LAC DE RETOURNEMER
col de la Schlucht s'ouvre mmédiatement à dr. ; à chacune des extrémités du pont se présente un sentier aboutissant (300 à 400 mèt. environ) à la cascade du Saut des Cuves (on devra parcourir ces deux sentiers pour voir la chute sous ses divers aspects).
Le Saut des Cuves ou cascade de la Vologne doit le premier de ces noms aux grands évasements formés par l'eau, qui s'élance d'une roche élevée, entre deux murailles verticales de granit presque parallèles entre elles. Cette chute d'eau offre beaucoup d'analogie avec la cascade de Saint- Amé; mais elle l'emporte sur elle par le mouvement plus grandiose des eaux et par le paysage, bien autrement vaste et accidenté, qui l'encadre.
Prenant à dr. , au delà du pont de la Vologne, la route de la Schlucht, on laisse à g., à 400 ou 500 met. du pont, un chemin qui, traversant le hameau des Fies, remonte la montagne de la Brande, passe au lieu dit la Brûlée, et se dirige, à travers les bois, vers le Valtin. On atteint en 20 ou 25 min. de marche le lac de Longemer (6 kil. à peu près de Gérardmer). A ce point, la route se bifurque : l'embranchement de dr. côtoie les lacs, au pied de la montagne de la Brande; l'embranchement de g. forme la nouvelle route créée depuis quelques années pour établir, en continuation de la route de la vallée de Munster, une communication directe entre Gérardmer et Colmar (R. 63). Cette magnifique route, dont les rampes ont été très-habilement ménagées, commence à une altitude de 720 mèt.
pour s'élever, sur le flanc de la montagne de la Brande, au milieu des bois, en dominant constamment à dr. le bassin des lacs, jusqu'à une hauteur de plus de 1200 mèt. Elle a été exécutée par M. H. Hogard, directeur des chemins vicinaux du département des Vosges.
1" Route des lacs. — Le lac de
Longemer (716 mèt. d'altit.), dont on longe la rive N. E., doit son nom {longue mer) à sa forme allongée; il a 2000 mèt. de longueur sur 350 à 500 mèt. de largeur, et une superficie de 75 hect. La nuance foncée des sapins, se reflétant dans les eaux limpides, leur donne une teinte sombre, que fait encore ressortir la fraîcheur des prairies qui garnissent les bords du lac. En l'abordant, on remarque à dr., sur la rive N. 0., la métairie de Longemer, près de laquelle était située, dit-on, la cellule du solitaire Bilon. Sur une langue de terre s'avançant dans le lac, s'élève une petite construction sans caractère, mais très-renommée dans le pays sous le nom de chapelle Saint* Florent; elle renferme un dévidoir auquel on attribuait, jadis, la vertu miraculeuse de guérir diverses maladies lorsqu'on le faisait tourner dans un certain sens.
A l'extrémité S. E. du lac de Longemer (20 à 25 min. de marche), les hauteurs se rapprochant forment un long défilé (2 kil.) en partie bordé d'énormes masses de granit, et au fond duquel coule bruyamment la Vologne. Jusque-là on reste dans une solitude complète; mais, à l'entrée et à la sortie de ce passage pittoresque, on aperçoit quelques métairies et, quand on l'a franchi, on découvre la maison forestière, à g. du cirque étroit qui renferme le lac de Retoumemer. Ce lac est ainsi appelé, parce que, parvenu au fond de cette gorge profonde, fermée par de hautes montagnes, il semble que l'on soit obligé de revenir sur ses pas. Le lac de Retournemer mesure 300 mèt.
environ dans sa plus grande longueur et 200 mèt. de largeur; sa superficie est de 6 hectares; sa profondeur de 20 à 30 mèt Ses eaux, surplombées pour ainsi dire par les sapins, en reçoivent, tout en conservant nne transparence remarquable, une teinte plus sombre encore que celle du lac de Longemer.
M. Élie de Beaumont, dans ses Études géologique» sur la chaîne des Vosges, décrit ainsi la physionomie charmante et agreste de cette région des lacs : a On trouverait difficilement des réduits plus calmes, plus solitaires, plus propres à la méditation, que ces amphithéâtres creusés dans les flancs des montagnes inhabitées.
Les eaux tranquilles du lac semblent comme un miroir placé au fond d'une coupe de verdure. Des sapins séculaires, des hêtres magnifiques croissent ensemble sur ces pentes rectilignes et mélangent leur feuillage de mille teintes diverses. Celte forêt fait un effet d'autant plus agréable qu'elle change de caractère en s'élevant , comme les fleurs d'un bouquet symétriquement disposé. » Pour jouir de la vue complète de ce ravissant paysage, il faut gravir à dr. (au delà du point où la Vologne sort du lac de Retournemer, en se frayant un passage entre les rochers), un tertre de gazon d'où l'on domine l'étroit bassin de Retournemer.
Sur la rive du lac de Longemer, opposée à celle que nous venons de décrire, se trouve également un chemin bien tracé, dit le chemin de Xonrupt, et aboutissant au défilé entre les deux lacs. — A moitié route (1 kil. environ), se présente à dr. un vallon latéral étroit, appelé la Basse dé la Mine } par lequel on gagne (3 kil.
environ) le curieux étang ou lac de Lispach , situé sur les hauteurs, au S. du lac de Longemer, dans une région marécageuse. Cet étang, entouré par une tourbière au sol oscillant et très-compressible, est en partie couvert par une épaisse couche végétale de joncées , de cypéracées et d'arbrisseaux qui croissent à sa surface. Les eaux s'en écoulent en filtrant à travers des sables regardés comme les restes d'anciennes moraines. Du lac de Lispach, on aperçoit au 8. la belle vallée du Chajoîix, aboutissant à la Bresse.
En arrière de la maison forestière
de Retournemer, s'ouvre le chemin des Dames, qui remonte, au milieu des bois, et en traversant le ruisseau Charlemagne (30 min. de marche), à la nouvelle route de la Schlucht, vers une éclaircie d'où l'on embrasse tout . le bassin des lacs (V. ci -dessous).
2° Nouvelle route de la Schlocht.
— Partant de l'extrémité N. 0. du lac de Longemer, cette route gravit la montagne de la Brande par une pente généralement facile et toujours accessible aux voitures. Après l'avoir suivie pendants à 3 kil., on arrive à un petit tunnel percé en plein roc et formant en quelque sorte la porte par laquelle on pénètre dans la région supérieure de la montagne. A dr. du tunnel, un sentier conduit à une plate-forme gazonnée, sommet d'une immense roche de granit, surplombant la vallée des lacs à une hauteur qui donne le vertige. Cette roche a reçu dans le pays le nom de Roche du Diable. De cette terrasse naturelle, très-escarpée, on découvre une vue magnifique comprenant le bassin des trois lacs de Retournemer, de Longemer et de Gérardmer, et leur enceinte de montagnes se prolongeant au loin, à l'horizon, à 10. de Gérardmer. A quelques cen laines de mètres du tunnel, on remarque un joli chalet ou maison suisse, qui servait d'habitation à M. Hogard, pendant la construction de la route.
Le chemin devient de plus en plus agréable, à mesure que l'on gagne les hauteurs. Le regard plonge à g.
dans la profondeur des bois, dont la lisière est garnie de bruyères, et où commencent à se montrer les plantes alpestres. En même temps, la pente s'adoucit, et la montée devient plus facile. A 3 kil. environ au delà du tunnel, on trouve à dr., immédiatement au-dessus du lac de Retournemer, une éclaircie d'où l'on embrasse encore, dans un admirable ensemble, toute la vallée de Gérardmer.
C'est là que vient déboucher le chemin des Dames. 20 min. plus loin,