‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 396 sur 489 · PAR THIONVILLE · texte numérisé non relu

PAR THIONVILLE

64 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 2 h. 15 min. et en a h. 28 min- — f »•• cl. 6 fr. 80 c; 2« cl. 5 fr. 10 c; 3« cl. 3 fr. 75 C.

N. B. — Pour les voyageurs partant de Metz, il est préférable d'aller prendre le train à la gare de Devant-les-Ponts (F. cidessous), où conduisent des omnibus do chemin de fer. On évite ainsi le long et inutile parcours de la gare de la porte Serpenoise à celle de Devant-les-Ponts.

On suit, pendant 3 kil. environ, la ligne de Metz à Paris, dont l'embranchement de Luxembourg par Thionville se détache à dr. aussitôt après avoir dépasse les ateliers de Montigny . Cet embranchement franchit alors la Moselle sur un magnifique pmt viaduc en décrivant une large courbe qui ramène la voie ferrée vers Metz par

VOSGES

la rive g. de la rivière. On passe entre ' le village de Longeville et la Moselle, que l'on côtoie alors de très-près jusqu'à la digue de Wadrineau, vaste construction (320 mèt. de longueur; 6 mèt. 53 cent, de hauteur depuis le radier), qui a pour but de retenir les eaux de la Moselle et de les faire refluer vers Metz, où elles se partagent en deux bras. — Quand les eaux sont surabondantes, elles forment une belle cascade en franchissant la digue. Ce barrage, très-ancien, était originairement en bois ; il fut reconstruit en pierre vers le milieu du xva s., avec les matériaux provenant de l'abbaye Saint-Martin, située près du Mont Saint-Quentin ; les Messins avaient détruit ce monastère à la suite d'une guerre survenue entre eux et le duc de Lorraine, à l'occasion du payement du droit sur une hottée de pommes. On longe, à g., en s'écartant légèrement de la rivière, la route de terre de Paris à Metz, que l'on croise à niveau en face de la porte de France; et, après un parcours de 6 à 7 kil., on arrive, en décrivant une nouvelle courbe, près des glacis des fortifications de Metz, entre les portes dn France et de Thionville, à la station dite

2 kil. Devant-les-Ponts, qui dessert immédiatement la ville (la distance de 2 kil. est celle qui sépare cette station des murs d'enceinte de Metz et non de la gare de départ). Le chemin de fer suit à g. la base de jolis coteaux qui se prolongent jusqu'à Thionville ; à dr, il côtoie la route de terre, au delà de laquelle coule, à une assez grande distance, la Moselle dont la rive dr. est bordée de hauteurs garnies de nombreux villages.

On passe entre les maisons éparses de la c. de Devant-les-Ponts (951 hab.); puis, laissant à g. (600 à 700 mèt.) Woippy (R. 119, A), on découvre à dr. le château de Ladonchamps, et au loin à g., sur la hauteur, Sorroy-le-Veneur, v. de 590 ha b. L'église de ce village est un édifiée du xve s.

DE PARIS A LUXEMBOURG. [RotJTK 107]

qui présente extérieurement des créneaux et des guérites en pierre; à l'intérieur, on remarque d'anciens vitraux, restaurés par M. Maréchal, et Técusson de Lorraine, sculpté aux clefs de voûte. Sous l'église s'étend une crypte A g. encore, se montre Semécourt , v. de 273 bah., dont l'église est percée de meurtrières.

11 kil. MaiiièreSy v. de 750 hab., à dr. du chemin de fer, sur la route de terre de Thionvillc {église du xviii* s. ; deux beaux châteaux modernes), fut le théâtre d'un combat dans lequel le maréchal de Vieilleville mit en déroute un corps espagnol qui, avec la connivence desCordeliers de Metz, tentait de s'emparer de cette ville.

A 2 kil. sur la dr. se trouve Hauconcourt, v. de 510 hab., près de la rive g. de la Moselle (vestiges d'un château fort). On laisse plus loin, du même côté, Talange, v. de 313 hab.

(ancieu château occupé par une raffinerie de sucre indigène; église du xvm* s.).

14 kil. Hagondange, v. de 329 hab.

(source ferrugineuse), à dr. et à 1 kil. environ au S. E. de la station. Ce village, où l'on commence à entendre parler allemand, est situé à la limite de l'ancien pays Messin et appartenait autrefois au chapitre de la cathédrale de Metz, à qui le duc de Luxembourg en disputa souvent la possession.

[Corresp. pour : — (8 kil .) Clouange, v. de 251 hab., situé sur une éminence, à l'entrée du pittoresque vallon de l'Orne, où se trouvent les forges de Moyeuvre. Dans le bois de Clouange, à ro. du village, est une fontaine formant cascade. En face de Clouange.

Rombas, v. de 1214 hab., est bâti en amphithéâtre sur un coteau qui dominelarivedr. de l'Orne, petit affluent de la Moselle. 11 est fait mention de ce village dans un titre du xn- s. Son industrie, très-dé veloppée, comprend principalement des fabriqacs de bois de brosses, des tanneries, plusieurs

établissements de menuiserie, de charpenterie et d'autres fabrications se rattachant au travail du bois, une tuilerie, des fabriques de machines à battre et une exploitation de carrières de pierres de taille; — (10 kil.) Rosselange, v. de 539 hab., sur la rive g. de l'Orne [église du xve s., renfermant des vitraux de couleur et un autel en pierre sculptée) . De l'autre côté de l'Orne, se voient les forges de Jamailles, ham. dépendant de Rosselange. Ces forges, qui ont pris un grand développement depuis quelques années, comprennent 11 fours d'affinerie pour la fabrication des rails et des fers marchands; — (12 kil.) Moyeurre-la-Grande, v. de 3 195 hab., dans une gorge pittoresque, sur la rive g. de l'Orne (beau pont), et dans l'angle formé par le confluent du ruisseau de Conroys avec cette rivière.

Moyeuvre paraît devoir son origine à des forges qui y existaient dès le xive s. et qui appartenaient aux comtes de Bar. Longtemps négligées, après la réunion du Barois au duché de Lorraine, elles furent remises en activité au commencement du xvjr s.

par la famille Fabert qui les avait prises à bail, et l'on voit le nom du maréchal Fabert gravé comme souvenir sur une pierre de l'usine. Ces forges aliénées en 1797, étaient retombées dans l'abandon quand elles lurent achetées par M. de Wendel , déjà propriétaire de celles de Hayange.

Le nouvel acquéreur rendit son ancienne activité à ce vaste établissement métallurgique dont la prospérité a encore grandi sous la direction de MM. de Wendel fils. Les forges de Moyeuvre comprennent trois hauts fourneaux au coke; deux machines à vapeur, seize fours à puddlcr, une tréfilerie et une pointerie mues par une roue hydraulique, une chainerie, une briqueterie, etc. Le minerai, extrait d'un coteau éloigné d'environ 150 m H. , est amené aux fourneaux par un petit chemin de fer. Un autre chemin de fer, long de

[HOUTK 107] MOYEDVRE. — UCKANGE

plusieurs kilomètres, établi aux frais de MM. de Wendcl, relie les forges à la Moselle , par laquelle arrive le combustible. Ce chemin de fer que Ton côtoie, en remontant la vallée de TOrne, se raccorde à Hagondange avec celui de Metz à Thionville.

De Moyeuvre, un chemin qui suit le cours sinueux de l'Orne, à travers de beaux bois, conduit à (11 ou 12 kil.) Briey (H. 119), en passant près de Jœuf, v. de 23i hab. sur la rive dr. de l'Orne. 11 y a quelques années, des médailles de Constantin et une construction romaine voûtée que les archéologues locaux regardent comme un oratoire ou un temple votif, ont été découvertes à Jœuf. A l'O. de ce village l'Orne est dominée, sur la rive dr., par une roche coupée à pic, appelée le Saut de Pierre de Bar. Une tradition rapporte que Pierre de Bar, sire de Pierrefort, se voyant serré de près par les Messins avec lesquels ses déprédations l'avaient mis en guerre, s'élança dans l'Orne du haut de ce rocher et parvint ainsi à regagner son château fort. — Le chemin de Moyeuvre à Briey passe ensuite à Homécourt, v. de 270 hab. sur la rive dr. de l'Orne; il possède une église moderne. Dans les bois qui s'élèvent au-dessus du petit hameau de la Roche, dépendant de Homécourt, se trouvent quelques débris du château de Pierrefort, forteresse considérable, détruite au xiv* s. par les Messins.

On voit encore, dans les flancs du coteau , les ruines d'épaisses murailles et quelques restes de l'entrée de la forteresse. — A 1 kil. 1/2 environ de Homécourt, on atteint Auboué (R. 119, À). Un autre chemin, qui conduit de Moyeuvre à Briey, par les bois, abrège beaucoup (il n'y a que 7 kil. environ); mais il est bien moins intéressant que la route.]

En quittant la station de Hagondange, on croise le chemin de fer d'exploitation des forges de Moyeuvre. On laisse ensuite à dr. Monde-

lange , v. de 283 hab. , dont l 'église du xve s. est remarquable par ses fenêtres à lancettes, son oculus tréflé et le moucharaby de son clocher.

Bientôt après, on franchit l'Orne sur un beau pont en pierre, et l'on traverse, en partie dans une tranchée, Richemont, v. de 1041 hab., sur la rive g. de l'Orne (tuilerie, fabrique de pipes, verrerie). Dépendance de la seigneurie de Rodemack, ce village avait un château fort, dont il ne reste plus de traces. En 1792, l'armée d'invasion campa à Richemont tandis que Rellermann avec un corps de 13000 hommes, parmi lesquels se trouvait le duc de Chartres (Louis- Philippe), occupait au N. O. les hauteurs de Fontoy. L'église de Richemont , du xvc s. , bâtie sur un tertre à g. de la voie ferrée, renferme de beaux vitraux, un retable et un baptistère ornés de sculptures remarquables (150J). Au N. de Richemont, le château de Pépinville occupe l'emplacement d'une ancienne villa royale.

A Pépinville est établie une verrerie dite verrerie de Richemont. — On longe un instant le bois de Richemont, avant d'atteindre

21 kil. Uckange, v. de 1212 hab., situé à dr. entre le chemin de fer et la rive g. de la Moselle (construction de machines, fabrique de bouteilles, corroierie, fours à chaux). En 1792, Uckange fut occupé par un corps d'émigrés que commandaient les comtes de Provence et d'Artois (Louis XVI II et Charles X). Une ancienne maison de Jésuites y est convertie en magasin ; mais la chapelle a été conservée.

On aperçoit à g. É b ange ( <98 hab.), puis Daspich, hameaux dépendant de Florange, v. de 1136 hab., sur la Fensch {fabrique de draps; extraction de 7Ô0000 kilogr. de minerai de fer, par an, pour les forges de Hayangc ; croû; en pierre du x\c s.). — Daspich (77 hab.) est situé à 15 min. au S. de Florange, sur larivedr.de la Fensch et près du chemin de fer industriel des forges de Hayange. Il occupe l'em-

placement d'une villa gallo-romaine que traversait la grande voie , encore bien conservée sur ce point, de Trêves à Sirmium en Pannonie.

Des fouilles, pratiquées à plusieurs reprises sur le territoire de Daspich , y ont fait découvrir plusieurs restes humains enfouis dans la terre et des débris d'antiquités aussi nombreux qu'intéressants : médailles aux effigies d'Auguste, de Tibère, de Trajan, d'Antonin , de Marc-Aurèle, de Constantin, etc. ; coupes en verre, vases en terre grise et rouge; ornements en métal, boucles, bracelets, fibules, épingles; une épée galloromaine ; fragments de colonnes, de sculptures, débris de vases en porphyre, bas-reliefs, puis enfin deux curieuses inscriptions sur clichés en argile verdàtre. Daspich, qui avait, au moyen âge, une maison forte, aufourd'hui détruite, a conservé un château du xvr s.

Après avoir croisé, près de Daspich, le chemin de fer industriel des forges de Hayaugc, on franchit un bras de la Feusch, et on laisse à 1 kil. 1/2 sur la g. Tenille, v. de 405 hab (chapelle ogivale de 1472; ancienne maison où le prince de Condé avait établi, dit-on, son quartier général en 1643, lors du siège de Thionville).

27 kil. Thionville (hôt. : de Saintlluberl, Mangin, de Luxembourg), ch.-l. d'arr. du départ, de la Moselle, place forte de lr* classe , V. de 7376 hab., est située presque entiè rement sur la rive g. de la Moselle La partie de la ville établie sur la rive dr. consiste exclusivement en un fort «le construction moderne, renfer inant une belle caserne de cavalerie, l'iiopital et la prison militaires, des magasins et une promenade où se tient chaque année la foire de Thion ville.

l a gare a été bâtie en dehors de la ville, à 700 ou 800 mèt. de la porte de Metz, à la limite des glacis qui, plantes d'arbres, forment une jolie promenade autour de Thionville.

Thionville (Theodonis villa), qui tire, dit-on, son nom d'un château construit sous les rois de la seconde race, était une des résidences favorites de Cbarlemagne, qui y publia plusieurs capitulaires, notamment en 805, et y Gt connaître, dans une assemblée des grands de la nation, ses dernières volontés relativement au partage de l'empire entre ses trois fils. Place fortifiée dès le xm« s., Thionvill appartenait alors aux comtes de Luxem bourg, qui y avaient élevé un vaste châ teau fort dont il reste, près de la rive g. de la Moselle, une tour de dimensions considérables. Peu de villes ont aussi souvent changé de maîtres. Elle passa successivement, aux deux maisons de Bourgogne , à la famille impériale des Hapsbourg, puis aux rois d'Espagne, depuis le commencement du xvie s. jusqu'en 1683, année où elle levint à la France, dont elle avait fait originairement partie.

Thionville eut à soutenir des sièges nombreux; les plus remarquables sont celui de 1643, à la suite duquel le prince de Condé s'empara de la place ; celui de 1792, tenté par l'armée d'invasion et un corps d'émigrés et dans lequel Chateaubriand fut blessé; enfin celui de 1814, où le général Hugo, le père du poëte, défendit vaillamment la place contre un corps d'armée prussien qu'il força à se retirer avec des pertes sensibles. Le père de M. de Lamartine tint garnison à Thionville, avant la Révolution, comme capitaine de cavalerie , et Paul-Louis Courier , alors lieutenant d'artillerie, y résida de 1793 à 1795. Le général Hoche a aussi habité Thionville, où il épousa Mlle Dechaux.

Cette ville, ou l'esprit militaire est trèsdéveloppé, a fourni depuis 1792 de nombreux et vaillants officiers aux armées françaises.

Des brasseries, des tanneries, une fabrique de tnyaux de drainage et des tuileries forment les principaux établissements industriels de Thionville.

Thionville a une grande importance stratégique au point de vue de la défense du territoire. Depuis 1815 surtout, elle est le poste avancé du N . E. de la France, entre Metz et les deux villes de Luxembourg et de Sarrelouis. Ses fortifications, qui ont un grand développement, comportent une garnison de 7000 à 8000 hommes. Ses reIran-

Page 1