‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 359 sur 489 · GRAY · texte numérisé non relu

GRAY

du maître autel), et un Christ, du sculpteur Forgeot.

Eu suivant une petite rue qui contourne le chevet de l'église, on arrive en peu de temps à une grosse tour carrée, percée d'une entrée voûtée.

C'est un reste de l'ancien château fort. Elle est à demi recouverte par un lierre magnifique qui s'est accroché à la muraille. Dans l'enclos dont cette tour fait partie, se trouve un joli jardin d'où l'on a une vue étendue sur les bords de la Saône. Le château de Gray habité vers 1740 par la comtesse d'Autrey, reçut alors la visite de plusieurs célébrités de l'époque :

la marquise du Châtelet, Voltaire, Helvétius, le maréchal de Richelieu, etc. — On peut redescendre du château à la rue Vannoise, par un escalier nommé rue du Tertre-Malcouverte.

V hôtel de ville, charmant édifice du xvi" s. (1568), a pour décoration principale une belle ordonnance de colonnes corinthiennes en grès rouge, régnant sur toute la façade et séparant de grandes arcades cintrées. A dr. et à g. de la façade, deux statues représentent, l'une, François Devosges, sculpteur, l'autre Ramée de Lisle, physicien et minéralogiste, tous deux nés à Gray. Dans le vestibule de l'hôtel de ville, on remarque le buste colorié de Simon Gautriot, gouverneur de Besançon, chancelier du connétatable de Bourbon, dont il rapporta les restes en France. Cet homme politique tomba dans la disgrâce de Charles-Quint, comme le rappelle une longue inscription qui se lit sous le buste. Tout auprès se trouve une tombe gallo-romaine, découverte en 184(ià Mantoche, v. de 949 hab., situé au S. de Gray, sur la rive dr. de la Saône et près duquel passait la voie romaine de Langres à Dammartin (7. La Franche-Comté à l'époque romaine, par M. le président Clerc).

L'hôtel de ville renferme, en outre, un musée d'histoire naturelle et la bibliothèque communale (dans un bâtiment annexe).

' En suivant la rue qui s'ouvre à l'E., dans le prolongement de la place de PHôtel-de-Ville, on passe devant le palais de justice, construction moderne t (péristyle formé de 4 colonnes supportant un fronton) , et l'on atteint une vaste place dont l'un des côtés est occupé par une grande caserne, et d'où la vue s'étend au loin, à g. sur les riantes prairies de la Saône, àdr.

sur les petites hauteurs boisées que traverse la route de Besançon.

Gray possède aussi : un hospice, dont la chapelle est ornée de bonnes peintures à fresques ; — un collège; — une salle de spectacle ; — un vaste réservoir ou château d'eau pour la distribution des eaux dans la ville haute, etc. — Nous signalerons enfin, dans la petite rue des Casernes, en venant de la rue du Réservoir, à g., une chapelle de construction ancienne, et, à dr., une vieille maison dont le curieux vestibule offre les débris d'ùne galerie élégante.

Gray, autrefois l'un des marchés régulateurs pour la vente des grains, fait un commerce important de grains, de vin et de fers. C'est le point de transit et d'entrepôt des échanges commerciaux entre l'Alsace et la Lorraine, d'une part, et le S. E. de la France, d'autre part. Malgré la concurrence des chemins de fer, les transports par eau que dessert le port de Gray, établi sur la rive dr. de la Saône, y sont l'objet d'un mouvement évalué au moins à 200 000 tonnes par an.

Parmi les nombreux établissements industriels de Gray : chantiers pour la construction des bateaux, fabriques de limes, ateliers de construction de machines , tanneries , teintureries, huileries, brasseries, etc., nous citerons particulièrement le moulin Tramoy, qui date du premier empire. Il possède 24 paires de meules et compte parmi les plus importantes usines de ce genre.

Gray est desservie, non-seulement par les embranchements de Chalindrey et de Yesoul, qui relient celte

DE GRAY A VESOUL

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ville au réseau des chemins de fer de l'Est, mais encore par les embranchements d'Auxonne et de la Barre qui, la rattachant aux chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, forment ainsi la grande voie de communication entre les régions de PE.

et du N. E. et la région du S. E.

De Gray à Vesoul, R. 96 ; — à Dijon R. 97 ; — à Besançon, R. 98.

DE GRAY A VESOUL

57 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 1 h. 4*i min. ou l h. 50 min. — lr*cl. 5 fr 50 c; '2e cl. 4 fr. 10 c; 3« cl. 2 fr. 90 c.

Le chemin de fer de Gray à Vesoul, qui se détache à dr. de l'embranchement, de Chalindrcy, au sortir de la gare, traverse le faubourg de Gray en longeant plusieurs maisons de campagne dont on aperçoit les jolis jardins. 11 laisse à g. le village d'Arc, que Ton entrevoit un instant, et gagne le versant E. d'un plateau, d'où il domine à dr. la Saône et les riches prairies qui en bordent les rives. De ce côté quelques ondulations de terrain se dessinent à l'horizon. A g. on longe la base d'un coteau. On laisse à dr.

Wgny, v. de 715 hab., sur la rive dr. de la Saône (exploitation de minerai de fer). Ce village, qui formait une seigneurie dès le xu" s., avait un château fortifié, qui fut entièrement détruit en 1636. Véglne, du xvnrs., renferme plusieurs tableaux dont l'un, le Christ au jardin des Oliviers, est particulièrement remarquable par l'admirable expression de la tête du Sauveur. On y voit aussi une curieuse sonnette du poids de 3 kil., portant, entre deux anges en relief, cette inscription : Laus Deo canota; 1227 — A 800 met. à l'E. de Rigny, près de la rivière, ont été découverts de nombreux débris d'antiquités : ciment romain, tuileaux, fragments de mosaïque, etc; — Un peu plus loin, à g;,

se trouve, à 1 kil. du chemin de fer, Montuteux-lès-Gtay, v. de 559 hab., sûr la route de terre de Gray à Vesoul, et à 1 kil. delà Saône (haut fourneau et tuilerie, exploitation de minerai de fer). Véglise de Montureux, reconstruite dans le style ogival, en 1849, s'élève dans la partie supérieure du village, d'où Ton découvre une vue remarquable. Elle renferme quelques pierres tombales provenant du dallage de l'église précédente. Tout auprès se voit une ancienne croix en pierre, d'une belle exécution.

10 kil. Véreux, v. de 458 hab., situé à dr., entre la Saône, le chemin de fer et la route de Vesoul, possède un château de la fin du xvn's., qui, malgré son apparence d'abandon et de délabrement, se fait remarquer par sa belle façade à deux étages, avec avant-corps surmonté d'un fronton (on le voit du chemin de fer, à dr.). En creusant des fondations, on a reconnu à Véreux des substructions d'origine romaine (restes d'aqueduc et de plusieurs chambres).

La station de Véreux dessert également Beaujeux , v. de 1167 hab.

(forge et fabrique de sucre indigène), situé à 2 kil. 1/2 de Véreux, sur la rive g. de la Saône, au pied d'un plateau sur lequel s'étend la forêt deBelle- Vaivre. — Véglise, du xu* s., est un édifice très-intéressant, qui offre un mélange des styles roman et ogival.

Elle renferme une magnifique verrière du xvc s., heureusement restaurée par M. Maréchal, de Metz, qui a, en outre, enrichi l'église d'une autre verrière moderne {la Vierge et saint Dominique). Le clocher de l'église a conservé ses créneaux et ses modillons. — Au N. E. de Beaujeux, s'élève une tour de 20 met. de hauteur, divisée en 6 étages et dont les murs ont 1 à 2 met. d'épaisseur. C'est le dernier débris du château fort de la seigneurie de Beaujeux. Sur le territoire de la commune ont été reconnus des tronçons de voies romaines et de nombreux débris antiques.

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