PAR ÉPINAL
167 kil. - Chemin de fer. — Trajet en 5 h. 15 min. et 5 h. 39 min. — lM cl. 18 fr. 70 c; 2* ci. 14 fr. 5 c. ; 3" cl. 10 fr. 30 c. ,
23 kil. Blainville (R. 1).
La ligne de Vesoul se détache sur la dr. de la ligne de Paris à Strasbourg, à 250 mèt. environ au delà de la gare de Blainville, en décrivant une forte courbe pour prendre la direction du N. au S. Franchissant la Meurthe sur un beau pont en pierre et en fonte, au point même de bifurcation, elle passe entre Blainville (à 1 kil. à g.) et Damelevières (200 mèt.
à dr.), v. de 492 hab., situé entre la
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voie ferrée et la rive g. de la Meurthe (restes d'un château, transformé en maison de ferme ; fontaine dite le trou du Tonnerre, dont l'eau passe pour avoir une vertu fébrifuge).
On gagne le plateau accidenté et coupé de plusieurs cours d'eau, qui s'élève entre la Meurthe et la Moselle, en laissant à dr. Charmois, v.
de 131 hab., et, du même côté, à 3 kil. de distance environ, Romain, v.
de 82 hab. , au pied d'une hauteur sur laquelle des archéologues croient reconnaître quelques traces d'un ancien camp. Le chemin de fer traverse ensuite l'extrémité S. 0. du bois du Sauley, où il croise la route de Bayon à Lunéville.
31 kil. Einvaux, v. de 363 hab., situé à 1 kil. 1/2 au S. E. et à g. de la voie, dont il est séparé par une haute colline (342 mèt. d'altit.) qui le cache aux regards. — Au delà de plusieurs tranchées, la voie ferrée décrit une courbe du N. E. à PO., en passant (à g.) près de Froville (294 hab.); puis, franchissant l'Euron, dont elle côtoie la vallée, elle atteint la rive dr. de la Moselle.
38 kil. Bayon, ch.-l. de c. de 976 hab., situé à 700 ou 800 mèt. au N.
0. et à dr. du chemin de fer, à l'extrémité d'un coteau s'abaissant entre l'Euron et la Moselle. — Anciennement chef-lieu d'une terre considérable, Bayon avait un château aujourd'hui détruit, et une enceinte fortifiée dont il reste quelques traces. Ce village fut assiégé et pris au xve s. par les Bourguignons. Véglise paroissiale, dont quelques parties appartiennent au style ogival primitif, renferme un sépulcre qui semble, par le caractère de ses sculptures, remonter au xv* s.
— Les vins du territoire de Bayon sont estimés.
Le chemin de fer, reprenant la direction du N. au S., suit de très-près, à dr., pendant environ 3 kil., le cours de la Moselle; au delà de la rivière se trouvent, au pied des coteaux qui en dominent la rive g. (à 2 kil. 1/2 de
la voie ferrée), plusieurs jolis villages et entre autres Roville (289 hab.), où M. de Dombasle, le savant agronome, avait fondé, en 1822, un célèbre institut agricole, abandonné après sa mort. — Un peu plus loin, du même côté, s'élèvent, sur la hauteur, audessus de Bainville (444 hab.) , les ruines d'un château des comtes de Yaudémont, et en particulier un pan de mur du donjon. — A g., on longe entre Bayon etVirrecourt (350 hab.), un coteau, dit côte Lébel, au sommet duquel ont été découverts, au xviu' s., les vestiges d'un camp romain fortifié. Des fouilles y ont mis au jour 74 tombeaux en pierre, paraissant remonter à l'époque gallo-romaine et renfermant des armes, des ornements en argent, en cristal, en émail et des vases en terre et en verre. — A 2 kil. 1/2 au delà de Virrecourt, la voie ferrée s'éloigne de la Moselle et pénètre dans la vaste et magnifique forêt de Charmes qu'elle traverse, à son extrémité 0., sur un parcours de plus de 6 kil. On passe du départ, de la Meurthe dans celui des Vosges.
49 kil. Charmes, ch.-l. de c, V.
de 3090 hab., située au pied d'une colline de 596 mèt. d'altit., sur la rive g. de la Moselle et à 1 kil. environ de la station, qui est établie sur la rive dr. près de quelques maisons formant une sorte de faubourg. On y traverse la Moselle, dont le cours est divisé par plusieurs îles, sur un beau pont en pierre long de 400 mèt. et composé de 12 arches élégantes et hardies. Ce pont a été construit sous le règne du duc Léopold (1725-1 731).
Charmes, dont les comtes de Toul étaient seigneurs dès 1234, passa en 1285 aux ducs de Lorraine. Elle avait un château fort, dont il ne reste plus de vestiges, et une enceinte défensive, en partie conservée. Plusieurs fois assiégée et prise, du xve s. au xvu* s., cette ville fut occupée et en partie brûlée, en 1475, par le duc de Bourgogne.
[ROUTE 42] CHARMES. — CHÀTEL-NOMEXY.
L'église, située dans le haut de la ville, appartient au style ogival et renferme des vitraux peints. — Nous signalerons, en outre: Y hôtel de ville, récemment restauré ; — les halles; — Yabattoir; — la fontaine monumentale qui décore la place ; — une maison de la fin du xv* s. , ayant appartenu à la famille des Bassompierre et qui est appelée la maison des Loups, parce que chaque gouttière représente un loup.
Charmes, dont le commerce et l'industrie sont assez considérables, possède des carrières de pierre calcaire, des fabriques de plâtre et des fours à chaux, des tanneries, etc.
De la colline qui domine la ville au S. 0., on a une vue très-agréable sur la vallée de la Moselle et la forêt de Charmes.
De Charmes à Nancy et à Contrexéville, R. 36; — à Dompaire, R. 41.
[Une excellente route, passant entre la Moselle et la forêt de Charmes (à dr.), conduit à (5 kil. au N. de Charmes) Chamagne, v. de 628 hab., l)àti dans une riante position à 1 kil. de la Moselle (rive dr.). Chamagne est célèbre pour avoir donné naissance à Claude Gelée. La maison où l'illustre artiste a reçu le jour existe encore, à l'extrémité d'une rue conduisant aux pâturages communaux.
Elle est désignée par une tablette en serpentine portant cette inscription en lettres d'or : « Ici est né en 1600 Claude Gelée, dit le Lorrain, mort à Rome le 25 novembre 1682. »
Cette vieille maison pittoresque est encore possédée, dit-on, par des membres de la famille de Claude Gelée.
Chamagne, qui formait déjà une seigneurie au xir s., renfermait une maison de Templiers dont on voit encore quelques restes. ]
On aperçoit successivement à dr.
Essegney (480 hab.) et Langley (125 hab.), où le chemin de fer croise la
franchit la Moselle sur un pont biais.
Il passe ensuite entre la rivière (à g.) et la route de Nancy à Épinal (à dr.), qu'il longe de près. — Au delà de la Moselle (1 kil. environ à g. de la voie) se trouve Portieux, v. de 1445 hab., dans une jolie situation. Véglise a été construite en 1838, dans le style pseudo-grec. Elle se divise en trois nefs que séparent deux rangs de colonnes supportant un plafond à rosaces dorées. Le chœur, éclairé par deux grandes fenêtres a vitraux peints, est orné d'une riche boiserie. — La maison-mère des Sœurs enseignantes de la Providence, qui fournit un grand nombre d'institutrices, non-seulement à la France, mais encore à l'étranger, en Suisse, en Belgique, en Italie, etc., est établie à Portieux. Cette utile communauté a été créée en 1762.
On laisse encore à dr. Vincey (1004 hab.), construit, dit-on, sur l'emplacement d'un camp romain.
59 kil, Châtel-Nomexy. Cette station doit son nom aux deux localités qu'elle dessert.
Nomexy, v. de 584 hab., situé à 300 ou 400 mèt. à dr. de la voie ferrée, au pied d'une colline boisée (#51 mèt. d'altit.) et au milieu de prairies s'étendant jusqu'à (900 mèt.) la Moselle, possède une belle église moderne ogivale.
Châtel, ch.-l. de c. de 1277 hab., est situé (700 mèt. à g. du chemin de fer) en amphithéâtre, sur le versant de hauteurs dominant la Moselle.
Chàtel, dont les seigneurs portaient, an xii* s. , le titre de comte, appartint successivement aux ducs de Bourgogne, à la maison de Neufchâtel, aux ducs de Lorraine , puis passa définitivement aux mains de la France en 1670. Protégée autrefois par un château et par une enceinte fortifiée, la ville de Cbâtel eut à soutenir plusieurs sièges, notamment en 1475, puis, dans la première moitié du xvii's. , sous le règne du duc Charles IV, en 1637, 1641, 1650 et enfin en 1651, année où elle résista pendant plus de six semaines aux attaques multipliées
î o itc de Hayon à Rambervillers et d'une armée française commandée par le
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maréchal de la Ferté. En 1670, le maréchal de Créqui en fit détruire le château et les fortifications, par ordre de Louis XIV.
11 ne reste, plus que de faibles traces des anciens remparts ; le château fut d'abord remplacé par un couvent de Capucins ; les bâtiments d'un petit séminaire en occupent aujourd'hui remplacement. Il existe cependant encore, dit-on, un passage souterrain qui conduisait du château à la Moselle. — La maison du gouverneur, qui s'élevait sur la place de Châtel, a été également abattue et a fait place à un édifice renfermant la mairie, les écoles publiques et les haUes. — Le territoire de Châtel, qui offre d'agréables promenades, produit du houblon, des fruits et des vins estimés.
Un pont sur la Moselle et un chemin passant à côté de la station mettent Châtel et Nomexy en communication directe.
On croise, à ïgney (503 hab.), la route de Nancy, qui reste à g. de la voie ferrée jusqu'à Epinal.
65 kil. Thaon (halte) , v. de 524 hab., situé à g. du chemin de fer, dans une plaine se prolongeant jusqu'à (1 kil.) la Moselle.
On laisse à g. Chavelot, v. de 333 hab., près de la Moselle, sur la route de Nancy à Épinal, et Golbey, v. de 585 hab., entre la route de Nancy et une dérivation de la rivière.
74 kil. Épinal (omnibus : 30 c.
par place; 15 c. par colis; — hôt. :
du Louvre , de la Poste, de la Pommed'Or; — cafés : de la Comédie, des Vosges; — libraires : Vve Durand, Lécrivain fils, Pellerin) , ch.-l. du départ. desVosges,V.de 11 870 hab., est située à 310 mèt. d'altit., au débouché de la vallée de la Moselle dans la Lorraine proprement dite. A son entrée à Épinal, la rivière se divise en deux bras, dont l'un, à l'O., a été canalisé, et qui se réunissent en aval de la ville. Epinal est ainsi partagée en trois quartiers principaux : la Grande-Ville, sur la rive dr. delà Moselle; la Petite-
Ville, entre le lit principal de la rivière et le canal ; enfin le faubourg de l'Hospice, sur la rive g. du canal. La grande et la petite ville sont les parties les plus anciennes <f Epinal.
Ces quartiers sont relies entre eux par plusieurs ponts. Les plus remarquables sont : le pont suspendu, qui fait communiquer la grande et la petite ville, à la hauteur du Cours; et le pont en pierre, formant la continuation de la rue du Pont, Tune des voies les plus centrales et des plus animées de la ville. Ce pont, qui rattache, à l'E., la petite ville à la grande, débouche sur la place des Vosges, aux environs de laquelle se trouvent l'hôtel de ville, le palais de justice, l'église paroissiale, la salle de spectacle et le collège.
La partie centrale d' Epinal, ou Petite-Ville, ne renferme, en général, que des maisons d'apparence médiocre, mais quelques autres quartiers sont bâtis avec un certain luxe. Nous signalerons particulièrement les abords de la place des Vosges et de la place de l'Atre, au chevet de l'église; le faubourg de l'Hospice et surtout la partie neuve qui s'étend au delà du pont suspendu, près du Cours.
« On remarque à Épinal, à Tune des extrémités de la rue de Boudiou , dit M. Ch. Charton dans la Revue des Vo$ges, la statue en bronze d'un enfant accroupi sur le sommet d'une colonne d'où jaillissent les eaux d'une fontaine publique. Cet enfant est blessé au pied gauche, et ses faibles mains s'efforcent inutilement d'en extraire une épine.... Dans le langage vulgaire on le nomme Pinau : c'est le symbole de la fondation tl'Épinal. »
Les savants tirent, en effet, l'étyraologie du nom d'Épinal du mot latin Spina, épine, d'où 1 on aurait fait Spinal, désignation que l'on trouve dans des titres du moyen âge, et définitivement Espinal ou Épinal. Cotte étymologie s'explique par l'aspect désolé qu'offrait ce site couvert de ronces et de buissons épineux où furent construites, à une époque éloignée, au vi« s. peut-être, les habitations qui ont donné naissance à la ville.
Quoiqu'il en soit de ces traditions, l'ori-