JOINVILLE
Grand-Pont. Sur la gauche, se trouve un beau pont sur la Marne, dont une dérivation contourne le bas de la ville.
On ne sait pas exactement à quelle époque fixer l'origine de Joinville; toutefois, cette ville parait devoir son existence à une forteresse élevée, dit-on, au iv* s., par Jovinus, pour couvrir la route naturelle que la Marne ouvrait dans le pays des Catalaunes. Dès le commencement du moyen âge, Joinville forma une seigneurie ayant le titre de baronnie; mais, jusqu'au xiv« s., époque où elle passa par mariage dans la maison de Lorraine, la seigneurie de Joinville ne compte qu'un nom illustre, celui du sire Jean de Joinville, dont le souvenir se lie si intimement à la mémoire du roi saint Louis. Après avoir directement appartenu à la maison régnante de Lorraine, pendant près d'un siècle, la seigneurie de Joinville passa à une branche cadette, et fut attribuée à Claude de Lorraine, le chef de la célèbre maîson de Guise, vers le commencement du xvi* s. Quelques années plus tard, elle fut érigée en principauté par Henri il, en faveur de François de Guise. On sait quel fut, dès lors, le rôle considérable des nouveaux seigneurs de Joinville dans notre histoire : il suffit de nommer François de Guise et son frère Charles, cardinal de Lorraine, Henri de Guise, le duc de Mayenne, etc., fils et petits-fils de Claude de Lorraine. Nous nous bornerons à rappeler que c'est dans le château, qui s'élève sur le sommet de la montagne de Joinville, que fut signée, le 2 janvier 1585, la fameuse ligue dite du Bien public. A la fin du xvir» s., la principauté de Joinville passa par héritage à la famille d'Orléans, qui la conserva jusqu'au moment de la Révolution. C'est à cette époque que le duc d'Orléans, effrayé des dépenses qu'en traîneraient la réparation et l'entretien du château seigneurial, le vendit, à charge pour les acquéreurs de le faire démolir. Il ne reste rien aujourd'hui de cette splendide résidence, qui renfermait, dans son enceinte fortifiée, de vastes salles de réception, une église, des cours, des jardins, un jeu de paume et une cuisine célèbre par ses immenses dimensions et ses sept cheminées colossales.
La ville de Joinville, jadis entourée de fortifications, fut plusieurs fois assiégée En 1548, elle fut prise et livrée aux flammes par Charles-Quint.
Joinville est la patrie de Jean, sire de Joinville, et du compositeur Devienne, auteur des Visitandines.
L église paroissiale, dédiée à Notre-Dame, est un édifice intéressant, des xii*, xiii* et xvi* s., mais surtout de cette troisième époque. Le portail principal parait appartenir au style romano-byzantin; le chœur et l'abside ont été reconstruits récemment.
Sur le côté g. de l église, formant un des encadrements de la place de Joinville, on remarque une jolie porte latérale, dans le style de la Renaissance. L'église Notre - Dame renfermait autrefois de magnifiques tombeaux des anciens seigneurs de Joinville et notamment ceux du sire de Joinville , de Ferri Ier et de Ferri II , ducs de Lorraine, de plusieurs princesses de Lorraine, enfin des ducs de Guise. Ces tombeaux ont été violés et détruits pendant la Révolution. Les restes qu'ils renfermaient avaient été dispersés; mais, sur les énergiques réclamations de la population, ils furent recueillis et déposés dans le cimetière, où un monument commémoratif leur a été élevé, par les soins et sous le règne de Louis- Philippe. Quant aux tombeaux, ils n'ont pas été rétablis ; leurs débris sont épars à Joinville, a Chaumont et à Nancy.
La chapelle Sainte-Anne, située dans l'intérieur du cimetière, au N..
de Joinville et tout à côté du clos nommé le Grand-Jardin, fut bâtie au commencement du xvie s. par Claude de Lorraine, premier duc de Guise. Elle est éclairée par d'élégantes fenêtres ogivales, ornées de beaux vitraux de couleur.
Le monument commémoratif, renfermant les restes des anciens seigneurs de Joinville, consiste en une tombe construite avec des marbres noirs provenant de fragments des anciens tombeaux. Une longue inscription, rappelant les noms de ceux qui y sont ensevelis, se termine ainsi : * Leurs restes transportés le
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