‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 382 sur 489 · ARCHES DE JOUY · texte numérisé non relu

ARCHES DE JOUY

restaurée et ornée de vitraux de couleur dus à M. Maréchal (de Metz); restes d'un château fort; plantation de sapins dite promenade du Roi de Rome; moulins, carrières; vignobles estimés). Puis, on passe entre deux hautes piles ruinées à leur sommet et qui faisaient partie de l'aqueduc romain appelé communément les arches de Jouy (mon. hist.).

Il reste de cet aqueduc cinq piles à demi détruites, sur la rive g. de la Moselle, et dix-sept piles en meilleur état, sur la rive dr. Traversant la vallée sur une largeur de 1091 met., cet aqueduc reliait ainsi les deux coteaux entre lesquels coule la Moselle. Sa longueur totale, depuis Gorze jusqu'à Metz, était d'environ 24 kil. Il avait généralement dans œuvre 1 mèt. 95 cent, de hauteur sur 97 cent, de largeur. La maçonnerie, très-soignée, était recouverte d'un ciment qui se retrouve intact partout où subsistent encore des parties de ce beau travail : dans la vallée de Gorze et sur le flanc des coteaux de Novéant? d'Ancy et de Jouy. Les eaux ainsi transportées alimentaient les thermes et la naumachîedeMetz {Divodurum).

Les dix-sept arches les mieux conservées montrent encore leurs grands arcs cintrés supportant l'aqueduc.

Elles coupent, dans sa largeur, le v. de Joug (960 hab. ; église moderne :

jolies maisons de campagne ; brasserie, serrurerie, etc.), que l'on découvre au delà de la Moselle. La construction de l'aqueduc est généralement attribuée à Drusus, mais sans une certitude absolue. Les piles fondées dans la Moselle, et dont les faibles vestiges disparaissent de jour en jour, semblent avoir été ruinées par l'action des eaux, car un écrivain du xe s. en parle comme étant déjà détruites depuis longtemps. Les habitants des villages voisins donnent encore le nom de pont du Diable aux arches de Jouy, et, selon la tradition populaire, elles formaient les assises d'un pont que l'Esprit du mal s'était

DE PARIS A

engagé à bâtir dans une nuit; mais, le jour l'ayant surpris, il disparut, sans achever son œuvre.

383 kil. (38 kil. de Frouard) Arssur-Moselle, v. de5860hab., coupé de belles rues, est situé à g. du chemin de fer, à l'entrée de la vallée de Mance, au pied de coteaux plantés de vignes et qui renferment des gisements très-abondants de minerai de fer, découverts et exploités depuis une vingtaine d'années. Ars semble devoir son origine et son nom (Arx) à une forteresse établie primitivement, selon oute vraisemblance, sur un tertre qu'occupe aujourd'hui l'église (à g.

de la voie ferrée, en quittant la station). Cette église a été reconstruite en 1816, en remplacement d'un édifice ancien plus important. Elle est encore entourée d'un mur d'enceinte, fortifié et appuyé à de solides contre-forts, mais qui paraît d'une construction relativement moderne. — Une chapelle protestante, du style ogival, a été élevée par MM. Karcher et Westerman, maîtres de forge, pour ceux de leurs nombreux ouvriers qui appartiennent au culte réformé. — Ars possède, en outre, de belles maisons d'école; — des lavoirs publics; — des cites ouvrières pour le personnel des forges ; — et plusieurs jolies matsons de campagne.

Ars ne comptait, il y a une trentaines d'années, que 1400 hab. ; la population de ce village a presque quintuplé à la suite du développement considérable qu'y a pris l'industrie métallurgique. On y trouve, en effet, trois forges avec hauts fourneaux. L'une, appartenant à MM. Karcher et Westerman, renferme un haut fourneau, 7 fours à puddler et plusieurs fours à réchauffer, une tréfilerie et unecasserie; elle produit annuellement plus de 30 000 quint, mét. de fonte, 29 000 quint, mèt. de fers ou aciers, et fabrique, sur une grande échelle, des ustensiles de ménage et des instruments aratoires.

Les deux autres forges, dont le chemin

de fer longe les ateliers (à g.), appartiennent à MM. Dupont et Dreyfus. Elles comptent 10 hauts fourneaux et 34 fours, et fournissent annuellement plus de 100 000 quint, mét. de fonte et 75 000 quint, mét. de fers et aciers. Ars renferme, en outre, des ateliers de construction de machines, une papeterie, une fabrique de jauges et de mètres, etc.

La vallée de Mance, qui s'ouvre à Ars dans celle de la Moselle, offre une charmante promenade, à travers les bois, jusqu'à Gravelotte (8 kil. environ), où elle est coupée par la route de terre de Paris à Metz (R. 109), que l'on peut prendre (à dr.) pour regagner Metz. Sur les hauteurs qui dominent la vallée de Mance entre Ars et Vaux, on remarque un beau rocher appelé la roche Rudotte ou Henriette, et plus loin, dans la direction de Gorze, quelques débris d'une enceinte qui, selon certains auteurs, remonterait au temps des Druides, et, selon d'autres, aune maison fortifiée du moyen âge. Sur le versant supérieur des coteaux d'Ars, se développe un aqueduc construit dans ces dernières années, sur un parcours de plus de 20 kil., pour conduire à Metz les eaux de Gorze (V. ci-dessous).

Le chemin de fer, décrivant une courbe, franchit la Moselle sur un pont en pierres avec balustres en fonte, d'une exécution remarquable; puis s'éloigne de la rivière et croise la route de terre de Nancy à Metz. On aperçoit au loin les coteaux de la rive g. de la Moselle, entre autres le mont Saint-Quentin (350 mèt.

d'altit.), situé aux abords de Metz et couvert de vignes sur son versant S. De nombreux et riants villages s'échelonnent à peu de distance l'un de l'autre sur ces hauteurs. Nous citerons Vaux, v. de 573 hab., le premier à g. au delà d'Ars, à mi-côte d'un petit vallon latéral (fabriques I d'ouate et de chapeaux de paille).

I Véglise de Vaux, du style ogival I tertiaire, s'appuie à une tour carrée,

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