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SAINT-DIÉ

les plus rapprochés de la Meurthe relevaient des ducs de Lorraine. Ces deux pouvoirs, constamment en contact, s'associèrent pour la construction des remparts de Saint-Dié, aujourd'hui détruits ; mais ils furent souvent en lutte au sujet de leurs droits réciproques. À partir du xvt« s., les ducs de Lorraine commencèrent à faire prévaloir leur autorité.

En 1626, le duc Charles IV porta à l'influence du chapitre une des plus graves atteintes en ordonnant la formation d'un conseil de ville dont les membres furent exclusivement élus par le peuple. La création d'un évéché, obtenue du saint siège par le roi Stanislas, en privant le chapitre d'une partie de sa souveraineté spirituelle, acheva de réduire singulièrement son importance. Quelques années plus tard, la Révolution amena à la fois la suppression du chapitre et celle du siège épiscopal. Celui-ci a été rétabli en 1817, mais il n'a de titulaire que depuis 1824.

Saint-Dié eut beaucoup à souffrir des guerres des xv«, xvi« et xvii» s. En H75, Charles le Téméraire l'occupa quelque temps; en 1553, Charles-Quint, après le siège de Metz, essaya en vain de s'en em-

{>arer; enfin, au xvn€ s., les Français et es Suédois l'assiégèrent et y entrèrent à diverses reprises. En 1689, les Suédois, y ayant pénétré pour la seconde fois, livrèrent aux flammes la maison du grand prévôt et celles de plusieurs chanoines. Saint-Dié a été, en outre, la proie d'incendies considérables en 1065, 1155 et 1554. L'incendie de 1554, ainsi que le rappelle une inscription latine placée dans la nef de la cathédrale, dévora, en moins d'une heure, 124 maisons. Deux siècles s'étaient écoulés depuis ce désastre, quand, le 27 juillet 1757, un quatrième incendie, plus formidable encore que les précédents, détruisit, en quelques heures, toute la partie occidentale de la ville. De 2 heures de l'après-midi à 6 heures du soir, 116 maisons et tout le mobilier qu'elles renfermaient furent consumées sans que l'on pût rien en sauver. A la première nouvelle de ce terrible événement, le roi Stanislas se rendit à Saint- Dié et prit les mesures les plus efficaces pour faire reconstruire le quartier incendié, qui forme actuellement la ville neuve. Une fontaine monumentale, élevée sur la place Stanislas, rappelle à la fois la sollicitude du souverain et la reconnaissance des habitants.

Saint-Dié est une des premières villes

de la Lorraine où l'imprimerie fut introduite. Gauthier Lud, membre du chapitre, associé à Matbias Ringman, établit, à la fin du xv* s., des presses renommées pour la beauté de leurs impressions (K. Y Histoire rte Saint-Dié, par M. l'abbé Gravier, et les Recherches sur l'établissement et le» progrès de l'imprimerie en Lorraine, par M. de Beaupré).

Parmi les personnages illustres nés à Saint-Dié, nous nommerons : le sire de Bcaumont, châtelain de Saint-Dié, qui, à la bataille de Nancy» perça d'un coup d'épée Charles le Téméraire, le prenant pour un simple chevalier; le chanoine de Biaru, auteur du poème latin de la Nancéide, dans lequel il a célébré la délivrance de Nancy; le brave général Haxo (1750-1793). tué en Vendée; et l'excellent peintre miniaturiste Augustin (1759 1830). Pendant la Révolution, eu 1794, Delille vint chercher une retraite à Saint-Dié, où il termina sa traduction de VÉnéide.

La cathédrale de Saint-Dié, appelée aussi la grande église, est située sur un tertre, au N. de la ville, à l'extrémité de la Grande-Rue avec laquelle elle est mise en communication par une ruelle courte et étroite. Elle appartient à trois époques : â l'architecture romane, par une partie de la grande nef; au style ogival, par le cheeur et lei bas côtés; et enfin h l'architecture du xvin* s., par le portail, élevé en 1711. Ce portail, que précède un escalier à double rampe, décoré des statues de la Foi et de la Charité, est bâti en grès rouge, et ne manque pas d'une certaine largeur de style. Il se compose d'une ordonnance de colonnes doriques encadrant une porte surmontée d'un fronton, au-dessus duquel s'ouvre une grande fenêtre cintrée. De chaque côté s'élève une tour à deux étages, percée de fenêtres également en plein cintre. L'intérieur de l'église comprend une nef et deux bas côtés formant quatre grandes travées, composées chacune d'une doubie arcade. À la hauteur des voûtes, un élégant cordon sculpté fait le tour de l'église en se reliant aux chapiteaux des pilastres qui soutiennent la re-

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