DE BAR-SUR-AUBE A VITRY-LE-FRANÇOIS
66 kil. — Route de voitures.
On croise le chemin de fer de Mulhouse, au sortir de Bar-sur-Aube, et suivant, à des distances variables, la rive dr. de l'Aube, on laisse successivement, à g., Ailleville, c. de 252 hab., et Montier, c. de 465 hab., appelée vulgairement M othê (église du xvi* s.), dont Pancien château appartint à la famille d'Amboise; à dr., Anomal, c. de 444 hab. (église du xii" s., surmontée d'une tour romane et ornée de peintures sur bois).
10 kil. Baussâncourt, c. de 519 hab., possède une église du xn° s. et un joli château sur les bords de l'Aube. — A g. se montre la station de Jessains (chemin de fer de Mulhouse, R. 3).
13 kil. Trannes, c. de 400 hab., dont V église romane du xii" s. offre un porche gothique de construction récente. A l'intérieur, on remarque les sculptures des chapiteaux et une pierre tombale, du xvi* s. A peu de distance de Trannes, l'Aube baigne les lieux où florissait jadis l'abbaye de Beaulieu, dont il ne reste que le vivier et une ferme dite encore Beaulieu. L'emplacement de la maison abbatiale est occupé par un château du commencement de ce siècle. En face de Trannes, se trouve Jessains, c. de 379 hab., sur la live g. de l'Aube {église des xu# et xvi* s.).
VOSGES
A 5 kil. de Trannes, on laisse à dr. la Rothière, c. de 135 hab. ; (église du xvr* et du xvme s., avec des fonts baptismaux très-anciens; chapelle de Notre-Dame-des-Sept- Douleurs (xne s.). — C'est sur le plateau qui s'étend autour de la Rothière, qu'eut lieu, le lendemain de l'affaire de Brienne (V. ci-dessous), ia première grande bataille livrée, en 1814, sur le sol français. 4 kil. plus loin à g., se trouve Brienne-la-Vieille, c.
de 701 hab. où l'Aube, dont la route va s'éloigner, commence à être navigable et où a été établi un port au bois pour l'approvisionnement de Paris. Ùéglise possède , dit-on , l'index de saint Jean-Baptiste.
24 kil. Brienne - Napoléon ou Brienne-le-Château (hôt. : des Voyageurs, de la Croix- Blanche), ch.-l.
de c, V. de 2078 hab., située à 125 nrêt. d'altitude et à 2 kil. de la rive dr. de l'Aube.
Brienne n'était d'abord qu'une bourgade dépendant de Brienne-la-Vieil!e; plus tard elle acquit de l'importance et eut une existence séparée. La suite de ses seigneurs, empereurs, rois, ducs, en Orient ; en Europe, connétables, maréchaux, ministres ou secrétaires d'État, fournit des pages illustres aux histoires des quatre familles de Brienne, d'Enghien, de Luxembourg et de Loménie, à qui Brienne passa tour à tour. Mais ce qui l'a surtout rendu célèbre, c'est le séjour qu'y fit Napoléon, comme élève de l'École militaire tenue par les Minimes au xvur» s. Il y entra à neuf ans, en 1779, et s'y distingua par un travail énergique, qui, nvec des aptitudes étonnantes, lui assura de prompts succès. A quinze ans, à la suite d'un concours, il fut envoyé à l'École militaire de Paris pour y compléter ses études; mais il n'oublia jamais ces premières années de sa vie. En 1805, lors de son sacre, il revint visiter Brienne : « Quel beau champ de bataille on ferait ici, » s'écria -t-il, en examinant la plaine que domine le château. Le 29 janvier 1814, la plaine de Brienne était, en effet, devenue un champ de bataille, et Napoléon y disputait sa couronne aux puissances coalisées. Dans son testament, Brienne figurait pour un legs de 400 000 fr. Un décret du
5 avril 1854 a assuré l'exécution de cette dernière volonté de Napoléon I«r.
■ On construisit un hôtel de ville, dit M. Finot, on répara l'église, on fonda des secours pour les malades, pour des salles d'asiles et d'autres œuvres de charité, et enfin on érigea, sur la place publique, une statue de bronze, représentant l'Elève de l'École de Brienne, à l'âge de seize ans. C'est l'œuvre de M. L. Rochet. Le jeune Bonaparte tient un livre de la main gauche, U a la droite dans son gilet à demi ouvert, la tête légèrement penchée, et dans l'attitude de la méditation. La statue est posée sur un piédestal de marbre noir et vert. Sur la face antérieure, on lit les paroles de l'Empereur :
POUR MA PENSÉE BfUKNNB EST MA PATRIE.