ROUTE 76] FORT-LOUIS
à Surbourg, on voit un oratoire, reconstruit en 1608, et indiquant l'endroit où s'élevait l'ermitage do saint Arbogast, dans la forêt de ilaguenau.
— Sur la place du village est un magnifique tilleul, âgé de deux siècles et dont les branches ont pris un tel développement qu'il a fallu les appuyer sur quatre piliers en pierre. — Surbourg exploite une mine de fer^ des filatures de laine, une tuilerie et des moulins.
On laisse à dr. Nieder-Kutzenhausen, v. de 1040 bab.
531 kil. Soultz-sous-Forèts, ch.-l. de c. de 1947 bab., à g. de la station, fit longtemps partie de la baronnie de Fleckenstein , et passa en 1720 aux princes de Rohan-Soubise, qui en restèrent possesseurs jusqu'à l'époque de la Révolution. Soultz possède ufîe église avec un joli clocher, et un bel hôtel de ville, tous deux modernes. 11 existe sur le territoire de la commune une source saline, actuellement abandonnée, et une source de pétrole, récemment découverte.
Le chemin de fer, qui <lécrit une courbe en arrivant à Soultz-sous-Forêts, suit, pendant environ 4 kil. 1 /2, la direction de 10. à l'E., en longeant à dr. le Seltzbach, A 200 ou 300 mèt. sur la g. se moutre Hermerswiller, v. de 222 bab.
535 kil. ïloffen, v. de 209 bab., situé sur la Seltzbach, à dr. du chemin de fer, qui forme une nouvelle courbe pour reprendre la direction du S. au N. jusqu'aux abords de Wissembourg.
539 kil. Uunsbach, v. de 760 hab., à g. et à 1500 mèt. au S. O. de la station. — On côtoie à dr. un affluent du Seltzbach, qui coule au milieu des prairies. A g., on découvre les Vosges. On laisse du môme côté (à 1500 mèt.
environ de la voie ferrée) Ingolsheim, v. de 232 hab., puis (à 500 mèt.) Riedseltz, v. de 1276 hab., sur un des principaux affluents du Seltzbach (restes d'un château seigneurial). Enfin, après avoir croisé la route de Wis-
WISSBMBOURG. kk\
sembourg à Fort-Louis, on s'engage dans une tranchée courbe, et on laisse à dr. la ligne de Ludwigshafen par Landau [Y. les Bords du Rhin illustrés, par Ad. Joannb; Paris, Hachette et Cie).
548 kil. Wissembourg (omnibus à la gare; — hôt. ; de l'Ange, du Lion, de la Couronne, du Cygne; — Cafés :
Schérer, Bonnet ; —libraires : Wentzel fils, Dubourd ieu, Orttieb;— télégraphe électrique, rue de la porte de Landau, près de l'hôtel de ville), ch.-l. d'arrond. du Bas-Rhin, V. de 5376 hab., place forte déclassée en 1867, est située au pied des basses Vosges, sur la Lauler, qui la traverse du N. 0.
au S. E., et sur les routes de Strasbourg et de Bitche à Landau, près de la frontière de la Bavière rhénane.
Wissembourg est formée par deux rues principales : l'une , aboutissant en face de l'hôtel de ville, part de la porte de Haguenau, par laquelle on entre dans la ville en venant du chemin de fer (la gare est située à 5 min. de cette porte, près de la route de Lauterbourg) ; l'autre commence à la porte de Landau, et, traversant Wissembourg dans toute son étendue, passe presque immédiatement sous une tour appelée la Fausse porte, longe à dr. l'hôtel de ville, se raccorde, à g , à la rue venant de la porte de Haguenau , puis , après avoir franchi la Lauter, aboutit à la porte latérale de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Un prolongement de cette rue mène à la porte de Bitche, en contournant l'hôtel de la souspréfecture sur la g.
Wissembourg doit son origine à une abbaye fondée au vu8 s. et à laquelle Dagobert 1°' concéda un vaste domaine. Il se forma près de ce monastère une école qui florissait surtout au vm* s. et qui lut illustrée, vers le milieu du siècle suivant, par le poète Otfried. L'abbaye de Wissembourg, sécularisée en 1526, fut, vingt ans plus tard, incorporée à la mense de l'évéche de Spire. Les évéques de cette ville, princes du Saint-Empire, conservérent, sous le titre de prévôts, l'administration du nouveau chapitre jusqu'à sa suppression, arrivée au commencement de ce siècle.
Wissembourg ne figure, en qualité de ville, dans aucun titre antérieur aux iu« s.;
son premier acte municipal fut aon accession à l'alliance des villes du Rhin. Elle obtint vers cette époque divers privilèges des empereurs d'Allemagne, entre autres la libre élection de ses magistrats. La révolte des paysans, en 1525, lui causa de grands désastres. Pendant la guerre de Trente ans, elle fut à plusieurs reprises occupée par les parties belligérantes et réduite à l'état le plus misérable. En 1677, un incendie, qui dévora l'hôtel de ville et soixante-dix maisons, acheva de la ruiner.
Wissembourg fut cédée à la France par le traité de Westphalie. Elle eut encore beaucoup à souffrir en 1705 pendant la guerre de la succession d'Espagne, en 1744 lors de la guerre de la succession d'Autriche, et en 1793 quand les Autrichiens forcèrent les lignes auxquelles elle a donné son nom.
Elle fut entourée, dès le moyen Age, d'une enceinte fortifiée dont on voit encore des restes; ses fortifications actuelles, qui datent de 1746, furent élevées sous la direction de Cormontaigne.
En 1720, lorsqu'il dut abandonner le duché de Deux-Ponts, à la mort de Charles XII, Stanislas se retira à Wissembourg avec sa femme, sa fille et quelques gentilshommes polonais. Il y habitait une maison encore désignée sous le nom de maison de Stanislas. C'est là, ou plus exactement à sa maison de campagne de Saint-Remi, près de Wissembourg, qu'il reçut, en 1725, le duc d'Antin, charge de demander la main de Marie Leczinska pour Louis XV. Peu après, Stanislas alla résider à Strasbourg, qu'il ne quitta que pour prendre possession du duché de Lorraine.
Outre ses fortifications, Wissembourg était protégée par les châteaux forts de Saint-Germain au N. 0., de Saint-Paul au N. E.t de Saint Panlaléon au S. 0., et de Saint-Remi au S. E. Ces châteaux ont disparu; il n'en reste d'autre souvenir qu'un ouvrage de défense, à Saint-Remi, et, à Saint-Paul, une tour féodale attenante à une ferme. Du haut de cette tour, on jouit d'une vue magnifique sur les environs de Wissembourg.
L'église Saint-Pierre et Saint- Paul, autrefois abbatiale, puis collégiale, aujourd'hui paroissiale, est un magnifique édifice de la deuxième moitié du xme s., construit sur l'emplacement d'une église du xn-, dont il ne reste plus qu'une haute tour
carrée, à l'O. de l'église actuelle.
Cette tour, du style roman, est percée d'ouvertures en "plein cintre, à baies doubles ou triples, séparées par des colonnettos romanes au N. et à l'E., et par de simples pieds-droits sur les deux autres côtés. A l'intersection de la nef et du transsept, s'élève une tour octogonale flanquée de tourelles élégantes, entre lesquelles s'ouvrent des fenêtres ogivales à double division. Cette seconde tour était autrefois surmontée d'une flèche, qu'un des derniers évêques-prévôts fit remplacer par un lourd couronnement en charpente avec calotte sphérique supportant un maigre campanile.
L'église Saint-Pierre et Saint-Paul n'a pas d'entrée principale à l'O. ; mais, sur le collatéral de dr., s'ouvre une charmante porte sculptée avec porche (le bas-relief du tympan est malheureusement détruit). La nef principale est magnifique, mais trop élevée peut-être par rapport aux collatéraux. Elle se divise eu sept travées éclairées par des fenêtres géminées en ogive . et s'appuyant sur des colonnes rondes, à chapiteaux ornés de feuillages variés. Les nervures ogivales de la voûte se réunissent en gracieuses clefs. La tour octogonale de ta croisée, supportée par quatre piliers très-hardis, se termine par une coupole à huit pans. Le chœur, en abside, est éclairé par sept grandes fenêtres ogivales à meneaux; une belle rose est ouverte à l'extrémité S. du transsept. A l'O., où se trouve une petite porte de service, un beau vestibule s'étend sous le buffet d'orgues, qui repose sur une voûte d'un dessin aussi hardi qu'élégant.
Nous signalerons, à l'intérieur de l'église : — un sépulcre en grès rouge (xve s.), œuvre d'une délicatesse et d'une pureté exquises; — une statue de Dagobert appliquée contre un pilier, au-dessous des orgues; — une curieuse sculpture représentant la naissance du Sauveur, dans le tympan d'une porte (collatéral N.) qui