DOMREMY
marbre, rappelant l'inauguration du monument érigé en 1820 à la mémoire de Jeanne d'Arc, sont appliquées contre le mur qui fait face à l'entrée. L'une d'elles porte cette inscription en lettres d'or :
L'an mccccxi naquit en ce lieu Jeanne d'Arc surnommée la Pucelle d'Orléans fdlc de Jacques d'Arc et d Isabelle Romée.
Pour honorer sa mémoire le Conseil Général du départ, des Vosges a acquis cette maison.
Le Roi
en a ordonné la restauration y a fondé une école d'instruction gratuite en faveur des jeunes filles de Domremy, de Greux et autres
communes et a voulu qu'une fontaine ornée du buste de l'Héroïne perpétuât son image et l'expression de la reconnaissance publique.
Ces ouvrages ont été achevés le 25 août
M DCCCXX.
A dr. de ces tables commémoratives, une petite porte conduit dans la pièce où couchait Jeanne d'Arc.
C'est une chambre sombre, nue, de 3 mèt. sur 4 environ, éclairée par une lucarne donnant sur le jardin dont le sol, exhaussé, est aujourd'hui au niveau de cette ouverture. C'est à l'angle extérieur de la maison, indiqué par cette fenêtre, et presque sous le chevet de l'église, que Jeanne d'Arc venait s'asseoir et rêver, en écoutant le son des cloches dont la voix sonore commença à lui parler de sa mission. Le cimetière du village entourait autrefois l'église et s'étendait jusqu'à la limite du jardin; mais il a été supprimé et remplacé depuis par un chemin conduisant vers les hauteurs à 10. de Domremy. De grosses poutres soutiennent le plancher supérieur de la chambre de Jeanne d'Arc, et l'on y remarque, ainsi qu'à un encadrement en bois formant dans le mur une espèce d'armoire, des entailles produites par l'enlèvement des par-
celles de bois que les visiteurs emportent comme souvenir. Une troisième chambre, dans laquelle on pénètre du dehors, était habitée parles frères de Jeanne d'Arc. .
En 1814, lors de la première invasion, ifn Anglais voulut acheter la maison de Jeanne d'Arc, pour la faire transporter en Angleterre. Il en offrit un prix élevé; mais celui qui la possédait, ancien soldat nommé Gérardin et descendant, dit-on, de la famille de la Pucelle, résista à toutes les instances, bien qu'il fût dans une situation voisine de l'indigence. La chaumière historique fut alors rachetée par le département des Vosges, puis restaurée et classée au nombre des monuments historiques. Gérardin reçut la croix de la Légion d'honneur, et fut nommé garde forestier.
Des deux constructions modernes élevées sur la rue, en avant de la maison de Jeanne d'Arc, celle de g.
renferme l'école gratuite de filles et le logement des sœurs qui la dirigent (c'est là qu'il faut s'adresser pour visiter la maison de Jeanne d'Arc) ; celle de dr. forme une sorte de musée où sont réunis différents objets :
armes, gravures, tableaux, etc., se rapportant à l'héroïne de Domremy.
Dans une première salle, se trouvent le registre des visiteurs, une ancienne vue d'Orléans, des statuettes en bronze, et le modèle, en plâtre, de la statue de Jeanne d'Arc placée à l'entrée de l'église ; une seconde salle contient une panoplie reproduisant les différentes pièces de l'armement de Jeanne et trois tableaux représentant Jeanne d'Arc en prison et ne trouvant que des vêtements d'homme pour s'habiller ; Jeanne d'Arcpriant (donné par Louis XVIII au village de Domremy); Jeanne dArc soignant un soldat anglais blessé. Ce dernier tableau est dû à un Anglais, qui a voulu rendre ainsi un hommage délicat à la vierge de Domremy.
Le monument de Jeanne d'Arc, inauguré le 25 août 1820, est placé
DE GOMMERCY A NEUFCHÀTEÀU. [ROUTE 26]
au milieu du bosquet de sapins qu'on longe à g., en arrivant à la maison de Jeanne. Il se compose d'un socle ou soubassement, sur lequel s'élève un pilastre supportant le buste de Phéroïne, abrité par une sorte de dôme avec fronton, que soutiennent quatre pilastres. Une fontaine ouverte sur le devant du soubassement verse ses eaux dans un bassin. Ce monument, sans valeur artistique, manque absolument de goût et de vérité historique. Jeanne d'Arc y porte la toque à plumes et le costume ridicule dont on parait, il y a cinquante ans, « le jeune et beau Dunois et la tendre Imogène. »
Un sentier, traversant le bouquet d'arbres dont la verdure encadre ce monument, ramène au pont de la Meuse, en face duquel s'élèvent l'église et une statue de Jeanne d'Arc.
La statue, en bronze, due à M. Paul, artiste du pays, est placée sur un piédestal au côté g. et près de la porte d'entrée de l'église. Elle représente la jeune fille, encore revêtue de sa robe de campagnarde , agenouillée, une main sur son cœur, et l'autre dirigée vers le ciel où se porte également son regard. Cette œuvre, à laquelle on peut adresser certaines critiques au point de vue de l'exécution, se recommande par un sentiment élevé d'inspiration.
Véglise, reconstruite il y a quelques années, dans le#sty le ogival , sur l'emplacement même de l ancienne église, est surmontée d'une tour, et divisée à l'intérieur en trois nefs, dont les fenêtres sont garnies de vitraux peints. Le sanctuaire , en abside, est flanqué de deux chapelles, ménagées à l'extrémité des collatéraux et dédiées, celle de dr. à la Vierge, celle de g. à saint Michel. De chaque côté de l'autel de la Vierge, deux anges agenouillés portent l'écusson armorié de Jeanne d'Arc, qui est également reproduit sur la tombe des frères Jacob et Didier Tierselin, morts vers a fin du xv- s. Ces deux frères que on croit fils de la marraine de Jeanne
I d'Arc, furent entendus comme témoins i dans le procès en réhabilitation de la Pucelle.
A 2 kil. environ au S. de Domremy, sur la rive g. de la Meuse et le versant d'un coteau chargé de vignes, se trouve le lieu célèbre où Jeanne d'Arc entendit pour la première fois la voix de ses anges, qui lui ordonnaient d'aller délivrer la France de la présence des Anglais. Il existait jadis en cet endroit une petite chapelle dite chapelle de Sainte-Marie, dans laquelle Jeanne allait souvent prier. Cette chapelle, ombragée par un hêtre appelé Yarbre des Fées et qui a disparu, était déjà en ruine au xviii» s. ; aujourd'hui il n'en reste plus ri^n. Un peup ier , planté, dit-on, à la place même qu'occupait l'arbre des Fées, indique seul ce lieu qui mériterait d'être signalé à l'attention respectueuse des visiteurs par un témoignage plus précis.
On s'y rend par le chemin sur lequel s'élève en façade la maison de Jeanne d'Arc; après avoir dépassé la mairie (à dr.), on tourne à g. pour suivre le pied du coteau jusqu'à la hauteur de l'arbre des Fées, près d'un vignoble auquel le souvenir de Jeanne d'Arc a fait donner le nom de vigne de la Pucelle. C'est une promenade d'environ une heure.
Au sortir de Domremy on franchit, pour en suivre la rivedr., la Meuse dont les eaux verdàtres roulent lentement, entre des bords peu élevés. La route, garnie d'arbres de chaque côté, et bien entretenue, se développe comme une allée de parc, entre des prairies et en ligne droite.
43 kil. Coussey, c. de 722 hab., sur les bords de la Meuse, était autrefois le chef-lieu d'une baronnie qui fut longtemps un apanage des cadets de la maison de Lorraine. On y remarque une jolie église moderne, dont le clocher est flanqué de quatre clochetons, et une fontaine décorée d'une statuette de Jeanne d'Arc. A dr., de l'autre côté de la Meuse, se montre Frébécourt, c. de 442 hab.
[ROUTE 28] DOMREMY. — TUSEY. — BLENOD. 277
La route s'élève, par une tranchée I taillée dans le roc vif, bien au-dessus de la vallée où se montre à dr. (49 kil.) Rouceux, v. de 965 hab., vers lequel on descend, en rejoignant la route de Toul à Neufchàteau.
50 kil. Neufchàteau (R. 35, A).