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LANGRES

combinés avec le goût le plus heureux. Suivant M. Viollet-le-Duc, la construction du chœur daterait du milieu du xn" s., et celle de la nef des dernières années du môme siècle et du commencement du xm*.

Saint-Main mes mesure dans œuvre 94 mèt. 40 c. de longueur, 42 met.

de largeur au transsept, et 23 mèt.

de hauteur dans la grande nef.

Le portail, reconstruit dans le style pseudo-grec du xvnr*s. (1761-1768), l'orme un contraste choquant avec le reste de l'édifice. Le rez-de-chaussée offre des colonnes doriques. Le premier étage est décoré de colonnes ioniques qui encadrent une grande fenêtre cintrée, surmontée d'un fronton auquel s'appuient deux statues supportant une croix. Les tours, d'un dessin assez lourd , sont ornées de pilastres corinthiens. Cette façade fut élevée par le chapitre, qui mit le projet au concours à Paris, et le résultat fait peu d'honneur au goût des architectes de ce temps. Il est bien regrettable qu'on n'ait pas su conserver le vieux portail de Saint-Mammès , avec le clocher qui surmontait le transsept. L'intérieur de l'église, dont l'aspect général est sévère et imposant, se compose d'une nef principale et de deux collatéraux se prolongeant en déambulatoire autour du chœur. Ce chœur, dont on admire l'élégante disposition, est entouré de huit belles colonnes monolithes, se terminant par des chapiteaux ornés de feuillages, de têtes grimaçantes et d'animaux fantastiques. Les voûtes et les arcades de la nef sont ogivales ; le triforium est roman ; les piliers sont décorés de chapiteaux à feuillages, dont l effet rappelle le chapiteau corinthien. Des remaniements inintel)igents,exécutés à diverses époques, ont dépouillé l'église Saint-Mammès de ses principaux ornements, entre autres, de ses belles verrières et de ses peintures murales, recouvertes de badigeon au xvir s. Nous signalerons ependant : — dans la chapelle des

fonts baptismaux, l'ornementation de la cuve baptismale ( xm* s.) ; trois statues : Jésus portant sa croix, saint Jean l'évangéliste et sainte Madeleirœ ; les cartouches sculptés de la voûte et les restes d'une mosaïque en faïence; — dans la chapelle Saint- Mammès, la statue en marbre du saint par Henri Bertrand, dit le Romain, sculpteur Langrois, auteur de plusieurs œuvres remarquables, mort en 1834; — dans la chapelle de la Vierge, dont l'autel se signale par son mauvais goût, quatre tableaux :

l'Adoration des bergers, de Quentin , peintre Langrois, qui vivait au xvi' s.; une Vierge, d'un peintre inconnu; et, des deux côtés de l'autel, un Christ et une sainte Madeleine, attribués, le premier auCorrége, l'autre à Rubens; — enfin, dans la chapelle Saint -Amâtre, quatre tableaux sur bois. — On visitera également avec intérêt , dans la cathédrale, la salle du Chapitre, où I on pénètre par une porte dont les sculptures sont extrêmement remarquables. » Cette salle, disent MM. Daguin et Godard, dans leur Notice sur la cathédrale Saint- Mammès, insérée dans les Mémoires de la Société historique et archéologique de Langres, donne l'idée de ce que l'art, sous l'inspiration duquel s'éleva Saint-Mammès, a produit, en Bassigny, de mieux orné , de plus noble et de plus caractéristique. » La salle est ornée de sept tableaux dont deux sont l'œuvre de Tassel [Parabole de l'enfant prodigue) et dont les autres (la chaste Suzanne, saint Pierre et saint Paul) sont dus à des peintres inconnus.

Sur le côté S. de la cathédrale se trouve une galerie , appelée le cloître des chanoines: un des monuments les plus purs du style ogival primaire.

Eile se compose de treize travées ouvertes d'un côté par des arcades auxquelles deux épais meneaux en diagonale donnent l'apparence de fenêtres à réseaux. L'autre côté est fermé par la muraille sur laquelle se

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dessinent, à chaque travée, trois élégantes lancettes portées sur un soubassement qui régne dans toute la longueur de la galerie.

. Ce cloître, depuis la Révolution, fait partie de propriétés particulières.

La Société archéologique a tenté en vain, à diverses reprises, de le racheter, dans le but de le restaurer et d'y établir un musée de sculptures du moyen âge.

Avant la H évolution le trésor de la cathédrale renfermait les objets les plus précieux et les reliques les plus authentiques. Toutes ces richesses ont été dispersées ou anéanties, il n'en reste plus que quelques débris. On voit cependant encore, dans le trésor de la cathédrale, un calice ayant appartenu à la chapelle de Tévôque Sébastien Zamet (1615-1655) et des reliques de saint Didier. Il y a quelques années, S. Em. le cardinal Mathieu, archevêque de Besançon, ancien évôque de Langres, a fait don à la cathédrale d'un buste en vermeil de saint Mammès renfermant une partie du crâne du patron du diocèse.

— II existe aussi, à l'évêché et au couvent des Dominicaines, deux reliquaires assez curieux, précieux restes de l'art de l'orfèvrerie au moyen âge.

Une multitude de tombeaux des évoques de Langres et de hauts dignitaires du chapitre, qui s'élevaient dans toutes les parties de la cathédrale, ont été également détruits pendant la Révolution, ainsi qu'une chaire en marbre dans laquelle avait prêché saint Bernard.

L'église Saint - Martin , qui date du nu* s., mesure à l'intérieur 35 mèt. de longueur sur 24 met. de largeur. Le sanctuaire présente tous les caractères de l'architecture du xnrs. ; la travée du milieu de la grande nef et les basses nefs du N. appartiennent au xvi* s.; les collatéraux du S. sont modernes. Le portail (52 met. 50 c.

de hauteur), construit au xvnr* s., dans le goût de ce temps, par Forgeot, est d'un dessin élégant; mais

sa valeur architecturale, supérieure à celle du portail de Saint-Mammes, ne peut faire oublier son désaccord avec le reste de l'édifice. L'église Saint-Martin possède un beau Christ du xvie s. (sculpture) et un Martyre de saint Simon rar Tassel.

Le Christ de Saint-Martin, Tune des plus remarquables sculptures sur bois que l'on connaisse, est, dit-on, l'œuvre de Gentil, sculpteur, élève du Primatice. Il a été donné à l'église Saint- Martin par Claude de Longwi, cardinal de Givry, évêque de Langres (1529-1531). Il est malheureusement dans un état de vétusté tel, que sa conservation est gravement compromise. Il serait à désirer qu'on en fît faire un moulage en bronze qui assurerait l'existence d un chef-d'œuvre peut-être unique.

L'église Saint-Martin , fermée à l'époque de la Révolution, rendue au culte en 1837, forme la seconde paroisse de Langres.

La porte gallo-romaine est située près de la porte du Marché, à l'O.

de Langres, sur le côté extérieur du rempart. Ce beau monument était une des quatre grandes entrées de la cité, sous la domination romaine; selon toute probabilité, il formait en même temps un arc de triomphe dédié à un empereur victorieux, mais on ne connaît pas exactement le nom de cet empereur. Parmi les • diverses conjectures émises à ce sujet, M. Jolibois (Haute-Marne ancienne et moderne) présume qu'il faut adopter celle qui l'attribue à Marc- Aurèle.

La façade principale de la porte gallo-romaine, la seule qui soit complètement dégagée, est exposée au N. 0. Elle se compose de cinq pilastres corinthiens, dont deux à chaque extrémité et un dans le centre, séparant deux arcades d'égale hauteur (7 mèt. 95 c), dont l'ouverture a été murée, probablement à l'époque de l'établissement des fortification, pendant le moyen âge. L'atti-

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