve, élevé, soit par les Celtes, soit par les Romains, soit par les seigneurs du moyen âge, et dominant l'étang du mouiin. Pour s'y rendre, il fitut passer au village de Mango-Lerian^ où ont été découverts de nombreux débris de poteries et de constructions romaines. Du camp de la Villeneuve (131 mèt.), uu jouit d'une vue très-étendue et tr&s-variée, surtout vers le S.
De VannM au taIIoii de Poignan.
— On suit jusqu'à (1 kil.) Saint-Cuen la route de Vannes à Napoléonvilie.
Prenant alors à dr. , à VÊ., un chemin d'abord assez large^ puis de plu^ en plus étroit, on rencontre un roeher^ autel très- mutilé ^ mais bien caractérisé, et, au delà d*un autre rocher qui se montre à dr. dans une pâture, on rejoint la route de Josseiin, près du moulin à vent de Bilair.
Un sentier qui traverse le champ sur lequel est bâti ce moulin mène, à
il'E.. au village de Poignan. A Textrémité d'une grande allée de cbênes
Digiii^uo L^y GoOgI
[BOUTB 6] VANN£S. —
qui se dirige au S., on trouve un mouliu et Ton entre dans ua vallon rempli de rochers de graait de toutes foroies el de toutes dimensions, creusés fie coTiiips et dp ripolrs.
De Vannes à Mériadec (4 h. à pied, aller et retour; roule de voilures) . — On laisse à g . , à 1 kil. de Van- . nés, la route d'Auray, et suivant la route qui s*ouvre à dr., au N. 0., on croise (3 kil.) le chemin de fer, au (ielà duquel on laisse à dr. la route de Gran<l-f'tinmp ; 2 kil. plus loin, on passe devant une petite chapelle du 3tv* s. (1407) > dédiée à Notre-Damede-Détliièem (cbapelle de Béléan).On y remarque un joli tableau moderne rappelant l:i délivrance miraculeuse d'uîi seigneur du Garo, prisonnier des Sarrasins. Un peu au delà de Béléan, dans un vallon, à g. de la route, on voit encore les ruines pittoresques du château du Garo. Aptù avoir franchi (5 kil. de Béléan) un ru'sseau, on gravit la côte rapide de Cnpisa.1, qui j)orle à son sommet quatre ou cinq autels druidiques 1. un d'eux (près du fossé d*un Jardin, en face de la chapelle du manoir de Coëtsal) est couronné par un débris rocheux, creusé d'une coupe énorme où se couchent les paysans atteints de coliques ou de lombago, i'our être guéris, ils invoquent tam Stioan (saint fitienne), api^ s'être frotté rudement i soit le ventre, soit le dos contre la pierre. Enfin, on atteint (10 kil. de Vannes) Mériadec , hameau dont le territoire est couvert de rochers entiers ou brisés. Sa vieille église oDVe un aspect triste. M. Fouquet y a re* marqué, sur l'autel latéral S., trois caillouxde quartz roulés avec lesquels les paysans se frottent le iront pour guérir la migiâino.
De Mériadec, ou peut i^agrier directement SaintO-Anne-d'Auray (ô kil.- F. ci-dessous) par Tancienne voie romaine de Vannes à Quimper , encore visible près du moulin de Goêtsal et en deçà de Mériadec.
De Vannes à fiohalgo et au Val-
£XGURSIONS. 245
Ion de la Grotte de Jean II. — On suit la route de Rennes jusqu'àla Bascule, où l'on prend, àdr., un chemin
qui conduit, à rE.,à(2kil.) Bohalgo^
village situé sur un ruisseau que l'on franchit. Suivant ensuite, à g., un sentier, on atteint la chapelle du Kohic^ où l'on voit une jolie croix du xvi' s. et des débris antiques dans tous les fossés étions les murs des maisons; puis, revenant sur ses pas jusqu'à la lande située au-dessus do !a grande prairie de liohalgo, on prend le premier petit chemin qui s'ouvre à g. et que l'ousuit jusqu'à la fontaine du Rotiic. On traverse alors une grande lande» coupée en deux ])ar la route que l'on a quittée à Bohalgo, et couverte de débris d'autels celtiques.
Enfin, on descend au S., vers un ruisseau que Ton franchit (2 kil.) sur un petitpont pittoresque, et Ton voit, A g., d'énormes rochers formant une grotte à ciel ouvert, connue sous le nom de GroiUt de Jeaa II et de C'apilule.
«Le VîiUon où se trouve celte grotte, dit H. Fouquet, est délicieux de fraîcheur en été; le ruisseau qui y serpente en murmurant, les beaux cSiênes (lui y répandent leur ombre sauvage, aussi bien que les nombreu.\ rochers qui s y groupent de la façon la plus pittoresque, tout fait de ce vallon retiré et silencieux un lieu charmant, i*
Pour 1 eAcursioii très* recommandée de l'archipei^lu Uorbihan, de Locmariaquer, de Carnac, etc., F. R. 92;
— pour la presqu'île de Rhuis, Sarzeau, Saint-Giîdas, etc., V. H. 91 ; — pour Sainte-Anne-d'Aui-ay et Auray, V, ci-dessous.
[Corresp. pour — (28 kil.) Locrainé, R. 90 : et pour (24 kil.) Saneau R. 91.)
De Vanneh à Ploeriuei, à Joiu»elin et à Napoléonviile, H. 90; ^ à Sarzeau , à Anon et àSalnt-Gildat de Rhuis, R. «i ;
— à Auray par Locnarlaqasr et CaniaCt
DE VANNES A BREST
Le chemin de fer, continuaiil de se diriger à TO,, paralièleiiient à la route (le terre qu il laisse au S. à i ou 2 kiL, traverse une contrée insignifiante où les cultures alternent avec les laudes, et franchit deux petits cours (i*eau avant d'atteindre
151 kil. Sainte-Anne \ station éta blie à 3 kil. au S. du village de ce nom (hôt. : de France, du Liojh-d'Or ; — nombreuses auberges) età&OOxnèt au de Plunéret.
Le bâtiment central de la parc, terminé en pinacle quadranguîaire, est couronné à son sommet par la statue vén/^r(''e de sainte Anne.
La chapelle Sainte-Anne (3 kil.; omnibus, 50 c.) doit son importance au pèlerinage célèbre qui s'y établit vers lé milieu du xvu» s., à la suite de faits que nous allons rapporter briè vement.
Eq isn, un paysan, Yves Kieolazic, eut une vision. Une femme lui apparut i
tt Yves ?^ieoliuio, lui dit-elle, De crains pas, c'est moi qui suis Anne, la mère de Marie : va dire à ton paslcur qu'au milieu du champ qu'on appelle le BonennQj il y avait autrefois, avant même qu'il existât de village, une chapelle cétebre, la première qui ait été élevée en I5rcta?:ne en mon honneur. Voilà aujourd'hui s^^i ii»s et 6 mois qu'elle a été détruite, et je désire qu'elle soit rebâtie par tes soins; Dieu veut que mon nom y soit vénéré encore. • £lle dit et disparut avec la lu miére resplendissante au milieu de laquelle elle était apparue. Le P. Arthur Martin a raconté dans !e plus grand Tlctail les prodiges qui précéderont, accompagnèrent et solvireat la déeoiiverte de la statue miraculeuse. Noi"'^ l' tivoyons le lecteur au Pilerinaqn de Sainte^ Anne d'Auray (5» édition, Vannes, Galles, 1860) pour tout ce qui coneerne Hes apparitions de sainte Anne, ses conversations avec Nicolazic et autres miracles qui ne sont point de notre sujet , pour passer à la découverte de l'ifna'^e et à l'établisBement de la ehapc'It; tjtdeson culte.
« I«7 miM^s l()2â,ditOgée,deuxaii>» après
rapparilion, Kieolazic, repoussé par son
r* tour, contrarié par les capucins d'Auray qu il avait consultés, et traité de fou et de visionnaire par tous Ceœt auxquels H s'était adresse pour la construction de la chapelle qu'il lui était ordonné d editier, prit enfin la résolutàoa de céder a ses impulsions intérieures, et se rendit, accompagné de quatre voisins et précédé d'une lumière miraculeuse , au champ nommé le Bocemio. Quand ils y furent arrivés, la lumière s'arrête, fit treis aoMte et dispamt. Nieolaaic ayant dit a l'un de ses compagnons de sonder le tei-rain , celui-ci n'eut pas plutôt donnQ quatre ou cinq coups d« pelle, qu'il sentit de la résistance. On aUa chercher un cier^ie bénit, à la lueur duquel on découvrit une statue à demi pourrie et défigurée. Celte statue fut appuyée sur le fossé voisin, et le bruit de celte découverte se répandit bientôt. Dès le lendemain, la fouie dévote et curieuse, vint y faire ses prières et y déposer ses oflrandes. Une semaine ne s'était point écoulée et l'on vit des pèlerins accourir en si grand nombre à Keranna (c'était le nom de l'ancienne chapelle donné aussi à la nouvelle église), que l'un de» aides de Nicolaxic crut devoir mettre aux pieds de la stauie on grand plat d'étain pour recueillir les oblations. Tel fut le tien où l'image de la sainte fut longtemps exposée au cuite et à la vénération des fidèles. Le recteur de Plunéret, toujours incrédule, instruit de ce qui se passait, enfoya son vicaire pour s'opposer à cette rov;i!ité. Le vicaire renverra rima<^p, i*'ta au loin le plat et les olïrandes, maiu aila Kieolazic et gourmmida les pèieiins sur Isur dévo* tion superstitieuse. Nicolazic, sans se troubler rtleva l'image et recueillit l'argent qu'il garuaavec fidélité. Les choses restèrent en cet état jusqu'au S mai; es jour-là li'S paysans de Keninna, voyant l'afflu' nrc dos pèlerins qui augmentait de jour eu jour, dressèrent une cabane couverte en genêts pour y déposer la statue. Cependant Sébastien de Rosmadec, évêque de Vannes, ût interroger par des prêtres, des religieux et des magistrats, et interrogea lui même Yves Nicolazic, dont a iraiirliisc, les réponses constamment uniformes et sages surprireut cl convainquirent ses interrogateurs.
Cette enquête terminée, il obtint enfin la permission de bàlir une chapelle; eu attendant, il lit un oratoire en planches ,
l. Généralement les touriste» vont à 1 en voiture, Visiter la Chartreuss et SainU- Auray d'où îU viennent, soit à pi(;d, soit | Anse*
dans lequel au célébra la meige le jour même où Ton posait la première pien u de la nouvelle chapelle, c'est-à-dire le jour (26 juillet) où Ton célèbre la fête de sainte Anne. »
La somme des oflYandos ne tarda pas à
suffire pour édifier le nouveau temple, dont la garde fut coutiee à des religieux carmes, par lettre» patentes de Iiouis XIII*
datées du camp devant la Rochelle en 1628. C'est aussi nn religieux carme, le P. Benjamin de Saint-Pierre, qui fut i'arohiteete des édi6eee composant l'église, le couvent et leurs dépendances. Toutes ces conslruclioris étaient terminées à la mort lie Nicolazic, en l(i45. H fui culoric au pied d'un pilier qui sépare la chapelle de la A'iergc de celle diie de Sai:itc-Annc , à l'endroit même où il découvrit la statue.
Après la suppression des communautés en 1790 et la vente de l'église et du monastère, l'image miraculeuse, qui avait été cachée à Auray> finit par y être décou* Terte, brisée et brûlée. Un 9eul morceau de la figure échappa à la destruction et se voit maintenant dans le piédestal de la nouvelle statue. •
Le pèlerinage de Sainte-Anne attire encore aujourd'hui un grand nombre d«:
pèlerins, lis s'y rendent de prt'ference aux. fêtes uc la Pentecôte et de i^ainte Anne. Les uns viennent seuls, pour que rien ne les trouble en leurs prières; d'autres se réunissent pour chanter de longs cantiques*
a Ici, dit le p. Martin, C*est une famille qui accourt tout entière, portant le nouveau'-ué et soutenant le vieillard; plus loin, ce sont de pauvres matelots marchant en corps de chemise, la téte et les pieds nus ; ils vous raconteront comment, surpris par la tempête, jetés sur des récifs, tombés dans les flots et sans espoir eu ce monde, l'invocaion de sainte Anne les a soutenus sur laiiimc. n
La i>emaiiie qui suit la Pealecùtu a été choisie de préférence par un grand nombre de paroisses, pour se rendre à Sainte- Anne en procession solennelle. Les habitsnts de l'ile-Dieu ne sont pas cOrayés par soixante lieues de mer; ils les ir.inchissent encore totis Ifs ans. Los marin:, de la commune d'Arzon, dans la pre^àqolle de Rhuis, en mémoire d*un vœu fait parleurs pères dans un combat contre Ruyter, y viennent régulièremetit le lundi de la Pentecôte. Ils s'embarquent avec leurs femmes et leurs enfants à Portrsavalo, sur des chasse-maiécs à voilf^^
rouges, ha (ète de U flottille» porté sur
un navire richement pavoise, avance m clergé, avec la croix d'argent de la paroisse. De tous les points de l'horizon on voit arriver le même jour, sur la place des Châtaigniers de Keranna, les processions des paroisses de Tlntèrieur. Toutes sont précédées de la croix, de la bannière de leur patron et du drapeau de la commune. Ailleurs 8*avaneent péniblement, à pied, des personnes du plus haut rang, des femmes faibles et délicates suivies de leurs équipages, qui ne doivent servir qu*au retour.
«Du plu 3 loin que les pèlerins aperçoivent la tour, ils se jettent à penoux saisis d'un saiuL respect, et ne marchent plus qu'en silence et le chapelet en main, comme si tout rhorizon. dominé par la chapelle, était un temple plein de la majesté divine. Tout à coup, de tontes les longues aveauee qui rayonnent autour de Sainte* Anne, sortent comme des flots de pèlerins qui se croisent et se mêlent en s'upprocbant de la fontaine et de la chapelle, c'est un curieux spectacle à contempler que celui de tous ces divers costumes, particuliers pour les hommes à chaque canton, et pour les femmes à chaque paroisse. L'étranger peut y reconn;titre un peuple (lui , moin^ changeant (|uo les Fraui^ais, te plaît à contîerver depuis ia plus haute antiquité les vêtements aussi bien que la langue de ses ancêtres. Mais ce qui frappe aussi l'observateur, c'est la joie répandue sur tous les visages, le recueillement conservé dans Tagitation universelle, et le silence qui n'est interrompu que par les prières que murmurent tout bas les pèlerins et que récitent à hante voix des troupes dç pauvres mendiants.
Ici on se presse autour de la fontaine ; les uns se reposent assiç sur les degrés de rampbtthefttre; les autres s'approchent de l'eau des piscines pour y tremper leur visage, leurs pieds et leurs mains, et vont boire à la source principale. Plus loin , dans la grande cour, ce sont des lllee de
f)èlcrins serpentant le long des murs de a chapelle et sous les galeries du cloître, la tète nue et le cierge en main, plusi^r» se traînent à genoux en signe de pénitence : ils montent ainsi U^ntement les iioml>rtiUx degrés ae la ik'ala sancta et vont embrasser les pieds du ealvûre. On croirait revoir les pénitences oanovqnea dea premiers aiècle^f •
a Eli arrivant àSainle-Anae, ajoulc le P. MartiO) soil par la route d'Au-
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DB NANTES A BAEST. [ROUTB 6]
ray, soit par celle de la Chartreuse, on rencontre d'abord une vaste place ombragée de cbfttaigniers à Textréxnité de laquelle se trouve la miraculé! iso fontaine consacrée par la.
preiuirrii apparition de sainte Anne.
L'humble source, qui se perdait autrefois inaperçue sous les l)uissûiis, est devenue une magnifique piscine en pierres de taille qui forme un parallélogramme de 25 mèt. de longueur sur 15 mH. de largeur. La partie inférieure en est coupée par un large cintre et les trois autres par des escaliers enclavés dans trois grands sièges fumant ampbithé&tre autour des bassins. Les bassins sont au nombre de trois. I.Qs deux premiers octogones, de 2 mèt. de diamètre, sont alimentés par (les sources vives. Le dernier reçoit l'excédanL des autres. Celui-ci se prolonge dans rbémicycle, sur 6 mèt.
de longueur et 3 mèt. de largeur. 11 entoure de ses eaux le piédestal qui porte la statue de la sainte.
« Su r lapiace de la l'on laine s'ouvre lu rue des Merciers, d'où l'on entie par trots portes dans la cour de la chapelle adossée au couvent. La cour est entourée de galeries couvertes, garnics de boutiques et construites pour offrir un abri aux pèlerins. Ces galeries se relient par des escaliers audessus des trois portes d'entrée. Là, sous une large arcade que recouvre une élégante cottjEK)le, s'âôveun autel où la messe peut 6tfe entendue de 1 n f^OO à 20 000 pei'sonnes. Ce monument a conservé le nom de Scnla sanctay que sa première destination Ini avait fait donner. On y voyait avant la Révolution un groupe de statues en pierre» représentant VEcce homo.
LeI nombreux degrés qui y cofidui- .sent rappellent ceux du prétoire, et le monumrnl nqiruduit celui de Rome, ou I on monte à genoux les degrés de marbre que Constantin fit enlever du palais de Pilate» Les statues sont aujourd'hui remplacées par une sainte Famille, extr ntp d'un magnifique retabio de» Coidelitir» d'Auray« »
A l'intérieur de l'église, on remarquait^ les trois retables du fond, décorés de vingt-quatre colonnnés de
marbre noir et rouge , et les riches enroulements de la frise exécutés dans le goût de la Renaissance. Dans des encadrements faisant face aux deux autels latéraux, dix tableaux avec inscriptions, disposés cinq dans chaque chapelle, retraçaient les principaux événements dont ce célèbre sanctuaire a été le témoin au xvii* s.
▲DTBL SAINTS-ANlfl.
Premier tahiêau : Les carmes obtiennent du rot Louis Xtll, au camp de la Rochelle, des lettres patentes qui confirnieot le pèlerinage de Sainte-Anne en ie2S.
Deuxième tableau : Louis XIII aecoide à révéque de Vannes la relique de sainte Anne.
Troisième tableau : Par ordre de Leurs Majestés, M. du Boislonèt, enseigne des
gardes , vient à Sainte-Anne y faire célébrer la messe pourobt«*nir un Dauphin.
Quatrième tableau : Pur ordre d'Anne d'Autriche , la présidente de Hesme fait une neuvaine pour obtenir un fils ; lfi2!>.
Cinquième tableau : Translation solen* nelle de la relique de sainte Anne, donnée par Louis XIII et Anne d'Autriche, pour être nn finge perpétuel de leur piété et de leur ailectioa envers eu saint lieu; l'an