‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 379 sur 489 · PONT- A-MOUSSON · texte numérisé non relu

PONT- A-MOUSSON

couvre au loin la cathédrale de Metz.

Cette forte position avait attiré l'attention des Romains, qui y établirent, pour défendre le passage, un camp retranché combiné vraisemblablement avec deux autres posi tions fortifiées , également établies sur les coteaux qui s'étendent entre Pont-à-Mousson et Metz. Quelques auteurs prétendent que le nom de Mousson que porte cette montagne, et qui s'écrivait au moyen âge Monscio et Montio, est un souvenir du culte rendu en ce lieu à Jupiter (Mons Jovis). Après les Romains, les rois d'Austrasie conduisirent sur la montagne une forteresse, qui fut l'origine du château de Mousson, propriété des comtes de Bar, et dont on voit encore les vestiges.

A 20 min. de marche depuis Pontà-Mousson, on trouve les traces d'une première enceinte, au delà de la quelle est Mousson, v. de 191 hab., dont quelques maisons portent des débris de sculptures du xv* s. En continuant à gravir la montagne, on atteint bientôt un plateau étroit, of frant les restes d'une seconde enceinte : c'est là que s'élevait le château des comtes de Bar, détruit par le maréchal de Créquy durant les guerres du règne de Louis XIV Quelques pans de murailles, d'une époque reculée, subsistent encore, et tout auprès, dans cette seconde enceinte, s'élève la chapelle castrale qui sert d'église au village. Tout in dique dans ce petit édilice la fin du

cristie. La nef principale, reconstruite en partie, a un plafond en bois. Les retombées des voûtes de la nef latérale s'appuyent sur des colonnes romanes accouplées. Cette partie de la chapelle renferme de curieux fonts baptismaux, de la même date que les parties les plus anciennes de la chapelle, et très -bien conservés. Ces fonts, en pierre du pays, forment une cuve quadrangulaire, supportée par un piédestal composé d'animaux accroupis. Les quatre faces de la cuve sont ornées extérieurement de bas-reliefs qui reproduisent diverses scènes de baptême, entre autres le Baptême du Christ. Ces curieuses sculptures, expression intéressante de l'art du moyen âge, bien que prêtant à la critique, sont dans leur ensemble d'une exécution satisfaisante. — Près de Mousson se trouve une source ferrugineuse, actuellement abandonnée, mais qui a été longtemps en usage.

De Pont-à-Mousson à Saint -Mihiel.

xi° s. ; les ouvertures sont en plein cintre et de faibles dimensions. Dans le pavé, en carreaux de terre cuite, se voiei.t quelques briques vernissées, a chargées d'ornements et de figures qui n'ont pu être tracées, dit M. Aug. Digot dans une Notice sur Mousson, que vers le xiu ou le xu° s. >• Le sanctuaire en abside est voûté en plein cintre, ainsi qu'une nef latérale composée de trois travées , dont une, aujourd'hui fermée, sert de sa-

Kn quittant Pont-à-Mousson, on continue de longer la rive g. de la Moselle. Après avoir croisé la route de terre de Pont-à-Mousson à Metz par la rive g. de la Moselle, on laisse, à 1 kil. sur la g., Norroysous-Prény, v. de 720 hab., situé à mi-côte au milieu des vignes (fabrique de sucre; source ferrugineuse; vins estimés). Ce village existait probablement dès la période gallo-romaine, à en juger par les nombreux débris d'antiquités qui y ont été recueillis. Nous citerons surtout deux autels dédiés, comme le constatent deux inscriptions bien conservées, l'un à Jupiter, l'autre à Hercule, trouvés en 1729 et en 1749. Un troisième autel, également consacré à Hercule et découvert en 1827, est déposé au musée d'Êpinal. Véglise de Norroy est un bel édifice du xviie s. , remanié au xvnic. — Plus

DE PARIS A

loin, à g. encore, on longe Vandières, v. de 724 hab., où les rois de la première et de la deuxième race avaient une villa. L'église, en partie moderne , conserve quelques vestiges d'architecture romane provenant d'une église antérieure. Vandières possédait autrefois un château dont il ne subsiste que quatre tourelles. La plus importante, au N., porte à chaque angle une petite guérite saillante en pierre. — En face de Vandières , sur le versant d'un coteau qui domine la rive dr. de la Moselle, on découvre Champey (247 hab. ; château du xvne s. ; importante exploitation agricole) ; et , un peu au delà, du même côté, Vittonville (157 hab.) sur la route de Pont-à-Mousson à Metz par la rive dr. de la Moselle.

372 kil. (27 kil. de Frouard) Pogny-sur-Moselle , v. de 1048 hab., à g. du chemin de fer, au pied d'un coteau couvert de vignes dont les produits sont très -estimés (découvertes de cercueils en pierre et d'un buste de Minerve, ainsi que de nombreuses monnaies d'argent des xme et xive s.). Le comte de Serres, orateur distingué et ministre de la justice dans les premières années de la Restauration , est né à Pagny-sur- Moselle, où un petit monument, portant son buste, lui a été consacré.

[A 2 kil. environ à PO. et audessus de Pagny, se trouve , vers le sommet du coteau (334 met. d'altit. ), Prény, v. de 404 hab., auquel a donné , au moyen âge , une importance toute particulière, le solide château fort qui, bâti sur le haut de la colline , à peu de distance du village, commandait toute cette partie de la vallée. Le nom de cette forteresse se rencontre souvent dans l'histoire des guerres, si fréquentes au moyen âge, entre les ducs (le Lorraine et la ville de Metz. Le château de Prény fut plusieurs fois assiégé, sans pouvoir être pris; mais,

au xvne s., au début de la guerre de Trente ans, les Français, occupant la Lorraine, s'emparèrent de cette célèbre résidence féodale et la démantelèrent sur l'ordre de Richelieu. Les ruines du château de Prény occupent, à la limite même de l'escarpement du coteau , une grande étendue de terrain et attestent encore le développement de ses constructions.

Malgré l'état de délabrement auquel la main des hommes et le temps ont réduit le château de Prény, on reconnaît encore les parties principales de l'édifice : le donjon, l'entrée avec son corps de garde, les épaisses murailles d'enceinte, les tours à demi ruinées et principalement celle qui renfermait la cloche d'alarme appelée Mande guerre et sur laquelle était inscrit le cri de guerre des ducs de Lorraine.

Du château de Prény, le regard embrasse la vallée de la Moselle, de Pont-à-Mousson à Metz.

A 3 kil. environ au S. de ce château se trouvent, au milieu des bois, les restes de l'abbaye do Sainte-Marie-aux - Bois, l une des plus anciennes de la Lorraine. Elle fut fondée dans la première moitié du xi»e s. Ce qui subsisic encore des bâtiments révèle en général la dernière période de l'architecture romane, altérée çà et là dans son caractère par des travaux de restauration exécutés au xvies. L'abbaye de Sainte- Maric-aux-Bois, de l'ordre des Prémontrés, après six siècles à peu près d'existence, durant lesquels elle compta 42 abbés, fut transférée à Pont-à-Mousson, au commencement du xvne s. Néanmoins, comme l'église était le but d'un pèlerinage assez fréquenté, on ne cessa pas d'y célébrer l'office divin, et quelques religieux continuèrent à résider dansées lieux. A l'époque de la Révolution, le monastère , vendu comme propriété nationale, subit de regrettables mutilations ; il est maintenant affecté à une exploitation agricole.

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