‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 124 sur 489 · ROUTE 3] NOGENTVSUR -SEINE. — LE PARACLET · texte numérisé non relu

ROUTE 3] NOGENTVSUR -SEINE. — LE PARACLET

belles pierres tumulaires, du xvic s. ; des vitraux et un buffet d orgues, de la ;même époque ; un tableau du xvii* s. (près de la porte du N.), représentant le Triomphe de la Vierge; sur le maître-autel, une toile attribuée à Lesueur : le Martyre de saint Laurent ; enfin on y remarque une Fuite en Égypte, d'Eugène Dévéria et une Prédication du Christ, beau tableau de Gleyre. Au N. 0. de l'église, s'élève une tour d'une riche ornementation, percée de grandes ouvertures ogivales à l'étage des cloches, et mesurant 35 met. de hauteur, du sol à la plate-forme. Cette plate-forme est surmontée d'une lanterne élégante, composée de huit colonnettes fort déliées, supportant huit arcs-boutants horizontaux réunis à un centre commun sur lequel repose une statue colossale de saint Laurent. Par une combinaison toute symbolique, la lanterne est construite de telle sorte que, de quelque point de l'horizon qu'on la regarde , on voit le jour entre les colonnettes qui représentent ainsi les barre* d'un gril dont la statue du saint figure le manche. Nous signalerons en outre, à Saint-Laurent, un beau portail latéral, du style ogival flamboyant, et de charmants détails d'ornementation aux fenêtres en plein cintre (XVIe s.).

Près de l'église, se trouve une belle halle aux grains, construite il y a quelques années. — Nous signalerons aussi la maison de Y Auditoire (rue du même nom) , qui présente de beaux détails du xvi* s.

Nogent, qui possède un petit port servant aux transports pour l'approvisionnement de Paris et au garage des trains de bois, fait un commerce assez important de grains , de farines, de fourrages et de charbon.

On y compte plusieurs fi briques de corderies.

[Corresp. pour (16kil.) Villenauxe (R. 16).]

Excursion au Paraclet.

Bien que la petite vallée de l'Ardusson offre un paysage agréable, cette, excursion n'a vraiment d'autre intérêt que les souvenirs qu'elle rappelle, l'abbaye du Paraclet (5 kil. de Nogent) ayant été complètement détruite^ et le cercueil qui renfermait les restes; d'Héloïse et d'Abeilard ayantété transféré, d'abord à Nogent, dans l'église Saint-Laurent, puis définitivement au.

cimetière du Père-Lachaise, à Paris.

On suit d'abord la route de Paris à Troyes, à l'E. de Nogent, et à 4 ou 500 met. de la ville, on prend, sur la dr., le chemin de Saint-Aubin. A 1 kil. de cette bifurcation , on traverse la Chapelle-Godefroy, petit hameau dépendant de Saint-Aubin, situé dans le vallon de l'Ardusson ; on y voit un château du xvm« s.

avec un parc étendu, arrosé par de belles eaux. La Chapelle-Godefroy possède des eaux minérales froides, carbonifères, ferrugineuses, employées' quelquefois contre les embarras gastriques. — A 2 kil. plus loin, on atteint Saint-Aubin, v. de 690 hab., bâti dans une situation agréable, sur l'Ardusson. — C'est à peu de distance de Saint-Aubin que se trouve remplacement du Paraclet: aujourd'hui occupé par une belle exploitation agricole, qui, après avoir appartenu d'abord au général Pajol, est devenue la propriété de M. Walckenaer, fils, du savant écrivain de ce nom. — Il ne reste plus d'autres traces du Paraclet que le caveau qui renfermait le cercueil d'Héloïse et d'Abeilard: c'est une crypte à voûte surbaissée, dans le style architectural du xn« s. A l'entrée de ce caveau, a été érigé un petit obélisque commémoratif.

On traverse de grandes prairiesqui s'étendent, surtout à dr., entre le chemin de fer et la Seine ; puis , après avoir croisé, à 2 kil. environ de Nogent, la route de Villenauxe, par la-

quelle l'armée française se porta, en 1814, de Nogent sur Sézanne et Champ-Aubert, le chemin de fer franchit la Seine sur un beau pont, et remonte dès lors la rive g. du fleuve jusqu'au delà de Troyes. — On aperçoit à dr. le joli château de Bernières, construit en briques, dans le style du xvir s.

119 kil. Pont-sur-Seine ou Pont-leilot, V. de 900 hab., située à 1 kil. environ sur la g., entre le chemin de fer et la Seine. Cette petite ville possédait autrefois un château qui servait de rendez- vous de chasse aux comtes de Champagne. Reconstruit magnifiquement vers 1636, ce château fut habité sous l'Empire par Laetizia Bonaparte, puis brûlé par les Alliés en 1814 par l'ordre et sous les yeux du prince de Wurtemberg. Le domaine a été acheté par Casimir Périer, en 1825, et l'ancien château, dont deux pavillons subsistaient naguère, remplacé par un édifice nouveau, appartient à l'un des fils du célèbre ministre de Louis-Philippe.

L'église paroissiale de Pont, dont le cintre du transsept est du xu« s., date, pour le reste, du xvi*. Elle est ornée de peintures murales attribuées, sans raison plausible, à Lesueur, qui est, selon beaucoup plus de probabilités, l'auteur d'un excellent tableau : l'Institution du rosaire, placé dans la chapelle seigneuriale. — Pont -sur -Seine conserve encore quelques traces d'anciennes fortifications ; mais ces vestiges tendent chaque jour à disparaître.

On remarque, dans une colline crayeuse, située près de Pont-sur- Seine, un souterrain d'environ 2 kil.

de longueur, creusé au x vu' s. pour recueillir les eaux : les parois de cette galerie sont tapissées de riches et épaisses stalactites d'une texture lamellaire, analogue à celle du marbre de Paros, dont elles ont aussi la blancheur et la translucidité. — 11 existait autrefois, sur le territoire de la commune, et à l'emplacement môms I

de la gare, des dolmens et un menhir, qui ont été détruits.

A Pont-sur-Seine , le chemin de fer entre complètement dans la Champagne crayeuse, dont l'aspect monotone et les plaines immenses font regretter la région , peu pittoresque cependant, que Ton a traversée précédemment. A g. seulement, la vue est un peu récréée par les prairies et les arbres des bords de la Seine, dont on ne tarde pas d'ailleurs à s'éloigner, en laissant du même côté Crancey, v. de 547 hab. A dr., sur une hauteur, l'église moderne de Saint-Hilaire (424 hab.) s'appuie à une tour datant en partie du xne s.

129 kil. Romilly-sur -Seine, ch.-l.

de c. de 4534 hab., situé au milieu de prairies, à g. et à 400 ou 500 mèt. de la station. Son joli château moderne, bâti sur l'emplacement d'une forteresse, a été remplacé par des moulins.

A2kil.N.O., se trouvait l'abbaye de Scellières (xn* s.), totalement détruite. Cette abbaye est célèbre pour avoir conservé, pendant treize ans, les restes de Voltaire, auxquels le clergé de Paris avait refusé la sépulture. Transportés à ce monastère par le neveu de Voltaire, Mignot, qui en était l'abbé commendataire, et inhumés sous les dalles de l'église, ils y demeurèrent du Pr juin 1778 au 8 mai 1791; un décret de l'Assemblée constituante leur ouvrit alors le Panthéon, où leur translation eut lieu le Il juillet suivant. — Romilly possède une fabrique considérable de bonneterie, et il en existe également plusieurs dans les villages voisins.

[Corresp. pour : (26 kil.) Sézanne, par (6 kil.) Marcilly, (14 kil.) Anglure et (20 kil.) Barbonne (R. 17).]

En quittant la station de Romilly, on remarque, à dr., une belle usine; puis on longe, déplus ou moins près, la route de terre de Paris à Troyes.

On laisse, à dr., les Granges , v.jde 1604 hab.

[route 3] pont-sur-seine. — payns.

133 kil. Maixières-la-Grande-Paroisse (halte), v. de 1520 hab., situé à g. et â 1 kil. du chemin de fer, possède une église en partie du xn* s. et en partie du xvr.

Du même côté (à g.) se trouvent le joli château de Poussey, appartenant à la famille de Lesseps, et, plus loin, Châtres (600 hab.), dont Véglise date âussi des xii* et xvr* s. A Châtres, le chemin de fer qui, depuis la station d'Hermé, courait presque directement de l'O. à TE., décrit une grande courbe pour se porter du N.

O. au S., vers Troyes.

141 kil. Mesgrigny, v.de 176 hab., à g., à 800 mèt. de la station.

[Corresp. pour : — (23 kil.) Arcis-sur- Aube (R. 18) , par (3 kil.) Ménj-sur- Seine (1445 hab.) et (13 kil.) Plancy, v. de 1304 hab., situé, dans une position agréable, sur l'Aube. — L'église, dont la nef et une partie du transsept remontent auxn*s., et dont le reste date du xvr* s., a subi de nombreux remaniements qui en ont dénaturé complètement certaines parties. On y remarque l'abside du xvie s. , avec des vitraux de la même époque, des piliers du xn- s., et, dans le pignon occidental, une belle fenêtre du xiii" s. — Des traces de voies romaines ont été reconnues aux abords de Plancy ; et on y a découvert, il y a une trentaine d'années, un cercueil en pierre, avec couvercle, renfermant un squelette, et, à côté de ce cercueil, un vase de terre et une monnaie de bronze. Le cercueil sert aujourd'hui d'abreuvoir dans la ferme de la Caroline. — Au S. E. de Plancy, près de l'endroit où a été découvert ce cercueil, se trouve remplacement du village de Saturniacus, qu'habita saint Victor au vne s. — Les abords de Plancy offrent quelques jolies promenades vers les rives de l'Aube.]

La voie se rapproche sensiblement (à g.) de la Seine, dont le cours est indiqué, ainsi que celui du canal latéral, par des plantations d'arbres. Au

VOSGES

delà d'une tranchée, on longe, à g., Vallant-Saint-Georges, v. de 549 hab., où a été découvert récemment un cimetière gallo-romain. Véglise , du xn* s., a été remaniée et en partie voûtée au xvi*. On aperçoit, au loin, à dr., le hameau de Saint- Georges, et à g. , celui de Courlanges.

147 kil. Saint- M es min, v. de 605 hab., à g. de la voie, entre celle-ci et la Seine, s'appelait primitivement Brolium. Son nom actuel est celui d'un prêtre que saint Loup, évêque de Troyes, envoya,, dit-on, implorer la clémence d'Attila en faveur de la ville épiscopale, et que le terrible roi des Huns y fit mettre à mort. Le lieu du supplice est encore signalé (300 mèt, environ à l'E. de la voie ferrée) par les ruines d'une ancienne chapelle près de laquelle s'élève une croix.— Véglise de Saint-Mesmin appartient au xn* et au xvi* s. — On a trouvé en 1845 et en 1854, sur le territoire de la commune, plusieurs cercueils en pierre d'origine romaine, et une grande quantité d'ossements simplement enfouis dans la terre, entre autres celui d'un guerrier qui avait avec lui son cheval, sa lance et son bouclier. La découverte de ces débris humains s'explique facilement, du reste, si, comme le soutient Gros^ ley, et plusieurs auteurs avec lui, le territoire de Méry- sur -Seine jusqu'au delà de Saint-Mesmin a été le théâtre d'une grande bataille livrée par Attila.

Al kil. 1/2 au delà de Saint-Mesmin, le chemin de fer franchit, à la hauteur du village des Grés (à dr.), un petit affluent de la Seine.

151 kil. Savières (halte), v. de 774 hab. situé à g., entre la rive g. de la Seine et le chemin de fer. On y remarque une église du xn* s., remaniée au xvi*, et dont la tour centrale (xii* s.) est surmontée d'une flèche élégante.

155 kil. Payns, v. de 699 hab., à g. , sur le bord de la Seine. Le château fort de Payns joue un certain rôle

dans les guerres religieuses du xvi»

s. Il fut détruit de fond en comble par les royalistes, et les matériaux en furent employés en 1590 par le duc de Chevreuse, alors gouverneur de Troyes, à la construction , dans cette ville, d'un fort qui prit le nom de fort de Chevreuse. De l'autre coté de la Seine (rive dr.), et presque en face de Payns, se trouve Villacerf, v. de 441 hab., dont l'église du xn« s., remaniée au xiv* s., renferme des pierres tombales du xiv* s. On y remarque les traces, et notamment de vastes caoaux, d'un magnifique château que Colbert y avait fait construire au xvir* s., sur l'emplacement d'un château fortifié du xn* s. Divers objets d'art, recueillis lors de la démolition du château de Colbert (1 830), sont déposés au musée de Troyes.

158 kil. Saint-Lyé (halte), v. de 992 hab. à g. de la voie ferrée. La tour la partie centrale du portail et la nef de Véglise datent au moins du xi# s. ; le reste est de la seconde moitié du xiie s. , à l'exception de quelques fenêtres, d'époque plus moderne. La tour carrée, qui s'élève au S. de la nef, est surmontée d'une flèche en bois. A l'intérieur de l'église, on remarque un bénitier formé d'un chapiteau de colonne (xni* s.) et un beau retable du xvi- s. — Près de 1 église, au S., on voit encore quelques restes d'un château du moyen âge, reconstruit en partie et agrandi au xvi* s.

Ce château appartenait aux évôques de Troyes, et joua un rôle important dans les guerres du xiV s. Le mariage de Louis X avec Clémence de Hongrie y fut célébré, et plusieurs rois de France y ont séjourné.

On découvre sur la dr., à 6 ou 1 kil.de distance, des collines dont le sommet (268 mèt. d'altit.) forme un des points culminants du département de l'Aubê. Sur le plateau supérieur, se trouve Montgucux, v.

de 393 hab., dont l'église date du xvi* s.

161 kil. Barberey-Saint-Sulpice, v.

de 339 hab., à g., sur la rive g. de la Seine. Véglise (xn* et xvr s.) a conservé un banc seigneurial et quelques débris de vitraux du xvr s. — Barberey possède un beau château du xvne s. — C'est là que se font presque exclusivement les fromages renommés, connus sons le nom de fromages de Troyes. ^ •

L'aspect de la campagne que l'on traverse change complètement : les grandes cultures disparaissent pour faire place à des vergers et à des jardins. On longe d'assez près, à g. , le canal de la Seine supérieure, qui occupe la rive g. du fleuve entre Barberey et Troyes. On laisse à g. la Chapelle-saint-Luc , v. de 383 hab., qui doit son origine à un monastère de femmes, fondé par Isabelle, sœur de Louis IX et femme de Thibault VII y comte de Champagne. Il ne reste rien des anciens bâtiments du couvent.

Véglise (du xvi* s.) renferme : des débris de vitraux et des carreaux émaillés du xvi* s.; un retable en pierre sculptée, de la même époque, représentant la Chasse de saint Hubert; un autre retable à six panneaux peints sur bois, également du xvi*s., reproduisant différents épisodes de la Vie de Jésus-Christ.

A 1 kil. 1/2 de la Chapelle-Saint-Luc, le chemin de fer traverse une tranchée et, après avoir laissé à g. un embranchement de service, il pénètre dans Troyes, par le faubourg Saint- Martin-ès-Vignes, dont on aperçoit l'église.

167 kil. Troyes.

Renseignements généraux.

Omnibus : — 30 c. par personne, 50 c. avec bagages» — Voitures de place.

Hôtels : — des Courriers ; du Mulet ; du Commerce; de Saint-Lauient.

Libraires : — Bertrand Hu ; Dr§rot ; Duf y-Robert; Gautrot; Petit: A.Socard.

Poste aux lettbes ; rue Charbonnet.

TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE ; place SaÙlt-

Remy.

Troyes, V. de 35 678 hab., ch.-l.

du départ, de l'Aube, siège d'un évè-

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BARBEREY. — TROYES.

ché, est située à g. du chemin de fer, sur plusieurs bras de la Seine, à 170 met. environ d'altitude.

Situation. — Direction.

En sortant de la gare, on rencontre aussitôt un joli jardin orné de plantations diverses, de massifs de fleurs, et se rattachant d'un côté a rentrée de la rue principale de Troyes et de l'autre aux belles avenues ou Mail, qui entourent la plus grande partie de la ville. « Parvenu à cette promenade, prenez à dr., dit Gustave Héquet, dans son Itinéraire de Paris à Mulhouse, et entrez dans la première rue qui s'ouvre à g. : c'est la rue Belfroy ; la rue de la Monnaie lui fait suite, puis la rue du Chaperon, puis la rue Champeaux, qui vous mène à la place de l'Hôtel -de -Ville. En marchant toujours dans la même direction, vous parcourez la Grande- Hue et vous saluez en passant le porche élégant de Saint-Urbain. Au bout de la Grande-Rue, vous franchissez le canal sur un pont tournant, et vous entrez dans la Cité, antique séjour des Tricasses. Un majestueux édifice, précédé d'une belle grille, chef-d'œuvre de serrurerie, arrête d'abord vos regards : c'est l'Hôtel-Dieu. La rue de la Cité vous conduit sur la place Saint -Pierre, où se dresse le triple portail de la cathédrale. La rue de la Cité court le long du flanc septentrional de ce vaste monument. Vous trouvez au bout la rue du Pont-Ferré, qui vous met hors de la Cité. Détournez-vous alors. Prenez à g. la rue du Faucheur, puis, à dr., la rue Breuchet et la rue Saint- Jacques, qui en est la prolongation, et vous arrivez au lieu où s'élevait autrefois la porte Saint-Jacques. Vous voyez devant vous un pont, et le mail au delà de la rivière. Vous avez traverse Troyes, de l'O. à TE., dans toute sa longueur.

« On a peu à craindre de s'égarer dans la ville de Troyes, quand on a bien compris la direction de cette artère principale, et des deux grandes rues qui lui sont parallèles. Si, partant de la rue de Belfroy, vous prenez, à g., la rue Jaillant- Deschainets, vous trouvez, presque à l'extrémité, la rue du Bois, qui passe devant l'église de Sainte-Madeleine, et va déboucher sur la place Saint-Hemi. — Si, toujours de la rue Belfroy, vous tournez à dr., vous trouvez la place de la Bonneterie, à l'angle de laquelle s'élève l'église de SamVNicolab, l'ancien Marché au blé, où l'on a établi un square, puis

la rue Notre-Dame, qui aboutit à la nouvelle balle et à la place de la Préfecture. Là, vous retrouvez le canal, qui coule du S. au N. La place de la Préfecture est le point central de la ville de Troyes. »

A l'époque de l'invasion romaine, Troyes était le principal établissement des Tricasses , tribu gauloise dépendant du Sénonnais ou pays de Sens. Sous Auguste, elle fit partie de la pro/ince Lyonnaise et reçut le nom d'Augustobona, qu'elle échangea plus tard contre celui de Trecas. Saint Serotin et saint Potentien y prêchèrent les premiers l'Évangile, dans le courant du m* s. En 451 , l'évèque saint Loup s'étant porté à la rencontre d'Attila, qui revenait d'Orléans, réussit à détourner de Troyes la colère du fléau de Dieu.

Vers 486, Troyes passa sans résistance sous la domination de Clovis et appartint, tantôt au royaume d'Austrasie, tantôt au royaume de Neustrie, jusqu'à ce que Charles Martel eût réuni toute la Gaule sous un seul maître. La Champagne eut cependant, dans cette longue période, des ducs particuliers, dont quelques-uns sont déjà désignés par les historiens sous le % nom de ducs de Champagne. En 878, le pape Jean Vil I vint y présider un concile. En 890 et en «05, les Normands la mirent à feu et à sac ; mais l'évèque Anseghyse. ayant obtenu des secours des comtes voisins, tailla les Barbares en pièces, dans les environs de Chaumont-en-Bassigny

A la faveur des troubles qui se pro- • duisirent sous le règne des derniers Carlovingiens, Héribert LI, comte de Vermandois, prit, dans la premiers moitié du x* s., le titre de comte de Troyes, et le transmit à ses descendants, auxquels succédèrent les comtes de Chartres et de Provins, qui se qualifièrent de comtes de Champagne. Sous l'administration de cette dernière famille, l'industrie troyenne reçut de grands développements; et d'importants travaux furent exécutés, soit pour compléter les moyens de défense de la ville, soit pour la mettre à l'abri des inondations de la Seine, soit enfin pour satisfaire aux besoins de l'industrie.

En 1229, les grands vassaux, ligués contre la royauté et mécontents du comte Thibaod VI, vinrent assiéger la capitale de la Champagne ; mais ils se retirèrent en apprenant que saint Louis accourait à son secours. Thibaud donna, en 1230, à la ville de Troyes une charte communale qui

DE PARIS A

blissait un système régulier d'impôts et instituait un corps de douze échevins avec un maire, chargés de leur répartition. Le mariage de Jeanne de Navarre, comtesse de Champagne, avec Philippe le Bel (1284), prépara la réunion de cette province à la couronne, reunion qui eut lieu sous le règne de Louis X le Hutin ; toutefois elle ne devint définitive qu'en 1360- Ce prince, ayant interdit à ses sujets le commerce avec les Flamands, Troyes, dont les foires étaient alors très-frëquentées, vit rapidement sa prospérité décroître et sa population diminuer.

Ce fut dans le palais seigneurial de Troyes que Charles IV célébra son mariage avec Marie de Luxembourg, en 1322. Pendant la captivité du roi Jean, le comté de Champagne eut beaucoup à souffrir des entreprises des Anglais et du roi de Navarre, Charles le Mauvais; mais les excellente? fortifications de la ville et le courage de ses défenseurs la mirent à l'abri des attaques de l'ennemi. Après le désastre d'Azincourt et l'explosion de la guerre civile, Troyes prit parti pour les Bourguignons contre les Armagnacs. Le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, y amena (1417) la reine Isabeau de Bavière, et y institua un gouvernement rival de celui qui fonctionnait à Paris. C'est à Troyes que fut conclu le 2 décembre 1419, et signé définitivement le 21 mai 1420, dans l'église de Saint-Jean, par l'insensé Charles VI, la perfide Isabeau, Henri V et Philippe de Bourgogne, qui avait succédé à son père, assassiné sur le pont de Montereau, le traité honteux qui livrait la France au roi d'Angleterre. Le 2 j uin suivant se célébrait aussi, dans l'église Saint- Jean, en exécution d'une des clauses de cette convention, le mariage de Catherine de France avec le prince anglais.

Troyes resta, neuf années encore, anglaise et bourguignonne; mais, au mois de juillet 1429, Jeanne d'Arc, qui conduisait Charles VII à Reims, détermina la ville à capituler, après cinq jours de négociations secrètes avec l'évéque et les habitants.

Au xvi* s., le protestantisme, comprimé d'abord à Troyes par une répression sévère, y fit des progrès assez rapides lorsque l'évéque Antoine Caraccioli, neveu du pape Paul IV, se fut lui-même déclaré pour les nouvelles doctrines religieuses. En 1562, les huguenots se rendirent tout à fait maîtres de la ville ; mais, la garnison catholique ayant été renforcée, ils durent ae retirer à Bar-sur-Seine, où ils furent

poursuivis. En 1564, Charles IX et sa mère séjournèrent vingt-quatre jours à Tioyes, qui les reçut avec la plus grande magnificence.

A la nouvelle du massacre de la Saint- Barthélemy, le bailli de Troyes, Anne de Vaudrey, fit arrêter la plupart des calvinistes qui habitaient la ville. Ils furent égorgés en prison quelques jours après, malgré les ordres contraires arrivés de Paris. Troyes, cependant, n'entra définitivement dans la Ligue qu'en 1577. Le duc de Mayenne y fut reçu l'année suivante avec les honneurs réservés d'ordinaire aux rois de France. Il y laissa pour gouverneur son neveu Charles de Lorraine, duc de Chevreuse, qui augmenta les fortifications. En 1590, les royalistes essayèrent en vain de s'emparer de la ville; elle n'ouvrit ses portes aux partisans d'Henri IV qu'après l'abjuration de ce prince, en 1594.— La révocation de l'édit de Nantes porta un préjudice considérable à l'industrie troyenne ; plusieurs familles, et des meilleures, se retirèrent en Suisse et en Allemagne. En 1728 la population était réduite à 12 ooo hab.; mais sous le règne de Louis XVI, elle s'augmenta, et, en 1789, elle comptait de nouveau de 23 ooo à 24 000 âmes. Le parlement de Paris fut exilé à Troyes, en 1787, pour s'être opposé à deux lois de finances.

Pendant la Révolution, Troyes fut le théâtre de plusieurs émeutes et d'excès regrettables. En 1814, l'armée de Schwartzemberg l'occupa à plusieurs reprises. Napoléon s'y retira , après les combats de Brienne et de la Rothière. 11 y passa trois jours et se replia ensuite sur Nogent. Les Alliés entrèrent alors à Troyes, et pendant seize jours les régiments ennemis traversèrent incessamment cette ville, allant d'abord vers Paris , puis s'en retournant vers Chaumont et Langres, lorsque le combat de Montereau les eut obligés à la retraite. Napoléon y revint à son tour et y fit fusiller le chevalier Gouault, l'ua des chefs d'une manifestation légitimiste. Cette fois encore, l'Empereur ne demeura que trois jours à Troyes : pendant qu'il débattait avec le prince de Schwartzemberg les conditions d'un armistice, Blùcher avait repris le chemin de Pari , suivi de renforts considérables. L'Empereur se remit à la poursuite de Blùcher, et l'armée coalisée revint à Troyes. Un mois après, le 29 mars, les débris de l'armée impériale traversèrent la ville, venant de Saint- Dizier et courant à Fontainebleau; ils arrivèrent trop tard !

TROYES

Troyes a vu naître un grand nombre d'hommes illustres : le pape Urbain IV, le trouvère Chrestien de Troyes, le jacobin Pierre de Villiers, confesseur de Charles V, puis évèque de Troyes, le médecin Jean de Troyes, le prévôt de Paris Juvénal des Ursins, Molé, conseiller au parlement et père du célèbre président Mathieu Molé , les savants frères Pithou, le poëte J. Passerai le chancelier Boucherat, le graveur Thomassin, le peintre Pierre Mignard, le sculpteur François Girardon, le savant Pierre Grosley, et, de nos jours, le sculpteur Simart.

Édifices religieux.

L'église cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul, située sur une large place (à dr. de la rue de la Cité) , offre des spécimens de toutes les phases de l'art ogival, depuis le xnr s.

jusqu'à la Renaissance. Fondée en 1206 sur l'emplacement d'une chapelle du ni* s., qui avait été réédifiée au ix*s.; elle fut construite avec une certaine parcimonie de matériaux, et terminée seulement au commencement du xvi* s. , en sorte que sa construction n'a pas duré moins de 400 ans. Depuis longtemps, l'état menaçant de tout le chœur , dont la ruine était chaque jour de plus en plus imminente, démontrait la nécessité de travaux complets de réparation. Enfin en 1849, à la demande et sous l'épiscopat de Mgr Cœur, évôque de Troyes, on se mit à l'œuvre pour réédifier et restaurer partiellement tout le sanctuaire de l'édifice. Cette tache délicate, qui exigeait autant de goût que d'érudition, fut confiée à M. Millet. Les travaux poursuivis avec persévérance depuis seize ans sous sa savante direction sont actuellement bien près d'être achevés, et déjà, le 8 août 1866, Tévêque de Troyes, assisté de plusieurs éminents prélats, a pu reprendre possession du sanctuaire.

L'église cathédrale a la forme d'une croix latine. Sa longueur totale est de 117 met., sa largeur de 51 mèt. 33 c. (au transsept), de 45 mèt. 30 c. à la

nef et de 39 mèt. au chœur; sa hauteur de 30 mèt. 25 c, sous voûte.

Le portail occidental , du xvi* s. , est orné de deux tours construites sur la dernière travée des deux collatéraux; la tour du S., inachevée, n'atteint pas le sommet du grand comble ; la tour du N. est complète ; mais les parties supérieures ne datent que du xvn", du xviu* et même du commencement du xix* s. Sa hauteur est de 62 met.; le couronnement ou galerie de la plate-forme, a été restauré en 1840. Au centre de la croisée s'élevait un clocher, incendié en 1700, qui la dominait de 60 mèt. Le portail septentrional, de la fin du xiii* s., a été restauré au xv*. La nef (xm*-xvi* s.) comprend sept travées : les cinq premières accompagnées de quatre collatéraux et de deux rangs de chapelles; les deux dernières accompagnées de deux collatéraux seulement. Le transsept, de la fin duxm* s., est orné d'arcatures et muni d'un triforium.

Le chœur est du xm* s., ainsi que l'abside. Au S. du chœur se trouve le trésor, édifice rectangulaire divisé en deux étages et deux travées. On remarque dans la cathédrale de Troyes de beaux vitraux et des pierres tumulaires curieuses ; des panneaux en bois peint (xvn* s.) représentant diverses scènes de la Vie de Jésus-Christ et quelques morceaux de sculpture, entre autres un groupe en marbre, de sculpture polychrome, du xvi* s. t représentant le Baptême de saint Augustin par saint Ambroise, et enfin une Vierge en marbre, de Simart.

Les Vitraux, à peu près complets, sont magnifiques. Tout le chœur (les 13 grandes baies supérieures), est garni de remarquables verrières du xm* s. Ces beaux vitraux forment un ensemble d'un effet grandiose, et peu d'édifices en France possèdent une aussi splendide parure. — En résumé « il ne faut pas chercher dans la cathédrale de Troyes, dit G. Héquet, l'unité de plan et de style,

l'homogénéité, la sublime harmonie des cathédrales de Chartres, de Paris et de Reims. Chaque siècle, en passant, a mis son empreinte sur le monument qui nous occupe. Ce qui est sorti des mains de l'évêque Hervée, (xin* s.), doit être rangé parmi les chefs-d'œuvre de l'art ogival. L'abside et le chœur ont une pureté de lignes, une noblesse, une grandeur et une élégance que rien ne surpasse.

A partir des transsepts, lornementatirni devient plus recherchée et se complique de détails superflus; les proportions ne sont plus aussi bien calculées , les piliers sont massifs et lourds, »

Le trésor , trop peu connu, de la cathédrale de Troyes, contient de nombreux émaux en taille d'épargne, des émaux cloisonnés translucides, deux coffrets d'ivoire qui proviennent du pillage de Constantinople en 1204, une crosse émaiilée, des fragments d'étoffe provenant du tombeau de révoque Hervée, mort en 1204, etc.

La cathédrale de Troyes a été, comme nous l'avons dit, érigée sur un emplacement primitivement occupé par un édifice de l'époque galloromaine. En 1851, en reprenant les fondations du chœur, on a trouvé une grande muraille, des chapiteaux et des bases qu'on peut faire remonter au iii« s. ou au iv«. Enfin, il y a deux ans, en creusant sous le chœur un caveau pour la sépulture des évêques, on a reconnu les constructions, en briques, d'un hypocauste ou appareil souterrain pour le chauftage.

L'église paroissiale de Saint-Urbain (mou. hist.), anciennement église collégiale et papale, date de la fin du xme s. (1262), Elle offre un plan rectangulaire, sauf la saillie de l'abside.

C'est un chef-d'œuvre d'élégance de la plus belle époque gothique, et, dans l'opinion du Bernin, la Sainte- Chapelle de Paris peut seule lui être comparée. Le portail occidental, qui malheureusement s'ouvre sur une rue

étroite et sombre, resté inachevé, est orné de curieuses sculptures où l'imagination et la verve satirique des artistes du moyen âge se sont donné libre carrière. On y voit des moines, des rois, des papes môme, enchaînés, entraînés par des démons. Les portails latéraux s'abritent sous des porches d'une légèreté et d'une délicatesse remarquables. L'édifice mesure 45 met. de longueur sur 25 met- de largeur. La nef compte trois travées accompagnées de collatéraux en pierre.

La voûte en bois n'a pu être achevée.

Le clocher, qui ne répond pas à l'élégance du reste de l'édifice et dont la flèche a été détruite deux fois par le feu, surmonte la croisée de la nef et des transsepts. Les fenêtres sont ornées de belles verrières en grisailles du xiv* s. ; certaines parties sont du xme s. Dans le chœur, qui est un chef-d'œuvre de grâce et d'harmonie , on admire la piscine du pape Urbain.

Le dallage de l'église est couvert de tombes gravées des xive, xve et xvie s., quelques-unes d'un dessin remarquable. Selon M. Viollet-le-Duc, l'église Saint-Urbain est le chef-d'œuvre d'un homme de génie. Toutefois la nef semble d'une longueur insuffisante par rapport aux dimensions du chœur, et ce défaut de proportion nuit un peu à l'effet général.

L'église Saint-Remi, surmontée d'un clocher que termine une aiguille fort délicate, et entourée d*une corniche à modillons dans le goût de celle de4Vézelay, a la forme d'une croii latine. Le portail principal, la nef et les voûtes des collatéraux datent de la fin du xive s. L'abside, à cinq pans, est garnie de cinq chapelles. Outre plusieurs tableaux de Ninet de l'Estaing, l'église Saint-Remi possède :

un beau Christ en bronze de Girardon, de curieuses peintures sur bois et une jolie peinture de l'école italienne : la Madeleine repentante. Le chœur a été réparé depuis quelques années avec intelligence et avec goût.

L'église de Saint-Jean , autrefois

TROYES

Saint-Jean-du-Marché , est dominée au bas côtéSM dit M. Arbois de Ju bainville, par un minaret auquel le vieui clocher élevé à l'entrée sert de pendant. Une très-jolie porte du xiv° s. , dans le style gothique, s'ouvre sur la nef, qui compte neuf travées dout les six premières, du xiv« s., ont été remaniées au xvr*, et dont les trois dernières sont entièrement du xvie.

Les vitraux qui ornent les fenêtres, pour la plupart de 1530, sont d'un grand style. Le chœur, dont la voûte est plus élevée que celle de la nef, ce qui produit un effet disgracieux, a trois travées; il est entouré par une galerie dans laquelle s'ouvrent plusieurs chapelles. Le retable corinthien /du maître-autel est l'œuvre de F. Girardon. L'exécution en est assez belle, mais le style de cette œuvre contraste avec celui de l'édifice. On remarque, dans le bas côté, les cinq fenêtres méridionales, brillant échantillon des fantaisies élégantes qui ont marqué la chute de l'art ogival. La chapelle des fonts baptismaux a un beau retable en pierre attribué à Juliot ; elle renfermait aussi des bas-reliefs en marbre blanc, un des principaux chefs-d'œuvre qu'ait produits la sculpture delà Renaissance. Ces bas-reliefs ont été agencés très-heureusement avec d'autres dus à Girardon, de manière à composer un beau rétable à l'autel de la Communion. Ce travail a permis de démasquer une verrière cachée par l'ancien retable. Saint-Jean possède un célèbre tableau de Mignard, représentant le Baptême de Jésus- Christ. 11 faut citer encore un groupe intéressant de la fin du xv* s. ou du commencement du xvi« s. dont le sujet est la Rencontre de sainte Êlisabeth.

L'église de Sainte -Madeleine,

de la fin du xue s , a été considérablement augmentée au xvr s. Le plan est à peu près rectangulaire , sauf la saillie de la chapelle de la sainte Vierge à YE. et d'une tour carrée au S. 0. La nef, les transsepts et la pre-

mière travée du chœur appartiennent à la fin de la période romane. A partir de la première travée du chœur, le plein cintre fait place à l'ogive. Le jubé, qui est comme suspendu entre les deux piliers du chœur , est une œuvre audacieuse et charmante due à Jean de Gualde (1508). Il a 6 met.

45 c. de hauteur, et se divise en trois arcades ogivales. Mais la retombée des arcs intérieurs, au lieu de s'appuyer sur des piliers, se termine par des culs-de-lampe. L'ornementation est d'une richesse et d'une délicatesse merveilleuses, en même temps que d'un goût exquis, et il est à regretter que ce travail, d'un art si parfait et si délicat, ait subi un badigeonnage dont les traces subsistent encore. Les deux piliers latéraux qui soutiennent ce chef-d'œuvre sont convertis en chapelles et semblent faire partie du jubé. La galerie supérieure, découpée à jour, est surmontée d'un Christ accompagné de deux statues. Dans l'abside, la chapelle de la Vierge offre de beaux vitraux du xvie s., se recommandant par la richesse des couleurs et la naïveté de la composition. — Le cimetière était entouré d'un charnier, aujourd'hui détruit; il n'en subsiste que la porte d'entrée , qui est un curieux monument de la dernière époque de l'ogive.

L'église de Saint-Nizier (xvr s.) offre un plan rectangulaire, sauf la saillie de l'abside à l'E. Cette église est la seule qui , à Troyes , ait conservé aussi complète sa toiture en tuiles émaillées. Le portail du S. est un joli monument du style gothique.

La tour carrée, sans caractère, qui s'élève sur la dernière travée du collatéral N., contraste avec une porte latérale ouverte au milieu de la nef, sur le même côté, et qui est ornée de fines sculptures où se voit le croissant de Diane de Poitiers. Le portail principal, de la Renaissance, se compose d'un ordre ionique et d'un ordre corinthien superposés. La nef a quatre travées, deux collatéraux et deux

LE PARIS A

rangs de chapelles. Sa longueur est de 49 met., sa largeur de 28 mèt. La maîtresse voûte a 17 met. de hauteur.

Les vitraux, incomplets, sont moins remarquables que ceux de l'abside.

Le chœur n'a qu'une travée avec deux collatéraux et deux chapelles.

L'abside, à cinq pans, avec trois chapelles et une galerie autour du chœur, possède de magnifiques verrières du xvi" s. Dans la sacristie se voient de charmants petits panneaux représentant des portraits, entre autres celui d'Henri IV, et des scènes d'un style fort léger , se rapprochant beaucoup de celui de Callot.

Véglise paroissiale de Saint-Martinès-Vignes, qui date de la fin du xvi# s. et du commencement du xvne , présente un plan rectangulaire, sauf la saillie de l'abside à l'E. Le portail à colonnade corinthienne est aussi mal conçu que mal exécuté; mais l'intérieur de l'église, divisé en trois nefs de grande dimension, offre un aspect très-harmonieux. Il renferme des vitraux remarquables , les uns coloriés , les autres simplement en grisailles. On admire surtout les deux •verrières qui appartiennent à l'école de Linard et de Jean Gonthier.

Des tableaux, peints sur bois et datant du commencement du xvr* s., représentent : la Vie de saint Martin, les Noces de Cana et Saint Jean prêchant dans le désert.

Véglise Saint - Nicolas date du xvi" s., sauf le porche, qui est du xvii'. Elle n'a de remarquable, à l'extérieur, que ses deux portes latérales : l'une (celle du N.) du style ogival, et l'autre (au S.) de l'ordre corinthien. Le porche qui surmonte la porte d'entrée a deux travées; la première a deux étages, l'étage supérieur sert de tribune. A l'entrée des basses nefs, à dr. , un escalier , très-haut et trèslarge, conduit au Calvaire et à une chapelle imitée de celle du Saint-Sépulcre, à Jérusalem (peinture murale du xvi* s. due à Nicolas Cordouanier, peintre troyen) ; à g. est un sé-

pulcre rayé de pilastres ; sur ce sépulcre, un dais à colonnes abrite un Christ ressuscité, de proportions colossales, qui est l'œuvre de Gentil. La nef n'a pas de transsept ; les fenêtres ogivées, du style flamboyant, garnies de meneaux plein cintre, sont ornées de vitraux assez mal conservés. Celles des bas côtés, à meneaux prismatiques, encadrent au contraire des vitraux du xvi* s. d'une grande valeur, surtout la Ugende de VHostie, en grisailles, et les six panneaux représentant les Béatitudes. L'église Saint- Nicolas renferme un Saint Jérôme sculpté, une jolie cuve baptismale de la Renaissance, une belle chaire et quelques tableaux intéressants.

L'église Saint - Pantaléon , bâtie sur un plan rectangulaire, date des xvie et xviie s., excepté le portail occidental, qui est du xviir. A l'extérieur, la porte du N., qui appartient à la Renaissance, est surmontée d'un trèsjoli portique. Celle du S., du stylo ogival, est décorée de sculptures de la plus rare élégance. Le grand portail offre la réunion de l'ordre dorique et de l'ordre ionique superposés. A dr. , en entrant, est un Calvaire sculpté par Gentil. Le groupe des Saintes Femmes est admirable de style et d'expression. Un curieux groupe Hthochromique des saints Crépin et Crépinien se signale par le naturel des poses et la naïveté de l'expression. La nef a trois travées, avec deux collatéraux et deux rangs de chapelles. Les maîtresses voûtes, en bois, ont une hauteur de 22 mèt.

70 c. Les grisailles qui ornent dix-sept fenêtres sont remarquables ; elles passent pour être l'œuvre de Macadré.

La chaire est décorée de bas-reliefs en bronze, par Simart. Chacun des piliers de la nef est orné de statues qui ne sont point sans mérite , et que surmontent des dais sculptés. Dans les bas côtés, huit retables, et particulièrement celui de sainte Geneviève, au N., offrent une exécution intéressante. Leurs motifs, d'aspect

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