C. Par Nancy, épinal et Remiremont
455 kil. de Paris à Remiremont. — Chemin de fer. — Trajet en 10 h. 30 min. par trains express; en 14 h. 45 min. par trains omnibus. — !»• cl. 51 fr.; 2« cl. 38 fr. 20 c; 3« cl. 28 fr.
14 kil. de Remiremont à Plombières. — Route de poste (K. R. 60).
353 kil. Nancy (R. 1).
74 kil. de Nancy à Épinal (R. 42).
28 kil. d'Épinal à Remiremont (R.
56). — 455 kil. de Paris. Remiremont (R. 56).
14 kil. de Remiremont à Plombières (R. 60, en sens inverse) .
DE PARIS A LUXEUIL
A . Par Port- d'Atelier et Saint-Loup.
386 kil. de Paris à Saint-Loup. — Chemin de fer. — Trajet en 9 h. 17 min. par trains express; en 12 h. 6 min. par trains omnibus (non compris le temps d'arrêt à la station de Port-d'Atelier, point de bifurcation). — ir« cl. 43 fr. 25 c; 2« cl. 32 fr. 40 c.; 3« cl. i3 fr. 80 c.
10 kil. de Saint-Loup à Luxeuil. — Route de poste. — Serv. de corresp. — Trajet en l h. 10 min. Prix unique, 1 fr.
361 kil. Port-d'Atelier (R. 3).
25 kil. de Port-d'Atelier à Saint- Loup-lès-Luxeuil (R. 47, A),
En sortant de la station , on prend à dr. la route qui, venant du village de Saint-Loup, croise le chemin de fer, et, après avoir dépassé à g. un chemin conduisant à Fougerollcs, on franchit la Com beauté.
5 kil. de Saint-Loup. Fontaine-Us- Luxeuil, v. de 1389 hab., est situé, dans une position pittoresque, sur une hauteur dominant le ruisseau du Beuchot. Fontaine, qui avait auirc-
DE PABIS A LUXEUIL. [BOUTE 48
lois un prieuré dépendant de l'abbaye de Luxeuil et dont il reste encore quelques vestiges, possède une église et un hôtel de ville (à g. de la route), de construction récente, remarquables par leur aspect monumental. Outre une manufacture de toiles de coton, il existe dans ce village une fabrique importante de tuyaux de drainage, de briques et de poteries.
On traverse le vallon du Beuchot, et bientôt on atteint un plateau où commencent les belles et vastes forêts qui entourent Luxeuil presque de toutes parts. On redescend ensuite dans un fond également boisé, coupé de prairies, et, après avoir longé le parc de l'établissement thermal, on tourne à dr. sur la route de terre de Vesoul à Plombières, qui traverse Luxeuil dans toute sa longueur.
lOkil. de Saint-Loup (396 kil. de Paris). Luxeuil.
RemeignemenU généraux.
Hôtels : — du Lion-d'Or; — du Lion- Vert.
Chambres et appartements meublés (avec ou sans la table) chez : — MM. Pékans, Thomas, Giverne, Grand-Mougin, Revit tout, Mondelet, Daval, Villaumey, Ogier et Olivier, rue des Bains ; — MM. Ménétrier, Chauffour, Magny père, Demouge, Bernard, Niederlinden, Houssard, Michaud, Cabux, Humbert, Guyot, Vuillemard, Zap, Guillet, etc., et Mmes Bouchon, Pouiier, Fraissigne, Leclerc , Grande-Rue. — Prix de la pension, y compris la table, s à 7 fr. par personne et par jour.
Libraires : — Mougeot, Petit-Mangin.
Loueurs de voitures : — Richard (à l'hôtel du Lion- Vert); — Bernard; — Bassigny ; — Boillon.
Situation. — Aspoot général.
Luxeuil, ch.-l. de c, V. de 3959 hab., est située, à 339 met. d'altit., sur la rive dr. du Breuchin, dans une région coupée de hauteurs moyennes, boisée de toutes parts, et dont l'aspect, un peu uniforme, ne manque pas cependant d'un certain charme. La ville se compose presque
entièrement, outre la belle rue des Bains, d'une place vaste, mais irrégulière, et d'une rue principale de 1200 à 1300 mèt. de longueur, qui, partant du N., au delà de l'établissement des bains, et se prolongeant au S. jusqu'à la rive dr. du Breuchin, forme la traversée de la route de Paris à Plombières par Vesoul. — A cette rue, propre, assez large, en général, garniè de trottoirs, où l'on remarque tout d'abord l'ancien hôtel de ville, la maison du cardinal Jouffroy et la maison à arcades dite maison du Juif, viennent aboutir plusieurs rues étroites, irrégulières, qui ont conservé de vieilles et curieuses maisons que nous décrirons ci-dessous, p. 346 et 347.
Histoire.
Les historiens sont généralement d'accord sur l'origine de Luxeuil, qu'ils font remonter à une cité celtique; mais il n'en est pas de même quant à l'origine des bains, ou, du moins , quant à l'existence d'un grand établissement thermal en ce lieu avant l'invasion romaine. Selon quelques auteurs, les thermes de Luxeuil seraient antérieurs à la période romaine; cette opinion s'appuie sur une inscription trouvée en 1755 et qui était ainsi conçue : « Lixovii therm. repar. Labienus Juss. C. Jul. Cses. {Lixovii thermat reparavit Labienus jussu Caii Julii Cassaris imperatoris). Ces expressions impliquent, en effet, l'existence de bains considérables, dès la période celtique. Mais l'authenticité de l'inscription a été contestée par plusieurs savants, notamment par Caylus, au xvui* s., et par MM. Letronne et Hase, à notre époque.
Enfin, dans ces derniers temps, M. Félix Bourquelot, le savant professeur de l'école des Chartes, reprenant l'étude de la question, a nié également l'authenticité de cette inscription par des arguments d'une grande autorité, en accordant d'ailleurs que la ville celtique fit usage des sources thermales, mais dans des conditions trop primitives pour mériter la mention solennelle dont il s'agit. Quoi qu'il en soit, il demeure hors de doute que les Romains élevèrent à Luxeuil des thermes, dont l'importance est attestée par les nombreux débris d'antiquités recueillis dans ces lieux. L'invasion d'Attila ruina complètement l'établissement romain , et ,
LDXEUIL.
pendant près d'un siècle et demi , . il ne subsista du Luxeuil primitif que quelques ruines perdues au fond des forêts.
Vers la fin du vi« s. (590), saint Colomban, l'illustre missionnaire irlandais, étant venu dans la Gaule, et notamment dans l'Est, pour y prêcher l'Évangile, obtint de Gontran, roi de Bourgogne, la permission de fonder une communauté à Luxeuil, et reçut dans ce but des donations de terres La renommée de vertu et de science de l'apôtre irlandais lui attira de nombreux disciples; trois ans après sa fondation, le nouvel institut religieux comptait déjà 200 membres , et le prieuré créé à Fontaine (P. ci-dessus) en renfermait 60.
Saint Colomban, poursuivi par l'inimitié de Théodoric et de Brunehault, dont il avait censuré la conduite, fut obligé de quitter l'Austrasie et de se réfugier en Italie. Mais l'abbaye de Luxeuil, dirigée après lui par d'autres éminents personnages, continua de prospérer, et pendant plus d'un siècle, fut l'un des centres religieux et l'une des écoles les plus célèbres de la Gaule. Dévastée, en 731, par les Sarrasins, elle ne tarda pas à recouvrer sa première splendeur, grâce surtout à la protection et à la munificence de Cbarlemagne. Deux fois encore, au ix* et au xe s., elle fut en partie ruinée par des incursions étrangères; mais elle se releva toujours de ces désastres. Au moyen âge c 'était une des plus riches et des plus illustres communautés de l'Europe. Elle relevait directement des empereurs d'Allemagne et ses abbés avaient le titre de princes du Saint-Empire avec l'exercice des droits régaliens.
Au commencement du xvi« s., l'abbaye de luxeuil subit une première et grave atteinte, Charles-Quint ayant alors revendiqué et obtenu la réunion de la terre de Luxeuil au duché de Bourgogne. Par suite de ce changement, la ville moderne de Luxeuil, qui s'était formée autour de l'abbaye et qui avait jusque-là vécu sous son autorité, prit une existence distincte ; la municipalité commença à y exercer son action d'une façon plus indépendante. C'est vers cette époque (155*2) que les bourgeois de Luxeuil achetèrent l'édifice connuj sous le nom d'ancien hôtel de ville, pour y tenir leurs réunions.
Après avoir encore beaucoup soufTert des guerres du xvn* s. et avoir été assiégée par Turenne en personne, à qui elle résista pendant plusieurs jours, la ville de Luxeuil passa, ainsi que l'abbaye, sous
la domination de la France, en vertu des stipulations du traité de Nimègue. La Révolution française mit fin, en 1789, à l'existence de la célèbre communauté.
L'établissement thermal fondé par les Romains, complètement ruiné à la suite de l'invasion d'Attila, resta longtemps abandonné et sans emploi. Cependant, la ville de Luxeuil, qui conserva toujours la propriété des sources, avait fini par les dégager et par y élever, à diverses époques, des constructions pour abriter les baigneurs; mais l'usage de ces eaux demeura durant des siècles fort restreint et presque local. Plusieurs sources avaient été cédées aux communautés religieuses établies à Luxeuil, comme le rappellent encore les désignations de bain des Bénédictins, bain des Capucins, et chacune avait son établissement particulier. Enfin, de 1764 à 1768, la ville de Luxeuil consacra des sommes importantes à la restauration des bains et fit élever, ainsi que le constate une inscription, l'édifice actuel. L'établissement thermal, ayant été racheté par l'Etat en 1853, est devenu pendant les années suivantes (1855, 1856), l'objet d'améliorations et d'agrandissements considérables. Aujourd'hui, les eaux de Luxeuil, sans avoir toute la popularité dont jouissent celles de Plombières, avec lesquelles elles présentent une analogie presque complète, et auxquelles, « à certains égards, elles ne le cèdent en rien, si même elles ne les surpassent, » reçoivent un grand nombre de baigneurs, et ce nombre tend chaque année à s'accroître.
L'établissement thermal. — Les eaux.
L'établissément thermal, bâti en grès des Vosges, est situé dans une rue s'ouvrant à g. de la Grande-Rue et se prolongeant vers la campagne.
L'édifice , précédé d'une cour avec grille en fer forgé , offre un aspect monumental dont l'effet serait plus grand encore si les bâtiments n'occupaient pas un fond, en contre-bas des rues adjacentes. Il se compose de deux corps de logis disposés en équerre. Le principal, qui se développe de TE. à l'O., parallèlement à la rue des Bains, présente en façade un péristyle central, dont les colonnes doriques supportent un fronton ; en arrière, s'étend une galerie ou-
DE PARIS A LUXEUIL
verte , formée d'arcades en plein cintre. Le bâtiment en retour, à l'O., a également sur la cour une galerie, close par des portes vitrées depuis quelques années, et qui renferme un musée archéologique. A l'angle de jonction des deux galeries, a été ménagé un grand salon carré servant de salle de conversation. La cour est bordée, à TE. et à l'O., par deux avenues en terrasses, plantées d'arbres magnifiques. Des deux côtés de cette cour et en arrière des bâtiments, s'étend un parc pittoresque, limité au N. par la nouvelle route de Luxeuil. Dans ce parc, où serpente un ruisseau, au milieu de pelouses et de groupes de rochers, se trouve un petit monument de fantaisie renfermant la source de la fontaine Hygie. Dans la cour, en avant de la façade, s'élèvent deux fontaines surmontées de sujets en bronze; l'eau que fournit celle de dr. est employée pour le traitement des maladies d'yeux. Le principal corps de bâtiment a été augmenté, du côté du parc, d'une rotonde inaugurée en 1856 et renfermant le bain Impérial. Enfin, sur le côté g. de la rue des Bains , en face de l'établissement thermal, sont installées, dans une maison de grande apparence, les salles de bal, de réunion, de jeu, de lecture, etc.
Quand on a franchi la galerie ouverte du principal bâtiment de l'établissement, on pénètre dans une salle dite salle des Cuvettes, sorte de vestibule où a été placée l'inscription relative à Labiénus, et par lequel on arrive aux bains Impérial et ferrugineux (au fond) , au bain des Capucins (à dr.), au Grand bain, au 5am Neuf et au bain de Vapeur (à g.).— Dans l'aile latérale, se trouvent le bain Gradué (dans l'une des plus belles et des plus vastes salles de l'établissement), le bain des Fleurs ou . de la princesse Mathilde , disposé avec une rare élégance, le bain des Dames, et enfin le bain des Bénédic-
tins, qui occupe un bâtiment faisant retour à l'extrémitàrjS. du deuxième corps de logis.
Ces différents bains, établis avec beaucoup de luxe, et pour lesquels le marbre, le granit et le grès vosgien ont été exclusivement employés, comprennent , outre les salles de douche, de massage, les chau noirs, vestiaires, lingeries, etc.; 57 cabinets et 5 piscines, sans compter les deux piscines de famille du bain ferrugineux. — Le bain Impérial , autour duquel règne une galerie supérieure à laquelle montent deux beaux escaliers en pierre, se fait particulièrement remarquer par le luxe de sa décoration. Il renferme 10 cabinets de bains avec salons de toilette ; au fond se trouvent les deux salles de bains, avec salon, réservées à l'Empereur et à l'Impératrice. Ces salles ont une sortie particulière , du côté du parc, sur une cour couverte et fermée par une grille.
Les sources thermales de Luxeuil sourdent à travers les fissures que présentent les couches supérieures du grès vosgien au-dessus desquelles l'établissement est construit. Elles se divisent en deux groupes principaux :
les sources ferro-manganiféres carbonatées, au nombre de trois : la source du puits romain, la source du Temple et la source Labiénus, retrouvée récemment par M. Leconte ; — et les sources salines, au nombre de treize :
sources des Bénédictins , du bain des Dames, du bain des Fleurs, du bain Gradué, des Cuvettes et des Capucins. — On compte, en outre, quatre sources secondaires : les sources des yeux, des abeilles, savonneuse et Eugénie, d'une nature thérapeutique moins marquée.
La température de ces eaux varie entre 19° 6 centigr. et 27° 9 pour les sources ferrugineuses, 33° et 51°5 pour les sources salines.
Les analyses auxquelles les eaux de Luxeuil ont été soumises, à diverses époques, par Vauquelin, par