‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 291 sur 489 · DE LUNÉVILLE A SAINT-DIÉ. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE LUNÉVILLE A SAINT-DIÉ. [ROUTE

les deux grottes de la Rochotte. Ces grottes, creusées de main d'homme à une époque reculée, servirent longtemps de retraite à des ermites qui firent, de l'une, leur habitation, et de l'autre, leur chapelle. A côté se trouve l'ancienne chapelle de Sainte-Marie- Madeleine, convertie en écurie.

[Corresp. pour : — (15 kil.) Rambervillers (R. 51) ; — (44 kil.) Êpinal (R. 55H — (5 kil.) Merviller, v. de 694 hab., exploitant des carrières de grès; — (9 kil.) Montigny, v. de 305 hab., sur la Blette, petit affluent de la Vezouze; — (11 kil.) Sainte- Pôle, v. de 410 hab., sur la Blette; — (17 k'û.) Badonviller, v. de 2069 hab., situé sur la Blette, dans une gorge, au pied des Vosges (320 mèt. d'altit.) et à la limite du versant boisé qui domine, au N. 0., la vallée de Celles ou de la Plaine.

Badonviller, qui doit, dit- on, son origine et son nom (Badonis Villa) à Badon, l'un des évêques de Toul, était primitivement le chef-lieu du comté de Salm et possédait un château fort, aujourd'hui détruit. Il y existait aussi un couvent d'Annonciades, dont on voit encore quelques vestiges.

Dévasté par des incendies considérables en 1819, 1830 et 1837, ce village a été presque entièrement reconstruit à la suite de ces désastres.

Véglise paroissiale date du xvm« s.

La commune renferme plusieurs fontaines alimentées par des sources trèsabondantes; elle possède des carrières de grès, une filature de laine et une faïencerie.

De Badonviller, on peut gagner la vallée de Celles par un chemin qui se dirige, à travers bois, sur (11 kil.) Allarmont (R. 72).]

De Baccarat à Épinal, R. 55; — à Rambervillers, R. 74.

Le chemin de fer, passant derrière le parc de la cristallerie, dont la vue est cachée par des plantations, croise la route de terre, qu'il longe à g.

29 kil. Bertrichamps (halte), v. de

1034 hab., à g. —3 kil. plus loin, on passe du départ, de la Meurthe dans celui des Vosges, et Ton franchit la Meurthe à plusieurs reprises.

' 34 kil. Raon-l'Étape (hôt. des Halles), ch.-l. de c, V. de 3709 hab., au confluent de la Plaine et de la Meurthe, sur la rive dr. de cette dernière rivière et à g. du chemin de fer. La station est établie sur la rive g. de la Meurthe, au v. de la Neuve" ville~lex-Raon (1276 hab.), qui forme comme le faubourg de Raon-l'Êtape, avec laquelle il communique par un beau pont en pierre.

Raon-l'Étape doit son surnom à sa position comme point intermédiaire de station ou d'étape sur l'une des principales routes de communication entre la Lorraine et l'Alsace. Cette ville occupe une' situation charmante au débouché de la vallée de Celles et à l'entrée de l'un des défilés les plus pittoresques que présente la vallée de la Meurthe. En face de Raon, se dresse un magnifique massif de montagnes très-boisées, présentant, du côté de la Meurthe, des escarpements hardis, et se terminant en pentes douces vers l'O.

Raon, qui existait dès 1367, était autrefois fortifiée et entourée de fossés. Sur une colline située au N. E.

de la ville , à g. et à l'entrée de la vallée de Celles, s'élevait le château fort de Beauregard, construit au xm* s., et démoli en partie en 1636, puis entièrement détruit en 1789. De la hauteur de Beauregard (443 mèt.

d'altit.), on jouit d'une très-belle vue sur les vallées de la Meurthe et de Celles.

Il subsiste quelques vestiges des fortifications de Raon-l'Etape : des débris de murailles et les restes d'une tour. Sur le territoire de cette ville, a été trouvée une curieuse pierre sculptée, que Ton croit d'origine romaine. — Raon possède, enfin, une église moderne, un hôtel de ville et de belles halles avec salles de réunion au premier étage.

Une filature est le principal éta-

[H. 69] R AON -L'ÉTAPE. — ÉTIVAL. — SAINT-DIÉ. 413

blissement industriel de cette ville, qui fait un commerce assez considérable de blés.

[Les touristes qui ne voudront pas remonter toute la vallée de Celles (à l'E. de la ville), devront du moins la visiter sur un parcours de 3 à 4 kil. C'est une promenade ravissante , au point de vue de la verdure. ]

De Raon-l'Étape à Schirmeck, R. 72.

Quand on a franchi de nouveau la Meurthe, on longe la base de la montagne de Repy (àdr.), qui domine la . rive g. de la rivière, vers laquelle elle offre d'admirables masses de rochers; traversant ensuite une charmante gorge, on croise, au hameau de Saint-Biaise, sur un pont de trois arches, le Rabodeau, affluent de la Meurthe.

39 kil. Étival, V. de 2040 hab., située à g. du chemin de fer, sur un petit affluent de la Meurthe, doit son origine à une abbaye fondée, dit-on, au vu* s., par saint Leudin, évôque de Toul. Pillée et à demi ruinée au s. par les Hongrois, elle fut donnée à des religieux de l'ordre de Prémontré, qui l'occupèrent jusqu'à l'époque de la Révolution. Véglise abbatiale subsiste encore; c'est un bel édifice en grès rouge, à trois nefs avec transsept. Des deux tours carrées qui devaient décorer la façade, celle du N. seule a été terminée; celle du S. s'arrête à la toiture. Onremarque, à l'intérieur de l'église, des sculptures décoratives d'une bonne exécution, les moulures de la voûte, des peintures intéressantes dues à l'un des abbés, le P. Frouart, artiste plein d'imagination et de talent, qui réforma, en 1627, la discipline de la communauté, et enfin un tableau (le Christ bénissant les enfants) attribué à Rubens.

Sur la montagne de Repy (614 mèt.

d'altit.), qui abrite Etival au N., se voient des traces importantes d'un camp romain. Le mouvement du terrain permet d'en reconnaître encore

les lignes de circonvallation et les entrées principales. Des fouilles pratiquées sur cet emplacement ont mis au jour des restes de murs épais, en moellons et en terre. Des fragments de poteries, des meules à bras et des disques eu bronze ont été aussi découverts en ce lieu.-- A l'O. du village, se trouvent les ruines d'une ancienne abbaye de femmes, placée sous l'invocation de sainte Odile.

Ëtival possède une importante papeterie, fondée, il y a une quinzaine d'années, au hameau de Clairefontaine, entre le village et le pied du mont Repy. Cette usine a pour moteur une chute d'eau qu'alimente un vaste réservoir situé en arrière de la manufacture. Elle livre chaque année au commerce 10000 à 12000 rames de papier. Des scieries, une féculerie et une taillanderie sont les autres établissements industriels d 'Étival, qui fait, en outre, un commerce important de bois et de bétail.

[Corresp. pour (9 kil.) Senones, par (4 kil.) Moyenmoûtier (R. 73). ]

D'Êtival à Senones, R. 73.

Après avoir suivi pendant quelque temps encore la rive dr. de la Meurthe, on passe sur la rive g., près de la Voivre, v. de 569 hab.

44 kil. Saint-Michel, v. de 1491 hab., à dr. de la voie ferrée. Véglise paroissiale a été construite en 1722, sur une éminence consacrée autrefois au culte druidique. — On suit la base de la .montagne boisée de la Madeleine (654 mèt. d'altit.); puis, après avoir franchi, à la Ménantille, le ruisseau de Taintrux, sur un beau pont de 4 arches, et avoir croisé à niveau la route de Saint-Dié à Bruyères, on découvre, sur la dr., la montagne de Saint-Martin (730 mèt. d'altit.), et sur la g., la Meurthe et une partie de la ville de Saint-Dié.

50 kil. Saint-Dié (omnibus à tous les trains : 25 c. par place, 10 c. par colis; — hôt.: de la Poste, du Commerce; — cafés Parisien, Jfay; —

k\k DE LUNÉVILLE A SAINT-DIÉ.- [ROUTE 69]

libraires : Maucotel, Freiss) , ch.-l.

d'arrond. du départ, des Vosges, V. de 10472 hab.. siège d'un évêché, est située principalement sur la rive dr.

de la Meurthe, à 344 met. d'altit.

Une large voie d'accès conduit (5 min.) de la gare au quartier Saint- Martin, bâti sur la rive g. de la Meurthe, auquel aboutissent les routes de terre de Strasbourg par Schirmeck, de Schlestadt par Sainte- M arie-aux- Mines, de Colmarpar la Poutroye,de Remiremont par Gérardmer, et d'Épinal par Rambervillers. On traverse ce quartier, en laissant à g. V église Saint-Martin, bâtie en grès rouge, dans le style du xvin- s. La façade de cet édifice est surmontée d'une tour carrée à deux étages, décorée de pilastres corinthiens. Apres avoir franchi la Meurthe, sur un pont remarquable, construit en 181 G (trois grandes arches en arc surbaissé, reposant suides piles monumentales, et deux arches marinières), on pénètre dans la ville proprement dite, par la rue principale qui s'ouvre dans l'axe du pont.

Saint-Dié occupe une admirable position, entre deux groupes de hautes montagnes couvertes d'arbres verts (épicéas, pins sylvestres et sapins), au milieu de riantes prairies s'étendant sur les deux rives de la Meurthe, qui se grossit, en cet endroit, de plusieurs ruisseaux, dont le plus considérable est le Robache. La Grande-Rue de Saint-Dié et toute la partie delà ville reconstruite à la suite de l'incendie de 1 759 rappellent un peu les beaux quartiers de Nancy par leur largeur et leur régularité, et par le caractère des constructions; l'autre partie (à dr. de la Grande-Rue) est coupée de rues irrégulières, dont les maisons ont un aspect moins riche. Les sites grandioses qui entourent Saint-Dié lui forment une décoration que le regard embrasse de la plupart des points de la ville, mais surtout de la Grande- Rue, qui offre aussi pour perspective une belle fontaine monumentale.

Le territoire de Saint-Dié paraît avoir été occupé originairement par une fraction de la peuplade gauloise des Triboques. Plus tard, selon M. l'abbé Gravier, le savant historien de Saint-Dié, les Romains auraient formé un établissement en ces lieux et y auraient eu, sur remplacement actuel du faubourg Saint-Martin, un /brum ou marché', qui servit en même temps de lieu d'assemblée publique durant toute la période gallo-romaine. Des monnaies, des médailles, des fondations de murailles épaisses, découvertes au faubourg Saint -Martin, appuient cette opinion. Mais c'est en réalité à saint Déodatus ou Dieudonné, évêque de Nevers, que remonte l'origine de la ville actuelle de Saint-Dié. Déodatus ayant, en (>60, renoncé aux honneurs de l'épiscopat, vint prêcher le christianisme dans les Vosges. Parvenu dans la vallée supérieure de la Meurthe, au confluent de cette rivière et du ruisseau de Robache, il y établit an monastère, éleva plusieurs oratoires dans les environs et donna à ce magnifique vallon le nom de Val d» (2ait(e«. Le renom de piété de Déodates valut à la communauté qu'il avait fondée la protection de Chilpéric II, roi d'Austrasie, qui lui fit une donation considérable de terres. En même temps, Numérien, archevêque de Trêves, accorda au saint fondateur et à ses successeurs la juridiction épiscopale dans toute l'étendue du val de Galilée. Quelques habitations ne tardèrent pas à se grouper autour du nouvel établissement religieux, et ce village, rapide^ ment agrandi, devint la ville de Saint-Dié. Après divers changements dans sa discipline, la communauté fut définitivement sécularisée à la fin du x* s., et organisée en un chapitre de chanoines qui forma l'insigne collégial* connue sous le titre d'abbaye de Saint-Dié. Les membres du chapitre étaient choisis parmi les familles de la plus haute noblesse, et l'on compte, au nombre des grands prévôts ou chefs du chapitre, le pape Léon X, avant son avènement au pontificat, et neuf princes de la maison de Lorraine* L'abbaye de Saint-Dié avait obtenu, des empereurs d'Allemagne, des ducs de Lorraine «t des papes, des privilèges et des droits véritablement régaliens, entre autres celui dé frapper monnaie, droit qu'elle exerça jusqu'au xv« s., concurremment avee les ducs de Lorraine. L'église et les demeures canoniales, entourées de murailles et de fossés, formaient une sorte de citadelle dans le haut de la ville, dontjes quartier»

Page 1