PROVINS
mur d'enceinte par les Anglais au xv* s. (pour la visiter, s'adresser au gardien de la tour; pourboire).
L'église de Saint-Quiriace fut
commencée en 1160. Son architecture extérieure n'a rien de remarquable.
A l'intérieur, la nef, à deux travées, est moins longue que le chœur, suivant l'usage observé pour un grand nombre d'églises canoniales. Le chœur a été construit du xn- au xin" s.; l'ogive s'y mêle au plein cintre par des transitions assez habilement ménagées. Le dôme, élevé de 1830 à 1840, est fort laid. Au-dessus de la porte principale est un assez bon tableau représentant Jésus-Christ au milieu des docteurs. Dans le trésor, nous signalerons les ornements pontificaux de saint Edmc, archevêque de Cantorbéry. — Le cloître, qui forme devant l'église une place bordée de maisons et plantée de tilleuls, offre quelques jolies fenêtres décorées de colonnettes.
Le palais des comtes des Champagne était voisin de Saint-Quiriace ; il en reste des débris importants occu^ pés par le collège communal. Ce sont : une partie de la chapelle, de grandes salles dont les voûtes sont soutenues par des colonnes avec chapiteaux à feuillage, des murs à contre-forts, des arceaux, des fenêtres, des caves magnifiques, etc.
Dans la rue du Palais, que l'on prend pour revenir à la place du Chàtel , on remarque une maison dont la façade appartient à l'époque romane. — Sur la place du Châlel, une inscription indique la maison où naquit le naturaliste Lelorgne de Savigny (1777). — La même place oflre plusieurs maisons anciennes, les restes de Y église Saint-Thibault et un petit édifice en pierre, à arceaux en ogives, qui porte une croix.
De la place du Châtel, en prenant la rue Couverte, puis, à g., la rue Saint-Jean , on arrive à la Grange aux Dîmes, curieuse construction du xiii" s. (mon. hist.), divisée en deux
parties, Tune souterraine, l'autre au niveau du sol. Deux escaliers, l'un intérieur, l'autre extérieur, conduisent au premier étage, dont l'unique salle renferme des cheminées et des fenêtres remarquables. La vaste salle du rez-de-chaussée est soutenue par deux rangs de piliers avec des chapiteaux à feuillage; 14 de ces piliers sont engagés dans les murailles. La salle souterraine, où l'on descend par un large escalier, est toute semblable à la précédente. Le musée de Provins doit être installé dans la Grange aux Dîmes.
La porte Saint-Jean, médiocrement conservée , est défendue par deux tours. Si l'on passe le pont établi à cet endroit sur un large tossé, on arrive à une promenade tracée en dehors des anciennes fortifications. Les murailles de ces fortifications sont défendues par des tours irrégulièrement rondes, carrées ou polygonales. La neuvième de ces tours s'appelle la tour aux Engins, sans doute parce qu'elle servait autrefois d'arsenal. Là , l'enceinte se détourne brusquement à angle droit, et Ton rencontre encore cinq tours avant d'arriver à la porte de Jouy.
On peut rentrer par cette porte dans la ville haute et Ton trouve bientôt, à g., le caveau du Saint- Esprit , seul débris de l'ancien hôpital de ce nom. Ce caveau est une grande salle, longue d'environ 40 met., et large de 13 ou 14 mèt. Ses voûtes ogivales reposent sur 20 piliers carrés, disposes sur deux rangs, et sur 28 pilastres engagés dans les murailles.—Près du caveau est le Puits- Salé, que Ton suppose donner entrée dans d'autres souterrains.
A peu de distance de la porte de Jouy, si l'on reprend la ligne des fortifications, le terrain s'abaisse rapidement, et aussi le mur d'enceinte, toujours flanqué de tours énormes. On arrive alors à un endroit dit le Trou au Chat, au delà duquel on gagne le fond de la vallée, et l'on franchit une petite rivière, un ruisseau pour mieux dire, qui entre dans la ville basse.
DE PARIS A PROVINS
C'est le Dutrain. A partir de ce point la vieille muraille a été mise presque au niveau du sol. La promenade continue de suivre, tantôt extérieurement, tantôt intérieurement, l'enceinte, dont on ne voit plus que la base. A g. , sur la colline de Sainte-Catherine, se dresse l'hôpital général. On aperçoit bientôt, toujours à g., un petit édifice moderne , orné de quatre colonnes toscanes, que surmonte un fronton triangulaire. C'est rétablissement des eaux ferrugineuses de Provins.
Sur la dr., l'œil embrasse à la fois la ville haute et la ville basse, dont on est séparé par des prairies et par des jardins. C'est de cette belle promenade , bordée de grands ormes et connue sous le nom du Rempart ou des Remparts, que l'on voit Provins sous son aspect le plus pittoresque, et que l'on se fait une plus juste idée de ce que cette ville fut jadis et de ce qu'elle est aujourd'hui.
En rentrant dans la ville par la porte de Culoison, on arrive bientôt à Yéglùe Saint- Ay oui. Cette église, mutilée de toutes façons et dont les parties sont de divers styles, est séparée par un mur de refend de son ancien chevet, qui sert aujourd'hui de magasin a fourrages. La porte principale est ornée de statues décapitées. Au fond du chœur, on remarque, audessus du maître-autel, un beau retable à colonnes cannelées, orné de sculptures en bois représentant des scènes de la Bible. Ce retable, œuvre de Nicolas Blasset, dont la tombe se voit au pied du maître-autel, sert de cadre à un tableau du peintre Stella.
Nous signalerons, en outre, trois statues (xvi* s.) en marbre blanc, qui décorent l'autel des fonts baptismaux.
La tour de Notre-Dame de Val, autrefois dépendante de l'ancienne église de ce nom , qui n'existe plus, renferme les cloches de Saint-Ayoul.
V église Sainte-Croix se compose de cinq nefs, sans transsept. Les trois nefs intérieures sont évidemment du xiii* s., la nef extrême du côté N. et le
petit portail qui y correspond sont de la fin du xv* s. , et richement ornementés; le bas côté S., le chœur et les chapelles qui l'entourent sont du xvr s. On remarque à l'intérieur : les colonnes sur lesquelles repose le chevet et qui sont d'une délicatesse extrême; un bénitier fort curieux; un baptistère, orné d'un bas- relief mutilé représentant le baptême du fils d'un grand seigneur; une Descente de croix, copiée de Jouvenet; enfin un tableau attribué à Lesueuret représentant saint Bruno ressuscitant un mort,
Vhôpital général, dans une position magnifique, sur le mont Sainte- Catherine , en face de Provins, occupe l'emplacement d'une abbaye de Cordelières (xiii* s.), dont il reste un cloître malheureusement incomplet (deux galeries sur quatre). On y remarque des arceaux en ogive et des chapiteaux élégants sur des colonnes destinées à soutenir une toiture en bois. Nous signalerons aussi l'ancienne salle capitulaire et quelques autres parties de l'édifice qui, sans être fort anciennes, sont probablement antérieures à la transformation du couvent en hôpital. Dans l'église, on voit un petit monument en pierre, surmonté d'un dôme en cuivre et destiné à contenir le cœur du comte Thibaud VII. Il est décoré de curieuses sculptures.
Vhôtel Vauluisant, situé dans la rue de Paris, est un monument du xiv* s., très-bien conservé. La voûte ogivale du rez-de-chaussée repose sur des piliers et des pilastres. — On remarque, en outre, en divers endroits de la ville, quelques restes mutilés d'anciennes maisons.
La bibliothèque publique, qui occupe l'étage supérieur de la mairie, renferme plus de 1 0000 vol. , parmi lesquels nous signalerons un riche exemplaire du grand ouvrage sur l'Egypte, publié sous le premier Empire, aux frais de l'État. Cet exemplaire a été donné à la ville de Provins par M. Lelorgoe