VO-CE
abbatiale (mon. hist.), reconstruite au xiv* s., se composait d'une nef avec bas côtés, d'un transsept avec collatéraux sur la face orientale, et d'un chœur terminé par une abside polygonale. Bâti en mauvais matériaux et mal entretenu depuis la Révolution, ce monument est tombé dans un tel état de dégradation qu'il a fallu démolir une partie de la nef. Le bas côté N. a été détruit en 1827, et ce qui reste de la nef ne présente pas une grande solidité. Toutefois, l'église de Lachalade mérite encore l'attention des archéologues par la disposition de son plan et par les peintures décoratives, du xiv- s., qui, dans le transsept, ornent les arcs-doubleaux (aigles et lions héraldiques) et la partie du mur située sous le bandeau des fenêtres (frise offrant une suite d'écussons aux armes de Lorraine et de Bar).]
On gravit une côte assez roide, entre les bois de l'A rgonne.
14 kil. Clermont- en- Argonne,
ch.-l. de c, V. de 1304 hab., sur une hauteur dominant la rive g. de l'Aire, affluent de l'Aisne. Cetle ville qui paraît avoir formé de bonne heure une seigneurie distincte, était entourée d'une enceinte défensive et avait un château fort qui furent détruits vers 1654. Le duc de Lorraine, Charles IV, céda Clermont à la France par le traité de Lîverdun (1632) ; plus tard, Louis XIV donna la seigneurie de Clermont à la maison de Condé qui la conserva jusqu'à la Révolution.
Après avoir franchi l'Aire au hameau de Vraincourt, la route monte sur un plateau où subsistent des \ estiges de la voie romaine de Reims a Metz par Verdun.
20 kil. Parois, v. de 360 hab., au confluent des petites rivières de Cou yance et de Vadelaincourt. — On longe ce dernier cours d'eau à dr., jusqu'au delà de Dombasle.
23 kil. Récicourt, v. de 470 hab., à dr. de la route, sur le Vadelaincourt
(verrerie; fabrique de rouels et d'autres ouvrages au tour).
26 kil. Dombasle, v. de 48G hab., sur la rive g. du ruisseau de Vadelaincourt, et à 1200 ou 1500 mèt. de la forêt de liesse, que Ton découvre au loin surlag. — On croise de nouveau à Dombasle la voie romaine de Reiras à Metz.— On laisse ensuite à g. (1 kil.) Jouy cn-Ârgonne, v. do 209 hab., au fond d'une gorge, et l'on contourne des hauteurs boisées (307 mèt. d'altit.).
30 kil. Blercourt, v. de 272 bab. — 1 kil. 1/2 plus loin, se montre à dr. Nixeville, v. de 380 hab.; et bientôt après (1500 mèt.) on rejoint à dr. la route de Bar-le-Duc à Verdun. Franchissant un petit ruisseau, on gagne, entre des bois, un plateau qui domine au N. E. la Meuse vers laquelle on descend par une pente rapide; on contourne au N. la citadelle de Verdun pour pénétrer dans la ville par la porte de France, en deçà de laquelle on aperçoit à g. le champ de Mars.
41 kil. Verdun-sur-Meuse (hôt. :
de VEurope, des Trots-Maures), ch.-l.
d'arr. du départ, de la Meuse, siège d'un évêché suffragant de l'archevêché de Besançon, place de guerre de 2* classe, ch.-l. de la 2' subdivision de la 5e division militaire, V. de 12 941 hab., est située sur les bords de la Meuse, qui s'y partage en plusieurs bras et la divise en deux parties principales. Elle est bâtie au fond d'un vallon évasé, que bordent de riantes collines boisées vers leur sommet et plantées de vignes sur leur versant. Toutefois le quartier qui occupe la rive g. de la Meuse , s'élève sur un escarpement rocheux dominant le cours de la rivière, et forme ce qu'on appelle la Ville-Haute.
Verdun, le Verodunum des Romains, était déjà une ville importante à l'époque de la conquétede la Gaule, et elle fut alors comprise dans la province de Belgique première. Les invasions des Barbares, el surtout celle des Huns, au v» s., y causèrent de tels ravages que la ville disparut presque, et ne commence à se re-
constituer que vers la fin du v* s. Clovis s'en empara en 502. Après sa mort, elle fit-partie du royaume d'Austrasie. C'est à Verdun que fut signé, en 843, entre les fils de Louis le Débonnaire, et à la suite de la bataille de Fontanet, le célèbre traité qui, en consacrant le partage de l'empire carlovingien, devint la base des grandes divisions de l'Europe moderne.
Au Xe s., Verdun fut définitivement conquise par l'Allemagne, et les évèques y exercèrent la souveraineté temporelle du consentement de l'empereur Othon III. Au xi« s., elle obtint le titre de ville libre et impériale, et l'autorité des évéques y fut dès lors souvent contestée par la bourgeoisie, qui, vers la fin du xu« s., obtint certaines franchises. Le roi de France Henri II s'empara, en 1553, de Verdun, dont la possession fut définitivement confirmée à la France par le traité de Westphalie. En 1792, l'armée prussienne vint mettre le siège devant cette ville ; après quelques heures de bombardement, la population, malgré les énergiques représentations du général Beaurepaire, qui commandait la place, et de Marceau, alors au début *de sa glorieuse carrière, ouvrit ses portes au roi de Prusse. Le général Beaurepaire, ne voulant pas souscrire à une reddition déshonorante, se tua d'un coup de pistolet. Après la bataille de Valmy, le roi de Prusse fut obligé d'abandonner Verdun. Les autorités révolutionnaires, en y rentrant, non seulement punirent ceux qui avaient exigé la reddition de la ville aux Prussiens, mais, poussant la rigueurjusqu'à la cruauté, elles firent périr sur Téchafaud plusieurs jeunes filles, à peine âgées de seize ans, et coupables uniquement d'avoir offert des dragées et des fleurs au roi de Prusse.
Verdun a eu , dès les rois de la première race, un hôtel des monnaies, qui a subsisté jusqu'à la fin du xvr» s.
Cette ville a vu naître, en 1695, le lieutenant général Chevert, célèbre par la prise et la défense de Prague, en 1641 et 1642.
Les fortifications de Verdun consistent en une citadelle séparée de la ville par une esplanade, et en une enceinte de dix fronts bastionnés. La citadelle est établie sur l'emplacement de l'abbaye de Saint- Vannes , fondée au xe s., et dont une partie f*m« et xiv* s.;, encore debout, a été affectée