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ROUTE 124] DIEUZE. — ÉTANG DE LIN DRE

sant entre un coteau, à g., et des prairies, à dr., aboutit, en 10 ou 15 min., à Lindre-Basse, v. de 368 hab., situé au point ou la Seille se forme du déversement des eaux de l'étang, près de la jetée qui le domine. L'étang de Lindre est desséché et mis en culture tous les trois ans. Cette grande masse d'eau, entourée de forêts, forme un beau paysage.

« Le domaine de Lindre, sur lequel est établi la plus vaste et la plus productive manufacture de poissons d'eau douce qui existe en France, dit M. Masson, dans un mémoire consacré à ce site curieux, se compose de terres, de prés, de bois et de neuf étangs qui contiennent ensemble 956 hectares. La superficie du grand étang de Lindre est de 67 1 hectares ; sa profondeur moyenne est d'au moins 3 mèt. ; il est alimenté par quelques ruisseaux et par les sources abondantes qui surgissent dans son bassin.

Le trop plein de cet étang fait marcher le moulin placé au bas de la digue, et la surabondance des eaux s'échappe par un déversoir. C'est la réunion de ces deux canaux qui forme la Seille.... » Le propriétaire de l'étang de Lindre est tenu de fournir les eaux nécessaires à la défense de Metz et de Marsal, et, comme nous l'avons dit, une redoute a été élevée pour protéger les digues. On voit à Lindre-Basse, près de l'étang, un vieux bâtiment qui aurait fait partie, selon la tradition, dun fort destiné à assurer la libre possession des moyens d'inondation. On rapporte que , lorsque le comte de Grancey vint assiéger Dieuze, en 1641 , le commandant du fort ouvrit les écluses, et l'eau se répandit en telle abon dance dans la campagne que les assiégeants furent obligés de se retirer.

Si l'on se propose d'aller jusqu'à Tarquimpol, d'où l'on jouit aussi d'une vue très-étendue sur l'étang de Lindre, il faut gagner, en tournant à dr., sur la jetée ou digue de Lindre, un chemin qui passe* entre des

bois, à dr., et l'étang, à g., en le contournant jusqu'à (4 kil. 1/2 environ). Tarquimpol, v. de 171 hab., situé à 239 mèt. d'altit., sur l'isthme même d'une presqu'île formée au S.

de l'étang de Lindre.

Selon toutes les probabilités, ce village, si modeste aujourd'hui, a été, sous le nom de Decem Pagi, une cité romaine considérable, sur laquelle nous emprunterons quelques renseignements à l' Archéologie de la Lorraine, par M. Beaulieu. La ville romaine, qui dominait l'immense plaine de Lindre, convertie depuis en étang par les évêques de Metz, fut sans doute très-importante, à en juger par les restes de temples et de fortifications, les aqueducs, les fragments de statues, les médailles et les tombeaux qui y ont été découverts. Elle était * traversée par la grande voie romaine de Strasbourg à Metz. Decem Pagi, située entre deux grandes villes, Metz et Strasbourg, était vraisemblablement une station militaire, dans laquelle les troupes dirigées sur les bords du Rhin et sur la Germanie devaient trouver des vivi es et des approvisionnements; c'était de plus le chef-lieu de dix bourgs ou villages.

Aussi, cette ville ne se renfermaitelle pas dans l'enceinte de murailles dont il subsiste encore quelques vestiges ; elle s'étendait sur la presqu'île entière. Au v* s., probablement a la suite de quelque désastre éprouvé par la cité romaine, une forteresse, dont il reste des débris, fut construite sur l'isthme même, et c'est alors que se forma le village actuel, demeuré peu important. Qeux inscriptions seulement ont été trouvées dans les substructions de Tarquimpol. L'une rappelle un vœu acquitté à une divinité des Leukes; l'autre, que les archéologues n'ont pas encore pu expliquer , paraît être du u* s.

Elle est encastrée dans un mur de Véglise du village, qui paraît avoir remplacé une église du xin« s. On trouve encore assez fréquemment, en

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