ROUTE 96] VEREUX. — DAMPI ERRE-SUR-SALON
Au delà d'une très-forte tranchée, le chemin de fer court sur une pente abrupte, en partie en tranchée, en partie sur un remblai aboutissant à un long et remarquable viaduc courbe dont le pied baigne presque dans la Saône. De ce remblai, qui a plus de 3 kil. de développement, et qui est l'un des beaux ouvrages d'art de la ligne, on domine la rivière, pour ainsi dire à pic (à dr.). Au delà, on embrasse un vaste et agréable paysage, limité par le plateau de la forêt de Belle-Vaivrc. Au fond d'une presqu'île formée par la Saône, on découvre Quitteur, v. de 189 hab.
(croix en pierre du xvi« s., au milieu du village ; carrière de moellons). On franchit ensuite le Salon à son embouchure dans la Saône.
16 kil. Autet, v. de 534 hab., sur la rive g. du Salon (moulins ; gisements de minerai de fer). Véglise, agrandie et presque entièrement reconstruite en 1740, conserve une chapelle ogivale, qui paraît dater du xue ou du xm* s. Non loin du cimetière du village, se voient quelques vestiges de constructions que Ton suppose avoir fait partie d'une Commanderie du Temple.
[Corresp. pour : — (15 kil.) Lavoncourt, v. de 375 hab., sur la route de Vesoul, près de la rive dr. de la Gourgeonnc (moulin, tuilerie, carrière de pierres calcaires, exploitation de minerai de fer ; source ferrugineuse autrefois exploitée, mais qui, obstruée en partie, est aujourd'hui abandonnée). L'église de Lavoncourt, du commencement du xvne S;, renferme, dans le chœur, une boiserie intéressante bien que très-endommagée , et une peinture sur bois (dans la chapelle du Rosaire) datant de 1504; — (2 kil.) Dampierre-sur-Salon, ch.-l. de c. de 1225 hab., sur la route de Vesoul et la rive g. du Salon (forge avec haut fourneau; tisseranderies , tanneries, teintureries, carrière de pierres de taille estimées; exploitation de mine-
rai de fer). Véglise, de la fin du xvni' s., divisée en trois nefs par des colonnes élégantes, a un joli portail.
On remarque, à l'intérieur, une chaire très-ancienne, sur les panneaux de laquelle sont sculptées les figures des Êvangélistes et de saint Pierre. Il ne reste que des vestiges du château fort de Dampierrc. Dans une prairie voisine du village, se trouvent deux sources profondes, nômmées les Abimes, qui, en certaines saisons, deviennent intermittentes. Des cercueils en pierre ont été découverts sur le territoire de la commune; — (9 kil.) Vaite, v. de 430 hab., près de la rive dr. du Vannon (tuilerie et briqueterie, gisement de minerai de, fer, carrière de pierres calcaires) ; — (10 kil.) Membrey, v.
de 752 hab., sur la rive g. du Vannon. Véglise, moderne, renferme un bel autel en marbre et une chaire ancienne, d'un très-bon style. Membrey possède aussi les ruines d'un château féodal. Dans le bois communal de Membrey ont été découverts, en 1839, les restes considérables d'une construction gallo-romaine (mon.
hist.), qui semble indiquer l'emplacement d'une vaste habitation ou villa.
On y a trouvé des fragments de mosaïques Irès-curicuses , aujourd'hui dispersés et perdus, des médailles en bronze représentant Janus, des urnes lacrymatoires, etc. (F. un article de I M. Suchaux dans Y Annuaire de la Haute-Saône (1842) et les Mémoires de la commission archéologique de la Haute-Saône).]
Au delà d'Autet, on aperçoit (àdr.), sur la rive dr. de la Saône, Mercey, v. de 526 hab., près duquel se trouvent, dans le bois du Vernais, trois tertres arrondis considérés comme des tumuli. Le chemin de fer franchit un canal de dérivation de la Saône, puis la Saône elle-même sur un magnifique pont en pierre, avec garde-fou en fonte, à 500 raèt. en aval de Savoyeux, v. de 506 hab., qui se montre a g., sur la rive dr. de la rivière (papeterie
DE GRAY A VESOUL
considérable, possédant une remarquable installation de machines, occupant 250 ouvriers et produisant annuellement 700 000 kilogr. de papier de qualités diverses, destiné principalement à l'exportation; gisements de minerai de fer et carrières de pierres calcaires). Vêglise de Savoyeux, édifice des xvi* et xvu° s., est décorée de vitraux modernes et renferme plusieurs pierres tombales historiées, du xv" et du xvie s. Des vestiges de constructions de l'époque gallo-romaine, trouvés à Savoyeux, indiquent l'ancienneté de ce village.
22 kil. Seveux, v. de 854 hab. (forge avec haut fourneau produisant annuellement 1 500 000 kilogr. de fonte brute et 240000 kilogr. de fers fins très-estimés ; tissage de chapeaux de paille pour femmes ; sablière exploitée pour les usines à fer ; carrière de pierres calcaires), situé à 1 kil. à g. de la station, sur le flanc d'un coteau, domine de vastes prairies comprises entre le bras principal de la Saône et une de ses dérivations. Seveux a pour origine une ville gallo-romaine Segobadium, d'une certaine importance (F. la Franche-Comté à Vépoque romaine, par M. le président Glerc), à en juger par les vestiges de construction et les restes d'antiquités découverts sur le territoire de la commune (taureau et statuettes en bronze, fragments de colonnes, débris d'armes et d'ustensiles, meules à bras, agrafes, anneaux d'or, etc). 11 y reste des traces très-apparentes de la voie romaine de Besançon à Langres. — On remarque, dans le chœur de Véglise paroissiale, une pierre tombale du xme s. , représentant, en relief léger, Otton de la Roche , sire de Ray, qui régna pendant une vingtaine d'années sur les duchés d'Athènes et de Thèbes qu'il avait conquis en 1205, lors de la quatrième croisade.
On s'éloigne de la Saône, et, au delà d'une tranchée, on découvre une vue étendue sur la g. Bientôt après on atteint de nouveau (à. g.) la rivière
dont on suit quelque temps la rive g.
27 kil. Vellexon, v. de 14 34 hab.
(forge avec haut fourneau; fabrique de sucre indigène produisant 100000 à 200000 kilog de sucre par an), à dr.
de la station, sui le versant et au pied d'une colline très-pittoresque contournée par un petit affluent de la Saône, la Romaine, que Ton franchit en arrivant à la station.
Vellexon formait dès le xir» s. une seigneurie , qui , après avoir appartenu à une famille de ce nom, passa en différentes mains. Le village était défendu par un c)\àleau fort, dont il subsiste encore quelques débris (restes d'un mur d'enceinte, base d'une tour, fragments de murailles) autour d'un pavillon moderne appartenant au duc de Marmier. On découvre très-distinctement du chemin de fer ces ruines et la colline dont elles occupent le flanc (à dr.). Véglise de Vellexon date du xvnie s.
Au hameau de Queulrey (distillerie dépendant de la sucrerie de Vellexon et produisant annuellement 150 à 500 hectol. de spiritueux), annexe de Vellexon (à g. delà station), se trouve une chapelle ogivale, du commencement du xvn- s., où les personnes atteintes de la fièvre viennent en pè • lerinage invoquer la protection de sainte Reine.
S'éloignant de la Saône, qui décrit de grandes courbes sur la g., on longe à dr. la Romaine; à g., on découvre une vue étendue sur la vallée de la Saône où se montre, à une grande distance, au sommet d'une colline , le magnifique château moderne de Ray, avec un vaste parc.
Cette propriété, appartenant à M. le duc de Marmier, s'élève au N. O. de Ray, v. de 510 hab., situé entre la Saône et le pied du coteau. Véglise, du xvi* s., offre des sculptures d'un certain mérite (maître autel, chœur et stalles). Marjolin, l'un des chirurgiens distingués de notre temps, est ne à Vellexon.