‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 198 sur 489 · ROUTE 35] ANDELOT. — LIFFOL-LE- GRAND · texte numérisé non relu

ROUTE 35] ANDELOT. — LIFFOL-LE- GRAND

vieux château de Montéclair qu'une fontaine et quelques pierres sculptées, recueillies à Andelot. — Véglise du bourg renferme une tombe du xur' s.

A l'O. et à moins de l kil. d'Andelot, au lieu dit Varbre de Saint- Claude (336 mèt. d'altit.) le plateau qui domine la rive g. du Rognon présente un escarpement d'où Ton a une belle vue sur la vallée. — A3 kil. au S. 0. d'Andelot, se trouvait V abbaye de Sept-Fontaines, dont il reste des constructions datant du xvi* s. et affectées aujourd'hui à une exploitation agricole. — A 6 kil. au N., sur le territoire de Vignes, petite commune de 94 hab., subsistent des traces d'anciens retranchements et des débris de constructions romaines couvrant une vaste superficie de terrain.

On croise un affluent du Rognon, près de Rimaucourt, v. de 1003 hab.

(forge et hauts fourneaux), situé à dr., sur la route de terre. Le château de Rimaucourt, entouré d'un parc magnifique, a appartenu au duc Decrès.

Des restes de constructions romaines, des tombeaux et des médailles de bronze, d'argent et d'or, ont été découverts sur le territoire de la commune où fut peut-être établi un camp romain.

21 kil. Manoisy v. de 698 hab. (forges et hauts fourneaux), à g., sur la Manoise. — Le chemin de fer gagne le plateau accidenté qui s'étend entre le Rognon et la Meuse.

26 kil. Bourmont-Saint-Blin , station qui dessert Saint-Blin, ch.-l. de c. de 61 1 hab., et (15 kil. à l'E.) Bourmont, village situé près de la route de Langres à .Neufchâteau (R. 40).

[Corresp. pour : — (15 kil.) Bourmont (R. 40) ; — (26 kil.) Vrécourt (R. 31, A) ; — (43 kil.) La Marche [V. ci-dessous, p. 303).J

On croise plusieurs fois la route de terre, près de laquelle se trouvent, à g., Vesaignes, v. de 354 hab., et

33 kil. Prez-souS'la-Fauche, v. de 622 hab.,. dominé par de beaux bois.

La place de Prez est ornée d'une fontaine à double vasque. — Entre le village et les bois s'élève une chapelle dédiée à Notre-Dame des Anges.

— Plus loin, à plus d'un kil. à g. du chemin de fer, sur la route de terre, se montre Liffol-le~Petit, v. de 438 hab., où s'exploitent des carrières de pierre, des gisements de minerai de fer et une forge avec hauts fourneaux.— A 2 kil. environ au delà de Liffol-le-Petit, on passe du départ, de la Haute-Marne dans celui des Vosges.

39 kil. Liffol-le-Grand, v. de 1547 hab., à g. de la station près de la Saônelle, au delà de laquelle s'étend, au N. 0., la grande forêt de Mureau. Liffol-le-Grand , beau village, dont la place principale est décorée d'une fontaine monumentale, paraît remonter à l'époque galloromaine. Selon Durival, c'est dans la plaine où s'élève ce bourg que Frédégonde remporta, en 596, une victoire sanglante sur Brunehaut. Un siècle plus tard, en 680, Ébroîn, maire du palais de Neustrie, y défit les leudesd'Austrasie; enfin, en 1641, le duc de Lorraine y battit complètement les troupes françaises qui bloquaient la Mothe.

Outre de nombreux fragments de tuiles, de briques, de marbre, de tronçons de colonnes, on a découvert, sur le territoire de Liffol-le-Grand, une " mosaïque romaine, représentant, en morceaux de pierre blanche et de marbres de différentes couleurs, des chevaux, des griffons, des canards et des poissons. Cette mosaïque, qui parait avoir fait partie de la décoration d'une salle de bains dont on croit reconnaître le mur d'enceinte, a été déposée au musée d'Épinal, ainsi qu'un autre ouvrage du même genre, de plus petite dimension, et presque entièrement dégradé, qui a été également découvert, au même lieu, parmi des débris de conduits de chaleur en terre cuite et des fragments de marbre.

Liffol-le-Grand possède une source d'eau minérale, dite Source Saint-

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Joseph. Ce bourg renferme une imprimerie et des fabriques de limes, d'étrillés et de chaînes, dont les produits sont l'objet d'un commerce considérable.

Croisant une dernière fois la route de terre, qui va longer à dr. les bois de Noncourt, on descend, au delà de Fréville, v. de 208 hab. (à g.), dans la vallée de la Meuse, que le chemin de fer franchit en arrivant à Neufchâteau.

49 kil. de Bologne (343 kil. de Paris, par Blesmes). Neuf château (hôt.:

de la Providence, de Paris, du Commerce ; — café du Ccmm erce ; — libraie, Kienné) \ ch.-l. d'arr. du départ, des Vosges, V. de 3793 hab. L'embranchement qui, partant de la station de Bologne, relie déjà Neufchâteau au réseau des chemins de fer de l'Est, doit se prolonger au N. de cette ville jusqu'à Pagny-sur-Meuse, et s'y raccorder à la ligne de Paris à Strasbourg (R. 1).

Neufchâteau est située entre la Meuse et le Mouzon, au centre d'un bassin assez vaste, dominé à l'E. et à l'O. par de hautes collines. Elle se partage en ville basse et ville haute : la ville haute occupe un escarpement isolé entre le Mouzon et la Meuse; la ville basse s'étend du pied de «cet escarpement jusque vers la rive dr. de la Meuse. Neufchâteau renferme deux églises dignes de l'attention des archéologues; mais l'aspect général de la ville n'a rien d'intéressant.

Neufchâteau est mentionnée dans 171 1néraire d'Antonin sous le nom de Neomayus (neuve maison). Au ix« s., les rois de France y avaient une résidence. Vers la fin du xi« s., la seigneurie de Neufchâteau passa sous la domination des ducs de Lorraine, qui la conservèrent jusqu'au commencement du xvn* s., époque où Neufchâteau fut réunie définitivement à la France, vers laquelle ses sympathies paraissent s'être tournées bien antérieurement. A la fin du xive s., en effet, le duc Charles II traita cette ville avec une rigueur inouïe sous le prétexte qu'elle était trop favorable aux rois de France. H

fit pendre un grand nombre de bourgeois et eut même la pensée de brûler cette malheureuse cité; il renonça cependant à ce dessein, à la condition, toutefois, que les habitants élèveraient sur la place principale de la ville une grande croix, devant laquelle serait placée chaque année une cuve remplie d'eau et de sang, où chaque bourgeois plongerait la tète et les bras en déposant le montant de sa taille. Neufchâteau eut beaucoup à souffrir de l'état de guerre qui régna, pendant plus de deux siècles, en Lorraine; au xv« s. d'abord, à l'occasion de rivalités intérieures, puis pendant la lutte entre René II et le duc de Bourgogne ; au xvie s., par suite des troubles de la Réforme; enfin, au xvue s., pendant et après la guerre de Trente ans.

Le sculpteur Nicolas Jacquin (1625-1683) est né â Neufchâteau.

L'église Saint-Christophe (mon.

hist.) , située au S. de la ville, entre les rues Verdunoise et de la Comédie, sur le versant S. 0. de la hauteur qui domine le Mouzon et la Meuse, est la plus ancienne église de Neufchâteau. Endommagée par un incendie vers la fin du xi* s., elle fut en partie reconstruite par Théotmarus , abbé de Saint-Mansuy , puis de nouveau remaniée dans le xv* s. Sans avoir un aspect monumental très- remarquable, elle offre un certain intérêt sous le rapport archéologique (F.

deux notices publiées par MM. d'Arbois de Jubainville et Humbert, dans les Bulletins de la Société d'archéologie lorraine, t. VI). Actuellement l'entrée principale de l'église se trouve du côté N., au pied d'une tour à trois étages indiqués par des corniches élégantes dont chacune offre une ornementation différente. Cette tour, à laquelle s'appuie à l'O. une jolie tourelle octogonale, se termine par une flèche en ardoises. Les baies du premier et du second étage sont en plein cintre; celles du troisième sont seules ogivales. La façade principale, à l'O., est précédée d'un porche originairement ouvert et supporté par des colonnes et des contreforts, mais aujourd'hui fermé par des murs. En arrière 'élève un haut pi-

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NEUFGHÀTEAU.

gnon sur lequel se dessinent, derrière la toiture du porche, quatre arcades ogivales que séparent de charmantes et légères colonnettes. A l'intérieur, l'église Saint-Christophe se divise en trois nefs, dont la principale se termine par une abside à trois pans percée de hautes fenêtres ogivales ; la fenêtre du milieu est malheureusement masquée par une Assomption médiocre, qui surmonte le mattre-autel. La chapelle des fonts baptismaux (au bas du collatéral de dr.) est une construction très-élégante, du style ogival fleuri , et dont la voûte est ornée de délicates nervures à jour, se terminant en cul-de-lampe. Cette chapelle est fermée par une belle grille moderne.

L'église Saint - Nicolas ( mon.

hist), construite, dit-on, par Thierry, deuxième duc héréditaire de Lorraine, et consacrée en 1097, occupe l'extrémité N. du plateau où se trouve la ville haute. La façade, très-simple, dominée à g. par une tour avec flèche en ardoises, présente une entrée décorée dans le style roman. La nef principale et les bas côtés sont coupés par un transsept dont les colonnes accouplées s'élèvent jusqu'à la voûte.

Le chœur se termine par un sanctuaire qu'éclairent cinq fenêtres à vitraux de couleurs représentant des épisodes de la Vie du Christ. La chaire et le buffet d'orgues, en bois sculpté, sont d'un bon travail, bien que trop surchargés d'ornements. De la fenêtre percée à côté de la chapelle de la Vierge, fondée en 1565 dans l'une des nefs latérales, on décou? re une jolie vue sur la ville de Neufchâteau et ses environs.

Sous l'église Saint-Nicolas s'étend une église souterraine qui a été divisée en trois chapelles par un mur de séparation; la chapelle du milieu, où de fortes colonnes rondes portent les retombées des voûtes, a un caractère assez remarquable. L'église souterraine (s'adresser au sacristain, pour la visiter) a son entrée sur un chemin longeant le coté g. de l'église et

conduisant à la vallée du Mouzon.

Un passage, dont il reste des vestiges, établissait une communication entre les deux églises et le château fort situé autrefois sur le plateau et remplacé aujourd'hui par une maison particulière qui semble dater de la fin du xvir* s. En redescendant le chemin qui longe l'église supérieure, on atteint une vaste place dite place Carrière, et, tournant alors à dr., on arrive à des prairies arrosées par le Mouzon et qui forment une promenade agréable.

La statue de Jeanne dArc (place Jeanne-d'Arc), en bronze, placée sur un socle en granit, représente l'héroïne en costume guerrier, serrant d'une main l'oriflamme contre sa poitrine, et de l'autre paraissant tout à la fois, par un mouvement qui laisse quelque incertitude dans l'esprit, protéger une couronne placée à côté d'elle, et indiquer au loin les plaines de la France. Sur l'une des faces du piédestal se trouve un bas-relief représentant Jeanne d'Arc visitée par un ange, tandis qu'elle garde son troupeau. La vierge de Domremy est déjà revêtue d'une armure, ce qui ne semble pas très-explicable. Sur la face opposée du piédestal sont inscrits les noms des villes et des communes qui ont concouru par leurs souscriptions à l'érection de ce monument.

Vhôtel de ville (rue Saint- Jean) occupe une construction du xvm* s. 11 renferme la bibliothèque publique, fondée en 1819.— Cette bibliothèque, ouverte au public le jeudi, de 1 h. à 4 h., et tous les jours aux étrangers, possède 7200 vol. et 44 manuscrits, dont trois du xv* s. Parmi les imprimés d'origine ancienne, on remarque le Spéculum aureum, imprimé à Mayence en 1474, la Bible grecque de Venise, Aides 1518, la Bible polyglotte de Valton , les Pères grecs des Bénédictins, et des Froben,des Junter, des Gryphes, des Elzévirs, des Plantins, des Estienoes, du xvc et du xvr5 s.

294 DE PARIS A CONf REXÊVILLE ÊT A VttTEL. [R. 35]

Parmi les manuscrits, nous citerons :

la Summa sancti Raymundi, en belles lettres gothiques sur parchemin, et les opuscules de saint Augustin, sur papier, en lettres gothiques d'une écriture très-soignée. — Neufchâteau possède, en outre, un palais de justice, un collège communal, un théâtre et un pont magnifique sur les deux bras de la Meuse, à l'entrée de la route de Chaumont.

Les principaux établissements industriels de Neufchâteau sont des fabriques de clous et de pointes de Paris, de quincaillerie, de pompes à incendie, une filature de laine, une fonderie de cuivre, des fabriques de pâtes alimentaires, d'ouate, et de bonneterie. Cette ville fait un commerce actif de draperies, de quincaillerie, de rouenneries, de bois et de cuirs tannés.

Excursion «a chAteaa de Bourlémont.

Deux chemins conduisent au château de Bourlémont (5 ou 6 kil.) :

l'un, se détachant de la route de Chaumont, traverse les prairies de la Meuse et s'élève, en les longeant, sur les collines de la rive g.; l'autre a son point de départ sur la route de Commercy, entre Rouceux et Frébécourt, et, traversant la vallée, remonte directement les hauteurs derrière Frébécourt, v. de 442 hab.

Le château de Bourlémont, qui domine la vallée de la Meuse à PO., parait avoir été fondé au vu* ou vin' s.; mais, depuis, il a été remanié et reconstruit en grande partie et, il y a quelques années, il a été l'objet d'une restauration complète.

« La famille de Bourlémont , à qui appartenait ce château, dft la Statistique des Vosges, était ancienne et illustre; l'un de ses membres, Thomas de Bourlémont, était évôque de Toul en 1330.» Cette famille s'étant éteinte vers 1390, la terre de Bourlémont passa par alliance dans diverses maisons, notamment dans celle de Beaufremont. Aujourd'hui elle appar-

tient au prince d'Hénin d'Alsace.

Le château de Bourlémont, dont les fondations sont taillées dans le roc, se compose d'une suite de vastes bâtiments reliés entre eux par six tours.

Il présente en façade, sur la vallée, quatre grosses tours appuyant le bâti»

ment principal, deux aux extrémités et deux au centre ; entre ces dernières, s'ouvre une entrée monumentale. Les différentes façades du château sont percées de fenêtres que la tradition locale prétend être en nombre égal à celui des jours de l'année. Un vaste parc, coupé d'admirables pelouses, entoure cette habitation princière, dans laquelle on remarque plusieurs belles salles décorées dans le style de la Renaissance. Nous citerons spécialement, au premier étage, une immense galerie ornée d'une haute et large cheminée , de statues , de boiseries en chêne sculpté, de bahuts et d'armures; des poutres et des poutrelles en chêne dessinent de riches compartiments sur le plafond. Une autre salle , également | très -vaste, située à l'étage inférieur, a pour principale décoration une grande cheminée encadrée de médaillons en pierre, qui représentent des personnages revêtus de costumes des xii* et xin* s. La chapelle castrale, sous le vocable de saint Vincent et a laquelle le pape Clément VII a spécialement attaché, en 1528, des indulgences plénières, réunit dans son ornementation le style de différentes époques. Elle renferme plusieurs tombeaux des seigneurs de Bourlémont, des bas-reliefs et des statues du moyen âge.

Excursion a Grand.

Il faut une journée, en voiture, pour aller visiter (22 kil. à l'O.) Grand ou Gran, village intéressant par les ruines gallo-romaines qu'il conserve.

—A 1 kil. environ au delà du pont de la Meuse, sur la route de Chaumont, se présente à dr. un chemin de traverse qui conduit à Grand, en remon-

[ROUTE 35] BOURLÊMONT.

tant jusqu'à (4 kil.) Mont-ies-N eu f château, v. de 345 hab. Quand on a dépassé la rue principale de Mont, on tourne à g.; puis, 15 ou 20 min. plus loin, on prend à dr. un chemin qui, franchissant le faîte de la colline, redescend dans le vallon de la Saônelle, vers (9 kil. de Neufchâteau) Pargnysous-Mureau, v. de 437 hab.

En remontant, au milieu des bois, une petite vallée à PO. de Pargny, on atteint (12 kil. de Neufchâteau) la ferme de Mureau, bâtie dans une situation charmante, sur l'emplacement d'une abbaye de Prémontrés, fondée en Tan 1001. Il ne reste plus de ce monastère , détruit en 1790, que les débris de la porte d'entrée et un petit corps de logis servant de bûcher. Derrière la ferme on traverse, de l'E. à PO., sur une longueur de 6 à 7 kil., la vaste et belle forêt de Mureau , au sortir de laquelle on prend à dr. le chemin de grande communication de Liflbl-le-Grand à Grand.

Grand, v. de 1270 hab., que ne mentionnent ni Ptolémée, ni V Itinéraire d'Anlonin, ni la Notice des Gaules, publiée snus Honorius, est cependant d'origine très-ancienne, ainsi que le prouvent les ruines nombreuses et importantes qui existent sur son territoire. 11 semble avoir formé primitivement une cité importante, située à la limite du pays des Lingons et de celui des Leukes. Lors de l'occupation de la Gaule, les Romains paraissent en avoir fait un établissement militaire considérable. L'empereur Julien y résida pendant quelque temps et y fit mettre à mort, pour avoir refusé de sacrifier à Apollon, saint Élophe, saint Eucaire et sainte Libaire, tous trois membres d'une famille distinguée des Gaules. Ruiné au v- s., lors de la principale invasion des Barbares, le village de Grand fut brûlé et saccagé de nouveau à la fin du xvr s.

Des fouilles exécutées à différentes époques ont fait découvrir à Grand un nombre considérable de médailles, plusieurs inscriptions précieuses, des

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