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ROUTE 62] COL DE LA SCHLUCHT. — LE HONECK

après avoir dépassé les chaumes qui s'étendent à dr. jusqu'à la limite de la route, on arrive au Collet, distant de 2 kil. du col de la Schlucht, et séparant la vallée de la Combe (à' g.) des hauteurs de Farimont et du Honeck (à dr.). Près du Collet prennent leurs squrces la Meurthe (à g.) et la Vologne (à dr.). De ce point, la vue s'étend au N. sur les belles vallées de la Combe et du Valtin. Enfin, on atteint, au (12 kil.) col de la Schlucht (1250 mèl.d'altit. environ; on y trouve un guide, Pierrez Urbain, de Stosswihr) , le revers oriental des Vosges, par lequel on descend dans la vallée du Rhin. C'est là que s'élève, à dr., en avant d'un petit bois de hêtres et au sommet d'un immense rocher qui se dresse à pic du côté de la vallée de Munster, le chalet Hartmann, construit à la suite et en souvenir d'une visite faite en 1858, par l'empereur Napoléon III, au col de la Schlucht.

Ce chalet a été depuis converti en un hôtel-restaurant, pour suppléer à l'insuffisance d'une auberge qui subsiste encore tout à côte.

Le col de la Schlucht forme, sur ce point, la ligne de séparation entre le départ, des Vosges et celui du Haut- Rhin. — Si l'on ne prolonge pas sa course dans la direction de Munster, on devra du moins redescendre la vallée pendant l'espace de 1 kil., jusqu'à un tunnel semblable à celui qu'on a précédemment traversé. La vue dont on jouit en s'y rendant est splendide.

A dr., le regard embrasse une gorge immense revêtue de forêts et de verdure, et fermée par le gigantesque escarpement de granit auquel s'appuie l'arête supérieure des Vosges.

Ces murailles de rochers sur lesquelles font saillie, çà et là, d'énormes piliers naturels ressemblant aux grands contre-forts d'une église, sont sillonnées de déchirures bizarres qui rappellent en quelques endroits la façade sculptée des cathédrales gothiques. Nous signalerons spécialement, sous ce rapport, les beaux rochers qui s'élèvent à g.

de la route, en deçà du tunnel dont nous venons de parler.

Du col de la Schlucht, on se rend au sommet du Honeck (3 kil. au plus), en traversant le petit bois de hêtres planté (à dr. de la route) en arrière du chalet Hartmann. Le chemin passe près des sources de la Vologne et atteint bientôt les chaumes duForimont, où il s'efface presque complètement sur des pelouses d'un gazon fin et serré, qu'ilfautsuivre dans ladirection du S., ayant par conséquent à g. la vallée de l'Alsace et à dr. celle de Gérardmer. Après 30à35min. démarche, on arrive à la cime du Honeck (1366 mèt. d'altit.) par un pli de terrain qui la remonte en la contournant. Du sommet du Honeck, situé vers le milieu de la grande chaîne des Vosges, le panorama est immense et magni- * fique. A TE., on embrasse du regard la vallée du Rhin, de Bâie à Spire, limitée au delà du fleuve par la Forêt- Noire. A dr. se dressent, au-dessus de sommets secondaires, le Ballon de Guebwiller (R. 2), le Rossberg (R. 3 et 87) et le Ballon d'Alsace (R. 57) ; plus loin, à l'extrême horizon, se dessine la ligne bleuâtre du Jura, et même, lorsque le temps est favorable, la chaîne des Alpes. A g., on découvre le Thanet (1296 mèt.

d'altit.), le Gazon de Fête (1306 mèt.

d'altit.); au delà, vers le N.,leChampdu-Feu (R. 83), et, à l'O., derrière celui-ci, une partie des plaines de la Lorraine. Enfin, immédiatement audessous du Honeck, s'étendent la vallée de Munster, les vallons pittoresques qui viennent y aboutir, et, au-dessus de ces derniers, les chaumes de Gasteney et de Frankenthal, coupés de forêts de sapins.

Les chaumes du Honeck et de ses abords ont la même physionomie que celles du Ballon d'Alsace; elles sont également revêtues d'un gazon fin, émaillé de la flore riche et variée des plantes alpestres : la pensée des Vosges, la gentiane, l'arnica, la victoriale et surtout l'anémone des Alpes. Au

mois de juin, cette anémone couvre la I montagne d'un voile dont l'éclatante I blancheur rivalise avec celle des neiges d'hiver.

On peut gagner la Bresse en suivant les sommets du Honeck et de la montagne (ÏOrltmont. On passe alors à la chaume de Schmargult et à quelques centaines de mètres de la fontaine de la Duchesse, source de la Moselotte. Cette fontaine, remarquable par l'abondance et la fraîcheur de ses eaux, offre cette particularité que leur volume s'augmente sensiblement en été et pendant les grandes chaleurs, ce qui a fait penser à certains géologues qu'elle communique par un immense siphon avec les glaciers des Alpes. Arrive à la chaume de FresmusSy on a le choix entre deux directions. En prenant à dr., on descend au lac de Blanchemer, et, de là, dans la vallée de la Moselotte, qui conduit directement à la Bresse. En prenant à g., on se dirige, par le Rothenbach et le Rainkoff, vers le col de Bramont, d'où une route magnifique conduit, d'un côté (à dr.) à la Bresse, de l'autre (à g.) à Wildenstein (R. 66 et 67).

De la Schlucht, on peut aussi aller visiter (6 kil. environ) le lac Vert ou de Daren, et les lacs Noir (8 kil.) et Blanc (10 kil.) (F. R. 2, p. 149).

Le retour dans la vallée de Munster par les chaumes de Frankenthal et de Gaateney, et par Luttenbach (R. 85), forme une course très-intéressante, mais pour laquelle un guide est indispensable. Parmi les métairies situées sur ces hauteurs, nous indiquerons celle de Frankenthal, où l'on trouve à se rafraîchir (à 500 mèt. environ du Honeck).

*c Après vous être restaurés , dit M. F. Kirschleger (Guide du Botaniste), allei jeter un regard dans la cabane du pâtre et dans l'étable. Allez voir comment ces bonnes gens couchent et cuisinent; comment Us fabriquent leurs fromages de Munster; examinez leur àtre, leurs ustensiles, leur séchoir, leur presse, leur

cheminée primitive, etc. Les pâtres passent quatre mois sur ces hauteurs; ils n'ont d'autre société que le gamin qui chaque matin quitte le village pour y retourner chaque soir, en conduisant deux ou trois ânons chargés des fromages de la veille. Quand ils ont trait leurs vaches, filtré leur lait à travers les branchages feuillus du lycopode et préparé les fromages, les pâtres vont visiter • leurs bêtes confiées à la direction d'une vache -maîtresse qui porte à son cou une grosse cloche en laiton ou en tôle. Celles-ci pâturent souvent fort tranquillement dans les escarpements les plus abrupts. Il suffit d'une parole, du son du chalumeau, pour les rappeler à l'étable.... Le costume du pâtre est très-simple : pantalon et camisole en grosse toile de chanvre, une chemise blanche dont le devant est orné d'une agrafe en argent; la coiffure consiste en un bonnet hémisphérique en cuir ; la chaussure est une paire de sabots. Les aliments sont simples : du lait dit serai, des pommes de terre, du fromage, du pain noir, quelquefois une omelette au fromage et aux pommes de terre ; rarement un morceau de lard ; trèsexceptionnellement du vin. »

A la Pentecôte, la jeunesse des Vosges et de l'Alsace se réunit habituellement sur les chaumes qui forment la limite des deux provinces pour saluer le retour du printemps dans une fête champêtre.

De Gérardmer à Colmar, par Munster R. 63; — à la Bresse, R. 65.

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