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THANN

de sculptures qui se rapportent à l'histoire de la Vierge et du Christ.

Les consoles en saillie sur lesquelles reposent les voussures portent de nombreuses statues. Le mur de façade, au-dessus du portail, est percé d'une belle fenêtre et se termine par un pignon surmonté d'un charmant campanile portant la date de 1428.

Le pignon , coupé par une galerie élégante qui fait le tour de l'église, à la naissance de la toiture, renferme un groupe sculpté. — Sur le côté g. de l'édifice , s'ouvre un portail latéral, non moins remarquable que le portail principal par son exécution pleine de goût. Il est également compris entre deux contreforts ornementés, dans une ogive à voussures. La porte, à deux baies que sépare un pilier supportant une statue de la Vierge, donne entrée dans le collatéral de g. — Du môme côté, à la naissance du chœur, s'élève la tour du clocher, carrée et à trois étages. Au dernier étage, elle forme retraite, et, devenant octogonale, sert de base à une flèche élancée, travaillée avec une rare délicatesse et ornée de crochets à jour d'un charmant effet. Cette tour, qui présente dans son ensemble les plus heureuses proportions, dissimule sa masse, aux étages inférieurs, par une décoration de fausses arcades s'appuyant à des consoles ornées de statues. — Sur le côté opposé de l'église (au S.), on voit une jolie tourelle, qui s'arrête à la hauteur de la toiture.

A l'intérieur, l'église de Thann comprend une nef, deux collatéraux et un chœur. L'ensemble, assez grandiose à première vue, révèle à l'examen quelques défauts de proportions.

Ainsi la nef est trop petite par rapport au chœur, qui a été construit postérieurement, avec des dimensions trop étendues; la tribune des orgues, portée sur deux piliers d'ordre dorique, réduit encore d'une façon regrettable la longueur de la nef; enfin, le bas côté de dr., le plus ancien des deux, est

sensiblement moins élevé de voûte que l'autre. La nef est éclairée par de hautes fenêtres ogivales à double compartiment; celles des bas côtés, également en ogive, mais beaucoup plus larges, présentent trois divisions.

On remarque, dans l'église de ï hann :

les arabesques ingénieuses dessinées par les nervures qui se réunissent à des clefs de voûte sculptées et peintes (l'une de ces clefs de voûte, dans la nef, représente la figure du Christ encadrée dans une sorte de riche reliquaire) ; — quelques anciens vitraux de couleur, d'un vif éclat ; — des stalles en bois sculpté; — la porte de la sacristie , ornée de ferrures délicates ; — la chaire, avec sa rampe en fer forgé, du xv« s.; — des restes d'anciennes peintures murales; — et de jolies chapelles. — Dans le collatéral de dr., des colonnes à chapiteaux, engagées dans les piliers qui séparent ce collatéral de la nef, semblent antérieures au style ogival.

Nous signalerons encore à Thann :

— sur la place qui s'étend derrière l'église, une tour carrée qui aurait fait partie des bâtiments primitifs d'un couvent de Franciscains, reconstruit au commencement du xvin^s.;

— une autre tour ou bastion, reste des anciennes fortifications (la partie supérieure a été récemment réparéc^ — une jolie fontaine monumentale,avec statuette en bronze, sur la place du Marché, au N. de l'église;

— quelques vieilles maisons, entre autres celle qui s'élève en face du grand portail de l'église (tourelle en encorbellement) et les maisons situées au N. de Thann, sur la rive dr. de la Thur.

Thann renferme de nombreux et importants établissements industriels, parmi lesquels il faut nommer en première ligne la belle fabrique de produits chimiques de M. Kcssner, l'une des plus considérables et des plus renommées non-seulement de l'Alsace, mais même de la France.

On compte, en outre, à Thaun, qua-

trc tissages mécaniques, deux tissages de soie, deux fabriques d'étoffes imprimées, une filature de soie, de vastes ateliers de construction de machines et de pompes à incendie, une usine à gaz, des fonderies, des tanneries, des mégisseries, des brasseries, etc.

Le château d'Engelbourg, dont les ruines couronnent une haute colline (500 mèt. d'altit.) , qui se dresse immédiatement au N. de Thann, date du xu" s. 11 a été détruit par Turenne en 1674, à l'aide de la poudre. Par un effet bizarre de l'explosion, la partie supérieure d'une tour s'est détachée et est tombée sur le sol on, appuyée sur un des côtés de sa circonférence, elle offre l'aspect d'un anneau gigantesque, ou d'un immense tonneau défoncé à ses deux extrémités. Ce curieux débris, à travers le (,ucl on voit, selon les positions, tantôt un coin du ciel, tantôt les hauteurs d'alentour, comme par une lunette colossale, est appelé par les habitants du pavs YOEil de la Sorcière. — Après avoir traversé la Thur et le faubourg de Saint-Thiébault ou du Kattcnbach, sur la rive g. de la rivière, on monte à l'Engelbourg ( 1 h. aller et retour) par un chemin très-agréable, disposé en promenade jusqu'au sommet delà colline.

A la sortie de Thann, le chemin de fer entre dans la vallée inférieure de la Thur, désignée sous le nom de vallée de Saint-Amarin. Plus évasée que les vallées de Sainte-Marie-aux-Mincs et de Munster, cette vallée est remarquable par leslignesharmonieuses des grandes montagnes qui l'enveloppent au N. et au S., et surtout de ce dernier côté. Le fond en est garni de charmantes prairies qu'animent de nombreux et grands villages renfermant tous des usines. Toutefois, malgré sa réputation , méritée sous beaucoup de rapports , la vallée de Saint-Amarin ne nous semble pas égaler au point de vue pittoresque, comme physionomie agreste, les deux vallées

de Sainte-Marie-aux-Mineset de Munster, non plus que la vallée supérieure de la Thur dite de Wildenstein et la vallée latérale qui vient y aboutir en partant de Bussang. La vallée de Saint-Amarin est séparée, à g., de celle de Massevaux par le Rossberg (1196 mèt. d'altit.) et le Gresson (1200mèt.

d'altit.), et, àdr., de celle de la Lauch ou de Guebwiller par le massif du ballon de Guebwiller (R. 2).

On passe entre la Thur, à dr., et la route de terre d'Épinal, à g.

24 kil. Bitschwiller, v. de 2830 hab., est situé à dr. du chemin de fer, au pied des hauteurs que traverse le vallon de Steinhaeh. liitschwiller, où les Franciscains de Thann eurent d'abord leur résidence, dans la dernière moitié du xiii" s., n'était encore en 1815 qu'une très-modeste commune qui, grâce au développement de l'industrie, est devenue en cinquante ans l'une des plus considérables du canton. F.lle possède une belle église moderne, et, entre autres établissements industriels, une manufacture d'étoffes rentrées, des lilatures de colon et des tissages mécaniques, des

scieries, des moulins et une huilerie.

On franchit la Thur sur un magnifique pont -viaduc, en arrivant à

26 kil. Willer, v. de 2553 hab., à dr. du chemin de fer et à l'entrée d'une gorge pittoresque. Ce village était autrefois le centre d'une exploitation métallurgique considérable qu'a remplacée l'industrie cotonnière (filature et tissage de coton, lavage de coton, scieries mécaniques et carrières de granit). Ucglisc, du style ogival, est surmontée d'une flèche élancée et découpée à jour.

[De Willer, on peut faire une excursion au ballon de Guebwiller (env iron 10 kil.), en suivant un chemin forestier qui remonte le versant S. de la montagne par un vallon agreste débouchant à Willer dans la vallée de Saint-Amarin. — On atteint d'abord

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