ROUTE 78] NIEDERBRONN. — LE WASENBOURG
triste, servant de promenoir aux buveurs, en cas de mauvais temps.
Antiquités.
On a trouvé, à diverses reprises, à Niederbronn et aux environs , des restes de constructions, desdébris d'antiquités des époques celtique et galloromaine, mais surtout de cette dernière période, ainsi que des médailles et monnaies de la même origine. Nous mentionnerons, parmi les découvertes les plus intéressantes de ce genre, les substructions qui forment, à 2 met. 50 cent, au-dessous du sol, l'assise du bassin supérieur, et qui révèlent la main-d'œuvre des Romains. Klles consistent en une enceinte en pierres de taille, d'une excellente exécution. Tout autour s'étend un beau pavé antique, dont les traces ont été reconnues à la même profondeur, dans d'autres parties de JNiederbronn. Les vestiges très-caractérisés d'une étuve ont été retrouves en creusant les fondations de la maison d'école catholique. Nous signalerons enfin : de nombreux fragments de sculptures, bas-reliefs, débris de statues; un autel ou cippe, orné des figures de Mercure, d'Hercule et d'Apollon, déposé au musée de Strasbourg; une colonne consacrée à Jupiter; des vases en terre; des vestiges de bain romain ; V inscription curieuse du Wasenbourg (F. cidessous) ; une enceinte d'origine celtique et qui paraît avoir formé un lieu de sacrifice du culte druidique (V.
ci-dessous); et enfin 300 médailles et monnaies, formant une série assez suivie du règne d'Auguste à celui d'Arcadius; dans le nombre, se trouvait une pièce des derniers temps de la République, frappée au coin de Marc-Antoine le triumvir. Fréquemment encore , en creusant le sol à Niederbronn et sur tout le territoire environnant, on met au jour des, fragments d'anciens murs, de pavés, de sculptures, etc., mêlés de charbon, comme si rétablissement romain
avait été détruit par un incendie (V.
l'ouvrage du Dr Kuhn, cité plus haut : chap. ii).
EXCURSIONS
Outre les promenades que nous avons précédemment indiquées et qui sont attenantes à la ville, Niederbronn en offre quelques autres moins rapprochées, ainsi que plusieurs buts d'excursions qui, bien que n'appartenant pas aux grandes Vosges, se recommandent néanmoins à l'attention sous le rapport pittoresque, aussi bien qu'au point de vue historique ou industriel.
Château de Wasenbourg et enceinte druidique de la Ziegenburg.
Cette double excursion demande 3 b. 1/2 à 4 h. de marche.
Ces deux buts de promenade sont situés en face l'un de l'autre sur le sommet des hauteurs qui dominent, à dr. et à g., la route de Bitchc, à la sortie de Niederbronn.
Le château de Wasenbourg (2 h.
de marche ) , dont on aperçoit les ruines, 3 ou 4 kil. avant d'arriver à Niederbronn, occupe l'extrémité N.
de la montagne de Wasenberg (à g.
en sortant de Niederbronn). Quand, au-delà de l'habitation Dictrich, on est parvenu à la forge, on tourne à g. , et , après avoir franchi le ruisseau de Falkenstein, on trouve, àdr.
de la promenade du Roi-de-Rome, un sentier qui monte à travers les bois, en décrivant plusieurs circuits, jusqu'aux ruines, encore assez importantes, du Wasenbourg (487 met.
d'altit.). Ce chAteau, possédé successivement par les maisons de Born et de Lichtenberg, semble dater du commencement du xv* s.; il n'a cessé dêtre habité qu'au xviii" s. On y remarque les restes d'une belle salle percée de fenêtres cintrées et gardant encore quelques traces de décoration architecturale. Du Wasenbourg, la
vue s'étend au loin sur la vallée de Falkenstein et les environs de Niederbronn.
Sur une des parois du rocher qui . supporte les restes du château et qui fait face à Niederbronn, se lit une inscription, célèbre dans l'histoire de Tépigraphie romaine et consacrant le souvenir d'un édicule élevé en ce lieu à Mercure. Elle est ainsi conçue : « Deo Mercurio attegiam te~ guliciam compositam Severinius Satullinius c. t. ex roto posuit l. I.
m. » « Ce qui frappe spécialement dans cette inscription, qui se trouve reproduite dans tous les recueils, et à laquelle ses lettres accouplées et d'inégale grandeur assignent pour date le m* s. de notre ère, dit M. Kuhn, c'est l'adjectif tegulicius, qu'on ne trouve nulle part ailleurs et qui a passé du rocher du Wasenbourg dans les dictionnaires. Mal comprise, cette inscription avait fait croire à Specklé que le château était romain; mais Schœpflin a réfuté cette erreur en faisant voir que l'inscription ne parlait que d'un édifice légèrement construit, tandis que le château, d'une construction monumentale , porte tous les caractères du moyen âge. »
Pour gagner l'enceinte druidique do la Ziegenburg (1 h. 1/2 environ, aller et retour), il faut, après avoir dépassé la forge et la promenade des Trois-Chênes, ornée de deux kiosques élégants, tourner à dr. dans le ravin du Durstbach, pour gravir (à g.) la Ziegenburg (493 mèt. d'altit.).
a Le sommet de cette montagne est couronné d'un mur d'enceinte de l à 2 mèt. de hauteur sur une largeur égale, et construit avec des fragments de rochers pris sur place et superposés sans ciment, et sans qu'ils aient même été dégrossis. » L'enceinte formée par ce mur dessine un triangle irrégulier ; elle renferme une énorme roche plate, légèrement incamée, présentant à son plan inférieur une rainure transversale de 3 '
mèt. de longueur. Selon l'opinion de M. Beaulieu {Antiquités des eaux minérales de Vichy, Plombières, Bains et Niederbronn, Paris, 1851), il faudrait y reconnaître un autel destiné aux sanglants sacrifices des druides.
A l'un des angles de l'enceinte s'élèvent deux pierres qui passent pour les restes «l'un dolmen. Suivant quelques archéologues, cette enceinte, désignée d;ins le pays sous le nom de camp celtique, aurait été simplement un camp celto-gaulois, servant au besoin de lieu de refuge aux populations voisines. Mais, à en juger par la disposition de l'enceinte, il semble plus vraisemblable de lui attribuer la destination religieuse que suppose M. Beaulieu.
A 1 kil. environ, au N. du camp celtique, sur la même hauteur, dans la direction de la ferme du Wintersberg, on remarque, sur la paroi S. E.
d'un rocher, une figure de femme grossièrement sculptée en relief, appelée vulgairement la Grosse Tête.
M. Beaulieu pense qu'elle représente une divinité locale et la regarde comme une œuvre de l'époque galloceltique ou tout au moins des premiers temps de l'occupation romaine.
Vallée de Jaegerthal. — Châteaux de Windstein et de Schoeneok.
(5 à 6 h. de marche aller et retour, y compris la visite des ruines.)
Deux chemins mènent au hameau de Jœgerthal.— L'un, plus court, mais moins agréable, s'ouvre à l'entrée de Niederbronn, à dr. de la route et presque en face de la gare. 11 remonte par des hauteurs d'un aspect assez nu, traverse une partie de la forêt de Niederbronn, et, après avoir croisé une gorge étroite, franchit une colline allongée et redescend (5 kil.
environ ) sur Jaegerthal , près des forges. — Si l'on prend l'autre chemin , il faut suivre d'abord la route de Bitche, jusqu'à Keichshoffen. En face de l'église, à la sortie du village, on prend à g. un chemin lon-
[ROUTE 78] VALLÉE DE JjKGKRTHÀL. — B^ERENTHAL. 453
géant constamment le ruisseau du Schwartzbach, qui arrose dans toute son étendue la vallée de Jœgerthal.
A 3 kil. environ de Reictishoffen, on laisse à dr. la forge de Hauschenwald, et, 2 kil. plus loin (8 kil. à peu près de Niederbronn) , on atteint Jivgerthal, ham. dépendant de Windstein.
Jaegerlhal, qui donne son nom à toute la vallée du Schwartzbach, doit lui-môme ce nom à un nommé Jaeger, qui y éleva, en 1602, des forges encore existantes et devenues la propriété de la famille de Dîetrich, vers le milieu du xvn* s. Ces forges, successivement agrandies et développées, surtout depuis une trentaine d'années, forment un des plus beaux établissements métallurgiques de la contrée. Près de l'usine s'élève, sur le versant de la montagne, un château moderne, avec un parc magnifique.
A 2 kil. au N. de Jœgerthal, est situé le chef-lieu de la commune, Windstein, v. de 450 bab. On y arrive par un chemin qui s'ouvre à dr., en face du moulin de Windstein, et qui remonte jusqu'à une crête transversale où s'élèvent, à peu de distance l'un de l'autre, dans un site charmant, les châteaux du Vieux - Windstein et du Nouveau- Windstein, à l'O. du village. Le Vieux-Windstein {Alt-Windstein) , le plus intéressant des deux, est construit sur un curieux rocher (440 mèt. d'altit.), s'élargissanl au sommet et rappelant un peu la forme d'un vase colossal. Ce Vieux- Windstein, dont plusieurs parties sont creusées dans le rocher, offre encore des restes bien conservés de galeries, de voûtes souterraines, de chambres ou magasins creusés dans le roc, une citerne, un beau pan de mur percé de fenêtres et les ruines d'un donjon. — Un passage souterrain conduit, dit-on, du Vieux- Windstein au Nouveau- Windstein , et, ce qui semble moins probable, un autre souterrain s'étendrait, selon la tradition locale, jusqu'au château de Schœneck, à 4 kil. de distance. Plu-
sieurs légendes se rattachent au Vieux-Windstein. Les paysans prétendent, comme pour tous les anciens manoirs féodaux, que des trésors, gardés par des esprits, sont cachés dans les souterrains et que, à certaines époques de l'année, ou peut voir, pendant la nuit, une femme vêtue de blanc et portant une couronne, se promener, au milieu des ruines, jusqu'aux premières lueurs de l'aurore.
Le Vieux-Windstein parait avoir été construit au commencement du xin* s., par un abbé de Neubourg qui voulait y mettre en sûreté, en cas de troubles, les trésors de l'abbaye. 11 a été détruit en 1334, par l'évêque de Strasbourg, Berthold de Buscheck.
C'est alors que fut bâti le Nouveau Windstein {Neu- Windst ein) , dont les ruines se voient à 500 mèt. environ au S. de l'ancien.
A 4 ou 5 kil. au N. O. des Windstein, à peu près entre le village de ce nom et Dambach ( 905 bab.) , s'élèvent, dans une situation aussi très-pittoresque, les ruines du château de Schœneck, assises sur un grand rocher, sur la croupe d'une colline de hauteur moyenne. On y arrive par un chemin, dont le mur de défense, qui subsiste encore en partie, aboutit à une tour de grandes dimensions (murs de 4 mèt. d épais seur) ; au-dessus se voient les restes d'un donjon. Le château de Schœneck parait remonter au xu* s.
Forces de Baerenthal.
13 kil. — Service de corresp. du chemin de fer de l'Est. — Trajet en I h. 3o min. — Prix unique, l fr. — La route est charmante et mérite d'être faite à pied.
On remonte la route de Bitche, par la belle vallée du Falkensteinbach (F.
R. 79, en sens inverse), jusqu'au liam. de Philippsbourg (7 kil.), d'où se détache à g. un chemin qui, à travers les hauteurs boisées de Philippsbourg, conduit à (5 à G kil., 13 kil. de Niedcrbronn) Baerenthal (hôt. du Bœuf- Rouge), v. de 1824 hab., situé au
centre d'un des plus délicieux paysages des environs de Niederbronn.
Bœrenthal, renommé pour ses écrevisses et ses truites, renferme une remarquable usine, avec 3 feux d'affinerie et 1 1 feux de raffinerie, spécialement consacrée au traitement des aciers, qu'elle fournit surtout aux manufactures de Mutzig et de Klingenthal. Sur une colline, surmontée de rochers superposés par assises, on remarque une tour en ruine, reste du château de Ramstein.
Au lieu de revenir à Niederbronn par le chemin que l'on a suivi à l'aller, on peut descendre l'agréable vallée de la Zintzcl, affluent de la Moder, qu'il ne faut pas confondre avec le ruisseau du môme nom, affluent de la Zorn. A 11 kil. de Baerenthal, après avoir traversé une région déserte où l'on ne voit que quelques habitations isolées, on atteint Zinswiller, v. de 938 hab., qui possède une fonderie et une forge du groupe des forges du Bas-Rhin. Cetle usine, dont la fondation remonte à 1600, comprend un haut-fourneau, deux feux d'affinage pour la fonte et deux feux de chaufferie pour l'élaboration du fer. Dans les gisements de minerai de Zinswiller ont été trouvés des débris fossiles , tels que dents de chevaux, de bœufs, d'éléphants, d'ours, etc. Ce village exploite aussi des carrières de grès et de pierres à chaux.
A Zinswiller, on quitte la vallée de la Zintzel, pour prendre la route de Niederbronn par Oberbronn, en suivant à peu de distance, à g., la base S. E. du Wasenkopfel. Cette route traverse, à 3 kil. de Zinswiller, Oberbronn, v. de 1317 hab., très-agréablement situé au pied d'une colline couverte de vignes, qui se détache en avant du Wasenkopfel. V église, dont la construction remonte à 1403, a un beau chœur du style ogival. A peu de distance d'Oberbronn, se trouvent les curieuses ruines du château d'Armberg, [sur un rocher isolé que
contourne jusqu'à son sommet un escalier taillé dans le roc. — D'Oberbronn, la route, s'écartant de la montagne, se dirige au N. E. sur (3 kil.) Niederbronn.
Château de Falkenstein.
10 kî). — Service de corresp. du chemin de fer de l'Est jusqu'à (7 kil.) Philippsbourg. — Trajet en 45 min., pour 50 c.
On suit la route de Bitche, comme pour se rendre à Baerenthal, jusqu'à (7 kil.) Philippsbourg. Là, on prend à dr., à côté de la maison forestière, un bon chemin, récemment tracé, qui remonte directement aux ruines du Falkenstein , que l'on découvre sur une hauteur, à dr. (400 mèt. d'altit.). Ces ruines, dominant un paysage agreste, solitaire, au fond des montagnes, sont d'un etfet remarquable.
Elles couronnent un rocher escarpé, avec lequel elles font corps, pour ainsi dire. Une entrée, percée à la base même du rocher, donne accès dans ce qui reste des constructions du Falkenstein.
Château de Fleckenstein.
H n'y a pas de service de voitures publiques. — Si l'on fait cette excursion à pied, on ira le premier jour coucher à Lembach (18 kil.).
On sait la route de Bitche à Haguenau jusqu'à (3 kil.) Reischshoffen. A 600 ou 700 met. au-delà du village, après avoir dépassé (à g.) le chemin de Jsegerthal (F. ci-dessus) et franchi le ruisseau du Schwartzbach, on prend la route de Niederbronn à Fort-Louis par Soultz, qui s'embranche à g. sur celle de Bitche. On traverse d'abord un pays découvert, puis une partie de la forêt de Grosswald, avant d'arriver à (7 kil.) Frœschwitler, v. de 581 hab.
2 kil. plus loin on atteint Wœrthsur-Sauer, ch.-!. de c. de 1114 hab., situé près du confluent de la Sauer et du Saltzbach, au point où la vallée, débouchant de la région do<