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ROUTE 56] ARCHES. — REMIREMONT

entre la Moselle et des coteaux. — Uéglise, bâtie en 1785, renferme un bénitier qui date de la fin du »• s. — Pouxeux communique avec Jarmônil par un pont. Un peu plus loin, s'étend, à g., sur les bords de la Moselle, une vaste prairie portant le nom de Peuxy ou Pexei, et dans laquelle, suivant un historien, les princes de Lorraine et d'Alsace avaient coutume de se réunir pour former leurs alliances.

18 kil. Éloyes (halte), v. de 1456 hab., à 1 kil. environ à g. du chemin de fer, sur la rive dr. de la Moselle , qu'y traverse un pont en grès rouge, d'une construction remarquable.

Eloyes est dominé à l'E. par une montagne dite Tête-des-Cuveaux, sur le versant de laquelle s'étagent en partie les maisons du village. Du somfhet des Cuveaux (783 mèt. d'altit.), qui dépasse toutes les hauteurs voisines, on découvre une vue magnifique de la vallée de la Moselle, entre Pouxeux et Remiremont. Le regard peut même atteindre le pont de Charmes et les côtes de Sion, près de Nancy. A dr. du chemin de fer, s'élèvent de beaux coteaux boisés, entre lesquels s'ouvre une gorge d'une plfysionomie alpestre.

24 kil. Saint-Nabord, v. de 2120 hab., sur la rive g. de la Moselle, dont il est séparé par la voie ferrée, était une des paroisses qui allait chaque année rendre hommage au chapitre de Remiremont {V. ci-dessous).

Sur le flanc du rocher dont la base porte V église, construite en 1613, on reconnaît encore quelques vestiges de l'ancienne chapelle auprès de laquelle le village s'est primitivement formé.

On croise une dernière fois la route de terre, à la sortie d'une profonde tranchée ouverte dans le granit leptinite (point géologique remarquable), et on laisse successivement à dr. Ranfaing (belle papeterie, dont les produits sont évalués à 200000 kilogr. par an; vue magnifique au Haut-Thomont, près de la ferme Ma-

riviry, sur le chemin de Raon-aux- Bois), et Moulin, autrefois village important, aujourd'hui simple hameau, ainsi que Ranfaing. Une longue tranchée précède encore la gare de Remiremont.

28 kil. Remiremont.

Omnibus : — à tous les trains; 25 c. par place ; 10 c. par colis.

Hôtels : — de la Poste, du Cheval-de- Bronze, de Mulhouse, du Globe (près de la gare).

Télégraphe : — rue de la Courtine.

Libraire : — Mme Leduc.

Voitures de louage : — aux hôtels de la Poste et de Mulhouse.

Situation. — Aspect général.

Remiremont, ch.-l. d'arrond. du départ, des Vosges, V. de 6074 hab., est située sur la rive g. de la Moselle, un peu au-dessous de son confluent avec la Moselotte et du débouché des vallées de ces deux rivières, qui se confondent en formant un vaste et magnifique cirque de verdure, entouré de hautes montagnes pittoresques, couvertes de forêts. Des prairies s'étendent de la base des montagnes jusqu'au bord de la Moselle. Au sortir de la gare, on trouve deux belles avenues de 20 mèt. de largeur chacune. L'une conduit à la principale rue de Remiremont, dans laquelle on entre en tournant à dr., et qui traverse la ville dans toute sa longueur. L'autre, parallèle à la Grande-Rue, se dirige vers le N. et conduit dans l'intérieur de la ville par la rue des Capucins et la rue des Prêtres.

Remiremont est une jolie ville, en général bien bâtie et dont les rues, arrosées pour la plupart par des ruisseaux d'eau vive et éclairées au gaz, sont d'une extrême propreté. La Grande-Rue, très-large, bordée d'arcades sur les deux côtés dans une partie de son parcours, est surtout très-belle. Adr., en venant de la gare, elle se rattache à la Moselle par une

d'épinàl a REMIREMONT. [ROUTE 56]

sorte de faubourg que croise le chemin de fer ; à g., elle communique par plusieurs rues transversales avec la place de lÉglise.

Les Romains avaient formé un établissement militaire sur le territoire de Remiremont, alors désigné sous le nom de canton ou comté d'Habend (Habendensis fagus ou oomUatUê). Ils y avaient construit deux forts situés, l'un sur le mont Habend, actuellement le Saint-Mont, l'autre sur une éminence dominant la rive g. de la Moselle. L'invasion des Barbares rejeta les Vosges dans une sorte d'état sauvage qui dura jusqu'à l'arrivée de saint Colomban. L'illustre apôtre irlandais attira autour de lui de nombreux disciples. Ceux-ci, s'étant dispersés dans les montagnes, y créèrent diverses communautés religieuses qui, pour la plupart, sont l'origine des principaux centres de population du pays. Parmi ces moines, saint

Somaric, le fondateur de Remiremont, it l'un des plus renommés. C'était un riche seigneur australien , converti par un pèlerin nommé saint Ame, avec lequel, après avoir passé sept ans au monastère de Luxeuii, il vint au mont Habend, oh il possédait un domaine étendu, fonder deux monastères, l'un d'hommes, l'autre de femmes, sur les derniers débris de la forteresse des Romains. Une église fut construite au sommet de la montagne, à coté de la maison des religieuses, et sept chapelles ou oratoires, desservies chacune

Sar doute religieux, marquèrent autant e stations jusqu'à la base du mont de Romaric (Rotnarici mon*, d'où est venu Remiremont). La réputation de sainteté de Romaric acquit une grande renommée aux communautés qu'il avait fondées, et leur valut la protection des rois d'Austra- •ie et plus tard celle des souverains de la dynastie cariovingienne. Ces derniers avaient sur les bords de la Moselle une résidence ou maison royale, autour de laquelle se groupa la population qui a formé la ville de Remiremont.

En 910, l'invasion des Hongrois menaçant les religieuses dans leur solitude, elles s'enfuirent i Remiremont emportant avec elles les restes vénérés de saint Romaric, de saint Amé et de saint Idulphe. Les envahisseurs s'emparèrent du mont de Romaric ou saint-Mont, pillèrent et dévastèrent les deux couvents et massa-

qui n'avaient

pas cherché un abri dans les forêts. Un siècle plus tard, la montagne vit arriver d'autres moines, qui s'y maintinrent jusqu'au moment de la Révolution. Quant aux religieuses, elles s'installèrent définitivement à Remiremont, et leur communauté donna naissance à ce célèbre chapitre, dont l'abbesse, a-t-on dit, portait non pas une crosse, mais un sceptre. Les religieuses pratiquèrent cependant encore, pendant un certain temps, la vie commune et claustrale, sous la règle de saint Benoit; mais peu à peu elles se relâchèrent de sa rigueur primitive et, dès le IIP s., elles commencèrent à vivre chacune dans une cellule séparée. C'est de cette époque que l'on peut faire dater l'existence du chapitre.

Enrichies par les libéralités des premiers ducs de Lorraine, des rois de France et des empereurs d'Allemagne, Isa Dames de Remiremont, qui avaient profité de la chute de la dynastie cariovingienne et des troubles dont elle fut accompagnée, pour s'attribuer la pleine souveraineté et les droits régaliens sur les terres qu'elles possédaient, se placèrent, au temporel, sous la protection immédiate des empereurs d'Allemagne, tandis qu'au spirituel elles relevaient directement du pape. Le chapitre de Remiremont devint ainsi l'un des plus illustres de l'Europe. L'abbesse, toujours choisie parmi les premières familles et souvent dans des maisons princières, exerçait une autorité souveraine sur le domaine du chapitre, qui ne renfermait pas moins de 52 terres seigneuriales et 22 petites seigneuries. Elle prenait, en vertu d'un diplôme de l'empereur Rodolphe (So juillet 1290), le titre de princesse du Saint-Empire, était élue par le chapitre tout entier et recevait la consécration abbatiale des mains du souverain pontife, au palais de Latran. Elle devait lui offrir, tous les trois ans, en signe d'hommage, un cheval blanc et une pièce d'étoffe couleur de pourpre. Le pape ayant, plus tard, fait remise au chapitre de cette redevance, on portait, en souvenir, dans les processions solennelles, une bannière en soie rouge dont le fond était semé d'oiseaux brodés en or et en argent. L'abbesse jouissait du privilège de rendre la liberté aux prisonniers. Elle avait, au chœur, une place marquée par un dais et un tapis de velours rouge à crépines d'or. Enfin, aux jours de fêtes, elle tenait un grand couvert, comme font les souverains. Le chapitre de Remiremont compta soixante-qua-

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