AURAY
Henriette , reine d'Angleterre , fille de Hftiiti IV, le miracle de llavcatioii de U
statue de sainte Anne.
Dixième tableau : Anne d'Autriche ayant procuré Unstitulion d'une confrérie ea l'honneur de sainte Anne, s*y inscrit avec M. le Dauphin, depaîB Louis XIV) et le duc d'Anjou; 1640.
Ces peintures du xvii* s. auraient un besoin urgent d'une restauration
complète.
Outre les noms des princes nommés précédemment, on lit encore sur les registres ceux de la reine Marie Leczinska, des duchesses d'AngooIéme et de Berry , et de TEmpereur et de rimpéralrice, qui ont pass '' à Saint- Anne la fête du 1r> août ]858. Du nombre considérable d autres tableaux c.r-voto couvrent les murs de l'église; la plupart de ces peintures sont au* dessous de la médiocrité.
La sacristie, située derrière le maître-autfl, pst surmontée d'une voûte que soutiennent quatre colonnes en marbre. Cette voû le sup porte le chœur , qui a*ouvre sur l'église par une large arcade; Pun et l'autre sont pris dans répaisseur de la tour, terminée en coupole et d'une hauteur de 50 mèt.
En 1816, les Jésuites établirent un collège dans l'ancien couvent *b's Carmes; ce cuilége sert aujourdhui de peiU téminake.
Pendant les Cent •Jours, uneehaude rencontre eut lieu au village de Sainte- Anne entre les fé<!érés de Lorient et les chouans commandés par Joseph Cadoudal ; elle se termina ù l'avantage de ces derniers.
On peut de Sainte-Anne gagner Auray, soit par la route de voitures qui passe à la station, traverse Plunéret (V. ci-d''ssniis) et rejoint la route de Vannes àuuimjier, à peu de distance du pont, soit par une route eu construction qui descend dans un ravin roclieux et sauvage, franchit la rivière ])rès de la machine destinée à alimenter la gare d'Auray, sur un barrage en deçà duquel s'arrête la marée montauto, et pass<; à la cha- ,
pelle expiatoire et à la Chartreuse (F. ci-dessous, p. 251)} avant de rejoindre la route de Napoléonville près de la station d'Auray.
• Le h. de Plnnérot (2853 hab.), si*
tué, comme nous l'avons dit plushaut, à 500 mët. au S. de la station, possède des vestiges d'un jiont romain et de nombreux débris antique^. L'église Saint-Pierre f en partie romane (nef) , en partie moderne, est flanquée d'une tourelle carrée que termine une flèche polygonale. Dans le cimetière, se voient deux curieuses pierres tumulaires (xiii"-" et xv* s.).
Le chemin de fer traverse la rivière du Loch ou d'Auray sur un viaduc de 10 arches et de 206 mèt. de loo« gueur totale, construit entièrement en moellons parementés en bossage.
154 kil. Anraj (omnibus à la gare,
50 c; — hôt. : du Paxnlîon d^en-hau$; cet hôtel doit être rrcon;^truit entièrement pour 1868; de la Poste. — Voitures à volonté pour Carnac, Quiberoii, Sainte-Anne, la Chartreuse, etc. ; bateaux à vapeur pour Belle-Isle : service quotidien, départ suivant la marée, trajet en 3 h. \ll pour 4 fr. nO c. et 3rr.r)Ûc.),ch -1. dec.,V.de4ô42 hab., est située à 1500 mèt. de la gare, sur une colline dominant le Loch, qui y forme un port profondément encaissé.
Ce port divise Uvilleen deux paroisses, que relie un pont de pierres : Saint- Gildas, sur la rive dr., et Saint- Goustan, sur la rive g.
Auray n'a par elle-même rien d'intéressant pour un étranger, mais elle peut être le point de départ d*excursions trèsHSurieuses , et sa position est charmante. Pour connaître et apprécier celte situation, dont on n'a nulle idée si l'on reste dans la ville proprement dite, il faut descendre sur le pont de pierre qui traverse le Loch, mais surtout monter du qiuii voisin, pardes sentiers mal entretenus, à la belle promenade, presque aussi peu soignée , qui cuauc les flHru >, et le summet de la coUme. liu^ ici'
DE NANTES A BREST. [ROUXfi 6]
rassQsde cette promenade, et priocilialement du haut du belvédère en pierre (jui la domine, on découvre un churmant paysage.
Auray (en breton Aîré) a donné son nom à une famille dont des branches cadettes ont subsiste jusqu'au xvt« s. dans les paroisses de Plunéret et de Carnae ; une autre branche à laquelle appartenait Jean d'Auray, grand-veneur de Bretagne eu 1380, s'établit au xv« s. en Normandie*, quant à It bmnehe ainée, elle parait s'être fondue dès le s. dans la maison de Bretagne. Deux chiaries dt cett« époque, données par le duc Uoul en faveur de Sainte-Croix de Qoimperlé, sont datées du château d'Auray, reconstruit en iiox par le duc Arthur , et dont la possession Alt vivement disputée dans les guerres de Ut tticcession de Bretagne entre les maisons de nlois et de Montfort. Dès la pre< mière année de cette sauglaate lutte , en 134t,leande Montfort assiège Anray, et, n'ayant pu vaincre par les armes GeolTroi de Malestroit et Yves de Trézipuidy qui défendaient cette place, il les entraîne à son parti en les fusant séduire par Hervé de Léon.
T/année suivante Charles de Blois vint a son tour assiéger Auray, que Jean de Montfort vonliit reprendre an mois de
septembre l3o'i. L'armée de Charles de Blois se porta au secours des a^isiéges et vint camper à envirua une lieue au-dessus de la ville, dans la vallée de Kerso; sur la rive g. du Loch, où Charles perdit, avec la bataille d'Auray, la couronne et la vto.
Fsndmit les guerres de la Ligttt; les
troupes royales, l'armée cathoîi : ne et les Espagnols, alliés du duc dt» Mcrcœur, 8*emparèrent tour à tour de cette petite viUs, dont )e château, depuis longtemps ruiné , avait été démoU par ordre de Henri II en 1558.
Après nne longue période de pats et d'obscarité, Auray devint, dans îis dernières années du xviii» s., le lieu de ilépôt des prisonniers laits à guiheron par 1 armée républicaine et que les arrêts des commissions militaires Instituées pour les Juger ne tardèrent pas Dt envoyer i la mort.
Véglisc (le Saint- Gildas porte la • 'Mr de i63U. — LVyim; de SaintboHitan est plus ancienne. — L'ancienne Vif lise du ^ami-Esprit t située
à rentrée de la belle promeiia4e du Loch, seul monument historique que
possède aujourd'hui Auray, appartenait à l'ordre hospitalicM- (lu Saint- Esprit, fondé en 1180 par Guy de Montpellier. C'est un édifice duxiu' s, composé, dit M. Rosensweîffi de trois nefs sans transsepts, de 40 met. de longueur sur 12 de largeur et divisé en cinq travées. La nef est séparée du chœur par de lar.i,^es arcs supportés sur des faisceaux de colonnettes cylindriques* Les fenêtres soni de vastes baies en cintre brisé de 3 mèt. sur 8 environ. La maîtresse vitre au fond du cliœur, de 6 met.
sur 12 environ, piéseiile à l'eitérieur des retraits et des colonnettes, aiubi qu'une ligne de sculptures en oves sur ie iDuri des deux oôiés de la retombée de Tare. Il est à regretter que ce curieux monument ait été transformé en collège, puis en caserne.
Dans la chapelle du Vère Elcrnel (anciens Goideliers), on reniai-que de cicbes stalles sculptées qui décorsient autrefois le ebœur de la Chertreuse de Brech.
Le couvent des Capucins établis à Aurav au commencement du aLvii' s., est aujourd'hui converti en hospice.
Vhùpit(U général possède une cba'pelle du XT* s.^ a?ec tour carrée en pierre surmontée d*un clocheton. Sur le larmier qui couronne la tour, on déchiffre la date de 1A65.
Vhôff'l de viUts est un l'dilicede ialin du xviu' s., surmonté d un beflroi, avec un fironton aux armes de la ville. On remarque, en outre, à Auray quelques mations en bois à pignons sur rue et à étages surplombants avec sculptures, ï.es phi- ornées se voient daus les rues du Petit l'on ^ ^euvc, du Châtemi, du Behic, du Sainê-JUsprity de V Hôpital, du Lait, et sur la place du Marché,
A'. B. On ne doit pas quitter Auray sans avoir visité Carnac et Locmariaquer (R. 92), terre classique des monuments druidiques, et Ouiberon,
ce fatal promoiiioiiQ sur lequel vint
se bri^r le Uernier efforl de i «émigration (R. 93). Ifi «bamp de bataille arrosé en 1364 du sang de Charles de Bloia et en 1795 de cvlui des comité canons de Sombreuil, Sainte- Anne d Auray( K. ci-dessous), les monuments (le la Cliartreuse et du Champ des Martyrs ( K. ci-dessous) méritent aussi d*6tre signalés comme buts d'excuratcos intéressantes.
ISxcursioa à U Gharireuse de Breob et eu Boanmeiif â« f|aibevmi.
La Ghai U^euse de Brech, située à 600 mèt enviren de la station du chemin de fer, à dr. de la route de Napoléonville , a remplacé l'ancienne collégiale de Saint-Michel-du-Charap, ('•levée par Jean IV de Bretagne à l endroit même où il avait vaincu Cliarles de Blois, en 1364. £n 1480, à la demande du duc François II« le pape Sixte IV, par une bulle du 23 octobre, substitua une communauté de Chartreux à la collégiale. Ceux-ci agrandirent d'abord les anciennes constructions composées 6eulemeut, à roriginc, d'une simple chapelle et de .quelques maisons destinées au do} eu et à huit chapelains. Dans la seconde moitié du xvr" s. , ils élevùrenl des constructions nouvelles, en cummencanl par le cioilre et quelques cellules. Ces pcemiers travaux ne furent achevés qu*en 1620. On agrandit ensuite Téglise dont on restaura les peintures murales du xvr s. et
3ui lui ornée vitraux, d'un retable, e tableaux et d'un beau tabernacle.
En ii>30, on éleva un nouveau chapitre, et l'on bfttit un réfectoire et un second cloître, qui prit le nom de petit-cloître. Le premier fut alors appelé (frand cloître. « Situé au S. E.
de la chapelle actnelh^ , If grand cloître, dit M. Rosenzweig, entourait un pré au Biilieu duquel avait été creusé un puits, et avec lequel il cranmuniquait par de petites baies à arcs plein cintre reposant par pénétration sur des coionnettes cylindriques. U était lui-même boj:dô eJ^té*
rieuremenl des cellules de^ religieux; au nombre de vingt-trois. Quatrede ces cellules existent encore aujourd'hui, ainsi qu'une portion du cloître.
«Au commencement du xvui's.fles édifices de la Grande - Oïarlreuse étaient: l'église, le chapitre, deux cloîtres, le réfectoire, la cuisine, plusieurs bâtiments pour les hôtes, les ét^hles et écuries, un grand Jardin, cinq cours et une chapelle bâtie à la porte d entrée, où se disait la messe pour les personnes du sexe. De la nokaison, partaient dans des directions difierentes, plusieurs avenues de grands arbres destinées à l'agré* ment des Chartreux.
«Plusieurs années après, on dut reconstruire encore une fois une partie des bâtiments qui tombaient eu ruine ; la chapelle, le réfectoire»
la bibliothèque s'élevèrent tels qu'on les voit aujourd'hui, vastes et grandioses. La cliapelle lut décorée d'un riche autel à coIoutic^ de marbre, et de tableaux d"une as^c/, i>oune exécution représentant la vie de IXotie- Seigneur; le chapitre, de stalles babi* lement sculptées dont on attribue le travail aux Chartreux eux-mêmes et qui, enlevées au monument auquel elles étaient destinées, ornent aujourd'hui à Auray la chapelle du Père-<£ternel. On montre également, comme souvenirs de eettt époque, U chambre du prieur aveo sa petite alcôve et son prie-Dieu, et, dans le verger, un magnifique charme dont les branches s\'t«.uidant en un large cercle abritenL uu diilicicui ruijdpoint.
« Mais ce que nous devons signaler
surtout à Tattention du visiteur, ce sont les toiles qui tapissent le petit cloiire i t qui reproduisent, avec uti certain mérite, la célèbre galerie d'Eustache le Sueur, aujourd'hui au Louvre» cbins laquelle ce peintre a réuni les principaux traits de la vie de saint Bruno.
« Ces copies, qui ont malheureusement licauQQup souûei't^ eut étc éga-