R. 105] METZ. — PLAGES. — MAISONS PARTICULIÈRES
partie des fortifications de la citadelle. Elle comprend trois groupes de belles allées, coupées par des massifs et des parterres. Elle est ornée d'une statue, en bronze, du maréchal Ney, œuvre médiocre et d'un caractère trop emphatique, et de charmants animant, en bronze, donnés à la ville par Fratin , originaire de Metz. Un joli kiosque placé au centre d'une pelouse, entre quatre bosquets d'un aspect pittoresque (c'est là que les différentes musiques de la garnison viennent se faire entendre plusieurs fois par semaine, durant toute la saison d'été), et un magnifique jet d'eau, complètent la décoration de l'Esplanade; mais ce qui fait le principal agrément de cette promenade, c'est la vue véritablement splendidc qu'on y découvre sur la vallée de la Moselle. Au pied même du mur de terrasse, la rivière entoure une immense prairie, et 111e qui renferme les ateliers de la poudrerie ; au delà, à g., se développe, depuis Ars, toute la ligne de coteaux que l'on aperçoit en arrivant à Metz ; elle vient se rattacher au Mont-Saint-Quentin, d'où se prolongent, à dr., les hauteurs qui s'éloignent dans la direction de Thionville.
A l'exception des remparts, dont le parcours est varié par quelques vues intéressantes sur la ville, Metz ne compte d'autres promenades que les doux maigres quinconces plantés aux extrémités des places de la Comédie et de la Préfecture.
Des 14 ponts qui relient entre eux les différents quartiers de la ville, nous citerons seulement le pont des Pucelles, récemment réparé avec goût, et les ponts des Morts etdu PontifJ'roy, qui relient le fort de la Double-Couronne au reste de la ville. Ces deux ponts sont surtout remarquables par leur étendue ; ils ont été, il y a quelques années, l'objet de travaux considérables ayant pour objet de les élargir et d'en améliorer la chaussée et les trottoirs. Le pont des Morts, remon-
tant au xuie s., fut construit par un hospice qui obtint en compensation le droit de prélever un vêtement complet dans la succession de toute personne morte à Metz. Ainsi l'explique le nom de ce pont.
Mai» o as particulière».
Parmi les maisons anciennes que renferme la ville de Metz, nous indiquerons : — rue Nexirue, une intéressante maison seigneuriale dont la façade est bien conservée. Elle a servi pendant longtemps de salle de spectacle ; — rue Jurue, les restes d'une synagogue; une tour carrée qui servait autrefois de clocher à la chapelle Saint-Genest , et une porte ogivale formant l'entrée d'un petit oratoire dépendant jodis d'une maison que Rabelais habita, dit-on; — rue des Trinitaires, Vhôtel Saint- Livier, où, selon la tradition, serait né saint Livier. Cette maison, beau spécimen de l'architecture civile au moyen âge, remonte au delà du xmc s. La façade, appuyée à une haute tour carrée, est percée de fenêtres à meneaux et couronnée par des créneaux. L'hôtel Saint-Livier a été la demeure de quelques-unes des principales familles patriciennes de la république messine ; — rue Chévremont, l'ancien bâtiment de l' hospice Saint -É loi, occupé par le mont de piété; — rue de la Fontaine, n°» 19 et 21 , une maison du xiv« ou du xv* s. (ancien hôtel) avec un grand porche voûté à nervures et un curieux escalier à double révolution, que deux personnes peuvent gravir en môme temps, sans s'apercevoir; — rue Fouruirue, n0' 31 et 33, dans une cour intérieure, une maison très-intéressante, dont la visite est spécialement recommandée.
La façade, qui date probablement de la fin'du xve s., est remarquable par sa décoration sculpturale. Dans une salle du premier étage , une clef de voûte représente un pélican; — rue Chaplerue (près de l'église Notre-
Daine), la nef, en partie conservée, d'une ancienne église (elle est maintenant occupée par un atelier de charronage), et une maison à créneaux ; — rue des Piques, les restes très-étendus d'un couvent aujourd'hui transformé en auberge. On y remarque, dans Une vaste cour, plusieurs grands bâtiments crénelés, avec fenêtres à meneaux ; — place des Charrons, une maison du xvc s., dont la cour intérieure renferme quelques jolis détails; — derrière la Rue Mazelle, Cn tournant pour gagner le rempart, une ou deux vieilles maison* qui offrent également des traces intéressantes de l'architecture du moyen âge. — Sur la place de la Comédie, on aperçoit, en face de la salle de spectacle et de l'autre côté du bras éclusé de la Moselle, toute une ligne de maisons , en partie en bois , d une physionomie pittoresque. — Enfin, du pontMoreau (derrière la préfecture), on voit, à dr., les piles d'un ancien pont éclusé, dit pont des Thermes, parce qu'il était voisin d'un emplacement où existaient des bains romains, et qu'occupent actuellement des moulins et une filature. Dans une des piles est encastrée une pierre sculptée représentant une femme vulgairement appelée la reine Gilette, et que quelques archéologues croient être une statue de la reine Brunehaut.
Bibliothèque. — Blasée.
La bibliothèque publique de Metz (rue de la Bibliothèque, près de la rue des Trinitaires), est ouverte tous les jours de 10 h. à 4 h., excepté les dimanches et fêtes; l'hiver il y a des séances du soir de 6 h. à 9. Elle est installée, ainsi que le musée et les collections d'histoire naturelle, dans l'église et dans une partie des bâtiments d'un ancien couvent de petits Carmes , appropriés dans ce but, avec succès, en 1811. La salle contenant les collections de livres se ftiit particulièrement remarquer par
ses dimensions grandioses et son intelligente distribution. — La bibliothèque possède environ 30 000 vol.
imprimés, et à peu près 1157 manuscrits, dont plusieurs remontent aux xc, xitt, xii* et xiir» s. Parmi les imprimés, on compte plusieurs des publications modernes les plus importantes, un grand nombre d'ouvrages de théologie et d'histoire provenant des couvents, des collections de classiques grecs et latins, etc. Parmi les manuscrits, dont quelques-uns sont, par la perfection des arabesques et des enluminures, de beaux spécimens de l'art des copistes du moyen âge, nous signalerons une série très-intéressante d'écrits relatifs à l'histoire du pays, et notamment les chroniques de Paul Ferry et de Philippe de Vigneulles.
Un beau meuble, placé dans la salle de la bibliothèque, renferme une collection de médailles grecques, romaines, celtiques et des suites de monnaies et de médailles des ducs de Lorraine, des évêques de Metz, de la république messine, etc., des reproductions de camées antiques, des débris de l'époque gallo-romaine, tels que fibules, pierres gravées, fragments d'urnes lacrymatoires, etc.
Dans le vestibule de la bibliothèque et dans un jardin qui s'étend cn arrière, sont rangés un grand nombre de sculptures et de fragments antiques ((les notices manuscrites appendues aux murs en indiquent l'origine; le catalogue n'est pas encore imprimé). On y voit, entre autres, une téte du Jupiter d'urte exécution remarquable, une colonne militaire, un monument funéraire gallo-romain, d'autres monuments funéraires et des autels, avec inscriptions ; un bas-relief curieux du moyen Age, etc.
Le musée de peinture compte 168 numéros et quelques tableaux qui ne sont pas encore classés. Nous signalerons surtout les toiles suivantes :
3. Gabriel Metzu. Portrait d'un jeune cavalier. — 8. Philippe de Champaigne.