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COULOMMIERS

bois; cette voûte et les entraits, haL{- 1 lemeot utilisés comme motif d'ornementation, sont peints et revêtus d'arabesques dessinées avec goût. La voûte en pierre du cbœur, moins élevée que celle de la nef, est également peinte, ainsi que les colonnes qui la soutiennent. Ces dernières portent différentes dates en chiffres dorés.

Autour du sanctuaire, éclairé par de grandes fenêtres ogivales, avec vitraux de couleurs, sont placées des châsses trèsornées, renfermant des reliques, entre autres, celles de sainte Foi, de saint Fiacre, de saint Éloi et de saint Denis. Le maltre-autel , en pierre, supporté par des colonnettes à chapiteaux feuillus, est une œuvre moderne bien réussie.

V église des Capucins, depuis longtemps enlevée au culte, est assez difficile à trouver, au fond de la presqu'île qui s'étend au S. 0. de Coulommiers.

Elle a été commencée en 1617 et terminé en 1630. On vante l'heureuse disposition de la nef, maintenant encombrée par des constructions en bois et en plâtre, formant plusieurs étages et servant de magasin à fourrages. On ne peut guère pénétrer que dans le chœur et dans une sorte de chapelle souterraine, singulièrement ornée de colonnes en terre cuite, et de divers paysages également exécutés en terre cuite et grossièrement enluminés. Derrière le chevet de l'église, se voit encore une partie des bâtiments conventuels datant du xvn* s.

Les constructions abbatiales de Sainte -Foi s'étendaient derrière le nouveau palais de justice, sur la rive dr. du Grand-Morin, vers l'emplacement actuel de la prison cellulaire.

Elles ont entièrement disparu, sauf un grand bâtiment sans caractère, aujourd'hui affecté à des logements particuliers, et qui ne paraît pas remonter au delà du milieu du xvu* s.

Le palais de justice, terminé en 1865, n'a de monumental que son entrée formant péristyle.

Le château de Coulommiers, con-

struit au xviie s. par Catherine de ijouzague, veuve du duc de Longueville, était situé à l'extrémité orientale de la presqu'île, en dehors de la ville. 11 en est encore séparé par un vaste terrain vague, moitié prairie, moitié jardin , que borde à g. le Grand- Morin. Cette habitation princière était vantée pour Mégance de son architecture et pour ses beaux parterres, ornés de statues. Mme de Lafayette y fait allusion dans sa Princesse de Clèves. Louis XIII et Anne d'Autriche visitèrent, en 1631, le château de Coulommiers , qui fut délaissé à la mort de celle qui l'avait élevé. En 1737 , l'un des derniers seigneurs de Coulommiers, Louis d'Albert, duc de Chevreuse, effraye des dépenses qu'auraient nécessitées la réparation et l'entretien de ce château, le fit à peu près démolir. On y voit cependant encore, dans un parc pittoresque, des débris de colonnes, d'édifices rustiques, de sculptures, et notamment, à l'entrée même du parc , les restes d'un pavillon orné d'une charmante guirlande sculptée et d'amours en ronde bosse. C'est une agréable promenade, bien qu'un peu sombre et humide, où les ruines, les arbres et la verdure sont disposés de la manière la plus heureuse. — Nous nous bornerons à mentionner Yhôtel de ville , qui n'offre rien de remarquable, et la prison cellulaire. — Coulommiers renferme , surtout dans le quartier voisin du Grand-Morin, quelques maisons élégantes avec de beaux jardins.

Sur une des hauteurs qui dominent la ville, du côté de Montanglaust, se trouve l'ancienne commanderie de V Hôpital, aujourd'hui transformée en ferme et appartenant à M. Decauville, le principal fabricant des célèbres fromages de Coulommiers. Une partie des bâtiments sont encore debout, avec leur aspect primitif. On remarque en particulier des tourelles renfermant des escaliers en pierre, une grande chapelle voûtée contenant des tombes anciennes, etc.

DE PARIS A PROVINS

[Route 5]

Coulommiers, dont le commerce consiste en céréales, fourrages, fruits, laines, et en fromages dits de Brie, possède des tanneries importantes, des tuileries et des briqueteries.

[Corresp. pour : — (12 kil.) Rebals (R. 15); — (23 kil.) la Ferté-Gaucher (R. 10) ; — (20 kil.) Beton-Basochc, c. de 762 hab., qui possède une église du xv« s. (mon. hist.).]

De Coulommiers à Meaux, R. 7; — à la Ferté-sous-Jouarre, R. 9; — à Chalonssur-Marne, par Sézanne et Fère-Charapenoise,R.10; — à Vitry-le-François, R.lt.

DE PARIS A PROVINS

95 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 2 h. 20 min. par trains express} en 3 h.

12 min. par trains omnibus. — lr* cl.

9 fr. 80 c; 2« cl. 7 fr. 30 c; 3* cl. 5 fr. 25 c.

89 kil. Longueville (R. 3). — On laisse à dr. la ligno de Mulhouse pour remonter la rive g. de la Voulzie.

Sur le flanc des coteaux, à g. , se montre Sainte-Colombe, v. de 629 hab.

95 kil. Provins ( hôt. : de la Bouled'Or, de la Fontaine, du Coq à la Poule, du Pont-au- Poisson), ch.-l.

d'arr. du départ, de Seine-et-Marne, V. de 7596 hab., sur le Durtain et la Voulzie, se divise en deux parties :

l'ancienne cité ou ville haute, et la ville neuve, au pied de la colline.

Quelques historiens ont voulu voir dans provins VAgendicum des Commentaires de César et ont cru que les fortifications de cette ville étaient d'origine antique; M. Félix Bourquelot, dans son liuioire de Provins (2 vol. in-8»), combat et détruit cette opinion. Provins ne figure pas positivement dans l'histoire avant le ixe s. Le pagus Pruvinensis est nommé dans un capitolaire de l'an 802. A la fin du iv s., Provins appartenait aux comtes de Vermandoia. plus tard, cette ville entra dans le comté de Champagne, dont elle suivit la fortune jusqu'à sa réunion à la couronne, au xive s.

Kn 1348, Provins fut désolée par la peste noire. L'année suivante, elle eut h souffrir

de |la famine. Les guerres contre les Anglais achevèrent de ruiner cette malheureuse ville, qui fut prise et reprise plusieurs fois. En 1432, les Anglais, qui s'en étaient emparés, augmentèrent, pour garder leur conquête, les fortifications et entourèrent la base de la Grosse tour, ou tour aux Prisonniers (improprement appelée tour de César) du massif en maçonnerie que l'on y voit encore, et qui s appelle le Pâté aux Anglais. L'année suivante, les Français reprirent Provins. Lors des guerres de religion, la ville resta au pouvoir des catholiques. En 1589, elle embrassa le parti de la Ligue et ne se rendit à Henri IV que trois ans plus tard, à la suite d'un siège que le roi vint conduire en personne et qui ne dura pas moins de treize jours. Elle fut alors de nouveau pillée, rançonnée, et ne s'est jamais relevée entièrement de ce désastre.

Provins a vu naître : saint Thibaud (xi* s.); Jean Desmarest, avocat général au parlement de Paris, l'un des négocia* teurs du traité de Brétigny et qui fut dé» capité en 1381 ; le naturaliste Lelorgne de Savigny, et le poète Hégésippe More/au.

Provins a conservé la plus grande partie de sa vieille enceinte fortifiée. Cette enceinte (5 kil. environ de développement) a presque la forme d'une ellipse, dont le grand axe est dirigé à peu près de l'fi. à l'O.; elle a 120 hect. environ de superficie. La partie la plus curieuse et la mieux conservée est celle qui entoure la ville haute à l'extrémité 0. (V. ci-dessous).

Comme c'est la ville haute qui renferme la plupart des monuments de Provins les plus intéressants par leur antiquité, le voyageur fera bien d'y monter d'abord. La rue Saint-Thibault conduit sur la place du Chdtel, d'où l'on peut aller visiter la tour aux Prisonniers, l'église Saint-Quiriace, le palais des comtes de Champagne, la Grange aux Dîmes, et, un peu plus loin, la porte Saint-Jean, par laquelle on peut sortir pour jouir de la vue des murailles et des tours de l'ancienne capitale de la Drie.

La Groise tour ou tour aux Prisonniers (mon. hist.), curieuse forteresse du xiii* s., a été renforcée d'un

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