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DE SAVERNE A WASSELONNE

PAR MARMOÛTIER.

14 kil. — Route de poste. — Service de voitures publiques. — Trajet en 1 h.

30 min. — Prix unique, 1 fr. 25 c.

La route de Wasselonne traverse Saverne, dont elle sort par le faubourg du S , en laissant à g. la place du Château et l'église paroissiale. — On aperçoit pendant quelque temps, à dr., les hauteurs que couronne le Haut-Ban ; mais on ne tarde pas à s'en éloigner, pour traverser une région monotone où commence, à la base des Vosges moyennes, la grande plaine de l'Alsace.

2 kil. Otterswiller, v. de 7G2 hab., sur le Mosselbach, que Ton franchit aussitôt après avoir dépassé (à g.) le village. — 500 mèt. plus loin, on laisse à dr. la route de Reinhardsniunster. On passe ensuite au pied de la colline de Sindelsberg (à dr.), plantée de vignes et de vergers, et au sommet de laquelle une chapelle indique l'emplacement du monastère du Sindelsberg, fondé en 1115 pai Richevin, abbé de Marmoûtier.

MARMOÛTIER.

du premier étage, sont sculptés en Las-relief le lion et le bœuf nimbés, figures symboliques de deux des Evangélistes. Les deux autres , l'aigle et l'ange, ont dû être détruits dans des reprises faites à celte partie de l'église, il y a déjà longtemps. A dr. de la fenêtre du premier étage, deux autres bas-reliefs représentent, l'un, un lion couché, l'autre, trois figures accroupies écartant les jambes pour laisser voir la tête d'une quatrième.

Un pignon avec corniche à arcades rampantes couronne la façade du milieu. En arrière de cette façade, s'élève le clocher porté par les grands arcs de la tribune du xic s. Les quatre côtés de l'étage du beffroi sont percés chacun de quatre baies géminées, séparées par des colonnettes octogonales avec chapiteaux cubiques ornés de torsades et de dents de scie; des arcades formant, décharge encadrent ces baies. Le beffroi, qui parait remonter au xiic s., présente encore de l'intérêt, tout vermoulu qu'il est.

Sur la face extérieure du transsept N., on remarque les restes d'une belle porte du xu° s.

L'intérieur de l'église comprend trois nefs avec transsept, appartenant au style ogival du xiv" s. et mesurant 34 mèt. de longueur sur 18 met. de largeur totale dans œuvre. Ces nefs, composées chacune de quatre travées, sont séparées par des arcades ogivales reposant sur des faisceaux de colonnes ' avec chapiteaux à feuillages. Sous la'j galerie des orgues s'étend un vesti- ■ bule de toute la largeur des nefs. Le chœur a été reconstruit au xvin0 s., | dans le style ogival, mais avec moins I de goût que n'en présente le reste de l'édifice. Les fenêtres, ogivales, sont à triple ouverture avec rosace au sommet; celles des bas côtés, élargies d'une façon regrettable à une époque assez récente , ont perdu leur caractère d'élégance. L'ensemble du vaisseau, vaste et bien éclairé, sans égaler l'aspect remarquable de la façade, ' est encore fort beau. Nous signale- |

rons, à l'intérieur, les boiseries du chœur, en chêne sculpté, réunissant les attributs de la religion, de la poésie, de la musique, de la sculpture et de la peinture, reliés par des guirlandes de fleurs d'une délicatesse exquise. Quatre tombeaux de la famille des Géroldseck, dans le style des derniers temps de la Renaissance, sont appuyés contre le mur occidental du transsept.

Marmoûtier exploite des brasseries, des moulins à blé, une fabrique de tuiles et des carrières de pierre.

Excursion à Wangeubourg et au Schneeberf.

Cette excursion, dont Saverne forme lo point de départ, peut se faire également de Wasselonne (R. 81). La distance est à peu près la même de l'un et de l'autre point de départ au point d'arrivée (15 kil. environ); mais, si l'on fait cette course à pied, il vaut mieux partir de Saverne, afin de profiter du service de la voiture publique jusqu'à Marmoûtier, d'où il ne reste plus que 9 à io kil. de marche.

On prend, à la sortie de Marmoûtier, à l'issue d'une petite rue qui s'ouvre à dr. dans la Grande -Hue, presque en face de la place du Marché, un chemin se dirigeant vers le S. 0.

et par lequel on atteint d'abord (3 kil.) Dimbsthai, v.de 319 hah., puis (5 kil.) Birckenwald, v. de 574 hab., sur le ruisseau du Sommerau. Birckenwald possède un château avec tourelles rondes à toit conique, bâti dans la seconde moitié du xvi- s. et en partie recouvert sur l'un de ses côtés par des éboulements.

Après avoir dépassé (à dr.) l'église de Birckenwald et avoir laissé du même côté le chemin de Reinhardsmunslcr, on tourne à g. et l'on traverse une région boisée et pittoresque En 30 min. de marche, on atteint, à 1 kil. en deçà du hameau d'Obersteigen, une nouvelle bifurcation. Le chemin de g. monte directement a (15 ou 16 kil. de Saverne; 9 à 10 kil. de Marmoûtier) Wangenbourg et

franchit (2 kil. de la bifurcation) la Mossig, qui prend sa source sur le versant occidental du Schneeberg et se jette dans la Bruche un peu audessous de Soultz. Le chemin de dr., plus facile mais plus long, traverse le hameau d'Obersteigen, et, à l'entrée de la commune d'Engenthal, rejoint (à g.) le chemin direct de Wangenbourg au point où il franchit la Mossig.

Wangenbourg (hôtel Weyer) est un v. de 213 hab., situé sur une colline de grès vosgien et environné de toutes parts par des forêts où le sapin commence à dominer. A l'E. du village, s'élèvent, derrière l'église, les ruines, encore assez bien conservées, du château de Wangenbourg, fondé au xiv* s. par la famille de Wangen.

Elles se composent d'un donjon carré à créneaux dont la plate -forme est couverte de végétation, et d'un pan de mur percé de quelques fenêtres.

Non loin du château de Wangenbourg, se trouvait celui de Freudeneck dont il ne reste plus de vestiges. Les environs de Wangenbourg paraissent avoir été protégés par plusieurs postes fortifiés, dont il subsiste de nombreuses traces.

De Wangenbourg, l'excursion au Schneeberg et à la cascade du Nideck est plus aisée et plus courte que de Dabo (V. R. 1, p. 88). — Un bon chemin qui s'ouvre à g., à l'extrémité 0. du village, conduit, en 1 h. 15 min. (5 kil. environ), en montant à travers des bois et des blocs de rochers, à la plate -forme du Schneeberg (963 mèt. d'altit.), ainsi nommée (en français, montagne de la Neige) des neiges qui y régnent pendant la plus grande partie de l'année. Cette plateforme, composée de roches de grès dénudées, n oiïre d'autre végétation que des mousses pâles et chétives.

On y remarque une pierre branlante placée dans un curieux équilibre et qu'une faible impulsion met en mouvement. Les savants se sont demandé si c'était simplement un phénomène naturel ou un monument

du culte des Druides, mais la question n'a pas été résolue. Le Schneeberg possède aussi un écho qui répète distinctement trois mots de suite, à trois reprises et sur trois tons différents.

Du Schneéberg, il y a à peu près 1 h. de marche jusqu'à la cascade du .Nideck, où conduisent des sentiers de forêts qui rejoignent le chemin d'exploitation passant près de la maison forestière du Nideck. De là, on gagne directement soit le fond de la gorge où se trouve la cascade, soit les ruines du château.

Pour cette excursion, et surtout pour le parcours du Schneeberg au Nideck, on fera bien de se faire accompagner par un guide depuis Wangenbourg. — De la cascade, il vaut mieux, au lieu de revenir sur ses pas, gagner Mutzig par Oberhaslach e t Urmatt. A Mutzig, on peut prendre le chemin de fer départemental (R. 82) .

8 kil. Singrùt, v. de 420 hab., entre deux petites collines. — On aperçoit plus loin, à g., à 500 mèt. environ de la route, Crasstatt, v. de 312 hab.

14 kil. Wasselonne (R. 81).

PAR HAGUBNAO.

548 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 12 h. et 12 h. 25 min. par trains express ; en 14 h. 21 min. par trains directs, et en 16 h. 10 min. par trains semi-directs. — 1™ cl. 6t fr. 40 c; 2« cl. 46 fr. 05 c; Z* cl. 33 fr. 75 c.

493kil. Vendenheim (R. 1) C'està la station de Vendenheim qu'il faut changer de train pour Wissembourg, mai s la bifurcation est située à 1 kil. environ en deçà de cette station (en venant de Paris). L'embranchement de Wissembourg, qui décrit à son origine une grande courbe pour prendre la direction de TE., croise à niveau la route

[R. 76] WANGENBOURO. — BISCHWILLER.— MARIENTHAL. 437

de terre de Paris à Strasbourg, et 1 traverse dans sa plus grande largeur la belle forêt de Brumath (sapins et chênes). On parcourt ensuite, entre des prairies et de belles cultures où dominent le chanvre, le houblon et la garance, une plaine parsemée de nombreux et riches villages. A dr., on entrevoit en certains moments la Forêt-Noire ; à g. se montre la chaîne inférieure des Vosges.

497 kil. Hœrdt, v. de 1793 hab., à 500 mèt. à dr. de la station (deux jolies églises modernes, bâties en 1848; dépôt de mendicité, fondé en 1860).

La voie ferrée s'infléchit vers le N.

et franchit la Zorn, au delà de laquelle on aperçoit à dr. Weyershe\m} c. de 2182 hab. (filature de laine, fabrique d'amidon et féculerie, brasserie, etc.). L'église paroissiale, de la lin du xvm» s., a remplacé deux églises très -anciennes, dont lune avait, par l'élévation de sa tour, mérité au village le surnom de Weyersheim à la h mite tour. On laisse au loin, à g. liietlenheim (141 hab.), puis, à dr.

encore, Kurtzenhausen (574 hab. ; grande culture de houblon, sècberies de garance, tuileries et tourbières), et, à g., Gries (1574 hab.). Après avoir croisé la route de Strasbourg à Bischwiller, le chemin de fer décrit une grande courbe pour se rapprocher de cette dernière ville.

507 kil. Bischwiller, ch.-l. de c, V. de 8780 hab., située sur la] Moder, s'est formée autour d'une ferme possédée par l'évêché de Strasbourg .

Après être passée en différentes mains, elle appartint, au milieu du xvn" s., aux comtes de Birkenfeld, qui la conservèrent à titre de seigneurie, lors de leur avènement au duché de Deux- Ponts. — Occupée et incendiée en 162 U et en 1633, 'au commencement de la guerre de Trente ans, elle fut entourée en 1673 d'une double enceinte fortifiée, que les Français détruisirent en 1706. Le château, dont la construction originaire remontait à une époque reculée, fut alors épargné'; mais il a

été démoli depuis. — De 1686 jusqu'à la Révolution, la corporation des musiciens de la basse Alsace (V. R. 2, p. 132) se réunissait annuellement, le 15 août, à Bischwiller.

Bischwiller, dont l'industrie consi dérable est très-florissante, possèd.

une chambre consultative des arts et manufactures. Cette ville renferme principalement des manufactures de draps, de gants et de chaussons trèsrenommés et qui sont l'objet d'un grand commerce; des filatures de laine, des brasseries, des tanneries, des teintureries, et des fabriques de savons, de chandelles et de tuiles.

510 kil. Marienthal, hameau dépendant de Haguenau , est situé près de la forêt du même nom, sur un petit affluent de la Moder, à 600 mèt. environ à g. de la station, qui dessert également (1100 mèt. àdr.) KaUenhausen, v. de 1050 hab., bâti sur la rive dr. de la Moder.

Marienthal, butd'un pèlerinage trèscélèbre en Alsace et en Lorraine, doit son origine à un ermitage construit au xiu* s. par Albert de Wangen, qui s'y retira. Comme l'ermite avait placé son oratoire sous l'invocation de la Vierge, ce lieu fut appelé Marienthal (vallée de Marie). Quelques années plus tard (1225-1257), d'autres membres de la famille de Wangen firent élever en ces lieux une église, qui paraît avoir été reconstruite au commencement du xvn* s., et un couvent de femmes, qui subsista jusqu'en 1789. C'est au moment d'une visite qu'elle faisait à Marienthal, avec Stanislas son père, que Marie Leczinska reçut la première nouvelle du projet de son mariage avec Louis XV.

Le couvent de Marienthal, agrandi en 1822 et 1843, sert de maison de retraite pour les prêtres in firmes.

Les campements des pèlerins, lors des grands pèlerinages de Marienthal.

offrent un spectacle très-curieux, au double point de vue des mœurs locales et des anciens costumes.

Le chemin de fer longe pendant

quelque temps, à g. , la forêt de Marimthal et croise, à leurpoint de rencontre, les routes de Strasbourg et de Bitche à Haguenau, avant d'entrer en gare.

514 kil. Haguenau (hôtels : de la Poste, de V Homme-Sauvage, du Cygne; — libraire, Hooss), ch.-l. de c, V. de 11071 bab., est située sur la Moder, qui la divise en deux parties, dans une plaine vue du côté du S. E., où l'on découvre la Forêt-Noire, et limitée du N. K. au N. 0. par la vaste forêt de Haguenau.

Au sortir de la gare, un chemin de 200 à 300 met. de longueur conduit directement à une porte ouverte depuis l'établissement du chemin de fer, et l'on pénètre dans Haguenau par l'une de ses rues principales. On trouve d'abord, à g., la belle église Saint-Georges, puis la place d'Armes et l'hôtel de ville. En continuant, au delà de l'hôtel de ville, par la rue de Lanâweg, prolongement de celle que l'on vient de suivre, et après avoir laissé la bibliothèque publique à g., sur une petite place, puis, à dr., des restes d'anciennes fortifleations, sur la Moder, que traverse un pont en pierre, on atteint l'église Saint- Nicolas, à la porte de WUsembourg. Si l'on prend à g. une rue étroite, en face de Saint-Nicolas, on gagne une grande place, d'où l'on peut revenir, en tournant encore à g., au centre de la ville, après avoir passé sous une tour, reste des fortifications du moyen âge, et avoir franchi de nouveau la Moder.

Un château de chasse, construit sur la Moder au xti* s., par Frédéric le Borgne, duc de Souabe, donna naissance à la ville de Haguenau, qui prit son nom de celui du district environnant. L'empereur Frédéric Barberousse, fils du duc de Souabe, accrut rapidement l'importance de cette ville, en lui accordant des privilèges et exemptions qui attiraient toujours les populations opprimées par les seigneurs féodaux, en la fortifiant et en remplaçant le château par an palais, où il vint souvent résider. Frédéric déposa dans ce château les ornements impériaux, qui y furent conservés jusqu'en 1219, année où l'évêque de Spire les transporta secrètement au château du Trifels. Après Frédéric Barberousse, plusieurs autres empereurs d'Allemagne séjournèrent aussi à Haguenau et y établirent un tribunal impérial, ce fut dans le palais de Haguenau

que Richard Cœur de Lion, prisonnier de l'empereur Henri VI, comparut devant une assemblée de princes. Cette ville, où l'autorité impériale était représentée par un prévit, fut placée, au xiv« s., à la tête de la Décapole ou union des dix villes de l'Alsace auxquelles les empereurs d'Allemagne accordèrent le titre et les privilèges de villes impériales.

Haguenau eut autant à souffrir que la plupart des autres cités alsaciennes, soit pendant les guerres féodales du moyen âge, soit en 1439, lors de l'invasion des Armagnacs en Alsace, et surtout pendant la guerre de Trente ans. Sous Louis XIV, ses fortifications furent rasées, en 1673, puis reconstruites l'année suivante et de nouveau démolies en 1677. La même année, le maréchal de Créqui livra la ville aux flammes, qui brûlèrent le palais impérial, l'hôtel de ville, plusieurs autres édifices publics et 150 maisons. Haguenau fut prise de nouveau, en 1705 et en 1744, par les Autrichiens. Les fortifications, déclassées en 1867, consistent en un seul mur d enceinte avec fossés et glacis.

Haguenau est la commune de France la plus riche en biens-fonds; sa forêt lui donne un revenu annuel d'environ un million de francs.

L'église Saint-Georges, que Ton

trouve à g. en entrant à Haguenau et dont on aperçoit du chemin de fer la partie supérieure de la façade, a été bâtie, vers le milieu du xir* s., par l'empereur Conrad III. Toutefois, le chœur, construit à l'aide de dons recueillis dans les diocèses de Metz, de Spire et de Strasbourg, ne date que de 1254. La nef, la grande tour et la façade appartiennent à la dernière époque du roman; le chœur et une partie des bas côtés sont du style ogival primitif. La façade , précédée d'une place plantée d'arbres, se termine en pignon.

Elle est percée d'une large et magnifique fenêtre à triple ouverture, ornée de vitraux de couleur et éclairant à l'intérieur la tribune des orgues. Une grande tour octogonale, avec fenêtres en ogive naissante, s'élève au-dessus du transsept; le chevet de l'église s'appuie de chaque côté à une charmante tourelle percée de fenêtres élégantes.

Les pyramides des contre-forts qui

IIAGUENAU

soutiennent le sanctuaire portent plusieurs belles statues.

L'intérieur de l'église, d'une disposition grandiose et d'un effet supérieur encore à l'aspect extérieur, comprend trois nefs séparées par six travées, non compris le transsept et le vestibule, au-dessus duquel est placé un remarquable buffet d'orgues. Les travées, à arcades en plein cintre, sont indiquées par des colonnes rondes, à chapiteaux cubiques, d'où s'élancent des nervures allant se rejoindre à la voûte de la grande nef. Les bas côtés sont éclairés par des fenêtres ogivales; la nef principale, par des baies en plein cintre. Le chœur, en abside, est éclairé par sept grandes fenêtres en ogive. Chacun des bas côtés se termine par une chapelle. — On remarque dans l'église Saint-Georges : un autel en pierre sculptée supportant un élégant tabernacle de 1523; un christ en bois (1447); de belles verrières placées en 1845 (celles de l'extrémité des bas côtés de la nef représentent Conrad III, Frédéric Barberousse, Rodolphe de Habsbourg et Albert III) ; enfin, une chaire en pierre, décorée de figures en relief.

Saint-Georges possède, en outre, deux cloches du xm* s., les plus anciennes de l'Alsace. — Il est regrettable qu'un monument si intéressant soit gâté par des peintures décoratives de mauvais goût, et par un maître-autel en bois peint et doré, prétentieux et sans caractère.

L'église Saint-Nicolas (près de la porte de Wissembourg), qui fut construite au xmc s. pour le service d'un hôpital fondé par Frédéric Barberousse en 1J64, a été agrandie, au commencement du xve s., par l'adjonction de deux nouvelles travées . occupant l'emplacement primitif du portail. L'extérieur ne présente rien de remarquable; l'intérieur, bien que moins grandiose que celui de Saint- Georges, a cependant un caractère vraiment monumental. Il comprend trois nefs divisées en onze travées par

des colonnes rondes avec chapiteaux à feuillages. Les bas côtés prennent jour par des fenêtres en ogive et à trèfles ; la grande nef est percée, à la naissance de la voûte, de petites baies en plein cintre à meneau rappelant le style roman. Le chœur, du style ogival, renferme un bel autel en bronze doré, quatre statues et des boiseries sculptées, d'un travail intéressant. A l'entrée du collatéral de g., on remarque un sépulcre en pierre sculptée, qui date de la fin du xvc s. ou du commencement du xvi*. L'église Saint-Nicolas a été, il y a une quinzaine d'années, l'objet de travaux de restauration.

Nous signalerons encore à Haguenau : — le temple protestant, près de la porte de Bischwiller; — la synagogue, joli édifice moderne , en grès rouge ; — la bibliothèque publique (6000 vol., dont plusieurs ouvrages précieux; collection de médailles et monnaies alsaciennes) , établie dans une belle maison du xvie s., autrefois hôtel de la chancellerie et des archives (place du Marché-aux-Herbes); — Vhôtel de ville ; — l'immense halle au houblon, récemment terminée; — la caserne de cavalerie, qui occupe les bâtiments d'une maison de Jésuites, construite au xvme s. sur l'emplacement de l'ancien palais impérial ; — Vhôpital ; — la maison de détention pour femmes, vaste construction que l'on découvre du chemin de fer; — la salle de spectacle et de concert ; — les restes des anciennes fortifications, entre autres : la grande tour ou donjon qui s'élève vers le milieu de la ville ; la tour se rattachant à une arcade hardie jetée sur la Moder, et que l'on aperçoit à dr., rue de Landweg; plus loin, dans la même rue et aussi à dr., un débris de bastion; — un vieil édifice (rue des Vaches), servant de magasin, et qui rappelle l'architecture moitié civile, moitié militaire, du moyen âge; — enfin, plusieurs hôtels des XVIIe et xvnr* s., près de l'église Saint-Georges et sur la place d'Armes

On entre à Haguenau par cinq portes, qui n'ont d'ailleurs rien de bien remarquable ; ce sont : la porte de Wissembourg , au N.; de Bitche, au N. 0.; du Chemin-de- Fer, à 1*0. ; de Strasbourg, au S. 0.; de Bischtoiller, au S. E. — En sortant par cette dernière et en s'avancant au delà du cimetière, jusqu'à 1 kil. environ dans la campagne, on jouit d'une vue intéressante sur la Forêt-Noire. — Quand on suit le glacis, de la porte de Bischwiller à la porte de Strasbourg, la ville se présente, à dr., sous un de ses aspects les plus pittoresques.

Les environs de Haguenau sont de tous côtés très-monotones; cette ville n'offre d'autres promenades que les glacis de la place et une esplanade, nommée le cours Kleber, plantée d'arbres en 1811, près de la porte de Strasbourg.

Haguenau, dont l'industrie est considérable, possède une grande filature, une usine à gaz, des brasseries, des mégisseries, des fabriques de chandelles, de faïence, de tuiles, etc.

[A 22 kil. à l'E. de Haguenau, se trouve Fort-Louis, v. de 30.") hab., près de la rive g. du Rhin. La formation de ce village remonte à l'établissement, sur ce point, d'un poste fortifié, que Louis XIV fit élever d'après les plans de Vauban,en 1688.

Fort-Louis, après avoir été une place d'une certaine importance et avoir rempli un rôle considérable dans les guerres du xvm° s. et du commencement de ce siècle, a subi les conséquences de sa position exclusivement militaire. Pris en 1793 et en 1794 par les Autrichiens, puis en 1815 par l'armée d'invasion, il a vu démanteler ses fortifications et disparaître bientôt sa prospérité éphémère. On y trouve cependant encore des restes assez importants de ses ouvrages de défense, un beau pont sur la Moder et une jolie église de la fin du xvir3 s.J

De Haguenau à Niederbronn, R. 78.

En quittant la gare de Haguenau,

on franchit la Moder sur un pont en grés rouge, l'ouvrage d'art le plus remarquable de la ligne de Wissembourg; à 250 ou 300 met. plus loin, on laisse à g. l'embranchement de Niederbronn (R. 78); puis, à 3 kil. de Haguenau, on pénètre dans la magnifique forêt du même nom, que Ton traverse dans toute sa largeur, sur un parcours de plus de 7 kil. La forêt de Haguenau, l'une des plus considérables du département du Bas-Rhin et de la France entière, a 14 757 hect. de superficie. Elle est plantée de chênes, de hêtres, d'ormes, de bouleaux et principalement de pins dont les troncs, hauts et espacés, permettent à la vue de s'étendre sous d'immenses voûtes de verdure. — Une longue tranchée précède la station de

523 kîl. Walbourg, v. de 507 hab., situé à 1 kil. sur la g. et caché à la vue par une zone de la forêt de Haguenau, qui l'enveloppe de trois côtés. Ce village s'est formé autour d'une célèbre abbaye de Bénédictins, fondée en 1074 par Thierry I,r, comte de Montbéliard, et à laquelle, dans le siècle suivant, Frédéric le Borgne, duc de Souabe et d'Alsace, fil des donations considérables. Il ne reste de Tabbaye de Walbourg que l'église, datant du xv° s. et dont le chœur, remarquable par ses belles et vastes dimensions, est orné de magnifiques vitraux.

Après être sorti de la forêt de Haguenau, on franchit le Saucrbach, et on laisse à dr. (I kil. environ), sur une colline de la rive g., Surbourg, v. de 1562 hab., qui doit son origine à une abbaye fondée au vu* s. par saint Arbogast et sécularisée vers le xii« s. Cette abbaye forma alors un chapitre transféré, en 1738, à l'église Saint-Georges de Haguenau. V église collégiale , aujourd'hui paroissiale, dont la construction primitive remontait au vnie s., appartient au style romano-byzantin de l'école rhénane.

— A côté de la route de terre de Strasbourg à Wissembourg, qui passe

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