PAR COLMAR ET MULHOUSE
143 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 3 b. 20 min. par trains express; en 4 h.
45 min. par trains omnibus. — lr* cl.
16 fr.; 2« cl. 12 fr.; 3« cl. 7 fr. 80 c.
Le chemin de fer de Strasbourg à Bâle traverse, dans toute sa longueur, la belle et riche vallée de l'Alsace comprise entre le revers oriental des Vosges, que Ton aperçoit presque constamment à dr., et le Rhin, qui coule à g. , à une distance moyenne de 20 kil. Cette vaste plaine, de 140 kil. de longueur, présente à peine quel-
vosges. '
ques différences de niveau sans importance. Les seuls ouvrages d'art du chemin de fer y sont de petits ponts jetés sur les nombreux cours d'eau qui descendent des montagnes pour se réunir à FUI, dont la voie suit la rive g. jusqu'à Mulhouse, à une distance moyenne de 2 à 4 kil.
La vue est surtout attirée par la chaîne des hautes Vosges, sur lesquelles se dessinent, de distance en distance, tantôt sur un fond de verdure, tantôt sur le ciel môme, les ruines pittoresques d'anciens châteaux fortifiés, du moyen âge. Plus près se montrent des campagnes fertiles et bien cultivées, de belles forêts, de nombreux centres de population , de hautes cheminées d'usines. En6n, les hauteurs de la Forêt-Noire apparaissent fréquemment à g., au delà de la plaine du Rhin. Aussi ce voyage de quatre heures est-il, par une belle journée d'été, une promenade des plus agréables. Les voyageurs qui ne seront pas pressés par le temps, devront préférer les trains omnibus, qui leur permettront de voir plus à loisir ce magnifique pays.
Le chemin de fer de Strasbourg à Bâle se détache, à 1 kil. environ de Strasbourg, de la ligne de Paris, qu'il laisse à dr. Décrivant une courbe à grand rayon, il prend la direction du S. et croise successivement les deux routes de Strasbourg à Saverne ; puis, après avoir laissé à g. la ligne de Bade, il franchit le canal de la Bruche et la Bruche elle-même, qui se déversent dans rill, en amont de Strasbourg. L'embranchement sur Molsheim, Barr, Mutzig et Wasselone, se présente à dr. un peu en deçà de Lingolsheim, qu'on laisse à quelque distance. On aperçoit à g., à 1 kil., à peu près, le village d'Ostwald, dont la colonie pénitentiaire mérite une visite.
On s'y rend, soit de Strasbourg ( V. cidessus» R. 1, p. 1 11), soit de la station de Geispolsheim (V. ci-dessous).
Un peu au delà d'Ostwald, on découvre au loin, sur la rive dr. de
Mil, Illkirck (3187 hab.), ancien village impérial,' où fut signée la capitulation qui livra à Louis XIV la wlle de Strasbourg. A 1 kil. au S. d'Illkirck, sont situés les importants ateliers de Graffenstaden, spécialement installés pour la construction du matériel roulant des chemins de fer (locomotives et wagons), et pour la fabrication des machines-outils.
10 kil. Geispolsheim, ch.-l. de c. de 2215 hab., situé à 3 kil. à dr. de la station, était autrefois entouré d'une enceinte fortifiée, dont il ne reste plus de traces. L'église, reconstruite dans la seconde moitié du xvm* s. , a conservé une tour plus ancienne.
14 kil. Fegersheim, v. de 1873 hab., à 1 kil. à g. du chemin de fer, sur les bords de l'Andlau, qui s'y divise en plusieurs bras avant de se jeter dans riU. Fegersheim possède une église assez remarquable par sa nef et sa façade. A peu de distance, au N. E. du village, s'élève une chapelle dédiée à saint Udalric ; à côté se trouve une source dont l'eau passe pour guérir les maladies d'yeux.
Depuis Fegersheim jusqu'à Kogenheim, c'est-à-dire sur un parcours de 25 kil. environ, le chemin de fer traverse des champs plantés de céréales et de tabac, l'une des principales productions de l'Alsace. — Presque en face de Fegersheim, à dr.
de la voie, se montre Lipsheim (500 hab.), sur la rive g. de l'Andlau. Après avoir franchi l'Andlau, on passe "entre Hindisheim (àdr.) et Hipsheim (à g.) . Hindisheim, v. de 1283 hab., est situé sur la rive dr. de l'Andlau. Les bois dépendant de cette commune, qui s'étendent entre l'Andlau et le ruisseau d'Ergelsen, produisent des truffes a«sez estimées; — Hipsheim, v. de 501 hab., est bâti au delà de la route de Colmar. Sur le bord de cette route, la chapelle de Saint- Ludan renferme le tombeau en pierre du saint, représenté couché et vêtu d'un habit de pèlerin.
Saint Ludan passe pour jouir du pouvoir de guérir les douleurs de
jambe ; et les nombreux pèlerins qui viennent chaque année solliciter son secours ont l'habitude de déposer sur son tombeau des jarretières de toutes couleurs. Saint Ludan, pèlerin écossais, fut trouvé, dit-on, mort de froid au pied d'un arbre, en 1202, et son corps fut transporté au lieu où se voit aujourd'hui la chapelle, qui sert d'église au village d'Hipsheim.
17 kil. Limersheim. Cette station dessert à la fois Hipsheim et Limersheim ; v. de 443 hab. , bâti à 1 kil. à dr. du chemin de fer. — Les Vosges orientales commencent à se montrer plus distinctement à dr. Déjà, par une belle matinée, on peut distinguer au loin quelques ruines : celles des châteaux de Lutzelbourg et de Rathsamhausen, la hauteur où se trouve le célèbre couvent de Sainte-Odile, à pic sur la vallée, et la tour du château de Landsperg (R. 83).
22 kil. Erslein, ch.-l. de cant. de 3604 hab., sur la rive g. de 1*111 , est une ville ancienne, autrefois fortifiée et dans laquelle les rois Francs avaient une résidence. Le domaine d'Erstein, donné par Louis le Débonnaire à son fils Lothaire, fut constitué par celuici en douaire pour son épouse Irmingarde, qui y fonda, en 830, un couvent de Bénéiictines, supprimé au xv s. L'enceinte fortifiée d'Erstein fut détruite en 1333, à la suite d'un siège. Aujourd'hui , cette petite ville n'a d'importance que par son industrie (blanchisseries, tanneries, huileries et moulins).
A 6 kil. au S. E. d'Erstein, au delà du canal du Rhône au Rhin et à 1 kil. environ de la rive g. du Rhin, se trouve Gerstheim , v. de 1445 hab.
près duquel s'élevait au moyen âge le château fort de Swandau qui avait pour seigneur Walter de Geroldseck.
Les actes réitérés de violence et de brigandage que se permettait ce seigneur ayant enfin lassé la patience des Strashourgeois, ceux-ci organisèrent, en 1333, une expédition contre lui, et, après six semaines de
[ROUTE 2] GEISPOLSHEIM. — BENFELD
tance, il fut obligé de se rendre à discrétion. Le château de Swandau fut détruit, et les soldats de la garnison eurent la tête tranchée. Quant à leur chef Walter, il fut épargné : selon un chroniqueur, sa femme, ayant obtenu de sortir du château en emportant ce qu'elle avait de plus précieui, en aurait profité pour emmener son fils et son mari.
[Un service de voitures publiques relie Ers te in à 0 bernai (R. 83 ; durée du trajet 1 h. 15; prix, 1 fr.).j
Le chemin de fer, se rapprochant du cours sinueux de 1*111, laisse à 1 kil. sur la g. Osthausen (813 hab.), qui possède un beau château du xvT s.
25 kil. Matsenheim, v. de 701 hab., à 500 mèt. environ à g. de la station, près de la route de terre, est l'un des principaux centres de culture du tabac en Alsace. L'église paroissiale renferme le crâne de saint Sigismond.
A 2 kil. 1/2 de la station de Matzenheim, à dr., se trouve, Westhausen (1260 hab.), dont le territoire est , comme celui de Matzenheim , consacré en grande partie à la culture du tabac. — A 2 kil. au N. 0. de Westhausen, est situé, sur la limite d'une prairie entourée de bois, le petit établissement de bains de HolXxbad, dont les eaux s'emploient pour la guérison de la gale, des obstructions du bas ventre, l'hypocondrie, et dans diverses maladies de femmes. La découverte de la source est attribuée à un miracle opéré au x* s. par saint Udalric, à qui les habitants ont élevé depuis une chapelle. Cet établissement, placé dans une situation agréable à 10 ou 15 kil. des vallées de Barr et d' And tau, est visité chaque année par un certain nombre de baigneurs.
28 kil. Benfeld, ch.-l. de c. de 2745 hab., à 500 mèt. environ à g. du chemin de fer, entre la rive g. de l'ill et la route de terre de Strasbourg à Colmar.
Benfeld, nn des plus anciens domaines de l'évêché de Strasbourg, est citée, avec |
le titre de villa, en 765, dans une charte de l'évéque Eddon. Toutefois elle n'est mentionnée comme ville qu'à la date de 1319. Mêlée aux différentes luttes dont l'Alsace fut le théâtre à diverses époques, elle fut assiégée, en 1331, par le duc de Wurtemberg et l'empereur Louis de Bavière, puis, en 1444, par lestàrmagnacs. auxquels elle résista avec succès. Moins heureuse en 1622, elle fut pnse par les Suédois, malgré une défense énergique que dirigeait un Zorn de Bulach. Le traité de Munster la rendit à l'évêché de Strasbourg, auquel elle resta jusqu'à la réunion de l'Alsace à la France. En 1349, pendant une peste qui ravageait l'Europe, il se tint à Benfeld une assemblée des seigneurs d'Alsace et des députés des villes. Cette assemblée prononça l'expulsion des Juifs, accusés, comme dans beaucoup de villes des autres provinces, d'avoir empoisonné les fontaines.
Benfeld n'a rien conservé de son enceinte fortifiée, ni du château que les Strasbourgeois y avaient construit.
L'ancien château de plaisance des évêques de Strasbourg a été également démoli dans ces dernièies anj nées. Sur l'emplacement qu'il occupait on a élevé un vaste magasin de tabac en feuilles, dans lequel viennent s'entreposer les tabacs produits en quantités considérables dans le canton. — L'église de Benfeld renferme des stalles remarquables.
A 2 kil. au N. E. de Benfeld, le hameau d'Ell ou d'Ehly, situé près d'une dérivation de 1*111, paraît occuper l'emplacement d'une ancienne cité romaine appelée Hellelum selon les Tables théodosiennes , Helvetum suivant l'Itinéraire d'Antonin. Cest là, dit-on, que fut enterré saint Materne, premier apôtre d'Alsace. « D'après sa position et les antiquités qui y ont été découvertes, dit le Dictionnaire de Baquol, Helvetum doit avoir été du temps des Romains une ville importante. C'est probablement du ve s., lors de l'invasion de l'Alsace par les Barbares, que date sa décadence. • Nous ajouterons, à l'appui de cette opinion, que la route départementale de Rhinau à Barr est cou.
pée, à 1 kil. environ à l'E. de Benfeld, par une voie romaine dont la trace est encore très-visib'e et qui sert de chemin de communication au hameau d'Ehly où elle aboutit. On voit aussi, dans les prairies situées au S.
et à TE. d'Ehly, un» assez grand nombre de tumuli qui offrent, particulièrement à la hauteur de Rossfeld (4 kil. au S. d'Ehly), un aspect très-intéressant. — M. Niklès de Benfeld, qui a réuni quelques-unes des antiquités recueillies sur le territoire d'Ehly, les fait voir volontiers aux amateurs.
A 11 kil. au S. E. de Benfeld, la petite ville de Rhinau (1519 hab.), bâtie sur le bord du Rhin, en face d'un groupe d'îlots boisés , qui séparent le fleuve en deux bras, a remplacé au xvi* s. une autre ville , qui vers cette époque fut peu à peu submergée par le Rhin. En 1749, les eaux étant très-basses, on put encore distinguer les restes de cette ancienne ville. Rhinau était autrefois entourée de fortifications, détruites par suite du traité de Westphalie.
[Service de voitures entre Benfeld et Barr (R. 83; 14 kil.; trajet en 1 h. 20 min., places, 1 fr. 25 c.)]
A 2 kil. à peu près de la station de Benfeld , à g. et à 1 kil. de la voie, HùUenheim, v. de 2084 hab., se fait remarquer de loin par son clocher, l'un des plus élevés de l'Alsace.
Au premier rang de ses établissements industriels, se trouve l'importante manufacture désignée sous le nom de Filature et tissage mécanique du Bas- Rhin.
34 kil. Kogenheim, v. de 1415 hab., situé à 500 mèt. à g. de la station, entre FM et la route de Colmar, n'offre rien d'important (blanchisseries de toiles, moulins à blé).
[De Kogenheim, excursion à (6 kil.) Ebermùnster {V. ci-dessous). J
Le chemin de fer longe à g. des prairies arrosées par Ml et au milieu
desquelles s'élève, à 1 kil., le triplé clocher de l'église d'Ebermûnster.
A dr. on découvre au loin, au-dessus de Dambach, le promontoire S. du massif du Champ-du-Feu (R. 83) qui se prolonge vers le val de Vilîé (R. 84) .
38 kil. Ebersheim, v. de 1992 hab., situé à 600 mèt. à g. de la station, tire son nom du mot allemand Eber (sanglier). Sigebert, fils de Dagobert II, ayant été dangereusement blessé par un sanglieraux environs d'Ebersheim, saint Arbogast adressa des prières au ciel pour sa guérison. Le jeune prince se rétablit, et Dagobert, attribuant le salut de son fils à cette pieuse intercession, donna, en témoignage de reconnaissance, là 1' glise de Strasbourg les terres de RoufTach et le palais d'Isenbourg qu'il habitait. Telle fut, suivant la tradition, l'origine de la puissance temporelle des évêques de Strasbourg et celle du nom attribué à Ebersheim.
Ce village, dont les principaux établissements industriels sont des blanchisseries de toiles et des moulins à blé, n'offre rien de curieux; mais il est le point de départ de deux excursions iutére>santes à Ebermùnster et au château de Bernstein.
Exourtion à BbermtlnaUr.
La station d'Ebersheim est à 3 kil.
d'Ebermûnster (45 min. de marche). On prend le chemin qui de la station va aboutir à l'entrée d'Ebersheim, sur la route de Schlestadt. To i niant alors à g. sur cette route, on la remonte dans la direction de Strasbourg, pendant 1 kil. environ. Le premier chemin que l'on y trouve sur la dr. , conduit directement à Ebermùnster et passe devant l'église, but principal de l'excursion.
Ebermùnster, v. de 1011 hab., était autrefois le siège d'une abbaye célèbre, fondée, à ce que l'on croit, en 667 par Étichon, duc d'Alsace.
Donnée aux évêques de Strasbourg par l'empereur d'Allemagne Sigismond, cette abbaye adopta la règle
[R. 2] EBERMUNSTER. — DAMBACH. — BERNSTEIN. 117
de Saint-Benoît. Les bâtiments de l'ancienne al'baye, occupés tour à tour par un hôpital, une brasserie et une manufacture de tabac, ont en partie disparu. Ce qui en subsiste encore a été acquis en 1829 par les PP. de la congrégation de Marie, qui y ont établi un noviciat. — L'église actuelle, qui sert d'église paroissiale à la commune, a été construite au commencement du xvnr» s. ; elle est surmontée de trois clochers présentant à leur sommet une sorte de renflement arrondi qui rappelle la forme des minarets. L'un de ces clochers s'élève vers le chevet; les deux autres encadrent la façade, dans laquelle s'ouvre une entrée à triple arcade, terminée par le pignon de la nef. La construction de ces clochers est attribuée à l'abbé Rœttelin, mort en 1715.
A l'intérieur, la voûte est décorée de fresques, dont quelques-unes ont malheureusement été détruites en 1793.
Parmi celles qui restent, on remarque surtout les fresques de la coupole et du chœur. Les stalles du chœur et l'escalier de la chaire sont ornés de belles sculptures en bois. Nous signalerons, en outre, les orgues, un des chefs -d'œuvre d'André Silbermann, ainsi que les confessionnaux sculptés et dorés, appuyés le long des nefs latérales. Cet ensemble, d'une grande richesse de décoration et dans lequel domine le goût du xvjii" s., est d'un bel effet. — Un sceau en cuivre, aux armes de l'abbaye, a été trouvé dans l'IU, à Ebermûnster.
Excursion au ohlteau d« B«rost«in.
Un chemin qui s'ouvre à dr. de la voie ferrée et qui croise (3 kil.) la route de Schlestadt à Fénétrange, conduit directement à (6 kil.) Dambach (hôt.de la Couronne)^, de 3251 hab.
située au pied des hauteurs que couvre la forêt du même nom. Dambach a été formée en 1340 de la réunion des villages oVAltenweiler et â'Oberkirch, et entourée à cette époque de fortifications qui sont restées debout. Elle fut
assiégée et prise en 1444 par les Armagnacs sous les ordies du Dauphin Louis, qui fut blessé au genou par une flèche. L'évêque de Strasbourg, en signe de soumission , et pour sauver la ville d'une destruction totale, fit don de deux beaux chevaux au jeune prince, qui renonça à ses projets de vengeance. En 1642, pendant la guerre de Trente ans, le duc de Lorraine vint attaquer les Suédois qui avaient occupé Dambach; mais, après quatre jours de siège, il abandonna son entreprise.
Le chemin conduisant au château de Bernstein, ou de Dambach, s'ouvre au N. 0. de la ville, et passe d'abord près de la chapelle Saint- Sébastien, lieu de pèlerinage très- fréquenté (audessus de l'autel, boiserie de 5 mèt.
de hauteur, sculptée avec une admirable délicatesse). On tourne ensuite sur la g. pour monter directement, àtravers bois, jusqu'aux ruines du château situées à 200 ou 300 mèt. de distance du chemin, au milieu d'une magnilique forêt de sapins et de chênes (1 h. de marche depuis Dambach).
Le château de Bernstein, bâti à mi-côte de la montagne de Dambach, se compose d'un corps de logis étroit et long, à chacune des extrémités duquel s'élève un donjon.
Il est construit, avec une grande simplicité, en blocs de granit, dont les assises, régulièrement appareillées, sont taillées en bossage ; toutes les ouvertures sont en plein cintre.
Fondé sans doute au xi" s., il a été entièrement reconstruit, depuis le xve s., suivant le plan et le style primitifs. Le château de Bernstein appartenait anciennement aux comtes d'Eguisheim; il devint plus tard la propriété des évêques de Strasbourg, et fut, jusque vers la fin du xvi* s., le sié^e d'un bailliage épiscopal trèsconsidérable. H est aujourd'hui la propriété de MM. Rieth, de Sainte- Marie-aux-Mines, et Ruhlmann, de Dambach.
De Bernstein on peut, en traversant
les bois dans la direction du S. 0., gagner le sommet de la montagne de Dambach (685 mèt. d'altit.), redescendre sur le rocher de Halgenstein, masse de granit hardie et trèspittoresque; puis aller, de là, par un beau sentier, visiter les châteaux d'Ortenberg et de Ramstein et se diriger enfin sur Schlestadt par Scherwiller ( V. R. 84). C'est une course fort intéressante, mais assez longue (une journée à peu près, en comprenant le retour à Schlestadt), et pour laquelle un guide sera utile.
On trouve, près des ruines de Bernstein, une maison de garde forestier, où Ton peut tout à la fois se rafraîchir et prendre des renseignements pour la suite de l'excursion au Halgenstein et à l'Ortenberg.]
• D'Ebersheim à Schlestadt, le chemin de fer se rapproche de plus en plus du versant oriental des Vosges, et l'on distingue aisément, à dr. , audessus du village de Scherwiller, les ruines du château dOrtenberg, les hauteurs qui dominent l'entrée des vallées dé Villé et de Sainte-Marieaux-Mines, et enfin la montagne que couronnent les beaux restes du Hohenkœnigshourg. [V. p. 123 et R. 84.)
45 kil. Schlestadt (omnibus à tous les trains pour la ville, 1 kil., 30c. par voyageur, 15 c. par colis ; — hôt: de l'Aigle, du Bouc, du Liond'Or; libraires : Wampflug, Garell fils), ch.-l. d'arrond. du départ, du Bas-Rhin, place de guerre de 2* classe, V. de 9950 hab., est située sur la rive g. de l'Ill, et à l'intersection des routes de Strasbourg à Lyon par Colmar, et de Neuf-Brisach à Nancy par Sainte- Marie-aux- Mines et Saint-Uié.
On entre dans Schlestadt par trois portes fortifiées : la porte de Stras bourg, au N., la porte de Neuf-Brisach, au S. E., et la porte de Colmar, au S. 0. — Une belle route, traversant une promenade dessinée à l'anglaise et qui mérite d'être parcourue à pied, relie l'embarcadère, situé à
700 ou 800 mèt. des ouvrages extérieurs de la place, avec la porte de Colmar.
Schlestadt est Tune des plus fortes places de l'Alsace ; mais elle est malheureusement à l'étroit dans l'enceinte de ses fortifications, qui ne lui a point permis de s'agrandir, autant que le comporterait le développement de son industrie. Irrégulièrement bâtie, elle ne possède guère d'autre promenade que la ligne intérieure de ses remparts. Les rues, en général étroites et mal alignées, sont entretenues d'ailleurs dans un état satisfaisant de propreté par des ruisseaux qu'alimentent les eaux du canal de Chatenois, qui traverse la ville; en outre, le pavage de ces rues, jadis fort [désagréable , est en ce moment l'objet d'importants travaux, qui seront terminés en douze ans. Mais, si l'aspect intérieur de Schlestadt est peu flatteur, elle rachète ce désavantage par une situation charmante, au milieu de prairies que limite à l'E. une belle forêt et qui ont pour horizon à l'O.
les magnifiques montagnes dominant, à 5 kil., l'entrée de la vailé de Sainte- Marie-aux-Mines.
Schlestadt, dont plusieurs historiens font remonter l'origine à la période galloromaine, sans qu'on ait à cet égard des données bien positives, compte, en tout cas, parmi les plus anciennes villes de l'Alsace. Les rois francs y eurent une résidence où ils firent de fréquents séjours, et Charlemagne y passa, en 775, les fêtes de Noël. Toutefois, Schlestadt ne commence à tenir véritablement une place active dans l'histoire qu'à partir du commencement du xiii» s ., où elle fut, sous l'empereur Frédéric II, entourée de fortifications (1Q16-I23'i), et mise au nombre des villes impériales. Depuis cette époque , elle fut constamment mêlée aux luttes nombreuses dont l'Alsace devint le théâtre Au xme et au xiv« s., à l'occasion des débats entre les empereurs d'Allemagne et le Saint-Siège, elle s'arma plusieurs fois en faveur des premiers , contre les évèques de Strasbourg, partisans naturels de la papauté. Deux fois elle fut, sans succès, assiégée par eux. Au