‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 259 sur 489 · SAINT-MAURICE · texte numérisé non relu

SAINT-MAURICE

Détruit, en partie, par un incendie en 1834, le Thillot a été reconstruit avec une certaine régularité. Quelques maisons particulières , dans la rue principale, sont décorées d'arcades.

V église date de 1842.

Le territoire du Thillot renferme, ainsi que la région environnante, des minerais de cuivre qui, après avoir été exploités depuis la fin du xvi° s. jusqu'au milieu du xvui", ont été complètement délaissés.

[Deux routes, remontant les vallées du Ménil et de Servance, relient le Thillot à Cornimont et à Lure.

La première, longue de 14 kil., passe au (5 kil.) Ménil (1508 hab.), et rejoint la route de Rerairemont à la Bresse à 3 kil. en deçà de Cornimont (R. 66).

La seconde, après avoir remonté la petite vallée du Vacceux, pendant 3 kil. environ, passe dans le départ, de la Haute-Saône et descend la vallée de Servance ou de l'Oignon jusqu'à Lure, en traversant : — (12 kil.) Servance (2836 hab., tissage de coton), commune qui a donné son nom au Ballon de Servance, situé à 9 ou 10 kil. (à vol d'oiseau) plus à l'E. (F. cidessous, p. 380); — (18 kil.) Ternuay (1339 hab.) : — (21 kil.) Belonchamp (398 hab.; croix en granit, de 1349); — (24 kil.) Melisey, ch.-Iieu de c.

de 2035 hab. (site très-pittoresque ; mines de houille), — et (30 kil.) Saint-Germain (1276 hab.), que 5 kil.

seulement séparent de (35 kil.) Lure (R. 3).]

A partir du Thillot, la vallée de la Moselle se resserre sensiblement; la zone des prairies devient plus étroite, et les cultures, plus rares, font place aux grandes roches qui garnissent les pentes abruptes des montagnes.

En face de soi, on découvre les Ballons de Servance et d'Alsace, couverts de forêts. — Dans un enfoncement de la montagne, à peu de distance du Thillot, vers l'entrée et à g. du chemin de Lure par Servance , subsistent

quelques vestiges du château Lambert, résidence féodale dont le châtelain exerçait un droit de péage sur les marchands se rendant de la Franche-Comté ou de l'Alsace en Lorraine.

De la croix de la Vierge de ce château, on découvre une vue magnifique sur toute la vallée de Ramonchamp.

En arrière et à 1 kil. environ au S. £. du château Lambert, se trouvent les sources de l'Oignon, dont les eaux descendent au S. O.pour rejoindre la Saône, tandis que, au revers môme de la petite éminence d'où elles jaillissent, sortent les deux ruisseaux du Vacceux et du Couard qui vont se réunir à la Moselle ; la direction opposée de ces cours d'eau marque, d'une façon très-sensible, un des points de partage des bassins de la Méditerranée et de l'Océan dans les Vosges.

26 kil. Presse, v. de 1633 hab.

(tissage mécanique considérable) , où s'exploitaient jadis des mines d'argent que l'invasion des eaux obligea d'abandonner en 1734.— Après avoir dépassé le hameau de Pont-Jean, on franchit la Moselle.

29 kil. Saint-Maurice (hôt. de la Poste), à 555 mèt. d'altit., v. de 2126 hab., situé à la base N. des Ballons de Servance et d'Alsace, au débouché de la vallée des Charbonniers (F. cidessous) dans celle de la Moselle, renferme de nombreux et beaux tissages. Saint-Maurice relevait de l'abbaye de Remiremont, à laquelle la commune devait offrir chaque année, le lundi de la Pentecôte, le singulier tribut de deux rochelles (hottes en écorce de sapin) remplies de neige.

Si la neige manquait, ce qui était extrêmement rare, car, en un siècle et demi, le cas ne se présenta que deux fois , elle devait être remplacée par deux bœufs blancs. Cette bizarre obligation était vraisemblablement une allusion à la situation de Saint- Maurice au fond des hautes vallées des Vosges, ou peut-être rappelait-elle quelques corvées imposées aux ha-

378 DE RBMIREMONT

bitants lors de la saison des neiges, qui est quelquefois si dangereuse dans cette région. Véglise de Saint-Maurice est un élégant édifice, récemment reconstruit.

Excurmiou au Ballon 4' Alsace ou 4e

Sai»t-W*ur|oe.

La voiture de Remiremont à Wesser- Ung arrivant habituellement à Saint Maurioe vers l h. 10 min. de l'après-midi, on a toute facilité pour la choix de l'heure à laquelle on préfère faire l'ascension- L heure du soleil couchant et l'heure du soleil levant sont les deux moments les plus favorables pour le spectacle des grands horixont.

Deux routes conduisent au sommet du Ballon d'Alsace. L'ancienne route, moins longue et beaucoup plus pittoresque, est plus pénible et difficile à suivre sans guide ; la nouvelle route, qui établit une communication entre la vallée supérieure de la Moselle et Belfort (K. R. 58), est parfaitement tracée; son parcours, qui décrit de nombreux oircuits, est aisé et ne permet aucune incertitude. Cette route n'est desservie par aucun service de diligences, et ne sert guère qu'au transport des marchandises par des voitures de roulage ou des charrettes; mais elle est très -bien entretenue et très-accessible aux voitures suspendues. A quelques pas au-dessous de l 'hôtel de la Poste, on peut prendre directement l'ancien chemin du Ballon, qui Couvre sur le côté de la route de Remiremont, entre les dernières maisons de Saint-Maurice. Ce chemin remonte immédiatement derrière l'église, et, 4 16 min. du village environ, il croise, la nouvelle route, que Ton peut gagner ainsi en évitant un assex long détour. 8î, au contraire, l'on suit cette nouvelle route dès son origine, il faut traverser de nouveau tout le village.

A 5 min. au dulA du pont jeté sur le petit ruisseau des Charbonniers, on aperçoit à g. la route s'embranchant sur celle de Remiremont, Elle traverse d'abord quelques champs cul-

A WESSBRLING. [ROUTE 57]

tivés, et atteint bientôt la partie boisée de la montagne, garnie en général de pins sylvestres et de sapins, entremêlés, dans la zone inférieure, de quelques hêtres, de frênes et de bouleaux dont les massifs sont fréquemment coupés de clairières au sol couvert de mousse ou de gazon.

A mi-côte, près d'une maison forestière, au lieu dit Au plein du Canon, on jouit d'un magnifique panorama de toute la vallée de Près le. Il existe aussi en cet endroit un écho remarquable. Après 1 h. de marche, on arrive à !a région des hauts pâturages connus sous le nom de chaumes.

Les chaumes, dont le nom semble dériver du mot latin calvimontensis (montagnes chauves), appliqué à ces espaces privés d'arbres, forment d'immenses pelouses émaillées de fleurs, appartenant pour la plupart à 4a flore alpestre. Ces beaux gazons, que l'on retrouve en général sur les sommets les plus élevés de la chaîne qui sépare les Vosges de l'Alsace, et auxquels l'air vivifiant des montagnes donne une grande vigueur, sont en général composés de gaillet, de hartz, de serpolet, d'euphrolses, de joncées et de graminées à feuillage menu, mêlés de pensées à larges fleurs jaunes ou violet-pourpre, et d'anémones des Alpes, aux corolles blanches, panachées extérieurement de rouge. On y rencontre aussi quelquefois la variété d'anémone à neur couleur de soufre. La gentiane, dont la racine fournit, par la distillation, une liqueur aromatique analogue à l'absinthe, élève au-dessus des autres plantes sa belle tige droite, garnie de nombreux vertioilles de fleura jaunes; on y trouve également l'arnica, l'angélique des Pyrénées, la brimbelle, la renoncule dorée.

A TE. d'immenses escarpements de rochers, tapissés des plus belles plantes, s'abaissent sur la vallée, comme une muraille à pic. Depuis le commencement de l'été jusqu'à l'époque où la neige commence à couvrir les

[noUTJS 67]

Page 1