DE COMMERGY A NEUFCHÂTEAU. [ROUTE
les VII des lettres d'exemption de toutes tailles, aides et subsides, en exposant que« Jeanne d'Arc était née au milieu d'eux, » on a voulu contester au village de Domremy l'honneur d'avoir donné naissance à l'héroïne. Mais cette assertion se trouve réfutée par les déclarations concordantes des historiens, par toutes les traditions et par le témoignage matériel que fournit la maison même de Jeanne d'Arc, conservée à Domremy et signalée , dès le règne de Louis XI, au respect national par une statue de la Pucelle. Ce qu'il y a de vrai, c'est que, à la naissance de Jeanne d'Arc, Domremy dépendait de la paroisse de Greux, et, dans ce sens les habitants ont pu dire : « que Jeanne était née au milieu d'eux. »
39 kil. Domremy-la-Pucelle, c.
de 323 hab., sur la rive g. de la Meuse, qu'y franchit un beau pont en pierre. Ce village, dont les maisons ont, pour la plupart, leur façade tapissée d'arbustes en espaliers, s'encadre dans un paysage d'un assez grand caractère, dont les lignes principales sont formées par les collines plantées de vignes et couronnées de bois, qui domineut à l'O. et à LE. les rives de la Meuse.
Le nom de Domremy se trouve cité dans un acte de 1070, relatif à la fondation du prieuré de Chàtenois. Le village était défendu, au moyen âge, par un château fort, situé sur la rive dr. de la Meuse, au débouché du pont actuel. Dès la fin du xvn° s., ce château était complètement ruiné , et il n'en reste aujourd'hui aucun vestige.
Nous ne dirons rien ici de la vie de Jeanne d'Arc, à qui Domremy doit toute son illustration, vie racontée par tant d'historiens et particulièrement avec une si haute éloquence par M. Michelet (F. le volume de la Bibliothèque des chemins de fer, intitulé Jeanne d'.lrc, par M. Michelet).
Pour aller visiter la maison de Jeanne d'Arc, on suit la principale rue de Domremy jusqu'à la hauteur
du pont sur la Meuse, en face de l'église. On tourne alors à dr., et dépassant, à g., un bosquet de sapins et de peupliers, on arrive (à dr.) à une grille qui relie deux corps de logis de construction moderne, en arrière desquels on aperçoit, au milieu d'un jardin pittoresque, la maison de Jeanne d'Arc. Cette maison présente, en façade, la moitié d'un grand pignon qui semble avoir été coupé en deux du sommet à la base. Au milieu du mur de face, s'ouvre une porte terminée par une ogive encadrant un triple écusson : celui du milieu aux armes de France (trois fleurs de lis) ; celui de g. portant les armes données à la Pucelle (d'azur à une épée d'argent en pal, croisée etpommetée d'or, soutenant une couronne côtoyée de deux fleurs de lis); celui de dr. portant trois socs de charrue. Dans l'ogive se lit la date de 1480, avec cette double inscription : « vive
LABEUR ; VIVE LE ROI LOUYS. » Au-
dessus de l'ogive, se trouve une statue placée là par l'ordre de Louis XI, et représentant Jeanne d'Arc armée de toutes pièces, agenouillée et priant.
A g. de la porte s'ouvre, au rez-dechaussée, une fenêtre assez haute garnie de vitraux de couleurs. Quand on pénètre dans la première salle, la salle principale, celle où se tenait la famille, on aperçoit tout d'abord, au centre de la chambre, un beau modèle en bronze de la statue de Jeanne d'Arc par la princesse Marie d'Orléans, On lit sur le piédestal : « Donné, par le roi son père, au département des Vosges, pour être placé dans la maison où naquit Jeanne d'Arc. » Une vaste cheminée de campagne, avec une plaque de fer aux armes de Lorraine, et dont les montants en pierre datent du temps de Jeanne d'Arc, remplit presque entièrement le côté g. de la pièce. Tout auprès, se voit un modèle de la statue donnée par Louis XI. Du côté opposé à cette cheminée, la muraille présente un enfoncement qui formait armoire. Plusieurs tables de