PAR BACCARAT ET RAON -L'ÉTAPE
50 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 2 h. et en t h. 40 min. — i™ cl. 5 fr. 60 c.j 2« cl. 4 fr. 20 c; 3« cl. 3 fr. 10 c.
L'embranchement de Saint -Dié, après avoir emprunté le parcours de la ligne de Paris à Strasbourg, pendant 1 kil. environ, s'en détache sur la dr. pour prendre, par une grande courbe, la direction du S. et suivre constamment la vallée de la Meurthe.
Le paysage, en général insignifiant, offre cependant quelques points de vue agréables sur la ligne de coteaux, en partie garnis de bois, qui domine la rive g. de la rivière (à dr.
du chemin de fer). En s'écartant de la ligne de Strasbourg, la voie ferrée atteint bientôt la forêt de Mondon, qu'elle croise à son extrémité S. 0.
et dont on aperçoit à g. les longues avenues. De l'autre côté de la Meurthe s'élève, à l'extrémité d'une grande prairie, la ferme de Beaupré, construite sur l'emplacement d'une magnifique abbaye fondée au xm* s. par le duc Mathieu II. Ruinée une première fois à l'époque des guerres de Lorraine auxvir s., cette abbaye a été presque totalement détruite à lafinduxvm* s.
1 1 kil. Saint-Clément, v. de 852 hab., possède une faïencerie importante (120 à 150 ouvriers) fondée en 1758, et qui fabrique de la faïence dite de Lorraine, à émail opaque, de la terre de pipe émail lée et de la faïence peinte. — On longe à dr. la route de terre, au delà de laquelle la Meurthe coule au pied d'une belle colline boisée. Plus loin du même côté, entre la route et la rivière, se trouve Chènevières (395 hab.).
16 kil. Mesnil-Flin (halte), hameau dépendant de Flin, v. de 656 hab. , situé sur la rive g. de la Meurthe, à 700 mèt. environ à dr. du chemin de fer (filature de laine; tuilerie avec four à
chaux; belles carrières de pierres calcaires). A 2 kil. au S. de Flin, se trouvait le prieuré de Mervaville, aujourd'hui remplacé par une exploitation agricole. Le chœur de l'église prieuriale subsiste encore.
19 kil. A zer ailles, v. de 742 hab., à dr. du chemin de fer, sur la rive droite de la Meurthe, que resserrent en cet endroit deux coteaux élevés et nus (tuilerie considérable et fours à chaux; belle église moderne). — A 1 kil. environ en deçà de Baccarat, on croise la route de Blamont à Baccarat, près de sa jonction avec la route d'Êpinal, à côté de la chapelle de Sainte-Catherine, qui marque l'endroit où furent enterrés les habitants . de Deneuvre et de Baccarat morts de la peste pendant l'épidémie qui ravagea la Lorraine de 1630 à 1636.
25 kil. Baccarat (hôt. du Pont), ch.-l. de c, V. de 4763 hab., est assez pittoresquement située à 286 mèt.
d'altit. , sur la Meurthe , dont les deux rives sont dominées par de hautes collines boisées ; celle de Deneuvre, àl'O., atteint 341 mèt. d'altit.
Baccarat, qui doit toute son importance à sa magnifique cristallerie, l'établissement le plus considérable de ce genre qui existe en France, par la supériorité et le nombre de ses produits, n'était au xm* s. qu'une sorte de faubourg de l'ancienne ville de Deneuvre. Elle en fut séparée, en 1292 , par l'évèque de Metz , Bouchard d'Avesne, qui l'entoura d'une enceinte de murailles au commencement du xiv* s. Après avoir fait partie du domaine temporel de l'évéché de Metz jusqu'en 15S2, elle passa à cette époque sous la protection de la France.
Baccarat fut assiégée par le duc Raoul de Lorraine, en 1 340, et par le duc René II, en 1478. En 1SS8, les protestants, ayant à leur tête François de Coligny, frère de l'amiral et gendre du prince de Salm, s'emparèrent aussi de cette ville et l'incendièrent en partie.
En 1636, les troupes du duc Charles IV de Lorraine, accompagnées de quelques Suisses et commandées par M. de Bassompierre prirent également Baccarat d'assaut. En 1638, Tu renne, obligé de lever le siège de Remiremont, s'empara aussi de Bac-