ROUTE 129] REIMS. — ÉDIFICES PUBLICS. — MUSÉE
de Saint-Remi (chapelle remarquable), il peut passer aujourd'hui pour un des plus beaux établissements de ce genre. Les lits, partagés également entre les malades des deux sexes, sont au nombre de 3*24 ; ils occupent 13 salles dont 6 sont destinées aux hommes et 7 réservées aux femmes.
L'hôpital général, établi dans l'ancienne maison des Jésuites, contient 367 lits, savoir : 75 affectés aux hommes, 95 aux femmes, 80 aux garçons, 87 aux filles , 30 aux orphelins, garçons et filles. Un ecclésiastique dessert la chapelle et instruit les enfants. On remarque, à l'hôpital général, le réfectoire tel qu'il était avec ses tableaux, lorsque les Jésuites quittèrent cette maison en 1 762 , et la lingerie , ancienne bibliothèque des religieux, dont la boiserie est belle, quoique un peu surchargée de sculptures.
L'hôpital Sain t-Marcoul, destiné à recevoir les personnes des deux sexes atteintes de maladies scrofuleuses, date de l'an 1650 environ. Il fut agrandi en 1651, par Henri de Maupas, abbé de Saint-Denis. L'abbé Godinota été l'un de ses principaux bienfaiteurs.
Béthléem est un établissement fondé, en 1837, le jour de Noël, par l'abbé Charlier,dans le but de recueillir les enfants abandonnés ou détenus; de leur donner une éducation morale et religieuse, une instruction intellectuelle et industrielle en rapport avec leur position dans la société ; de les habituer, dès leur bas âge, au travail, à l'ordre, à l'économie, à la pratique des devoirs religieux, moraux et civils ; d'en faire de bons citoyens, d'honnêtes et laborieux ouvriers dans toutes les professions. Bétbléem est sous la direction d'une société civile et bienfaisante, composée d'un grand nombre d'actionnaires.
La maison de retraite, ouverte en 1865, dans la rue Simon, en face de l'hôtel-Dieu, donne asile aux petits
rentiers, moyennant une pension annuelle dont le minimum est fixé à 400 fr. — Les institutions charitables ne manquent pas à Reims; on y compte : une Œuvre de la miséricorde, une Société de charité maternelle, quatre Conférences de Saint - Vincent de Paul, un Bureau de bienfaisance, des Salles d*asiles, des Crèclies, etc. Ajoutons à cette énumération, comme institutions 4*ï prévoyance, une caisse d'épargne et un grand nombre de sociétés mutuelles d'ouvriers.
Musée. — Collections d'objets d'art ou de sciences.
Le musée de Reims n'est pas riche; cependant il renferme encore assez d'oeuvres intéressantes pour que les curieux et môme les connaisseurs n'aient point à regretter d'y avoir fait une visite. On y compte environ 150 tableaux provenant, quelques-uns de l'ancien musée, les autres de dons faits par le Gouvernement ou par des habitants de Reims. L'ancien musée possédait une quarantaine de toiles de grands maîtres dont la plupart avaient été enlevées aux églises et aux couvents ; les unes furent restituées, d'autres furent données ou volées; le reste eut à souffrir de la négligence et de l'incurie de l'administration, jusqu'au jour où le nouveau musée fut ouvert dans les bâtiments de l'hôtel de ville.
Parmi les anciens tableaux, on remarque un Ensevelissement de Jésus- , Christ , de Van Mol; — un Louis te Grand, attribué à Lebrun; — les Aveugles de Jéricho, .attribué au Poussin; — Saint Jean-Baptiste dans le désert, par Hélart ; — un portrait de Pierre Rainssant, par Mignard; — une Sainte Face, joli petit tableau peint sur cuivre, attribué & J. B. Franck; — le jetit Rieur, attribué à François Miéris; — une série d'esquisses, composée de 15 têtes, attribuée à Holbein; — V Amour et VEspérance, par Jacques Jordaens; — un portrait de Rembrandt, peint par lui-même; — la Présentation au temple, esquisse de Jouvenet ; — un paysage, par Paul Bril ; — les deux charmants paysages de Hackert;
DE PARIS
— une tête d'enfant, sur bois, par Rubens;
— une Annonciation, esquisse sur cuivre, par Rubens; — un paysage, sur bois, par Paul Bril; — le comte d'Asfeld, par J. B. Vanloo; — un portrait aVAdrienne Lecouvreur , par Coypel ; — huit émaux de Laudin de Limoges, représentant les Sibylles ; — une Adoration des bergers, par Murillo, etc., etc.
Plusieurs toiles distinguées figurent parmi les tableaux modernes. Nous men- 'tionnerons une toile gigantesque de Rémond : Ê'ie au Mont-Carmel ;— V Amende honorable du comte de Toulouse, par Gué;
— le Baptême de Clovis,par Allaux; — les échevins rémois devant saint Louis, par M. Herbe, artiste rémois; — une Vue de Strasbourg y par M. Pernot.
Nous ajouterons à cette énumération, pour la compléter ; — une Vue de Reims au xiv* s — plusieurs portraitsde Rémois illustres; — des toiles de Depertbes et de Germain, peintres rémois; — les bustes de Linguet, de Colbert,de Rogier,du maréchal Drouet; — Y Adoration de» Bergers, groupe remarquable, attribué, à tort peut-être, aux frères Jacques, sculpteurs rémois du • xvi* s.; — enfin, une collection de dessins au nombre desquels se trouvent ceux du rémois G. Baussonnet.
On a réuni au musée une collection d'armures, de sceaux et de curiosités du moyen âge, et une suite d'antiquités gallo-romaines que de nouvelles découvertes enrichissent tous les jours. Parmi ces antiquités, nous devons signaler surtout le cénotaphe de Jovinus, qui se trouvait autrefois à la cathédrale, et précédemment à Saint-Nicaise. Il porte l'inscription suivante :