‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 324 sur 489 · ROUTE 83] ^ BARR · texte numérisé non relu

ROUTE 83] ^ BARR

TRUTTENHAUSEN .

de faubourg bâti en terrasse, sur la plaine du Rhin. La ville basse, moins agréable, est traversée par la rue principale. Enfin, à l'O. de la ville , au pied de la colline du Kirchberg qui l'abrite au N., s'étend un autre faubourg conduisant au Bûhl, où se trouve un établissement hydrothérapique (hôt. du Bûhl), qui reçoit des pensionnaires et des voyageurs. Cet établissement exploite trois sources minérales. La plus ancienne a été découverte en 1773. L'eau fraîche, limpide, agréable à boire, donne à l'analyse des carbonates de chaux, de fer , du silice et du chlorure de calcium. File est émolliente , apéritive, diurétique et tonique. Les deux autres sources ont été reconnues plus récemment. L'une (1861), légèrement sulfureuse , est employée avec quelques succès pour les affections chroniques de la poitrine; l'autre (1858), fortement ferrugineuse, a donné de bons résultats dans le traitement des chloroses ; l'eau s'en prend en bains et en boisson.

Barr était autrefois fortifiée. Son château, qui, selon la Chronique des Dominicains de Colmar, aurait été détruit en 1295 par le démon, fut remplacé par un autre château que les Lorrains ruinèrent en 1592. Enfin, en 1640, fut construit le nouveau château, qui sert aujourd'hui d'hôtel de ville et de caserne de gendarmerie. La façade offre, sur la place de la ville haute, un balcon fermé, richement décoré. — Sur la même place, dont le centre est occupé par une jolie fontaine, on remarque une maison particulière avec une tourelle en saillie, qui paraît dater du xvr s. — V église paroissiale (à l'entrée du chemin du Bûhl) est un édifice moderne sans caractère. — La tour du temple protestant date d'une époque reculée.

EXCURSIONS

Barr est lepointde départ de nombreuses et charmantes excursions:

au couvent de Sainte-Odile, aux châteaux de Landsperg, d'Andlau et de Spesbourg, au village d'Andlau, au Hohwald et au Champ-du-Feu.

Sainte-Odile.

(« kil. 1/2.)

Après avoir dépassé le faubourg situé à l'E. de Barr, on ne tarde pas à atteindre (1 kil.) Heiligenstein , v.

de 738 hab. , sur le chemin de Barr à Rosheim. C'est dans ce village qu'eut lieu, en 1525, un des premiers rassemblements des paysans révoltés.

A 500 où 600 mèt. au delà se dresse, à l'angle d'un chemin latéral, un poteau indiquant les distances sui vantes : Barr, 1 kil. 600 mèt. ; — Rosheim, 10 kil. 100 mèt.; — Truttenhausen , 1 kil. 400 mèt. ; — Sainte-Odile, 6 kil. (cette dernière indication nous semble un peu faihle , et l'on peut compter, de ce point, environ 7 kil.). On prend le chemin qui, s'ouvrant à g. , longe d'agréables prairies. Après 10 min. de marche, on aperçoit à dr. les restes de l'église du couvent de Truttenhausen, fondé en 1181 par l'illustre abbesse du monastère de Sainte-Odile, Herrade de Landsperg, et abandonné en 1555, à la suite d'un incendie qui en réduisit les bâtiments en cendres.

L'église, de la fin du xv* s., conserve encore, en assez bon état, ses murailles d'enceinte et, en particulier, celles du chœur avec leurs contre-forts et leurs élégantes fenêtres ogivales. Audessus de la façade, s'élève une haute tour carrée, percée, à son dernier étage, d'une fenêtre géminée et trifoliée. Cette tour se termine par une terrasse crénelée d'une physionomie toute féodale. L'église de Truttenhausen se trouve dans un joli parc qui entoure aussi une maison construite, au xvm* s., avec les débris du couvent. La vue dont on jouit à Truttenhausen est très-belle : en face de soi, on découvre le couvent de Sainte-Odile, sur son promontoire de rochers, le Mennelstein, et, à g., les ruines du Lands-

perg. En se retournant, on embrasse la plaine de l'Alsace jusqu'à Strasbourg, dont on voit la cathédrale. Une autorisation est nécessaire pour pénétrer dans le parc et dans l'église, que l'on aperçoit d'ailleurs du dehors.

En avançant de quelques pas, on se trouve, à l'entrée de la forêt et au pied de la montagne, en face de trois chemins. Celui de dr., qui longe Truttenhausen, redescend à Saint-Nabor par la vallée ; celui de g. , consolidé par des pièces de bois placées transversalement de distance en distance, mène directement au château de Landsperg (25 à 30 min. de marche) ; enfin celui du milieu monte à Sainte- Odile. 11 forme d'abord une tranchée profonde, puis il s'élève et arrive de plain-pied au milieu des bois. À 2 kil. de l'entrée, on laisse à dr., une première bifurcation au delà de laquelle se trouvent (à dr.), dans une clairière entourée d'un fossé, les restes d'une chapelle dédiée à saint Jacques.

L'abside, percée d'une petite baie romane et ornée de deux colonnes du même style, subsiste encore jusqu'à la hauteur de 3 mèt. — Bientôt après, on découvre à dr. le charmant vallon de Niedermunster, au milieu duquel s'élèvent les ruines d'une église, seuls restes de l'abbaye de Niedermunster, fondée par sainte Odile et détruite par un. violent incendie, en 1542. Le mur de façade est encore debout, avec son porche, deux tourelles d'escalier et un grand arceau. Dans le tympan du porche, on remarque des traces de peintures murales. A 200 mèt.

de distance, se voient une chapelle dédiée à saint Nicolas, et, un peu en arrière, une métairie. — Le chemin, contournant le vallon (continuer en appuyant à dr., et laisser les sentiers qui se présentent à g.), remonte le flanc de la montagne. Après avoir dépassé la fontaine de Sainte-Odile, on tourne sur la g. et l'on arrive à la route de voitures , en face de l'entrée du couvent de Saint-Odile (P. ci-dessus, p. 478).

Château de Landsperg.

(S kil. environ depuis Barr.)

On peut se rendre aux ruines très-intéressantes du Landsperg par Truttenhausen et la route forestière du Schlittweg, que nous avons précédemment mentionnée. Le chemin, aisé et très-direct, est plus long que celui qui y conduit en partant de Barr. — Ce dernier se présente à l'entrée (à dr.) de la roule de Bùhl et presque en face de l'église catholique. 11 remonte d'abord une belle rampe formant terrasse. Traversant ensuite des vignobles, on gagne une pelouse garnie de bancs et nommée la butte Migneret (vue aussi étendue que variée).

— 5 min. plus loin, on atteint une maison forestière, et l'on traverse un terrain vague parsemé de blocs de granit, qui se termine à la limite de la forêt de Landsperg, d'où un bon chemin, se développant sous une futaie de hêtres et de sapins, conduit à une autre maison forestière près de laquelle s'élèvent, à 584 mèt.

d'altit., sur un sommet nu et découvert, les ruines du Landsperg. Ce château, bâti au xni" s. par Conrad de Landsperg, était, à en juger par ce qui en reste, un édifice remarquable. L'ogive s'y montre à côté du plein cintre, et les pierres taillées en pointes de diamant s'y mêlent aux pierres à parements unis, ce qui indique différentes dates de construction.

Le château de Landsperg offre encore de beaux restes de deux tours rondes, d'une tour carrée et d'un donjon ou principal corps de logis, au fond duquel une charmante tourelle du style roman, en encorbellement, parait avoir forme le sanctuaire de la chapelle castralc. Une fenêtre centrale en croix éclaire cette tourelle, que l'on aperçoit très-distinctement de Truttenhausen.

Du Landsperg , on peut gagner le couvent de Sainte-Odile par le Mennelstein (K, ci-dessus, p. 482) ou descendre à Truttenhausen ( V, p. 485).

Page 1