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ROUTE 129] REIMS. — ÉDIFICES CIVILS

du roi; elles sont encore, malgré quelques dégradations, d'une beauté et d'une richesse remarquables. Une d'elles est affectée aux séances de l'Académie de Reims. On admire, dans la chambre à coucher, un grand tableau allégorique, représentant V Alliance de la Religion, de la Royauté et de la Justice, figurées par des anges. Le célèbre Gosse a peint la plupart des portraits et des tableaux qui ornent le palais archiépiscopal.

La chapelle, à deux étages, qui avait servi de maison d'arrêt pendant la Révolution, remonte à l'an 1230 environ, d'après M. Viollet-le- Duc :

« Son rez-de-chaussée, dit-il, est construit avec une grande simplicité, tandis que le premier étage est richement décoré à l'intérieur par de fines sculptures. Suivant le mode de construction adopté en Champagne, les piles forment saillie à l'intérieur, de façon à diminuer, à l'extérieur, la saillie des contre-forts ; ces piles, isolées de la muraille jusqu'à 4 mèt. du pavé, donnent un étroit bas côté autour de la chapelle et produisent un charmant effet. Les murs sont décorés d'une arcature posée sur un banc continu, et les fenêtres ouvertes au-dessus de cette arcature sont sans meneaux. »

La nef comprend 4 travées ; le chœur forme un demi-décagone. « A côté de Notre-Dame de Reims, la chapelle de l'archevêché paraît encore une des meilleures conceptions du xnr* s. »

L'hôtel de ville, un des édifices les plus remarquables de Reims, fut commencé le 18 juin 1627, continué en 1823, après une longue interruption des travaux, et terminé en 1825.

H se compose d'un corps principal de bâtiment, dont les ailes sont appuyées à deux pavillons larges, à deux étages. Soixante-huit colonnes, soit d'ordre corinthien , soit d'ordre dorique ou ionique, ornent la façade. Au-dessus du vestibule, dont la colonnade est d'ordre dorique, règne un balcon en pierre; plus haut, est placée dans le fronton, entre deux colonnes torses,

VOSGES

une statue équestre de Louis XII F, surmontée de l'écusson et de la couronne de France. Cette statue, sculptée par M. Milhomme, remplace, depuis 1818, celle qui avait été brisée le 13 août 1793. Au-dessus du fronton , s'élève, à une grande hauteur, un élégant campanile. L'horloge qu'il renferme a été exécutée par les élèves de l'École des arts et métiers de Châlons.

Nous mentionnerons, parmi les autres édifices publics dignes de quelque attention ; — le palais de justice, monument d'ordre dorique, terminé en 1845; — le marché couvert , construit en 1840 d'après les dessins de MM. Durand et Brunette, architectes de la ville; — les abattoirs publics, bâtis en 1838 sur les plans de M. Durand ; — un théâtre monumental, actuellement en construction à côté du palais de justice; — un cirque terminé en 1866, sur les promenades.

Maisons particulière».

La maison des Musiciens (rue de Tambour) , le plus intéressant des édifices civils de Reims, a conservé intact son premier étage sur la voie publique, a La façade offre, dit M. de Barthélémy, quatre fenêtres hautes et larges avec cinq niches dans les tru • meaux ; ces niches sont décorées de figures de musiciens assis, plus grandes que nature : le premier musicien, en commençant par la g. , joue du tambour et d'une sorte de clarinette, le second joue de la cornemuse, le troisième (celui du milieu) tenait un faucon sur le poing; le quatrième joue de la harpe et le cinquième du vio- . Ion ; ce dernier est coiffé d'un chapel de fleurs. Cette maison appartenait peut-être à la confrérie des ménétriers de Reims qui, au xm* s., jouissait d'une certaine réputation, nonseulement en Champagne, mais encore dans tout le nord. La construction en est simple, l'ornementation riche ; les ligures sont du meilleur style champenois. »

DE PARIS A REIMS

Sur la place des Marchés, on remarque aussi, parmi plusieurs autres, une maison du xv* s., dont la belle façade, en bois, est suspendue en encorbellement sur cinq fortes potences sculptées. Des croisées couronnées d'accolades à crochets l'éclairent sur la rue et sur le côté.

Nous citerons encore : une maison de la Renaissance, rue du Marc, n° 1 (belles façades sur la cour, avec sculptures et bas-reliefs) ; —une autre maison du xvic s., rue de l'Arbalète (deux statues appelées par les Rémois Adam et Ève)\ — Yhôtel du Montlaurent (rue du Barbâtre) , édifice très remarquable) du xvie s.; — une Maison du xiv* s., près de celle des Musiciens, etc., etc.

Près de la place Godinot(rue Saint- Picrre-les-Dames, n° 6), il reste, des constructions de l'abbaye de Saint Pierre-aux-Nonnains (ordre de Fon tevrault), un pavillan construit avec un luxe vraiment royal, par Renée de Lorraine, parente de Marie Stuart, abbesse en 1542. On remarque aussi les bâtiments de l'ancienne Université, construits à la même époque par le cardinal de Lorraine; Yhôtel de Joyeuse, sur la place de l'Hôtel-dc- Ville, et Yhôtel de Chevreuse, rue de Gueux.

Enfin plusieurs maisons, sans avoir en elles-mêmes rien de remarquable, fixent l'attention des curieux par des inscriptions destinées à perpétuer d'intéressants souvenirs.

Au-dessus de la porte de l'ancienne maison du Long-Y élu, rue de Cérès, on lit : «Jean-Baptiste Colbert, ministre d'État sous Louis XIV, est né dans cette maison, le 29 août 1619. »

Une autre inscription se voit sur la porte de Yhôtel de la Maison-Rouge , près de la cathédrale : « L'an 1429, au sacre de Charles VII, dans cette hôtellerie, nommée alors Y Ane Rayé, le père et la mère de Jeanne d'Arc ont été logés et défrayés par le conseil de la ville. >» La dépense, dit M. Géiuzez, s'éleva à 24 livres parisis.

Instruction publique. — Société»

savantes.

Reims eut autrefois une université composée des quatre facultés : théologie, droit, médecine et arts. Le cardinal Charles de Lorraine en avait été le fondateur. Les anciennes écoles de cette ville jouirent longtemps d'une grande renommée; on cite, parmi leurs mattres les plus célèbres, Gerbert, qui introduisit en Europe l'arithmétique des Arabes ; il fut nommé archevêque de Reims en 991, puis élu pape en 999, sous le nom de Sylvestre II. Parmi les disciples de l'université rémoise, se distinguèrent le roi Robert, fils de Hugues Capet, et saint Bruno.

Aujourd'hui Reims possède : un lycée ; une faculté de médecine; une école primaire supérieure; un cours de chimie et un cours de dessin, à l 'hôtel de ville ; des écoles primaires pour les garçons et pour les jeunes filles.

V Académie des sciences, arts et belles-lettres de Reims, constituée en vertu d'un arrêté ministériel, du 6 décembre 1841, a pour but de travailler au développement des sciences, des arts et des belles-lettres, et surtout de recueillir et de publier les matériaux qui peuvent servir à l'histoire du pays. Elle se compose de trente membres titulaires, de dix associés résidants et de membres honoraires et correspondants dont le nombre est indéterminé.

Les autres sociétés savantes de Reims sont : un comité d'archéologie, une Société des Amis des beauxarts, un cercle littéraire et le cercle pharmaceutique de la Marne; mais, depuis une dizaine d'années, ces sociétés n'existent plus guère que de nom.

Institutions de prévoyance et de charité.

L hôtel-Dieu fut fondé en 848 par l'archevêque Hincmar, qui le dota richement et pourvut avec abondance aux besoins des malades. Transféré eu 1827 dans les bâtiments de l'abbaye

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