LANGUES
que est détruit; mais il reste une frise sur laquelle se distinguent des armures sculptées en demi-relief, qui devaient former une suite de faisceaux. Les arcades sont encadrées à leur sommet par des archivoltes d'une belle exécution, reposant sur des impostes profilées du côté des pilastres ainsi qu'à l'intérieur des arcades. Le monument, tel qu'il reste aujourd'hui, présente, depuis le pied du socle, une hauteur de 10 mèt. 70 c, sur une longueur totale, au-dessus de la base, de 19 mèt. 95 c. « Couronné par un attique, dit M. Girault de Prangey (Mémoires de la société archéologique de Langres), ou par une de ces galeries à arcades et à colonnes dont nous avons encore de remarquables exemples aux deux portes gallo-romaines d'Autun, Tensemble de la porte de Langres était des plus imposants et terminait noblement une des grandes voies romaines qui sillonnaient le pays des Lingons. »
La porte des Moulins, la plus remarquable de toutes les entrées de Langres par son aspect monumental, occupe un plan carré de 9 mèt. de côté ; construite en 1 647 , elle fait partie de la fortification du front S.
de la ville, élevée par Vauban. Le corps principal, qui s'élève à 11 mèt.
de hauteur, est terminé au S. par un fronton placé en avant du dôme, surmonté lui-même d'une lanterne, et couronnant l'édifice. Les détails sont d'une ornementation sévère, en harmonie avec la destination du monument.
Los remparts de Langres ont environ 4000 mèt. de circonférence. Ils comprennent dans leur développement plusieurs tours rondes de construction ancienne, parmi lesquelles nous signalerons notamment celle que l'on aperçoit à l'entrée de la ville, en venant de la gare. Pour fortifier Langres, les ingénieurs modernes se sont, eu général, bornés à consolider les vieilles fortifications à
l'O., au N. et à TE. ; mais, vers le S., point où la ville était plus facilement abordable, ils ont élevé, sous Louis- Philippe, une citadelle à huit bastions précédée de deux lunettes et reliée à la ville par deux lignes bastionnées.
On rencontre ces ouvrages modernes à la sortie de la porte des Moulins.
Parmi les maisons anciennes de Langres qui méritent une visite, nous indiquerons : la maison de l'ancien Cercle, charmant édifice delà Renaissance;— une maison avec frise sculptée, rue Saint-Didier ;— une troisième (Grande-Rue, 21) dont la cour renferme un joli escalier tournant ; — plusieurs autres maisons de la Renaissance , avec colonnes et frise.
— On visitera aussi avec intérêt un ancien couvent d'Ursulines, converti en caserne, et décoré d'un portail dans le style de la Renaissance. A l'intérieur se trouvaient diverses parties de bâtiments appartenant à l'époque ogivale; mais elles ont été détruites pour l'agrandissement d'une caserne qui occupe actuellement l'ancien couvent.
Langres possède , en outre : — un hôtel de ville, construit au xvin* s.
(1778) ; — un collège, anciennement fondé par les jésuites, et qui jouit d'une réputation méritée; — deux séminaires dont l'un occupe l'ancien palais épiscopal de Mgr de la Luzerne, abandonné en 1793;— trois couvents pour l'éducation des jeunes filles ; — un arsenal; — une balle de spectacle, construite en 1839, dans l'ancienne église Saint-Amâtre. x
Le musée, installé dans l'ancienne église Saint-Didier ( mon.
hist.), est très riche en antiquités gallo-romaines et de la Renaissance.
Il est devenu le dépôt de toutes les découvertes faites dans les environs, et ayant un intérêt quelconque pour l'histoire et l'archéologie. Tous les objets y sont classés, autant que possible, par époque et par lieu d'origine, afin de faciliter les recherches. Ce musée renferme, en outre, une gale-
DE PARIS A
rie de tableaux, une salle d'histoire naturelle (échantillons de minerais , oiseaux et animaux empaillés, papillons et coquilles); une collection de médailles; une collection d'antiquités égyptiennes; divers objets d'origine celtique, grecque ou romaine provenant, soit de Pompéï, soit des ruines de Carthage , soit d'un temple de Diane en Asie Mineure, et enfin des moulures, une sculpture sur bois et des vases découverts récemment.
Les antiquités (statues, sculptures, restes de monuments, inscriptions, etc.) sont disposées avec beaucoup de goût dans l'abside de l'église Saint- Didier, dont le centre est occupé par le tombeau du saint.
Nous signalerons particulièrement :