PAR HAGUENAU
535 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 12 h. 46 min. par trains express; en 17 h. 5 min. par trains directs; en 18 h. 35 min. par trains omnibus. — f cl.
59 fr. 25 c; 2« cl. 44 fr. 45 c; 3« cl. 32 fr. 50 c.
493 kil. Vendenheim (R. 1).
De Vendenheim à Haguenau, 21 kil. (R. 76),
514 kil. Haguenau (R. 76). Les voyageurs en destination de Niederbronn changent de voiture à Haguenau.
L'embranchement de Niederbronn, bien que compris dans le réseau des chemins de fer vicinaux du Bas-Rhin, forme en réalité la première section d'une grande ligne qui doit aboutir à Thionville en passant par Sarrcguemines, et relier plus directement Lille et le Nord de la France, par les chemins de fer des Ardennes, à Strasbourg et à l'Alsace.
Après avoir franchi la Modcr à la sortie de la gare de Haguenau, on laisse à dr. la ligne de Wissembourg.
Celle de Niederbronn, qui décrit tout d'abord une forte courbe pour prendre la direction du N. oe> croise aussitôt à deux reprises la route de terre de Bitche à Haguenau.
520 kil. (6 kil. de Haguenau).
Schweiyhausen (hôt. delà Couronne), v. de 1479 hab. (filature de laine , brasserie, tannerie, moulins à blé, à garance et à huile; culture importante de houblon), situé à g. de la voie ferrée, près du confluent de la Moder et de la Zintzcl, à l entrée de la forêt de Haguenau. Une simple halle y est établie. Ce village, qui eut pour origine une villa ou maison de plaisance des rois Francs, fut
[ROUTE 78] LA FROENSBURG.
SGHWEIGHAUSEN. 447
complètement dévasté pendant la guerre de Trente ans et repeuplé, en 1666, par une colonie suisse et par quelques habitants de Haguenau, obligés de quitter la ville, parce qu'ils avaient embrassé la Réforme.
Divers débris d'antiquités romaines ont été trouvés à Schweighauscn ; entre autres une Junon sculptée en bas-relief, d'un très-beau travail et dont la tête a été malheureusement brisée. Ce bas-relief est maintenant encastré dans un des murs de la sacristie de l'église paroissiale. On voit aussi, sur l'un des murs de l'hôtel de la Couronne, un buste dllercule, en pierre.
On traverse l'extrémité S. de la forêt de Haguenau, sur un parcours de 6 à 7 kil., en longeant de très-près, à dr., la route de terre, et à quelque distance, à g., la Zintzel. On voit à dr. de hautes futaies de chênes et de sapins, coupées par de charmantes éclaircies de verdure.
525 kil. (11 kil. de Haguenau).
Mertsiciller, v. de 1934 hab. , à g.
du chemin de fer, sur les deux rives de la Zintzel. On y remarque une vaste usine métallurgique près de laquelle passe (à g.) le chemin de fer. Cette usine dépend des forges connues sous la désignation générale de forges du Bas-Rhin, possédées par une importante Société industrielle, que dirigent MM. de Dictrich. La forge de Mcrtzwillcr, fondée en 1838, comprend deux hauts fourneaux.
Dans le village et sur le territoire de la commune , ont été découverts des débris d'antiquités romaines et gauloises. — Le chanvre de Mertzwiller est très-estimé.
Le chemin de fer franchit la Zintzel, qu'il longe encore pendant quelque temps.
527 kil. (13 kil. de Haguenau).
Mietesheim (halte) , v. de 682 bab., situé à 1500 mèt. environ à g. de la voie ferrée, d'où on ne le voit pas, exploite des mines de fer.
On commence à découvrir In-
distinctement, tantôt à g., tantôt à dr., les montagnes qui entourent Niederbronn. A 2 kil. environ de la halte de Mietesheim, on s'éloigne de la Zintzel , pour remonter à dr. le ruisseau de Falkenstein, qui descend des hauteurs s'étendant au N. 0., entre Niederbronn et Bitchc. Le regard embrasse à g. , au delà de vastes prairies, bordées de coteaux boisés, un bel amphithéâtre de montagnes, bientôt caché par un pli de terrain, au moment où l'on atteint
530 kil. (16 kil. de Haguenau).
Gundershoffen, v. de 1336 hab., situé sur la route de terre, à dr. du chemin de fer, dont il est séparé par le ruisseau de Falkenstein. Des restes d'antiquités romaines y ont été trouvés, principalement dans une plaine sablonneuse, voisine du village et nommée la lïardi. Des pans de murs d'un temple romain, enfouis à 1 mèt. de profondeur, y ont été mis à jour; les pierres taillées, les briques et les tuiles qui jonchent le sol sur une surface fort étendue, semblent aussi témoigner de l'existence d'un viens assez important. — Les ruines pittoresques du Wassenbourg se montrent au sommet d'une montagne qui domine Niederbronn à l'O.
531 kil. (17 kil. de Haguenau).
Reichshoffen (halte), hameau dépendant du v. du même nom, qui a une station séparée. Cette halte dessert principalement les ateliers de construction de la Société des forges du Bas-Rhin, rattachés par un petit embranchement à la ligne de Niederbronn. Ces ateliers, qui comptent parmi les plus considérables et les mieux installés du départ, du Bas- Khin, construisent des machines à vapeur, des tenders et tout ce qui se rattache à l'outillage et au matériel roulant des chemins de fer. Ils fabriquent, en outre, des machines et pièces diverses pour filatures, forges anglaises , huileries , sucreries et raffineries, ainsi que les grandes pièces pour ponts en fonte. Ils renfer-
ment de nombreux appareils mus par la vapeur et une scierie hydraulique pour l'exécution de leurs immenses travaux.
f»33 kil. (19 kil. de Haguenau).
Reischshoffen c. de2713hab. (y compris la population des hameaux), située aux confluents des ruisseaux de Falkensteinbach et de Schwartzbach, sur la route de Bitche à Haguenau, se divise en ville haute et ville basse. Cette dernière section était autrefois défendue par une enceinte fortifiée, dont on voit encore quelques traces. Reischshoffen formait jadis une seigneurie appartenant aux évèques de Strasbourg, qui y élevèrent un château fort. Elle passa ensuite à différentes familles nobles, notamment aux Falkenstein, aux Ochstenstein et aux comtes de Deux-Ponts-Bitche ; enfin, elle fut possédée par les ducs de Lorraine et cédée, en 1761, par le duc François, à Jean de Dietrich, l'un des ancêtres de la famille actuelle, qui la conserva jusqu'à l'époque de la Révolution.— Reischshoffen possède une belle église, construite au xvm° s., et à laquelle le baron de Dietrich ajouta, à ses frais, en 1768, le choeur et la tour du clocher qui surmonte l'entrée. — Le château, édifice du xvin° s., est entouré d'un parc magnifique dans lequel s'élève une tour crénelée qui paraît ancienne. — Sur la route de Vœrth , à TE. de Reischshoffen , on remarque les ruines d'une vieille chapelle qui occupait, dit-on, l'emplacement d'un temple romain. On y voit, appliqués dans la paroi du mur intérieur, un bas-relief représentant une hydre à sept têtes et la partie supérieure d'une figure de Mercure.
Reichshoffen exploite lesforgesque nous avons signalées plus haut, une papeterie, une tannerie, une tuilerie, des moulins à blé, à son, à garance et des carrières de grès.
:>:J5 kil. (21 kil. de Haguenau).
Niederbronn.
Renseignements généraux.
Omnibus : — à tous les trains; 20 c. par place ; 10 c. par colis.
Hôtels : — de la Chaîne -d'Or; — de ly Arbre-Vert; - du Vaurhall.
Chambres et appartements meublés :
— pendant la saison des eaux, 8 à 20 fr. par semaine, selon le nombre de pièces, l'ameublement, la situation (cette dernière circonstance a son importance, les eaux de Niederbronn se prenant surtout en boisson, dans la matinée). — Habituellement on déjeune chez soi et Ton dine à table d'hôte. Les principales tables d'hôte sont celles du Vauxhall> de la Cltained'Or et de l'Arbre- Vert (dîner à midi et à 4 h., pour 2 fr. 50 c).
Cabinet de lecture et salons de conversation : s- au Vafixhall ; abonnement pour la saison, 4 fr. 50 c.
Voitures dk louage : — à Yhôtel de la Chaine-d'Or (les prix sont, en moyenne, et pour la journée : voitures à 1 cheval, 40 fr.; à 2 chevaux, 16 fr.).
Situation. — Aspect général.
Niederbronn, ch.-l. de c, V. de 3*203 hab., est située sur le ruisseau de Falkenstein, à l'entrée d'un charmant vallon resserré entre deux lignes de hautes collines boisées (400 à 465 mèt. d'altit.), dernière projection des Vosges sur la plaine de l'Alsace. La ville et le vallon sont traversés par la route de Bitche à Haguenau et à Strasbourg, qui forme la rue principale de Niederbronn, où se trouvent l'hôtel de la Chaîne-d'Or et la plupart des maisons meublées. En sortant de la gare, on peut tourner à g. sur cette route pour entrer dans Niederbronn, ou prendre une belle allée qui, se développant entre les massifs de verdure d'un jardin anglais, mène également au centre de la ville, en face de rétablissement des eaux.
Histoire.
Niederbronn fut primitivement occupée par les Romains, qu'y avaient attirés ses eaux minérales, connues et exploitées dès cette époque, comme le prouvent les vestiges de constructions, les nombreuses médailles et les fragments de sculptures qui y furent découverts quand les sour-
NIEDERBHONN.
ces furent rendues, au xvi* s., à une exploitation régulière. — Lors de l'invasion des Barbares, ce victis dont le nom, d'ailleurs, n'est point parvenu jusqu'à nous, fut dévasté et les sources minérales . furent abandonnées. Au xiv« p., Niederbronn appartenait, comme fief impérial, aux landgraves d'Alsace. En i:>70, cette seigneurie passa aux comtes de Hanau, et l'un d'eux, Philippe de Hanau, ayant été guéri de la goutte par l'emploi des eaux, ordonna une restauration complète de l'établissement. Il y fit exécuter un captage des eaux qui subsiste encore, et bâtir une maison à l'usage des malades. Après avoir eu divers autres possesseurs, la seigneurie de Niederbronn fut cédée, en 1764 , au baron de Dietrich, qui avait introduit de nombreuses améliorations dans le régime des eaux quand la Révolution vint empêcher l'entière réalisation de ses projets. Ce fut seulement vers 1809 qu'il fut procédé à la réorganisation de l'établissement des eaux, qui a reçu à diverses reprises, depuis cette époque, des développements considérables.
Monument» publics. — Promenades.
Industrie.
Niederbronn possède un bel hôtel de ville, de construction moderne, en gros rouge. — La maison des filles du Très-Saint-Sauveur renferme une jolie chapelle moderne ogivale. Cette communauté est spécialement vouée au soin des malades et à l'éducation des enfants pauvres.
Parmi plusieurs jolies promenades, nous citerons, outre le jardin anglais qui s'étend en face de l'établissement et se relie à la gare par une belle avenue, la promenade du Herrenberg, formée de sentiers pittoresques et ombragés, traces sur la colline qui s'élève au S. du parc (on y remarque un fragmentde sculpture de 1 met. de hauteur, représentant une figure de Vallas, et dont la partie supérieure manque) , puis, les promenades du Roi-de-Rome et des Trois- CMnes, à dr. et à g. de la route de Bitche, en sortant de Niederbronn.
Niederbronn renferme plusieurs belles habitations particulières, notamment la magnifique demeure de la famille de Dietrich, qui est entourée
VOSGSS.
d'un parc parfaitement dessiné, ouvert avec bienveillance aux promeneurs (il est cependant défendu d l'y stationner).
— Au delà du parc se trouve une forge dépendant du groupe métallurgique des Forges du Ras-Rhin. Ce groupe; qui comprend les forges de Niederbronn, de MerUwiller, de Zinswiller, de Jaegerthal, de Moutierhausen et les ateliers de construction de Keischshoffen, livre annuellement 6000 à 7000 tonnes de fontes et fers, en fontes moulées d'une excellente qualité, en bandages et essieux pour chemins de fer, en fers laminés et tôles. 150O à 2000 ouvriers sont occupés dans les différents ateliers métallurgiques, et 500 ouvriers sont employés à l'extraction et au lavage des minerais.
Niederbronn possède, en outre , des brasseries, des tanneries, des moulins à blé et à huile, des tuileries et des carrières de grès et de pierres à chaux. Il s'y fabrique enfin, sous le nom d'articles de Niederbronn, divers objets façonnés au tour, tels que :
dévidoirs, métiers à broder, guéridons, porte-liqueurs, etc., où l'albâtre est heureusement uni au bois Ces ouvrages , d'un prix peu élevé, s'exportent soit à l'intérieur de la France, soit à l'étranger.
Les sources minérales, dont la température est de n° 8, sont recueillies dans deux bassins, situés à peu de distance l'un de l'autre, en face des salles de réunion, vers le haut de la promenade qui, élargie en cet endroit, forme une espèce d'esplanade garnie de chaque côté de constructions légères comprenant des boutiques d'objets divers, et en arrière des cabinets indispensables.
Un pavillon léger, ouvert sur les côtés, abrite le plus grand des deux bassins, le plus rapproché du Vauxhall. C'est dans ce bassin que sont amenées, à travers une pyramide
creuse, construite en 1592 pour le captage, les eaux de la source principale exclusivement employées en boisson. Le surplus de ces eaux va se déverser dans le bassin inférieur, qu'alimentent aussi des sources accessoires. L'ensemble des eaux ainsi réunies dans le bassin inférieur est conduit à des réservoirs d'approvisionnements pour les bains établis à l'hôtel de la Chaîne d'Or, et fournissant aussi l'eau nécessaire pour les bains pris à domicile.
Les eaux de Niederbronn ont été soumises à plusieurs analyses ; la plus récente, due à M. Kosmann, a été faite en 1850. Elle a constaté dans ces eaux la présence du chlorure de sodium, qui y prédomine dans une forte proportion (3K08857, sur 4*62795 de matières diverses reconnues dans un litre d'eau). Les autres éléments minéralisateurs que renferment les eaux sont: les chlorures de calcium, de magnésium, de potassium, de lithium et d'ammonium ; les carbonates de chaux, de magnésie, de protoxyde de fer \ le sulfate de chaux, le bromure de sodium, l'iodure de sodium, le silicate de fer, la silice pure, en quantités déterminées, et des traces d'alumine et d'acide arsénieux.
L'eau du grand bassin, affectée à la boisson, n'a presque pas d'odeur, mais elle a un goût salin assez agréable, laissant un arrière-goût un peu fade et un sentiment de sécheresse à la bouche. Elle est tonique, résolutive, reconstituante et diurétique, constipant à faible dose et laxative à la dose «le six à douze verres.
Les eaux de Niederbronn sont particulièrement recommandées contre les affections chroniques de l'appareil digestif, les maladies du foie, les cas de congestion et d'apoplexie cérébrales , certaines maladies cutanées, les maladies nerveuses, les maladies des femmes, les aiïections rhumathismales et goutteuses, etc. (K.J pour les renseignements spéciaux I
l'excellent ouvrage du docteur Kuhn :
Les eaux laxatives de Niederbronn ; description physique et médicale, Paris, 1854; et les Bains d'Europe, par Ad. Joanne et Le Pileur, Paris, Hachette et Cie).
Tout malade qui veut faire usage île la boisson minérale doit se faire inscrire chez le médecin inspecteur.
Les bains sont indiqués, soit comme complément de traitement, soit pour des cas spéciaux; mais l'usage interne est le plus efficace et le plus habituel. La saison s'ouvre le 1er juin et se ferme le 15 septembre ; la durée de la cure est de douze jours à six semaines, selon que Ton fait une petite, moyenne ou grande saison.
En général on fait la saison moyenne de vingt jours. — On paie un droit de 40 c. par jour pour l'usage de l'eau en boisson ; le prix du bain est de 75 à 90. c. selon les maisons (comme le prix du bain procure un bénéfice direct aux propriétaires des maisons meublées, quelques-uns d'entre eux peuvent être disposes à les conseiller quand même à leurs locataires, mais il est très-prudent de n'en faire usage que sur l'avis du médecin) . — L'abonnement aux salons de conversation et de lecture est de 1 fr. 50 pour les hommes et de 1 fr. pour les dames, par semaine.
Les sources de Niederbronn, propriété de la commune, sont placées sous la direction d'une commission administrative qui surveille l'exploitation des différents services affermés à plusieurs entrepreneurs. — Durant la saison, la musique se fait entendre matin et soir sur la promenade, et l'on organise des bals et des concerts.
A l'extrémité de la promenade, en face des deux bassins, s'élèvent le nouveau et l'ancien Vauxhall, bâtiments de l'aspect le plus modeste où se trouvent les salles de réunion, un cabinet de lecture, des appartements meublés, etc. — Le rez-de-chaussée de l'ancien Vauxhall forme une sorte de galerie ouverte, assez sombre et