‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 123 sur 489 · R. 3] NANGIS. — LONGUEVILLE. — ST-LOUP DE NAUD · texte numérisé non relu

R. 3] NANGIS. — LONGUEVILLE. — ST-LOUP DE NAUD

trouve, à rentrée d'une grande tranchée, le point de bifurcation de l'embranchement de Provins (à g.).

De Longueville à provins, R. f>.

Excursion à Saint-Loup de Naud.

On descend dans la vallée de la Voulzie, et, prenant la route de Provins à Bray- sur- Seine, on passe sous le viaduc de Longuevire. A quelques pas du viaduc, en remontant dans la direction de Provins, on trouve à g.

un chemin vicinal menant directement à (3 kil.) Saint-Loup de Naud, v. de 835 hab., bâti dans une vallée, près du chemin de fer de Paris à Mulhouse. L'église de Saint-Loup de Naud (mon. hist.\ fondée au x# s., dépendait, avant la Révolution, ainsi qu'un prieuré bâti tout à côté et qu'elle desservait, de l'abbaye de Saint-Pierrele-Vif, de Sens. Elle appartient en partie au style roman, en partie au style ogival, et a été assez récemment l'objet d'une restauration malheureusement fort incomplète. Voici la description raisonnée qu'en donne M. Félix Bourquelot, professeur à VÉcole des Chartes, dans sa Notice historique et archéologique sur le prieuré de Saint- Loup de Naud : « Tandis que la façade et les quatre premières travées présentent l'union du plein cintre et de l'ogive, tandis que, dans la partie inférieure, on remarque des nervures aux voûtes, des piliers et des faisceaux de piliers arrondis, des chapiteaux historiés, les quatre dernières travées n'offrent plus de traces d'ogives, les chapiteaux se réduisent à des tailloirs, les piliers, sauf deux , sont à angles droits, et les voûtes manquent de nervures croisées. Le chœur est compris entre quatre arcs triomphaux de même forme, cintrés et d'égale dimension. Deux de ces arcs s'ouvrent sur les transsepts, qui ne se distinguent que par la hauteur des voûtes.

Le troisième forme l'entrée de la nef, et le quatrième celle de la chapelle au fond de laquelle est l'autel prin-

cipal. A l'extrémité des bas côtés sont pratiquées des chapelles arrondies comme celles du milieu, mais un peu moins profondes. Toute cette partie du monument est évidemment la plus ancienne : c'est le noyau, pour ainsi dire, de l'église. Primitivement la petite chapelle du milieu avait sept fenêtres, dont trois seulement sont restées ouvertes. Les quatre autres, placées sur les côtés, se trouvent bouchées par la voûte des chapelles latérales, dont la postériorité est démontrée par cette circonstance. »

Le portail, qui mérite une attention spéciale, est orné de la statue de saint Loup, appuyée au trumeau de la porte. Le saint, revêtu du costume épiscopal, foule aux pieds des démons représentés sous la figure d'oiseaux à queue de serpent. Audessus de cette statue est sculptée une scène de la vie du saint. De chaque côté de la porte, se trouvent trois statues de saints formant colonnes, et surmontées de chapiteaux historiés.

Les figures de la Vierge, du Christ et des quatre Êrangélistes occupent le tympan. Enfin l'archivolte ogivale est remplie par trois rangs de figures d'une belle exécution, et d'une composition très-variée. Au chevet trois absides terminent la nef et les bas côtés.

L'église Saint-Loup de Naud est l'un des monuments les plus précieux du départ, de Seine-et-Marne ; il serait vivement à regretter qu'on la laissât tomber en ruine.

Au delà d'un remblai élevé, on aperçoit, entre deux tranchées, à g. le bois de Soisy , à dr. une jolie vallée plantée d'arbres.

93 kil. Chalmaison, v.de 518 hab.

fCorresp. pour : (8 kil.) Bray-sur- Seine ( V. Y Itinéraire général de la France: Bourgogne Franche- Comté, Savoie, par Ad. Joanne).]

Le chemin de fer descend du plateau de la Brie française dans la vallée de la Seine, par une tranchée longue de 2400 mot., avec une pente de 6 millim. par mètre. — Au sortir de cette tranchée, on aperçoit, à dr., les restes du château de Flamboin. Ce château, aflecté à une exploitation agricole, conserve encore une porte ogivale entre deux tourelles et une sorte de tour ou donjon carré assez pittoresque.

96 kil. Flamboin, v. de 200 hah., est le point d'embranchement d'un tronçon de chemin de fer qui relie la ligne de Mulhouse (à dr.) à la station de Montereau (ligne de Paris à Lyon). Cet embranchement, long de 14 kil. et antérieur à la construction du chemin de fer de Paris à Mulhouse, formait autrefois une section de la ligne directe de Paris à Troyes.

De Flamboin à Montereau, R. 8*.

100 kil. Hermé, v. de 773 hab., entre la forêt de Sourdun, que l'on découvre au loin sur la g., et la Seine que signalent, à 2 kil. environ sur la dr., des lignes de peupliers.

105 kil. Melz, v. de 635 hab., dans une vaste plaine. — A 1 kil. de Melz, la voie côtoie de très-près la Seine (à dr.) que plusieurs circuits éloignent et rapprochent successivement du chemin de fer. Al kil. de la station, on quitte le départ, de Seine-et-Marne pour entrer dans celui de l'Aube.

111 kil. Nogent-sur- Seine (omnibus à tous les trains : 25 c. et 50 c. avec bagages), ch.-l. d'arr., V. de 3641 hab., agréablement située sur la rive g. de la Seine, à dr. et à 600 ou 700 met. de la station. Pour aller de la gare à la ville, il faut traverser la Seine sur un ancien et beau pont en pierre, coupé en deux par une île étroite et allongée sur laquelle s'élèvent quelques maisons modernes de belle apparence. A dr. on remarque une promenade, plantée de beaux arbres et s'étendant jusqu'au quai, près

duquel se trouvent des moulins dont l'existence remonte au ix* s.

L'origine de Nogent est fort ancienne, car, dès le ix* s., les religieux de Saint- Denis y envoyaient les reliques de l'abbaye, menaoée par les invasions des Normands ; à cette époque, le domaine de Nogent dépendait de l'abbaye de Saint- Denis. Vers le milieu du xic s., il était passé dans les mains des comtes de Champagne. L'un de ces comtes, Thibaud le Grand, donna asile à Abeilard et lui concéda; à une lieue de Nogent, dans la vallée de l'Ardusson, un domaine où le célèbre théologien fonda l'abbaye du Paraclet. En 1314, Nogent fit retour à la couronne, avec le reste de la Champagne ; quelques années après, une compagnie de routiers, s'etant emparée du château de Nogent , dont l'emplacement est encore visible à TE. de la ville, ravagea tout le territoire environnam, jusqu'à Troyes. Ce fut l'évéque de Troyes qui, à la tète d'une grosse troupe de nobles champenois et lorrains, reprit la ville à ces aventuriers. Au commencement du xv« s., Nogent, qui appartenait alors au roi de Navarre, fut entourée d>? murailles. En 15(17, elle fut occupée et rudement traitée par les huguenots. En 1814, Napoléon y passa quelques jours, dans toutes les perplexités du découragement et de l'espoir. Nogent eut ensuite à soutenir une attaque acharnée de la part de l'armée autrichienne, à laquelle le général Bourmont, avec un peu plus de 1O0O soldats, opposa une résistance héroïque. Enfin, après deux jours de lutte, Nogent fut occupée par l'ennemi, qui, pour se venger, brûla l'hôtel de ville, le palais de justice, la salle de spectacle et 140 maisons.

Ces désastres furent promptement réparés; et Nogent présente aujourd'hui un aspect d'aisance qu'expliquent une industrie et un commerce assez actifs. La ville, qui dans sa partie centrale est resserrée, mal bâtie, s est développée et embelli* vers les extrémités, où l'on trouveplusieursjolies maisons de construction moderne.

L'église paroissiale , dédiée à saint Laurent (mon. hist.), est le seul édifice remarquable de Nogent. Elle a été construite de 1421 à 1554 : le chœur, la nef et les bas côtés appartiennent au commencement du xv* s. ; les collatéraux du chœur et le chevet, au xvie. L'église renferme : de

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