DE METZ A DIEUZE
la France à laquelle Moyenvic fut définitivement cédée, ainsi que ses salines, par les traités de Munster et de Vincennes. La France s'étant également emparée de Marsal, les fortifications de Moyenvic furent rasées comme étant devenues inutiles.
Les salines de Moyenvic, situées au N. E. du village, après avoir été exploitées pendant plusieurs siècles, ont été vendues en 1843 au prix de 235 000 fr. et mises en chômage afin de concentrer toute l'exploitation à Dieuze (R. 125, B). Elles avaient dans l'intérieur même de la ville leurs fortifications particulières dont l'emplacement est à peine indiqué par quelques mouvements de terrain. — Les derniers restes des fortifications de la ville elle-même ont disparu il y a une quarantaine d'années.
Des monnaies gauloises et romaines et des monnaies plus modernes, notamment du xvi* s., ont été découvertes sur le territoire de la commune.
A 2 kil. environ au N. E. de Moyenvic, on aperçoit, à 500 met. environ à dr. de la route , à laquelle la rattache une véritable avenue, Marsal, place de guerre de 3e classe, V. de 1169 hab. , située au milieu d'une prairie marécageuse, qui renferme de nombreuses sources salées, et qu'arrose la Scille. Marsal remonte , au moins, à l'époque gallo-romaine. Après avoir fait partie du domaine des évêques de Metz, au moyen âgfc, cette petite ville fut possédée par les ducs de Lorraine. A la fin du xvir* s., elle fut cédée à la France: mais les ducs de Lorraine y conservèrent des droits domaniaux jusqu'à la réunion de leur duché à la France. Marsal eut de bonne heure une enceinte fortifiée, souvent détruite et relevée à la suite des sièges que cette ville eut à soutenirà différentes époques. Les fortifications actuelles, qui datent des dernières années du xvir* s. , ont été réparées postérieurement. « On trouve, au N. de Marsal, dit la Statisti- '/»<c dn département de la Mrurthe ,
les traces d'une voie militaire qui se dirigeait de Divodurum (Metz) sur Pons Saravi (Sarrebourg) et dont Tarquimpol (F. R. 124 A.) paraît avoir été l'une des stations fortifiées, afin d'assurer le passage des marais de la Seille. Les médailles du hautempire, qui s'y rencontrent avec celles des successeurs de Constantin ne permettent pas de douter que ce poste n'ait conservé son importance pendant toute la durée de l'empire et que cette voie militaire ne soit l'une des plus anciennes de la Gaule. »
C'est à la nécessité de donner à cette voie une assiette solide, dans son passage à travers des terrains marécageux, et de créer un sol d'une résistance suffisante pour les ouvrages et campements que les Romains établirent dans cette contrée, qu'il faut trèsvraisemblablement attribuer l'établissement du vaste travail connu sous le nom de Briquetage de la Seille* Cette opinion , a été toutefois contestée par plusieurs archéologues distingués, entre autres par MM. Dupré, de Saulcy, Beaulieu et Beaupré, qui font remonter l'origine du briquetage de la Seille , le premier à l'occupation franque, les autres à l'époque celtique.
Le Briquetage de la Seille (mon.
hist.) consiste en une sorte de sol factice, superposé au terrain marécageux et inconsistant des rives de la Seille. « On peut, dit M. l'abbé Klein, le comparer à un vaste radier entièrement formé de morceaux d'argile pétris avec la main ou enroulés autour d'un brin de bois avant d'avoir été soumis à l'action du feu. » Ces briques, d'une exécution grossière, du reste, et sur lesquelles on remarque encore l'empreinte des doigts qui les ont pétries, ont été jetées en énorme quantité dans les marécages des rives de la Seille, sans être agglomérées par aucune espèce de ciment. Elles ont ainsi composé une base d'une solidité surprenante, qui forma l'assise des ouvrages importants que les Romains établirent dan>