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PAR THANN

34 kil. — Chemin de fer. — Trajet en i h. 35 min. — ln cl. 3 fr. 80 c; 2« cl. 2 fr. 85 C; 3« Cl. 2 fr. 10 C.

L'embranchement de Wesserling emprunte la voie principale de Mulhouse à Strasbourg (R. 2, en sens inverse) jusqu'à (G kil.) Lutterbach, où changent de voiture les voyageurs qui vont directement de Strasbourg à Wesserling.

L'embranchement se détache de la voie principale à g., en venant de Mulhouse, à 600 met. environ au delà de la station de Lutterbach, et, tandis que la ligne de Strasbourg dé-

crit une courbe en se portant au N. , l'embranchement de Wesserling continue en ligne droite vers l'O. Il traverse dans sa largeur la forêt de Nonnenbruck, puis il entre dans une vaste plaine d'environ 10 kil. carrés, appelée l'Ochsenfeld (champ des Bœufs) et qui s'étend sur la rive dr.

de la Thur, entre Wittelsheim, v. de 1777 hab. (3 kil. au N. et à dr. de la voie), Thann et les villages d'inspach-le-Haut (710 hab.), et d'Anspach-le-Bas (617 hab.). L'Ochsenfeld, dont le nom viendrait, selon les historiographes alsaciens, de ce qu'il s'y tenait, à une époque très-éloignée, un important marché aux bœufs, est l'objet d'un grand nombre de légendes mystérieuses et de traditions historiques. Le caractère de stérilité d'une partie du sol, stérilité qui s'explique par la nature du terrain où les eaux s'absorbent, à travers une faible couche de terre végétale, dans un lit profond de gravier, et par la situation de cette lande inculte, exposée à tous les vents qui la dessèchent, a été longtemps attribué à une malédiction particulière qui pesait sur cette terre. Selon les uns, Attila aurait livré un combat terrible sur l'Ochsenfeld et l'herbe y aurait à jamais séché sous les pas de son cheval; selon d'autres, l'Ochsenfeld serait le fameux champ du mensonge où Louis le Débonnaire fut livré par une trahison à ses fils révoltés. Abandonné des siens , il aurait maudit cette triste bruyère, témoin du parjure et de la rébellion, et elle serait restée frappée de stérilité. Enfin, d'après une légende répandue dans le pays, il existerait dans les profondeurs de la plaine d'immenses souterrains où des bataillons entiers d'hommes bardés de fer dorment depuis des siècles ; dans certaines nuits, ces guerriers des anciens temps sortent de leur repos et viennent faire silencieusement le tour de l'Ochsenfeld. L'auteur de la Vie de César place dans la plaine de l'Ochsenfeld la bataille livrée par

[ROUTE 87] L'OCHSENFELD. -

César à Arioviste. Le souvenir de cette grande et décisive lutte, transmis de siècle en siècle, expliquerait les récits merveilleux et sombres qui se rattachent à l'Ochsenfeld. C'est aussi sur ce terrain que Bernard de Weimar battit, en 1634, les troupes lorraines commandées par le duc Charles.

L'hiver, lorsque rOchsenfeld est couvert par la neige qui s'y élève quelquefois à une grande hauteur, le passage y est fort difficile pour les piétons et même pour les voitures.

Depuis quelques années, on a réussi à cultiver certaines parties de l'Ochsenfeld; on y a planté des pins qui y prospèrent, et, à l'aide d'irrigations, on y a créé de belles prairies, mais le centre de la plaine, dont le sol est spécialement mauvais, est jusqu'à présent demeuré stérile.

Il existe, entre Wittelsheim et Schweigkausen, v. de 693 hab , à 3 kil. à g. du chemin de fer (château du xvi« s.), de beaux restes d'une voie romaine qui traversait l'Ochsenfeld et qui doit être un tronçon de la voie de Mandeure à Vieux-Brisach.

Le chemin de fer croise la route de terre de Colmar, en arrivant à

15 kil. Gernay (hôt. : des Deux- Clefs, de Paris, de la Pomme-d'Or), ch.-l. de c, V. de 4208 hab., située à 276 mèt. d'altit. et à 500 met. environ à dr. du chemin de fer, sur la rive g. de la Thur. Cernay, dont il est fait mention au xne s., et qui est qualifiée de ville en 1271, appartenait au comté de Ferrette et passa avec ce vaste domaine féodal à la maison d'Autriche, au xiv* s. En 1634, cette ville, qui avait encore son enceinte fortifiée, fut occupée par les Suédois, qui la cédèrent à la France.

Cernay possède un bel hospice, dont la construction est due à la libéralité d'un des habitants de la ville, M. deSandoz. — Sur le territoire de la commune se trouve un asile agricole pour les enfants pauvres et abandonnésj fondé en 1847, par M. Risler.

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