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ROUTE 3] SIERENTZ. — SAINT-LOUIS. — BÂLE

ses mains, n'offre aucun événement intéressant jusqu'à la fin du xvir» s. Louis XIV en fit faire, par Vauban, en 1680, une des places les plus fortes de l'Alsace. Depuis cette époque, Huningue a été constamment un des principaux points d'attaque dans toutes les guerres de la France avec l'Allemagne. Le pont, jeté sur le Rhin en 1680 et défendu alors par une redoute, a été détruit et rétabli trois ou quatre fois sous Louis XIV, sous Louis XV, sous la République et sous l'Empire. Parmi les sièges que Huningue a eu à soutenir, nous citerons particulièrement ceux de 1796 et de* fcs 15.

En 179S, la place, commandée par le général Abbatucci. âgé seulement de '.26 ans, opposa une résistance héroïque aux Autrichiens. Le général Abbatucci périt glorieusement dans une sortie faite à la tête de quelques grenadiers, dans la nuit du i« au 2 décembre 1796- Un monument fut élevé en souvenir de l'intrépidité du jeune défenseur de Huningue; détruit en 1815, par les troupes autrichiennes, il a été rétabli à l'entrée de la ville, en 18*28.

Huningue, qui avait été assiégée de nouveau en r814, fut encore une fois attaquée, en 1815, par un corps d'armée placé sous les ordres de l'archiduc Jean, et qui ne comptait pas moins de 30 ooo hommes. Le général Barbanègre, qui dirigeait la défense, n'avait sous ses ordres qu'une centaine de canonniers, trente soldats, cinq gendarmes et une quarantaine de militaires en retraite, qui s'offrirent comme volontaires. Malgré le petit nombre d'hommes dont il disposait, le général Barbanègre, s'inspirant du souvenir d'Abbatuoci, résista pendant sept jours à l'ennemi. Enfin, lorsque, environné de ruines et n'ayant plus avec lui que quelques combattants, il se vit obligé de capituler, Barbanègre obtint de sortir de la place avec tous les honneurs de la guerre. Alors l'armée autrichienne vit, avec admiration, défiler devant elle le général accompagné de cinquante hommes, seuls restes de sa faible garnison.

Les fortifications de Huningue détruites, en vertu d'un article des traités de 1815, n'ont pas été relevées.

A Huningue l'embranchement du canal du Rhône au Rhin, dont le point de départ est à '» kil. de Mulhouse, sur la lisière de la forêt de Hardt, vient aboutir au Rhin.

En traversant le Rhin à Huningue, pour entrer dans le Grand-Duché de Bade, par son extrémité méridionale,

on peut gagner, à 500 mèt. du fleuve,

la station de Léopoldshoehe, du gnand chemin de fer badois de la rive dr.

du Rhin. De Léopoldshoehe le chemin de fer remonte au N. vers Fri bourg et se dirige de l'O. à FE. sur Waldsluit (F. les Bords du Rhin illustrés" par Ap. Joaiwe).

A 2 kil. environ au delà de Saint- Louis, le chemin de fer de Strasbourg à Baie franchit la frontière française et entre en Suisse par le canton de Bàle.

143 kil. Bâle (hôt. : des Trois- Rois, de la Cigogne, du Sauvage, de l'Ours etde la Croix), V. de 38481 hab., ch.-I. de l'ancien canton de Bâle et du nouveau canton de Bàle- Ville, est située sur les deux rives du Rhin, à Fendroit où ce fleuve forme un grand circuit pour prendre la direction du S. au N. ( V. l'Itinéraire de la Suisse, par Ad. Joanns).

De Rûle à Paris, par Chaumont, R. 3.

491 kil. - Chemin de fer. — Trajet en 11 h. 40 min. par trains express; en 15 h.

15 min. par train» omnibus. — lM cl.

55 fr.-, 2« «1. 41 fr. 25 c.; 3' cl. 30 fr. 25 c.

9 kil. Noisy-le-Sec {V. H. I). — On laisse à g. la ligne de Paris à Strasbourg, et bientôt on aperçoit à dr., sur une colline, le fort de Ro6ny.

11 kil. Rosn y-sous- Bois, v. de 2000 hab. env., situé près de la colline d'Avron, dans une vallée que domine le fortauquel il a donné son nom. L'église, de construction moderne, en a remplacé une autre qui datait du xiir* s.

— En montant sur le plateau nommé la Pelouse, on découvre quelques points de vue agréables, surtout -du côté de la Marne.

En quittant Rœny, on commence

à découvrir, du chemin de fer, la vallée de la Marne. On croise les routes de Paris à Lagny et à Coulom- • raierspar Crécy, en deçà d'une longue tranchée.

17 kil. Nogent- sur-Marne, v. de

4976 hab., situé à dr. de la station, sur un petit plaleau dont le versant s'abaisse vers la Marne, et près du bois de Vincennes, est également desservi par une station du chemin de fer de Paris à Vincennes et à la Varenne Saint-Maur ( V. R. 142). Uéglise, fort ancienne, renferme un monument élevé dans ces dernières années à la mémoire du célèbre peintre Watteau, mort à Nogent en 1721, à l'âge de 37 ans. De nombreuses maisons de campagne, habitées principalement par des artistes et des commerçants, ont été construites sur le territoire de Nogent, dont dépendent aussi les deux villages de Plaisance et du Perreux, créés depuis quelques années au fond de la vallée de la Marne.

Sur le coteau qui domine la Marne au S. de Nogent, s'élevait autrefois un château bâti au xiv* s. par Charles V et qui était, dit Christine de Pisan, << un moult notable manoir. »

Son heureuse situation sur la Marne lui avait fait donner le nom de château de Beauté, Charles V y résidait volontiers, et, en 1378, il y reçut l'empereur Charles IV, sou oncle. Plus tard Charles VII fit don à Agnès Sorel, peut-être par une allusion galante, du château de Beauté, qui fut démoli au xvi€ s. et dont il ne reste plus de traces. — Au N. de Nogent, entre ce village et Fontenay-sous-Bois (R. 142), s'élève un des forts de défense de Paris, d'où l'on aperçoit le bois de Vincennes et la vallée de la Marne.

fCorresp. pour : — (3 kil.) Petit- Bry ou Bry-sur-Marne , v. de 703 hab.

dont Yéglise possède (derrière le maître-autel) un tableau de Daguerre représentant le chœur d'une église gothique. On remarque, dans le cimetière du village, un monument funé-

raire, érigé à la mémoire de l'inventeur de la photographie. Il se compose d'un socle en granit, supportant un pilastre orné du portrait de Daguerre en médaillon; — (6 kil.) Noùyle-Grand, v. de 1258 hab., au N. E. de Nogent, sur une colline de la rive g. de la Marne. Uéglite, du style ogival , .horriblement replâtrée, est surmontée d'une tour du xin* s.

On voit, aux environs de Noisy-le- Grand, quelques beaux châteaux, dans l'un desquels a eu lieu le mariage du' marquis Alexandre de Beauh;. mais avec Joséphine Tascher de la Pagerie, qui devint ensuite la femme de Napoléon Ier et impératrice.]

A Paris, par Vincennes, R. 142.

On franchit la vallée de la Marne sur un magniOqne viaduc , l'un des plus remarquables ouvrages d'art de la ligne de Mulhouse. Ce pont-viaduc, de 827 mèt. de développement, décrit une courbe très-allongée et se compose de 34 a relies ogivales dont 30 ont 15 mèt. d'ouverture. Les quatre arches centrales , au-dessus de la rivière môme, très-large en cet endroit, en raison d'une île qui la sépare en deux bras, ont 50 mèt. d'ouverture ; ce sont aussi les plus hautes. Cette belle construction , exécutée en meulière et en granit blanc d'Alsace, a un aspect véritablement grandiose.

Un remblai très-élevé fait suite au viaduc. — Laissant à dr. Champigny, v. de 2353 hab., dont dépendent les châteaux de Cœuilly et du Tremblay, on passe du départ, de la Seine dans celui de Seine-et-Oise.

21 kil. Villiers sur-Marne , v. de 824 hab., à g. de la station, au pied d'une colline et à 2 kil. de la Marne, formait autrefois une seigneurie qui appartint longtemps à la famille des Budée, rendue célèbre surtout par Guillaume Budée, l'un des savants les plus renommes du xvt* s.

[Corresp. pour : — (4 kil.) Plessy- Trévise, ham. (50 hab.j dépendant de Villiers-sur-Marne.]

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