ROUTE 66] CORNIMONT
un bassin profond , entre de hautes montagnes presque partout couvertes de pâturages et de fermes. Les deux sources principales de la Moselotte se réunissent à la Bresse, après avoir contourné, au N. 0. et au S. E., le Moyenmont, dont le nom semble venir de sa situation intermédiaire entre la vallée de la Bresse et le vallon latéral qui y débouche. La Bresse est une commune très-riche en forêts et jouissant d'un revenu annuel de 100000 francs. Elle fait un grand commerce de beurre renommé et de fromages; l'industrie y est représentée par des tissages de coton et par la boissellerie.
La Bresse , selon une tradition généra»
lement adoptée, parait avoir eu pour origine une colonie alsacienne qui , ayant franchi très-anciennement la montagne de Rothenbach (V. R. 67), serait descendue dans la vallée de la Moselotte et s'y serait établie. On ne trouve cependant à la Bresse auenne trace de la langue allemande, qui s'y serait vraisemblablement perpétuée, si cette hypothèse était bien fondée. En 1635, la Bresse eut beaucoup à souffrir des Suédois, qui brûlèrent le village et tuèrent une partie/le ses habitants; les autres furent bientôt après décimés par la peste noire au fond des montagnes où ils s'étaient enfuis. A peine remis de cette désastreuse invasion, ils commençaient à reconstruire des maisons à quelque distance à l'E. de l'emplacement primitif du village, lorsque le passage des Français à travers les Vosges, pondant les campagnes de Turenne en Alsace, attira de nouvelles calamités sur la contrée. La BreBse conserva, depuis un temps immémorial jusqu'à son érection en commune, après t789, diverses eoutumes et privilèges qui en faisaient, dans une certaine mesure, un canton indépendant, une aorte de petite république. Les habitants, chefs de famille, veufs ou célibataires des deux sexes> nommaient, à Télection directe, sans aucune restriction de cens ou autre, un conseil communal ou conseil des anciens, composé d u nmayeur (maire), de ont jurés et d'un doyen ou evpparitor. Ce conseil , réunissant les attributions administratives et judiciaires, connaissait en première instance de toute matière personnelle et