DE REMIREMONT
A WESSERLING. [ROUTE 57]
Au retour (1 h. 15 min. environ), I au lieu de revenir directement sur ses pas. il est préférable, pour se rendre bien compte des différentes parties du tableau, de suivre la chaume supérieure, en la contournant de dr. à g. par un demi cercle qui ramène un peu au-dessus de la marcairerie que nous avons signalée.
Excursion au Ballon de Servanoe.
La course, un peu longue et fatigante, de Saint -Maurice au Ballon de Servance avec retour par le Ballon d'Alsace, est très-intéressante. — 3 à 4 h., aller et retour. — Un guide (2 à 3 fr. de pourboire) est nécessaire.
Le Ballon de Servance ou de Franche-Comté (1189 mèt. d'altit.) est peu fréquenté ; la vue y est plus restreinte qu'au Ballon d'Alsace, et l'accès en est bien moins facile. Néanmoins, le Ballon de Servance mérite d'attirer les touristes par son caractère de solitude sauvage, les belles forêts qui en couvrent le versant et que l'on aperçoit de Saint-Maurice , l'horizon, enfin, que l'on y embrasse, et qui, tout en étant moins étendu que celui du sommet voisin, offre cependant de remarquables perspectives sur la Suisse, et surtout sur la chaîne du Jura (on voit mieux le Jura du Ballon de Servance que du Ballon d'Alsace).
De la cime du Ballon de Servance, on peut gagner le Ballon d'Alsace, en suivant le col qui sépare les vallées de Presle et de la Frette, au N., de la vallée du Rahin, au S.
Excursion dans la vaUée des
Charbonniers.
4 à 5 h. de marche, par un chemin direct, jusqu'aux chaumes du Rouge- Gazon.
La vallée des Charbonniers, qui
s'ouvre à la sortie de Saint-Maurice, à dr. de la route de Wesserling, a eu longtemps une sorte de renommée mystérieuse due à l'étrange population qui l'habitait. Cette population
semble s'être formée, vers le commencement du xvir* s. , d'une colonie d'émigrants composée de familles suédoises et allemandes , et qui resta pendant plus d'un siècle dans les Vosges, comme une tribu distincte, se séparant complètement par les mœurs, les habitudes et le langage, des populations environnantes. Les Charbonniers, ainsi que furent appelés ces émigrants, en raison de leur industrie principale, avaient un caractère farouche, violent, et se considéraient volontiers comme les conquérants de la vallée qu'ils étaient venus habiter. Ils prétendaient à tout droit de propriété sur les riches forêts de la vallée ; et souvent il en résulta des luttes sanglantes entre eux et les gardes forestiers. Outre le charbonnage, ils s'occupaient de l'exploilation de mines de cuivre et de fer; et on voit encore dans la vallée les vestiges d'un établissement construit autrefois pour la fonte des minerais.
Le temps a effacé les traits distinctifs de la colonie suédoise-allemande; les Charbonniers, sortis de leur isolement, ont cessé de se marier exclusivement entre eux; ils se sont mêlés lentement à la population française dont ils ne diffèrent plus, et ils exploitent aujourd'hui de nombreux tissages et une vaste et belle filature.
La vallée des Charbonniers offre, par la fraîcheur de ses sites pittoresques et par le calme profond de son isolement , une charmante promenade. En la remontant jusqu'à la partie supérieure, on atteint les hauteurs du Rouge-Gazon et du Gresson (1249 mèt. d'altit), d'où l'on découvre une vue remarquable sur les vallées d'Alsace et de Massevaux.
De Saint-Mauricô à Belfort, R. 58.
Au sortir de Saint-Maurice, on longe à dr. la Moselle , dont les eaux forment de nombreuses cascatelles au milieu des rochers; à g., une suite
[R. 57] LE BALLON DE SERVANGE. — BUSSANG. 281
de hauteurs entièrement couvertes de pâturages, à dr. les montagnes de la Rocholle et de la Boulogne, couronnées de bois à leur sommet, encadrent un vallon riant , tapissé de prairies au milieu desquelles sont disséminées des métairies entourées de jardins.
33 kil. Bussang (hôt. des Deux- Clefs), c. de 2086 hab., est située à 624 mèt. d'altit. , à l'extrémité supérieure de la vallée de la Moselle. Divers documents historiques constatent l'existence d'exploitations importantes de mines à Bussang, au xvi° s. La tradition locale a particulièrement conservé le souvenir de l'exploitation d'une mine d'argent, et l'on trouve, en effet, dans le voyage de Montaigne, en 1580, l'indication suivante:
« Au partir de là, nous suivismes longtemps un très beau et très plaisant vallon, coutoiant la rivière de Moselle et vinsmes diner à Bossan, petit méchant village, le dernier de langage françois, où MM. d'Estissac et de Montaigne, revêtus de sougueniesde toile qu'on leur prêta , allarent voir des mines d'argent que M. de Lorraine a là, bien deux mille pas dans le creux d une montagne. » Ces exploitations sont d'ailleurs abandonnées depuis longtemps. L'industrie est aujourd'hui représentée à Bussang par des moulins à farine, des scieries, des fromageries et des fabriques d'étrillés et d'objets de serrurerie.
Bussang est surtout célèbre par ses eaux minérales, dont l'usage a pris un grand développement. Ces eaux ne semblent pas avoir été connues antérieurement au xvii* s.t et Montaigne, très-curieux de toutes eaux curatives, ne les mentionne même pas; mais, vers 1609, elles commencèrent à être fréquentées. Ce n'est toutefois qu'un siècle plus tard, en 1705, qu'elles devinrent l'objet de quelques travaux d'aménagement. Le duc Léopold fit alors construire , pour abriter les sources et les buveurs, un pavillon qui fut bientôt insuffisant. En 1752,
le roi Stanislas concéda l'exploitation des sources à un particulier, à charge pour le concessionnaire d'agrandir la construction et d'entretenir un médecin. Les bâtiments, détruits en partie en 1799, ont été complètement reconstruits au commencement de ce siècle.
L'eau de Bussang , ferrugino-gazeuse, apéritive, tonique, altérante, facilitant la digestion, est d'un usage très-agréable; elle est limpide, pétillante, très-gazeuse et d'une saveur piquante. On la .boit généralement en mangeant et mêlée au vin, dont elle altère un peu la couleur qui tourne au noir. Elle est recommandée , comme régime, aux personnes d'habitudes sédentaires et à celles dont le système nerveux est facilement irritable. Comme moyen spécialement curatif, on l'applique avec succès aux maladies d'estomac et de foie, aux dérangements d'entrailles, etc. Sur les lieux, et comme cure, l'eau de Bussang se boit le matin, à la dose de 2 à 6 verres, soit pure, soit additionnée d'une cuillerée de lait par verre.
Elle s'expédie en bouteilles dans toute la France et à l'étranger (plus de 400 000 bouteilles par an) .
Les sources de Bussang sont situées à 2 kil. à peu près au delà du village (20 min. de marche). Pour s'y rendre, on quitte, au delà de l'église, la nouvelle route, et franchissant la Moselle (à g.), on suit l'ancienne route. La Moselle , que I on côtoie, se divise bientôt en deux ruisseaux : celui de dr. est formé par la source principale de la rivière, qui sort d'un conduit en bois, au milieu d'une prairie, entre l'ancienne et la nouvelle route et à moins d'un kil.
des sources minérales. — A 10 min. du pont de la Moselle, la route se bifurque de nouveau, au pied de la montagne de la Hulte ; l'embranchement de g. remonte, par un étroit vallon, jusqu'au Drumont; celui de dr., que l'on suit, entre la Moselle (à dr ) et le versant de la Hutte (à g.),
aboutit , au delà d'une scierie , à la maison des Source*. Cette maison S'élève à g., dans un site pittoresnue (643 met. d'altit.), à Fc-mbre de beau* arbres. La principale source minérale, sortant d'un rocher revêtu dé maçonnerie, coule dans un bassin en pierre placé dans le vestibule de rétablissement et décoré d'une statuette dé la Vierge.
Fn quittant la maison des Sources, si l'on fait à pied le trajet dé Saint- Maurice à Wessèrling, on aperçoit à g. la côte des Russiers, remarquable par ses grands escarpements rucheu*; puis, appuyant à dr., on traverse la prairie où se trouve la source de ta Moselle (734 met. d'altit.), pour regagner la nouvelle route. Lorsqu'on Ta atteinte (tourner à g.), on ne tarde pas à arriver à (1 kil. à peu près) un tunnel long de 800 met. environ, par lequel on franchit le col de Bussang.
Dans ce tunnel, on passe du département des Vosges dans celui du Haut-Rhin. La route, traversant alors un défilé qu'il a fallu ouvrir en taillant à vif le flanc de la montagnë jusqu'à une hauteur de 10 à 15 met., passe entre deux murajlles de rochers au-dessus desquelles s'étagent des plantations de* sapins. Bientôt, tandis qu'elle serre de près le versant de la montagne, à dr., celui de g. sécârte de plus en plus, et l'on découvre iin dés plus magnifiques paysages que renferment les Vosges. Un vallon agreste, enveloppé de montagnes boisées, et au fond duquel s'étendent des prairies où se dresse le clocher de l'église d'Urbès, se dévèlofppe audessous de la route, en s'élargissant à mesure que l'on avance. En face, s'élève, au fond du paysage, le Ballon de Guebwillcr (R. 1) ; dans le lointain, sur la dr. , se dresse la cime du Rossberg (R. i*). Aux deux tiers du chemin du tunnel à Urbès, à un circuit de la route, on franchit un ruissëau, en laissant à dr. une gorge latérale d'un aspect sauvage, qui contourne la montagne du GfesSon èt và re-
joindre la vallée dès Gharbonniers.— La routé continue de redescendre vers le fond de la vallée, par une pente rapide j pendant % kil. environ.
43 kil. Urbto (hôt. de là CtiûfàfMê), v. de 1096 hab.,dans une charmante situation, au milieu des prairies. l/rfglise moderne, bâtie en grès rougë
des Vosges, sur une éminence à dr.
de la route, offre un aspect fittc-»
rcsque. t'rbês possédé des mines dô cuivre*
On passe entre des hauteurs bol* sêes, à dr., et dés pràiries, à g.; puis, franchissant la Thur et laissant à g., près de Felleringen, là toute de la Bresse par Wildenstein (R. 67) , on atteint bientôt
4T kil. Wésserliflg (R. 8Ï).
ROTJÎË 5B.
01 REMIRËM0NÎ A fttLFOftT,
Par l1 bALLOm d'alsacb.
69 kil. — Route de voitures. — Serv. de corresp. de Remiremont à Saint-Maufice (29 kil.) Trajet en 2 h. 20 min., pour 3 fr. âo c. — Service dè voitures publiques de Oiromagny à Belfqrt (M kil.).
Trajet en 1 h. 30 min., pour l fr. 25 o. (prix unique).
N. Ê. — La partie dô la rôute comprise entre Saint-Maurice et Giromagny, passant par le Ballon d'Alaôce, n'est desservie par aucune voiture publique. Bien que la distance entre les deux points ne soit à vol d'oiseau que d'environ 13 à 14 kilM et de 17 à 18 kil. à peu près, par l'ancienne route, la nouvelle route mesure au moins, dans Cè trajet, 25 à 26 kil., eh raison des nombreux circuits qu'il a fallu lui faire décrire pour la rendre praticable aux Voitures. Cette section de la route est, du reste, un ouvrage d'art admirable. — Si l'on fait le trajet à pied, et que Ton ne craigne pas une ascension un peu pénible, on devra suivre l'ancienne route, en se munissant d'un guide, soit à saint- Maurice, soit au Puix (K ci -dessous), selon que l'on viendra de Remiremont ou de Belfort. C'est une course extrêmement intéressante; on traverse un des plus remarquables passages des Vosges. En profitant du double service de voitures indi.
G1ROMAGNY.
qué plus haut, le trajet total peut se faire
facilement en 7 h., dont 3 h. de marche.
29 kil. Saint-Maurice (R. 57).
À l'entrée de Saint-. Maurice on prend à dr. la belle route remontant jusqu'à la cime du Ballon d'Alsace (F. R. 57, excursion au Ballon d'Alsace).
Quand on a dépassé le faite de la montagne, qui marque là limite des départements des Vosges et du Haut- Rhin, on redescend vers Belfort par une route qui n'est pas moins pittoresque que celle que l'on a suivie en montant. A 1600 ou 1800 mèt. de la cime, près d une auberge-métairie établie depuis une trentaine d'années sous le nom d Auberge Bonaparte , on abandonne la région des Chaumes, et l'on rentre dans la partie boisée. La route forme là de nombreux lacets, d'une longueur totale de 6 à 7 kil., pour racheter une des plus fortes pentes de la raontagne,qui, à vol d'oiseau, ne dépasserait pas 2 kil. On abrégera beaucoup en prenant, au moins dans ce passage, l'ancien chemin forestier qui croise tous ces lacets presque en ligne droite. — Au bas de ces nombreux contours, les plus considérables de la descente, on atteint la Savoureuse, qui prend sa source un peu au-dessous du sommet du Ballon et dont la route côtoie les bords jusqu'à Belfort. A g. s'ouvrent plusieurs gorges agrestes; à dr., on longe la base des prolongements escarpés du Ballon de Saint-Antoine (U00 met.
d'altit.).
54 kil. (25 kil. environ de Saint- Maurice). Le Puix (en allemand Sotta), o. de 2013 hab., située à l'entrée d'un admirable vallon, qui s'ouvre dans la vallée de la Savoureuse et qu'arrose le ruisseau de la Beucinière, en descendant du revers E. du ballon de Saint-Antoine (tissage mécanique de coton , scieries et moulins). Charles Nodier a placé au Puix un des plus charmants épisodes de sa vie de jeunesse. « Vous
tous, dit-il, qui avex voyagé dans tous pays et qui n'avez pas vu la gorge romantique du Puix, il vous reste un voyage essentiel à faire. »
56 kil. Giromagny, cb.-l. de c.
de 2893 hab., sur la rive dr. de la Savoureuse, près d'une espèce de cirque couvert de prairies et enveloppé au N. par les montagnes qui forment le prolongement du massif du Ballon d'Alsace. Ce Village appartenait autrefois au comté de Fcrrette et passa par alliance dans la maison d'Autriche avant d'être réuni à la France, au xvn« «. Son territoire renferme en abondance le granit, le porphyre, le marbre ; il s*y trouve plusieurs mines de cuivre, de plomb et d'argent, anciennement exploitées, aujourd'hui abandonnées. Giromagny, renommé par sa fabrication de toiles de chanvre et de lin et de linge de table .
possède une filature et un tissage de coton (20 000 broches, 310 métiers) , plusieurs tissages à bras, deux huileries, une tannerie et une scierie. VègiUe paroissiale et Vhôtel de ville sont deux beaux édifices mo* dernes.
La vallée de la Savoureuse s'élargit de plus en plus, et l'on entre bientôt dans la plaine, coupée de nombreux étangs , qui se développe entre Bel-* fort et le pied des montagnes.
61 kil. Chaux, v. de 693 hab., suf la Savoureuse (fabrique importante dé produits chimiques; tissage do coton; moulins à farine et à tan),
64 kil. Sermamaany, v. de 505 hab., sur la rive dr. de la Savoureuse (tis-» sage de coton, féculerie et scierie).
Le grand étang de Malsaussy, qui fait partie de cette commune, se trouve à 2 kil. au S. O. du village* On franchit la Savoureuse à deux reprises, entre les hauteurs boisées de Salbert (à dr.) et d'Arsot (à g.).
66 kil. Valdoye (K. R. 3, p. 228) près du chemin de fer de Paris h Mulhouse, que la route côtoie d'assefc près à dr., en traveesant de belles prairies et en longeant à g. la Savôu-
reusc. — On entre à Belfort par la porte de France.
69 kil. Belfort (R. 3).