‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 438 sur 489 · A DIEUZE. [ROUTE · texte numérisé non relu

A DIEUZE. [ROUTE

le Verbach et le Spin, qui viennent y réunir leurs eaux.

En sortant 4e la gare, après avoir contourné la clôture de l'établissement des salines, on tourne deux fois à g. et Ton atteint la Grande-Rue de Dieuze sur laquelle s'ouvre l'entrée monumentale des salines (une belle porte ornée de sculptures et datant du xvii- ou du xvme s.).

Dieuze, dont l'origine semble fort ancienne, aurait été un boorg ou vicus dépendant de cette réunion de localités dont le Decem P.igi de la Table théodosienne formait le chef-lieu. Elle a été longtemps considérée comme le Decem Pagi lui-même, mais deux savants archéologues lorrains, MM. Beaulieu et Beaupré, ont pensé, après une étude approfondie de la question, que c'est au village actuel de Tarquimpol (P. ci-dessous) que doit être attribuée cette dénomination. Dieuze, qui fut vraisemblablement dévastée par Attila, est pour la première fois mentionnée dans un diplôme de 633. Au moyen âge, elle prit rang parmi les petites villes fortifiées de la Lorraine; mais les ducs de cette province n'en devinrent bien réellement les seuls et uniques maîtres que dans la seconde moitié du xvii* s. Dieuze fut plusieurs fois assiégée au xviie s. et eut particulièrement à souffrir durant les guerres entre la Lorraine et la France. Non-seulement cette ville était protégée par une muraille et des fossés, mais les salines, dont l'établissement remonte à une époque trèsreculée, avaient leur enceinte et leurs fortifications particulières.

Véglise paroissiale, du style ogival du xve s., n'a rien de remarquable. — Nous mentionnerons , en outre , le collège communal , la beau bâtiment des halles et quelques maisons particulières, qui ne semblent pas remonter au delà du xvn« s.

Les salines de Dieuze, qui sont la propriété d'une Compagnie particulière, occupent une superficie de 267 4K7 met. carrés; elles comprennent de vastes ateliers pour la préparation du sel et une importante fabrique d'acide sulfurique et de produits chimiques. On évalue à plus de cinq millions la valeur des produits divers

que l'usine de Dieuze livre annuellement à l'industrie et à la consommation. Les magasins peuvent contenir 190000 quint, métr. de sel et 10000 quint, métr. de produits chimiques de toute nature.

L'établissement renferme, outre les salles spéciales de fabrication du sel et des produits chimiques, une maréchalerie, une charpenterie , une scierie-mécanique, une tonnellerie et des bâtiments d'habitation pour le directeur, les employés et un certain nombre d'ouvriers. Les magasins, où sont entassées des masses énormes de sel, les salles d'évaporation , les galeries d'extraction offrent au visiteur le spectacle le plus intéressant.

— Une autorisation, qui ne s'obtient pas facilement, est nécessaire pour visiter les salines.

Les salines de Dieuze, dont l'origine remonte au xi" s., n'ont pris un grand développement que depuis une quarantaine d'années. Elles ont été tantôt administrées directement, soit par les ducs de Lorraine, soit par le gouvernement français depuis la réunion de la Lorraine* à la France, tantôt affermées. En 1842, elles ont été vendues et livrées à l'industrie particulière. On trouvera dans Y Histoire de Lorraine, de dom Calmet, et dans la Description de la Lorraine, par Durival, de curieux détails sur l'ancienne exploitation des salines.

Dieuze possède aussi une fabrique de colle-forte , des brasseries et des tanneries.

[Excursion à l'étang de Lindre et à Tarquimpol (3 à 4 h . de marche) .

— On trouve, dans le prolongement de la Grande-Rue de Dieuze, après avoir dépassé l'église, une route qui remonte une forte côte entre des jardins et des maisons de campagne, et qui redescend ensuite dans le bassin occupé par l'étang de Lindre. A 1 kil. 1/2 environ de Dieuze, cette route se bifurque. 11 faut prendre l'embranchement de g. qui, pas-

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