‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 121 sur 489 · ROUTE 3] NOGENT-SUR-MARNE. — FERRIÈRES · texte numérisé non relu

ROUTE 3] NOGENT-SUR-MARNE. — FERRIÈRES

Le chemin de fer, abordant cette partié du plateau de la Brie spécialement désignée sous le nom de Brie française, s'engage dans une tranchée longue de 4400 mèt. et entre ensuite dans le départ, de Seine-et-Marne.

28 kil. Émerainville Pontault. Émerainville, v. de 213 hab., est situé en plaine, à g. de la station et à l'entrée de la belle forêt d'Armainvilliers.

,rCorresp. pour: — (3 kil.) Pontault, v. de 689 hab., à dr. de la station qui porte également son nom. V église, du xiv« s., renferme diverses épitaphes, dont une, assez singulière et en vers, date du commencement du xvi- s. On y remarque, en outre, les effigies de deux curés, du xvir s.; — (1 kil.) Combattit, hameau de 138 hab.; — (9 kil.) Lésigny, v. de 396 hab. ; — (12 kil. ; corresp. les dimanches et fêtes seulement) Férolles, v. de 305 hab., sur un coteau dominant le Réveillon, qui a sa source dans la forêt d'Armainvilliers. Près de Férolles se troment les restes d'un ancien château fortifié.}

On entre dans la grande forêt d'Armainvilliers, aux I elles avenues.

33 kil. Ozouer-la-Ferr 1ère , v. de 696 hab. , à 3 kil. environ à dr. et au S. de la station, sur la route de terre de Paris à Coulommiers par Tournan. — La station d'Ozouer est, en réalité, la station de Ferrières, où lasplendide propriété de M. de Rothschild attire surtout les curieux.

[Corresp. pour : — (8 kil.) Chevry, v. de 687 hab. (restes du château de Cossigny) ; — (8 kil.) Ferrières , par (4 kil.) Pont-Carré (F. ci-dessous).]

Exourslon A Ferrières.

8 kil. — Voitures de corresp. — Trajet en 45 min., pour 40 c.

Une belle route, s'ouvrant à g. du chemin de fer, à la sortie de la station, traverse, pendant 4 kil. environ, la forêt d'Armainvilliers. Les bois s'éloignent ensuite à dr. et à g., et Ton atteint Pont-Carré, v. de 589 hab.,

qui possède une église de la fin du

xvi- s. et un beau château. — Un chemin de 2 kil. 1/2, longeant en partie un bois, mène de Pont-Carré à Ferrières, v. de 767 hab., dans un vallon entouré de bois de trois côtés.

L'église de Ferrières est un charmant petit édifice de la première moitié du xut-s. Elle comprend trois nefs, dont chacune se termine vers 1E. par une abside polygonade. Elle a 30 mèt.

de longueur sur 17 mèt. de largeur; la hauteur de la nef principale est de 12 mèt. sous clef.

Dans l'origine, l'église de Ferrières ne possédait pas de clocher. Au xvnr s. avait été érigée sur Tune des travées, vers le N., une tour grossière, sans valeur artistique, qui écrasait les piliers et les murailles et qui menaçait de ruine le monument historique.

En 1859, M. Millet, chargé de remédier au mal, rasa la tour tout en faisant exécuter les travaux les plus urgents de restauration. L'église de Ferrières, fort intéressante, possède une belle porte latérale.

Ferrières, qui était en 1366 un fief dépendant de la maison de Montmorency, passa dans les mains de divers seigneurs, parmi lesquels nous citerons le secrétaire des commandements de Gaston, duc d'Orléans, Léonard de Goulas, dont le tombeau se voit dans l'église Saint-Rémy. Vers la fin du

xvii- s., la terre de Ferrières fut achetée par le procureur général de la Briffe et érigée en marquisat. Confisquée pendant la Révolution, elle fut acquise de l'État par le célèbre Fouché, qui y vint souvent résider. A sa mort, la propriété, étant indivise entre ses héritiers, fut mise en vente et achetée 2 600000 fr. par le baron de Rothschild. Depuis cette époque, de nombreux embellissements et des acquisitions successives en ont fait un des plus beaux domaines de France.

Enfin, dans ces dernières années, l'opulent propriétaire a complété ces améliorations en faisant abattre l'ancien château pour le remplacer par

un édifice dont la splendeur rivalise avec celle des plus riches habitations princières. Le château de Ferrières, situé à dr. et à l'extrémité de la rue principale du village, a été reconstruit sur les plans de l'architecte anglais Paxton, dans le style de la dernière époque de la Renaissance italienne. Il forme un carré, appuyé à chacun de ses angles à des pavillons ajoutés postérieurement, sous la direction de M. Eugène Laini. conformément au style général de la construction. Des galeries ouvertes rattachent sur les côtés les pavillons entre eux. Du côté du parc, auquel on descend par des rampes élégantes, s'étend, en face du château, une vaste pièce d'eau, l'un des principaux ornements du jardin.

Le patc lui-même, renfermant de magnifiques serres, est rempli des plus beaux arbres , décoré d'arbustes et de massifs de fleurs, coupé de vastes pelouses.

Outre les salons de réception, les galeries et les appartements particuliers réservés aux membres de la famille, le château renferme quatrevingts appartements complets destinés aur visiteurs; et de plus les nombreux logements nécessaires aux personnes du service 4e la maison et des écuries. Celles-ci peuvent contenir 80 chevaux.

L'entrée présente un vaste porche, remarquable par des torchères en faïence italienne ; un escalier à double révolution conduit dans les appartements de réception, dont la pièce la . plus curieuse est une vaste salle de 40 mèl. de côté, occupant le centre du bâtiment dans toute sa hauteur, et qu'éclaire, à 20 mèt. du sol, un plafond vitré. Dans cette salle , splendidement décorée, sont réunies une bibliothèque de 8000 vol., des collections de pierres fines et de médailles, d'antiquités, d'objets d'art, des toiles du plus grand prix, etc. Â la partie supérieure règne une large galerie ornée de tapisseries des Gobelins, et à laquelle on arrive par un escalier •m pierre, à rampe d'ébène, décoré

sur les côtés de peintures de Snyders.

Nous citerons encore, parmi les salles les plus remarquables : — un grand sa/on, dans le style Louis XVI, donnant sur une galerie extérieure à colonnades, ornée de fresques et de bustes. Ce salon est précédé d'une riche salle d'attente, tapissée de tentures en cuir, à personnages représentant le Triomphe de Mardochée; — une grande salle à manger, ornée de belles boiseries; — une petite salle à manger, dite de famille; — un fumoir, avec une fresque circulaire, peinte par M. Eug. Lami (le Carnaval de Venise). — Pour visiter l'intérieur de cette somptueuse demeure, il faut se munir d'une autorisation de M. de Rothschild.

Sous le rapport agricole, la visite du parc et des nombreuses fermes, admirablement cultivées, qui se rat* tachent au domaine de Ferrières, offre le plus sérieux intérêt.

On peut se rendre également à Ferrières par Lagny (R. 1.)

A peu de distance de la station d'Ozouer-la-Ferrières, et après avoir croisé la route de Lagny à Meiun, on aperçoit, à dr. , le parc, entouré de clôtures palissadées, que MM. Péreire se sont réservé au milieu même de la forêt d'Armainvilliers, dont les avenues naturelles, habilement conservées et entretenues, présentent de magnifiques ombrages. On y remarque, en passant, un réservoir pour la distribution des eaux, établi dans une construciion pittoresque. Plus loin, sur la limite O. de la forêt d'Armainvilliers, à l'entrée d'un plateau étendu qu elle enveloppe au S. O. et que la forêt de Crécy circonscrit au N. E., se montre , à dr., en arrière d'une magnifique grille, la façade, dans le riche et grand style de la fin du xvii* s., du château d'Armainvilliers ou plutôt du château Péreire, d'après une décision judiciaire qui a enlevé la première désignation à la résidence de

Page 1